La médecine pratique

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Eh oui! La médecine officielle est devenue organisée, formatée, conformée, codifiée, en fait limitée, même si elle présente des tentacules par ses spécialités ultra-développées. Qui profite de son développement pratique?

Le patient? C'est à en douter puisque son entité vivante est définie par pièces détachées que sont les organes à traiter, définis par des diagnostics. Ainsi, on ne soigne plus un malade cancéreux mais un cancer de la gorge ou de la prostate, etc. Rendre le malade responsable? signifie le rendre docile aux consignes mais pas l'enjoindre à tenir son dossier à jour avec un livre de bord contenant l'historique de ses problèmes de santé et de ses observations, des visites médicales et des résultats des divers examens.

Le médecin? Il doit appliquer les protocoles imposés par les études randomisées en double aveugle ou décidés par les académies et imposés par les assurances qui l'enjoignent de renoncer à appliquer en priorité ce que son expérience personnelle lui a enseigné. En fait, chaque patient est unique et le médecin ne peut par conséquent pas produire des statistiques de ses résultats par pathologies.

Le système politico-assécurologique? Certainement puisque ce n'est plus l'art médical qui dirige les soins mais bien le système économique soutenu par le gouvernement. Actuellement, il est question d'établir une identification électronique (e-ID) ce qui permettra un dossier électronique du patient (DEP) "Grâce au DEP, les professionnels de la santé peuvent facilement et rapidement avoir accès à des informations essentielles pour le traitement de leurs patients : ils sont mieux à même de poser le bon diagnostic et de prescrire la bonne thérapie".

Ainsi les informations essentielles ne viennent plus de l'observation et de l'examen médical mais d'un dossier fixé sur ordinateur, forcément réducteur. Devant des données délimitées le médecin peut-il vraiment être libre de prescrire la "bonne thérapie"?

"La numérisation rend le système de santé plus sûr, plus efficace et de meilleure qualité affirme un parlementaire (licencié en lettres, recteur d'un lycée)." Ainsi, il affirme un credo qui ne relève pas d'une longue expérience de praticien en médecine. Il est une preuve que ce sont des concepts et non plus la rencontre au lit du malade qui prime, mais bien celle avec l'écran d'un ordinateur!

"Le National veut désormais introduire le dossier électronique chez tous les prestataires du milieu médical". Ainsi donc, la création d'un dossier ne dépend plus de ceux qui sont actifs et sont stimulés par leurs créativités qui les accompagnent dans leurs réflexions.

Il y a eut aussi une discussion sur l'organisme qui délivre les e-ID. Là encore, patients et médecins sont placés devant le fait accompli de l'e-ID alors qu'ils sont au centre de la pratique des prestations.

"La Confédération garantira la protection des données". Quelle illusion! Quelle naïveté! Voilà encore un concept qui n'est pas rattaché à une réalité concrète quand on sait tous les écarts qui sont dévoilés par et sur le net. Un exemple tout récent (du 3.10) nous est livré par la tdg : "HUG, des infos sur des patients placés sur le Net.".

Et cette Confédération même veut imposer à tous les assurés, donc tous les citoyens, une e-ID et reconnaît que, dans le fond, elle se soumet aux lois de l'économie : "Elle vise à faciliter la vie pour les affaires bancaires, les démarches administratives, le dossier médical électronique ou une commande sur un site de vente en ligne."

Allons-nous réduire le coût des primes? "Le Conseil fédéral évalue à 9 millions de francs la mise en place du système et à 2,4 millions par année son exploitation." Peu importe de quelle caisse on va extraire ces sommes! Ce qui est sûr, c'est que ces millions pourraient être utilisés pour améliorer l'état de santé de la population en pratiquant une meilleure gestion des ressources humaines plutôt que de gérer les dossiers!

A noter aussi qu'il n'est pas fait mention de l'éventualité que les ordinateurs peuvent se dérégler ou tomber en panne, à quoi s'ajoutent les pirates et les pannes d'électricité. Qu'advient-il alors du non - accès au dossier?

La Revue Médicale Suisse nous offre un panorama très détaillé du thème présenté: "Dossier patient informatisé - belle opportunité de repenser l'information médiale et son utilisation".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Commentaires

  • Après avoir lu l'article du jour avec lequel je suis d'accord à 200%, je découvre les titres de tous les anciens articles ! Incroyable, une vraie mine d'informations et de ressources. Comme on dit, "je bois du petit-lait" en te lisant, Marie-France, car je suis une adepte convaincue d'une autre approche de la santé et de la maladie. Déjà en 1955, ma maman disait plus ou moins la même chose au médecin responsable des écoles, ce qui ne l'avait pas empêché de me faire expulser de l'école pour refus de la cuti-réaction...

  • Très intéressant, Noëlle, ce témoignage d'interdiction d'école obligatoire sur refus d'une cuti-réaction, comme si la formation scolaire était moins importante qu'une cuti-réaction...
    Ce fait dénote aussi à quel point la médecine d'une maladie importante est réduite à un test alors que le terrain tuberculinique est défini par bien d'autres signes qui, malheureusement, ne sont pas enseignés aux médecins.

