Le coût, le prix et la valeur des médicaments

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Le coût des médicaments est relativement facile à calculer et, de plus, à contrôler puisqu'une grande partie des dépenses reviennent aux caisses d'assurance maladie. Ce qui s'avère beaucoup moins aisé à connaître est le coût des effets secondaires et des médicaments prescrits pour les contrer. Et pourtant c'est le tout qui exprime la situation actuelle dans laquelle les dirigeants politiques se débattent avec l'illusion de trouver des solutions qui sont hélas loin de modifier la situation de base.

 

Nos dirigeants axent beaucoup d'efforts sur le prix des médicaments et pour une grande partie dans un bras de fer avec les industries pharmaceutiques. Nous en recevons les bilans dans les médias, surtout lors du quatrième trimestre de l'année quand il s'agit de préparer les assurés à une augmentation des primes.  En fait, il serait bon d'élaborer toute l'année des études globales pour permettre d'apporter des solutions nouvelles et efficaces ainsi qu'une réelle mutation de la démarche thérapeutique, afin de restituer une place appropriée, et non démesurée, à la  prescription des médicaments.

Voici quelques comptes rendus qui parviennent à la population:                            "Le coût des médicaments a atteint un niveau record". En Suisse, en huit ans, les dépenses pour les médicaments ont presque doublé."  L'article fait la liste des médicaments onéreux. Seule proposition: utiliser des biosimilaires. Aucune suggestion qu'il est peut-être temps de passer à de nouveaux modes thérapeutiques!

"Santésuisse pointe le prix des médicaments. Ainsi, l'association faîtière de l'assurance maladie a calculé combien d'argent la Suisse pourrait économiser si tous les médicaments consommés annuellement étaient aussi bon marché que dans des pays comparables de l'Union européenne." Le système confie ainsi à des économistes des recherches pour diminuer le coût des médicaments. Il est évident que ces professionnels sont formés pour faire des calculs, des statistiques et des comparaisons. Ils ne tiennent que peu compte des facteurs humains en cause. En outre, comparer la Suisse à des pays de l'Union Européenne n'est pas adéquat pour différentes raisons comme les conditions de travail, de salaires et d'installations par exemple. D'autre part, une ordonnance ne dit pas la démarche conduisant à une prescription donc elle n'est pas comparable d'un pays à l'autre. A se demander également si Santésuisse a fait la somme de ce qu'ont coûté leurs calculs auprès de différents pays "comparables"? Qui paie de pareils frais? Sur quel compte les porte-t-elle?

"La classification revue des médicaments coûte cher. La révision de la loi sur les produits thérapeutiques permettra de délivrer des médicaments sans prescription préalable. Mais cela a un coût". Que cherche la révision Suisse de la loi sur les produits thérapeutiques? De permettre entre autres de délivrer des médicaments sans prescription préalable. Dans sa motion, la commission voulait que la révision n'entraîne pas de coûts ni de dépenses supplémentaires pour le système de santé. Les politiciens se préoccupent ainsi des dépenses du système de santé. Qu'en est-il de l'individu? Il aurait ainsi à sa charge des frais de médicaments. Ce qu'il peut y gagner, ce sont les conseils des pharmaciens qui sont à l'écoute du malaise du client et non pas seulement de son choix d'un médicament précis. Effectivement, certains pharmaciens ont même installé un lieu discret où ils peuvent écouter leurs clients, leur faire prendre conscience du mécanisme de leurs symptômes, des influences de leurs milieux et leur procurer un traitement bien plus élaboré pour leurs états pathologiques.

"Le prix de centaines de médicaments va baisser." L'Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) s'applique à revoir les prix. Que de travail loin de la cause réelle qui est l'usage à tout-va des médicaments! Il vise même à affiner sa recherche. "Le système pourrait encore évoluer. Le Conseil des Etat a adopté en septembre une motion demandant une révision du système afin qu'il prennent en compte le coût thérapeutique journalier et le coût pour l'ensemble du système de santé. Le National doit encore se prononcer."  Avec tous ces calculs savants, nous avons tout de même droit à des augmentations de primes! Cela signifie bien qu'il faut une recherche radicalement nouvelle pour modifier les coûts. Mais qui est mandaté pour que l'OFSP modifie son cap, ne se limite pas à faire le secrétaire des affaires du "système de santé" et fasse des recherches dans de nouvelles dimensions?

