Choisir entre une réflexion binaire ou ternaire

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On n'a jamais rien assis sur deux pieds! Or, actuellement, beaucoup trop de modes de procéder, de débattre, de décider, s'appuient sur oui ou non, noir ou blanc,  soit des formules opposées, sans tenir compte qu'une troisième voie peut réunir le tout, comme un enfant est la jonction entre son père et sa mère.

Ainsi, il manque une troisième dimension. On le remarque du reste dans le langage courant où les dimensions verticale et horizontales sont amplement utilisées, mais beaucoup moins la dimension sagittale. Il est vrai, que  par les écrans, nous sommes confrontés à une image qui, même si elle donne l'illusion d'une profondeur, nous est présentée sur un plan, que ce soit avec les ordinateurs, à la TV ou sur des affiches publicitaires.

Dans un autre domaine, par exemple celui des votations, il y a la rubrique oui ou non. Effectivement, on peut objecter qu'il est toujours possible de voter en blanc ou même de ne pas voter du tout mais la décision ne dépendra que des oui ou des non.

Pour évaluer des étudiants, on les soumettra à un QCM, questionnaire à choix multiple où, néanmoins, on ne peut que cocher ou non une case. C'est en tous cas le cas de la majorité des modules à l'Ecole de Médecine de Lausanne ( et ce ne sont pas les seuls!) qui sont sanctionnés par une épreuve de type questionnaire à choix multiples. Ainsi, on teste plus le côté mental binaire que la pluridimension de l'esprit des futurs médecins.

La dimension ternaire offre la perception d'une profondeur réelle et une certaine vision panoramique.

Ainsi, le corps d'un être humain est constitué de trois parties : l'abdomen, le coeur et la tête. Sur un autre plan, on trouve le corps, l'âme et l'esprit. Au niveau de la nourriture, il y a les glucides, les protides et les lipides.

Dans la nature, nous savons bien que, sous nos latitudes du moins, le soleil se lève et se couche avec l'intermédiaire de l'aube et du crépuscule.

De la sorte, pour prendre soin d'un être humain, il vaut la peine de le prendre dans son ensemble car il n'est pas en pièces détachées comme un véhicule automobile. Ainsi, entre la médecine conventionnelle et d'autres médecines, nous pouvons distinguer les thérapies qui sont plutôt binaires et celles qui ont davantage de valences. La médecine chinoise, avec ses 5 éléments et ses 5 organes princiers, est même quinquénaire.

Si la médecine conventionnelle coûte toujours plus cher, c'est qu'elle se condense, se concentre voire s'enferme principalement sur des prescriptions de type binaire. Elle octroie beaucoup moins d'importance à une troisième partie qui peut en contenir une quatrième voire une cinquième.

La science médicale attribue à chaque pathologie un traitement médicamenteux selon le diagnostic défini dans sa dimension organique, cellulaire ou moléculaire. Elle ne tient alors pas compte de ce qui anime affectivement le patient. Ou alors, c'est juste pour lui donner un anti-dépressif, anti-angoisse, anti-insomnie (on retombe alors dans une dynamique binaire au niveau psychique.). Et au niveau plus rationnel ou psychique, on ne cherche pas à l'accompagner dans une prise de conscience profonde pour détecter ce qu'il vit dans son étape de vie en cours, ce qui amènerait à une connaissance plus vaste de son existence et à une meilleure compréhension des mécanismes de la maladie. Actuellement, différents médecins en sont conscients et développent la "médecine du sens". On peut la découvrir par exemple avec le Dr Olivier Soulier.

Le système médical moderne se heurte à différentes maladies neurodégénératives ou cancéreuses qu'elle soigne à des prix dépassant de plus en plus les possibilités de la population, en cherchant des solutions dans la technique ou dans l'industrie pharmaceutique. Ainsi par exemple, une nouvelle thérapie est en train d'être testée contre la maladie d'Alzeimer avec un dispositif pour stimuler cerveau et intestin. Il relève d'une grande science mais on lui donne énormément de place alors qu'un malade atteint par cette maladie est arrivé à cette dégénérescence à la suite de plusieurs dérèglements. De plus, il réagit à sa maladie par différents fonctionnements qui révèlent son être et dont il serait utile aussi de tenir compte.

Ainsi, pour trouver une solution à un problème de santé, autrement dit pour "s'en sortir" - le mot exprime bien ce qu'il veut dire - il s'agit de s'ouvrir à des explorations au-delà de l'espace de la médecine codifiée selon les normes académiques et assécurologiques.

 

 

 

 

 

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Commentaires

  • La médecine devrait donc prendre en compte les interrelation non seulement entre les organes mais aussi entre l`esprit et la matiere, le niveau "esprit lui-meme un ensemble d`interactions entre le psychique et tout ce qui fait le "mode de vie" du malade. Médecine "holistique" donc qui exige une relation médecin-malade plus exigeant en temps alors meme que la proportion en le nombre des médecins et celle des malades ne cesse de se dégrader du fait du nombre croissant des malades. Le nombre des malades augmente notamment du fait des "maladies de civilisation" (stress, qualité de l`air et de la nutrition, manque d`exercice physique et aussi mental) mais aussi du fait de l`augmentation de la durée de vie. Pas simple, tout ca.

  • Merci, Jean Jarogh, d'apporter votre réflexion!
    Pour rester dans le thème de la note, je reprends vos propos : "alors même que la proportion en le nombre des médecins et celle des malades ne cesse de se dégrader du fait du nombre croissant des malades". Votre explication relève pour moi du binaire avec cette affirmation : "la dégradation du fait du nombre croissant des malades". En fait, la dégradation est la résultante de divers facteurs et c'est en allant les investiguer qu'on ouvre l'entendement à davantage de paramètres, donc à une troisième dimension. C'est notre relation à la maladie qui, par exemple, multiplie les gestes pharmaceutiques, médicaux et techniques. Cette relation dépend elle-même de notre rapport à notre organisme, de notre recherche de compréhension de nos mécanismes physiologiques, du temps que l'on veut y consacrer, de notre aspiration à nous ouvrir à d'autres paradigmes puis à désirer améliorer notre situation.

    Je poursuis avec vos propos : " Le nombre des malades augmente notamment du fait des "maladies de civilisation". La civilisation ne fait pas tout. C'est effectivement une réalité indéniable mais si on veut percevoir un monde à plusieurs dimensions, on peut chercher à prendre conscience de la façon dont on participe passivement ou activement à la dynamique de cette civilisation, autrement dit à récupérer nos potentiels de créer notre existence selon nos capacités propres et nos élans personnels.

    "mais aussi du fait de l`augmentation de la durée de vie". Je distingue le nombre des années de vie d'avec les maladies pouvant survenir et s'installer avec le temps. Beaucoup de nos cellules se régénèrent régulièrement et si elles ne peuvent pas le faire, pour diverses raisons comme celles que vous mentionnez très justement "de civilisation", cela conduit à une maladie. Une des causes importantes en est donc la manière de nous gérer, ensuite de capter les signaux de défaillance, puis d'en accepter leurs réalités, de les comprendre, de chercher des solutions qu'il s'agit encore de mettre en pratique! Beaucoup de personnes actuellement présentent une dépression plus ou moins larvée, ce qui freine ces processus de transmutation; elles ne savent même plus que d'aller mieux, c'est possible si on change nos modes d'action.

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