"Le cancer, un tremplin vers la vie"

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Tel est le titre de l'ouvrage de Christian Roesch, chirurgien-dentiste, qui nous confie son cheminement personnel lors de son cancer du cardia avec opération et chimiothérapies pré et post opératoires, puis quatre ans de rémission. Il considère qu'aller vers la guérison n'est pas un combat mais bien une découverte d'un sens au-delà des émotions, en-deçà des sensations.

 Ch.R. considère le cancer non pas comme un ennemi mais comme une stimulation dans la connaissance de son fonctionnement. L'accepter, c'est la porte de la vie.

Il en tire un enseignement fondamental : "Je ne suis pas maître de ce qui m'arrive mais responsable de ce que j'en fais... Le corps est le support de la progression."

Il amène une définition particulière de la guérison : " La guérison n'est pas le retour au corps d'avant. C'est un nouveau corps avec ses exigences nouvelles, ses limites modifiées." Je dirais aussi qu'après une pareille expérience, l'individu a acquis une conscience beaucoup plus développée de son corps. Ch.R le précise ainsi : "J'apprends le retournement intérieur. C'est indispensable pour rester en vie."

Le cancer permet aussi un approfondissement de la relation avec les proches : "Le cancer m'ouvre les yeux sur l'amour invisible de mes proches, jusqu'à devenir visible dans les actes qu'ils posent."

Quel est le rôle de la souffrance, du moins tel que Ch.R. l'expérimente? "La souffrance signale l'erreur, l'imparfait, le faux, le transformable. Le cancer m'aura appris à m'occuper de manière intensive des souffrances quelle que soit leur nature." Ch.R. perçoit que "le cancer se développe sur un terrain abandonné, qu'il met en évidence un problème à résoudre dans l'existence pour commencer à vivre. Le cancer est là à l'heure où je peux sortir de l'épreuve".

Sur un autre plan, Ch.R. découvre "avec son nouveau corps, sa nouvelle vie, un nouveau rythme qu'il s'agit de concilier dans la vie ordinaire qui s'appuie sur l'ancien."

Ch.R. expérimente aussi "la modification des organes des sens. Sa captation de l'état intérieur qui s'ajoute à l'aspect extérieur. ... La douleur disparaissait pour sa plus grande part simplement par l'observation la plus précise possible de ce que j'éprouvais."

Une autre découverte très touchante : "Percevoir non ce qui est blessant venant de l'autre mais sa souffrance qu'on peut alors recevoir avec compassion".

Cet ouvrage permet de découvrir des voies d'exploration tant pour le malade que ses proches lors d'une épreuve suscitant de multiples expériences très variées et complexes.

 

 

 

 

 

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