Et le travail de comptable se poursuit toujours dans le domaine défini par des chiffres et non par la dynamique mouvante, mobile et complexe d'un être humain vivant. Ainsi, le Conseil fédéral s'attaque au prix des génériques. Quand proposera-t-il de quoi permettre à l'art médical de considérer la santé comme un ensemble de facteurs dont l'analyse de la hiérarchie permet de soigner la source d'une pathologie et non pas agir au coup par coup?

D'autres facteurs entrent en compte sur l'estimation du prix d'un médicament. Ainsi, "Les marges spectaculaires des pharmas sur le cancer en Suisse." Une émission de la RTS révèle ainsi que "des traitements sont facturés plus de 80 fois leurs coûts de fabrication". Comment cela est-il possible? Comment se fait-il que tous les acteurs du système de santé ont permis d'aboutir à un tel bilan et l'entretiennent encore? C'est vraiment au peuple de se réveiller puisque les personnes que nous élisons ne parviennent pas à modifier un tel état de fait. C'est là que je propose la création de Gilets Rouges!

Un nouveau paradigme est avancé par une des industries pharmaceutiques concernées qui "met en avant des études qui mesurent le prix d'un médicament en fonction des années de vie supplémentaires et de la qualité de vie qu'il procure. En d'autres termes, plus un traitement est efficace, plus son tarif est élevé, même s'il coûte peu à produire." Il est stupéfiant de réduire ainsi la réflexion à des calculs collatéraux aux traitements.

L'important est qu'en entendant de tels arguments, des citoyens se réveillent et que tous ceux qui ont des expériences bénéfiques avec des traitements alternatifs les amènent sur le tapis et les exposent au grand public. En fait, la difficulté n'est pas seulement de montrer la valeur des thérapies qui soignent efficacement les malades cancéreux; la question est que le système actuel ne travaille qu'en fonction de statistiques. Or, le traitement d'un cancer est bien plus efficace quand il s'adresse au malade cancéreux - dans son unicité - dont l'organisme a laissé une tumeur s'installer. Ainsi, pour chacun, il s'agit de détecter les différentes faiblesses et de créer un traitement complexe qui couvre un maximum de besoins. Il faudrait faire des statistiques par rapport aux modes de procéder mais cela n'entre pas en compte dans le raisonnement actuellement prioritaire qui se réduit le plus souvent à un système binaire, lequel évacue la complexité des problèmes au profit d'une simplicité qui octroie un semblant de maîtrise.

 

 

Commentaires

  • Solidarité oblige !

    Il est difficile de parler de santé sans parler de son coût. Mais il est tout autant difficile d’en parler en termes de solidarité.

    Les expériences de la vie nous emmènent dans un labyrinthe de sentiments et de factures qui ne se font pas toujours avec des chiffres financiers, mais de fractures avec des pertes de proches.
    Je vous remercie pour votre article très intéressant. Vous y parlez des ces médicaments très chers avec plus de 80 % de bénéfice. Cela m’a interpellé.
    Vous y citez plusieurs références et plus particulièrement des reportages de la RTS .https://www.rts.ch/info/economie/10221246-les-marges-spectaculaires-des-pharmas-sur-le-cancer-en-suisse.html

