"Primum non nocere" oui, et alors?

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Chacun connaît l'adage de base des médecins "premièrement, ne pas nuire". Toutefois, il ne dit pas ce qu'il faut faire, quel précepte suivre ! Je me suis sentie guidée par les médecins qui m'ont enseigné : Est-ce utile? Est-ce nécessaire? Est-ce bienveillant?

Ces questions fondamentales permettent de choisir le geste adéquat au moment opportun, en tenant compte de l'ensemble des paramètres en jeu ici et maintenant chez le malade qui se présente. Après avoir écouté ses plaintes actuelles, dans quel contexte existentiel elles sont survenues, comment est son état général, ses faiblesses habituelles et son état d'âme et d'esprit du fait de se sentir malade ou blessé, la thérapie ou le traitement le plus adéquat surgit. Mais encore, là il est judicieux de se poser les trois questions quant à la mesure ou à la démarche qui s'est imposée:  est-elle utile, nécessaire et bienfaisante ? Parfois, il est indiqué d'observer ou d'interroger davantage le patient pour que la décision concorde au mieux avec le bilan établi le plus globalement possible.

Vous me voyez venir ! Est-ce que ces préceptes sont respectés lors de la situation actuelle où l'on considère tous les habitants comme des cas testés ou non, positifs ou non, mortels ou non, isolables ou non, confinables ou non, justiciables d'un couvre-feu ou non? Hydroxychloroquine ou non ?

C'est seulement quand une personne commence à avoir de la difficulté à respirer qu'on n'a plus à se demander ce qu'il faut mettre en action car la respiration est la priorité absolue.

 

Chacun sait qu'il ne faut pas tout miser sur le même cheval, quelle que soit la forme qu'il présente !

Si l'on considère la mesure du confinement, on peut avancer qu'elle est utile en phase très aigüe, qu'elle est alors nécessaire pour certains mais très inutile pour d'autres qui en subissent de graves effets collatéraux.

Evidemment, on pourrait reprendre la question pour le port des masques qui, avec le concept de ne pas postillonner sur autrui,  est nécessaire dans certains milieux mais franchement non bienfaisant quand il conduit à une auto-infestation, des maux de tête, des éruptions... et des troubles au  niveau psychoaffectif tant pour les sourds que pour les jeunes enfants, avec un impact qui durera en outre après l'arrêt des mesures.

On en déduit aussi que les trois questions doivent se poser au niveau économique : les mesures sanitaires sont utiles quand elles évitent les complications sanitaires et des hospitalisations coûteuses. Sont-elles nécessaires? On peut dire qu'elles font reprendre conscience de la place de l'économie dans la société et stimulent des modifications d'organisation. Sont-elles utiles? Alors là, je vois plutôt les dettes énormes dans lesquelles s'enfoncent les gouvernements et les contribuables ou les taxés par effet rebond et, au niveau individuel, l'effet délétère sur les proches soutenus financièrement par ceux qui voient leurs efforts de bien gérer leurs autonomies se faire malmener et dénier, voire tomber en faillite.

Dans maints autres domaines il est indiqué de se poser les mêmes questions cruciales. Ainsi par exemple dans le monde scolaire. L'histoire d'Emira en est une illustration magistrale. C'est le cas d'un enseignant d'enfants de 10 ans qui juge utile de leur parler de la liberté d'expression en relation avec les fameuses caricatures de Mahomet. Etait-ce utile? Il est vrai qu'il est toujours bon d'éveiller ses élèves à la liberté d'expression. Etait-ce nécessaire? Est-ce vraiment le cas pour une classe de ce niveau d'âge de prendre un tel exemple dont ils n'ont pas été des témoins directs? Etait-ce bienfaisant de faire allusion à une caricature qui a conduit à des meurtres? L'acmé de cet événement apparaît dans le fait que les enfants qui se sont exprimés librement en classe (dans un milieu où ils devraient se sentir protégés) se retrouvent livrés aux policiers et à la justice. De plus, je demeure très songeuse quant à la façon d'un enseignant de transmettre la notion de la liberté d'expression à ses élèves qui s'expriment avec toute la candeur de leur âge et qu'il dénonce au plus haut niveau... Comment des pédagogues peuvent-ils en arriver là???

Ces trois questions peuvent être reprises par chacun, dans son lieu de vie, son milieu professionnel, social et familial, lorsqu'il doit choisir s'il est temps de se soigner ou d'observer encore et comment procéder. Ainsi, il sera soutenu dans sa détermination à prendre en main son état de santé et à choisir le thérapeute qui l'accompagnera au plus juste de ses réels besoins.

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