    Permettez moi de relever quelques passages qui sont à mon avis parlants et de poser les questions qui vont avec.
    Un médicament qui sauve beaucoup de vies.
    Il en est fait état dans le reportage. C’est l’argument principal pour justifier ces prix pharaoniques.
    Il me paraît prétentieux de prétendre qu’un médicament sauve des vies, il peut au mieux la prolonger . La vie est là. Il va de même pour les médecins et le personnel soignant, ils accompagnent leurs patients dans leur vie, jusqu’à cette phase qu’est le décès. On meurt tous. Alors sauvent-ils la vie ? Dans la vraie vie, il en va bien autrement. Ainsi dans les décès que j’ai connu dans un environnement relativement proche au cours de 20 dernières années, j’y constate des situations tragi-comiques sur le plan des soins :
    - Un patient âgé, atteint d’un cancer de l’oesophage, doit subir une radio thérapie. On veut le sauver, mais, pour des mesures d’économie, on a limité le nombre des séances selon une table du système de santé. Il se trouve que cette personne réagit bien à ce traitement et après environ la moitié des séances, son état est jugé suffisent, mais comme il a droit à plus de séances, on continue les rayons et lui brûle cage thoracique et abdomen. Quelques temps plus tard, il en résulte un gros problème intestinal qui doit être opéré en urgence, il faut lui mettre une poche. Arrivé à l’hôpital au petit matin, on ne l’opère pas tout de suite, car on pense qu’il va encore mourir aujourd’hui. Le soir, comme il est toujours vivant, on décide de l’opérer quand-même. Le pronostic est optimiste et l’on parle même d’une poche provisoire. Il est placé en soins continus. Dans cet hôpital, on a procédé à des économies de personnel, et pour ce faire, les soins continus et les soins intensifs ont été réunis. Ils ne sont surveillés que par une seule et même personne le dimanche, une infirmière qui n’est pas autorisée à sortir du service, même pour pendre son repas. Elle a oublié le patient en question, qu’elle avait installé pour les visites, sur un fauteuil, sous une grille de climatisation qui souffle sur lui un air glacial pendant environ 6 heures… Il décède d’une pneumonie quelques jours plus tard.
    - On veut sauver cette autre personne opérée de la vésicule biliaire, mais les drains ce sont rétractés dans la blessure et il faut réopérer dans la même journée pour les ressortir. Plus tard, l’organe extrait est révélée cancéreux par la biopsie. On enlève une partie du foie quelques mois plus tard. Alors qu’il n’existe pas de traitement, on laisse espérer. Elle souffre encore une année et meurt finalement de ce cancer. Quelques heures avant son décès, un médecin lui vend un dernier soin ; un perfusion d’eau « pour qu’elle ne meurt pas de soif », dit-il à la famille, ce qu’elle ne saurait refuser. Mais la personne ne résorbe déjà plus aucun liquide. N’est-ce pas un peu comme dans un grand magasin où l’on met des bonbons devant la sortie, juste pour arrondir le chiffre d’affaire ?

    DES AUGMENTATIONS DE PRIX EN SYSTÈME « BOULE DE NEIGE ».
    Dans ces cas, on constate que, des soins génèrent d’autres soins et que les erreurs médicales sont prises en charges par les assurés. Ce qui a aussi un effets sur le prix des médicaments, puisque le reportage dit, que les médicaments sont calculés, non pas en fonction du coût de fabrication, mais : EN FONCTION DU BÉNÉFICE QU’IL PROCURE AUX PATIENTS ET A LA SOCIÉTÉ, donc, plus on consomme plus c’est cher .
    La question qu’il faut aussi se poser est : quelles sont les marges consenties sur des médicaments de base ? Commercialement, il est dans la pratique de prélever un certain pourcentage au passage d’une marchandise. Quelle est la marge que se prennent les intermédiaires : hôpitaux, médecins, assurances, ou autres, sur les médicaments ou fournitures qu’ils nous livrent? On peut également faire des comparaisons ; par exemple combien coûte à la santé, le m³ d’eau en sachets, pour les perfusions, livré et rendu sur le patient , actes médicaux compris, comparé à un autre m³ d’eau livré au citoyen? Je pense que là aussi on aura des chiffres bénéficiaires astronomiques…

    UN MÉDICAMENT TROP CHER PEUT TUER
    En opposition il y aussi cet autre cas.
    Un homme dans la trentaine, dont la caisse-maladie refuse de payer un nouveau médicament qui serait son dernier espoir. Il meurt laissant trois orphelins en bas âge.

    Dans ces trois cas, il faut bien constater, qu’il y a tout d’abord une certaine impuissance sur la vie d’autrui ; c’est la sienne et non la notre. En aucun cas, même dans sa pleine puissance, une personne ou une entreprises ne peut se permettre d’affirmer « je vous ai sauvé la vie ». Madame Peters, chef du service oncologie médicale au CHUV et qui va prendre la présidence de la société médicale européenne d’oncologie en 2020, dans un autre reportage de la RTS, apporte des précisions à ce genre de situation.
    « … Si l’on discute de ces médicaments très chers, c’est qu’enfin on a des nouveaux traitements pour les patients souffrant de cancers. Elle dit aussi : « Et les pharmas n’ont jamais prétendu avoir un but non lucratif… » Quant aux bénéfices 2018 de Roche et Novartis, 22 milliards selon la RTS. Elle nous explique que :«  L’angélisme ici est dangereux. On ne peut pas imaginer faire des progrès sans les Pharmas ». Pourtant ce montant représente environ 2750 francs/an par habitant en suisse. Presque autant que je paie en assurance maladie  annuellement! Est-ce que l’assurance n’est pas simplement un aiguillage financier vers les majors de la santé ? Est-ce que pour eux, les soins médicaux apportés à leurs protégés ne seraient qu’un mal nécessaire pour faire des bénéfices?
    Dans le reportage télédiffusé, on y parle de situation abusive où le client captif est raquetté par le fabriquant de médicaments. Une bulle spéculative sur le dos des patients et d’un système de santé sociale. Une vache à traire pour les fabricants de médicaments.
    - On explique aussi que les pharmas sont des contribuables de la Suisse, ils payent des impôts. La Suisse a relativement avantage à ce que les médicaments sur le marché intérieur soient relativement chers, comme ça on peut justifier des prix chers à l’étranger également, qui vont rapporter à l’économie suisse et par le biais des impôts, rapporter à l’économie fédérale.
    - Selon une étude de l'université de Liverpool, une boîte de Glivec coûterait au maximum 30 francs à fabriquer. C'est 86 fois moins que les 2592 francs facturés par Novartis »
    Par contre, à la radio, toujours à propos des médicaments Madame Peters, nous dit : « Si nous sommes dans cette problématique c’est heureusement qu’en Suisse on peut encore distribuer des médicaments et discuter que tous les patients aient les mêmes médicaments, ça fait longtemps qu’aux Etats-Unis ce n’est pas les cas ... »
    « … Si l’on discute de ces médicaments très chers, c’est qu’enfin on a des nouveaux traitements pour les patients souffrant de cancers. Le problème est qu’en oncologie on parle de traitements qui pourraient vous sauver la vie. »...« On a installé ou décidé d’installer en suisse un système solidaire… En suisse on peut bénir notre système d’assurance maladie. 95 à 99 % de mes patients on accès à tous les traitement oncologiques ». (Que deviennent les autres ?)


    LA SOLIDARITÉ
    La solidarité qu’est-ce que c’est?

    Dans cette interview livrée par la radio, la première question qui est posée à Madame Peters, est :
    « On va parler prix des médicaments qui sont quelques fois exorbitants pour certaines thérapies, et on voit de plus en plus souvent des gens appeler à la solidarité et à la générosité sur les réseaux sociaux. Est-ce que les financements participatifs vont devenir la norme pour certains traitements ? »
    Réponse :« Je ne le souhaite pas. » « ...La solidarité extrêmement magnifique et bénéfique etc, ne devrait pas exister, c’est que c’est à nous, les médecins, à nous les politiciens, à nous les engagés de la santé, de travailler pour que ces in-équités n’existent pas. L’élan social est très utile, mais l’élan social ne devrait pas remplacer un système politique, qui serait transversal, équitable, et qui défendrait ces valeurs que Ruth Dreifus avait à l’époque inséré avec la LAMAL… ».

    Si cette phrase laisse entendre une certaine compassion du monde de la santé envers leurs clients, il y a, semble-t-il, dans cette position, une question de situation sociale, le médecin, un professionnel qui sait, qui a de l’expérience, que l’on n’oserait contredire. Mais cela reste un point de vue professionnel au travers du petit trou du spécialiste. Elle masque une certaine réalité : la débrouille des abandonnés du système pour ne pas « crever » et c’est très regrettable ! Pour pouvoir louer ce système, il faudrait qu’il fonctionne, et la, vraisemblablement, il y a défaillance. En plus, avec mes primes qui on augmenté de 368 % depuis 1997 et qui vont augmenter encore, on peut dire qu’il a vraiment des sacrés problèmes!


    Il faut se demander : Qu’est-ce que la solidarité de la LAMAL ? Pour cela il faut se poser la question: Est-ce que dans le monde médical, globalement, on gagne bien sa vie ?
    Selon les statistiques suisses, la moyenne des salaires dans la santé se trouvait dans une fourchette de 6’700 à 8’000 francs avec des extrêmes d’environ 5’600 à 13’000, sans parler des indépendants et/ou spécialistes qui peuvent gagner des sommes beaucoup plus importantes…
    Dans un autre milieu, par exemple, les professions de l’agriculture, le revenu annuel est très inférieur ; dans l’ordre de 30 milles francs/an, soit environ 2500 francs/mois,

    La solidarité, n’est-ce pas ce sentiment de fraternité dont parle le dictionnaire, qui pousse les hommes à se porter assistance ? Peut-on revendiquer des revenus supérieurs au nom de la solidarité? Peut-on dire à son prochain : « quand je te soigne, je vaux plus que toi » et rester « solidaire » avec lui ? « Je vais te soigner mais cela va te coûter très cher, car mon bénéfice doit me rapporter encore plus ».

    Est-ce que les petits paysans ne sont-il pas plus solidaires que les services de santé eux mêmes, lorsqu’ils nourrissent sainement cette même population à un prix modique?
    Ne faut-il pas précisément une vraie solidarité entre soignants et soignés et finalement trouver des alternatives au système de santé actuel? La vague générale va pourtant dans le sens inverse, les autorités fonctionnent, de plus en plus, selon le mode de privatisation, dans lequel on favorise le principe : tu utilises, tu payes.

    PERSPECTIVES:
    Dégager un certain profit que l’on peut définir… c’est la proposition qui émerge de ce reportage
    Est-ce que le profit est compatible avec solidarité? Qu’est-ce qu’un profit en matière de santé? N’est-ce pas cette façon adroite de faire croire à son interlocuteur que payer plus et trop, c’est dans son propre intérêt de lésé, sinon il va mourir ?
    Mais l’OMS veille sur le grain et promet un baisse générale du prix des médicaments Madame Peters nous parle aussi de révolution et tempête politique, mais elle y croit:« si les autorités prennent la gouvernance, l’entier du marché du médicament sera beaucoup moins coûteux pour tous les pays. Ex : peut-être un médicament coûtera, peut-être à la fin de l’établissement de ce modèles... mille francs en suisse et 400 en Grèce… » Est-ce que cela ne risque pas, comme avec la LAMAL, de créer de nouveaux transferts financiers vers les industriels et créer une inflation supplémentaire incontrôlable: faire payer les patients des pays riches pour profiter encore plus des exportations de médicaments, avec des bénéfices encore plus colossaux... et passer à côté de la vraie solidarité?

    Mais on nous met en garde :  « En suisse, on peut encore rembourser les médicaments dans les 5 à 10 prochaines années sans trop de problèmes. » Alors que se passera-t-il après? 

    Est-ce que pour défendre un système de santé si onéreux, en pleine inflation, il ne faut pas être soi-même un bénéficiaire direct du système en y gagnant avantageusement sa vie ?

    C’est pourquoi je pense qu’il faut faire attention au double langage comme « sauver des vies » ou « solidarité » qui manipule et rajoute quelques éléments émotionnels qui peuvent rapporter gros. Faire attention également aux raccourcis du genre que ; les pharmas seraient incapables de nous soigner, si nous ne leur versons pas des bénéfices colossaux ? Attention aussi aux comparaisons hasardeuses et trompeuses avec des systèmes médiocres ou inexistants, comme aux USA.
    En Suisse on paye… et c’est obligatoire, pour enrichir les riches du système de santé qui en veulent encore plus ! Ça semble malheureusement une triste réalité.

    Finalement, est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux avoir un système vraiment solidaire hors des affaires et profits personnels comme on voit se dégager dans ces articles, comme nos bonnes vieilles petites mutuelles, près des gens et qui nous coûtaient pas cher?
    Et concernant les médicaments, la Suisse a un grand laboratoire militaire de recherche : le laboratoire de Spiez est un institut suisse spécialisé en matière de menaces atomiques, biologiques et chimiques, d'un coût de 28,5 millions de francs suisses… (selon Wikipédia). Si nous pouvons le faire pour la guerre, ne peut-on pas imaginer un tel laboratoire fédéral pour la santé ? Avec le budget à milliards que nous payons aux pharmas, on devrait pourvoir faire quelque choses ! Par exemple, développer les médecines douces, qui ne sont souvent pas remboursées, et qui n’apparaissent, de fait, que peu ou pas dans les statistiques des coûts des médicaments et de la santé?

    A propos de vache à lait, je travaillais en collaboration avec un vieux vétérinaire qui me disait : « Je vais faire une piqûre à ta vache qui va faire beaucoup de bien à son propriétaire ! » N’est-ce pas un peu la même chose avec les pharmas ?

    Les dialogues retranscrits sont issus des reportages de la RTS:
    - https://player.rts.ch/p/rts/inline?urn=urn:rts:video:10226082&hideendscreen&autoplay=1
    - https://www.rts.ch/info/suisse/10194176-changer-la-gouvernance-du-systeme-de-medicaments-sera-une-revolution-.html

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