  • Une série de constats qui partent de la perte de bon sens le plus élémentaire au profit caché de la seule préoccupation obsédante , le gain , le profit à court terme, le rendement . Dommage si on devient malade ? Pas pour tout le monde:
    Prenons un exemple qui touche un tout autre domaine certains ont la chance de posséder un véhicule . Autrefois on allait voir un garagiste qui écoutait le bruit du moteur et faisait le tour des pièces défectueuses de l'usure ou du manque de graissage des parties mobiles . Il savait parfois plus ou moins réparer se fiant à son expérience : Ça c’était les perles rares des bons garagistes ...
    De nos jours toutes les fonctions élémentaires de motorisation plus les autres sont interfacées par un mini ordinateur interne qui ne donne dans le meilleur des cas qu'un témoin lumineux qui s'allume sur le tableau de bord sans préciser la source effective du dysfonctionnement. Celui-ci ne peut être diagnostiqué qu'au moyen d'une petite valise électronique hors de prix et non vendue dans le commerce , en général spécialisée selon le constructeur qui alors indiquera l'origine de la panne selon ce logiciel propriétaire . Cela indiquera donc les pièces à changer et l'entretien à effectuer moyennant ces pièces . Toute autre panne ne pouvant pas être détectée même élémentaire ne pouvant donc pas être réparée vous invitera a faire l'acquisition d'un nouveau véhicule encore plus coûteux en entretien et d'une plus courte durée de vie .

    Ceci est encore plus valable pour les grands acquis de la technicité moderne à commencer par la machine avec laquelle vous pouvez lire ou commenter ce fil . 

    Maintenant appliqué au monde médical cela risque de choquer certains est ce que certaines vérités très sélectives seraient donc devenues prohibées à exprimer de nos jours où tout le monde sait tout grâce aux médias de vulgarisation de masse autant qu'aux manuels techniques et selon la grille de lecture admise et même imposée ?

    Si vous êtes trop sensible je vous invite a ne pas lire la suite !

    Prenons donc rendez vous avec un praticien moderne . Lors de la première consultation, à moins de s'en plaindre ...La plupart du temps certains ne vérifieront même plus la tension artérielle pas plus qu'ils examineront le patient mais demanderont d'abord un certain nombre d'examens sanguins, radiologiques et autres tests pratiqués dans des laboratoires spécialisée eux mêmes munis d'appareils si complexes que seul un tout petit nombre selon la formation du constructeur ou du test en question saura lire les résultats . Ces observations sont ensuite transmises au praticien concernant un patient réduit à n’être perçu que comme un animal de laboratoire classé selon les données d'un numéro de SS ( comme le numéro de série de la voiture ou de la machine à laver irréparable ?) 

    Ensuite il existe une sorte de bible dans la version étendue du VIDAL comparable en tout point à la doc technique de ce véhicule en panne qui indique alors quels tests complémentaires doivent être envisagés puis tels traitements sont indiqués par le protocole en références croisées multiples . Bientôt en voie d’être remplacés par un système expert .
    Dans ce cas à quoi bon un praticien humain s'il en reste encore pour des humains jetables en devenir ?

    Prenons un cas ma maman décédée a l’hôpital des suites d'une intoxication alimentaire d'un plat fourni par une héritière présomptive malveillante et cupide, grand classique de romans noirs des crimes si parfaits qu'ils doivent être bien plus fréquents qu'on veut l'admettre surtout quand on a fréquenté ce milieu à titre professionnel ?
    Ma pauvre maman avais survécu à un cancer incertain et surtout à cette série de traitements consistant à brûler les suites d' une excroissance douteuse d'abord par extraction chirurgicale , suivie après début de cicatrisation par des radiations ionisantes suivies par une chimiothérapie de longue durée sans se préoccuper de ses antécédents ni même de produits eux mêmes considérés causer d'autre tumeurs malignes ! 
    Le résultat avec fragilisation de son squelette avec fracture d'une vertèbre lombaire la menant a plusieurs mois de dépendance presque totale .
    Avec mes soins attentifs, ma maman avais réussi a se remettre debout jusqu’à cette nouvelle intervention extérieure qui elle même n'aurait pas été fatale

    -SI - ou la série désastreuse qui elle-même pose des nombreuses questions sur les "protocoles antérieurs " ou une attitude générale finalement odieuse a moins d’être dans le déni ou avoir des motivations pour le moins douteuses ?
    Donc à peine remise elle tomba un peu malade de cette intoxication du type de celles qui prolifèrent . Il fallu appeler finalement le samu pour les problèmes urgent de déshydratation nécessitant une perfusion . Mais hélas ce jour là , le service d’accueil sélectionné par l'urgentiste selon l'âge de la patient l'a dirigée vers un service complètement saturé comme tous les lendemain des WE par tous les accidents domestiques ou d'activités de loisirs ainsi que les abus festifs variés . 
    Avec bien entendu le préjugé d'âge qui signifierait qu’âgée de 87 ans une patiente ne semble pas être prioritaire quel que soit son état d'urgence relative ? Résultat 12 heures d'attente dans un couloir suivi d'une orientation directe en gériatrie dans la chambre la plus proche de la morgue de l’hôpital . Le médecin chef de service n'a pas pris la peine de contacter le médecin traitant par téléphone et m'a consacré, trop pressée, qu'à peine dix minutes pour me recevoir .
    Prescriptions analytiques habituelles avant toute prescription pourtant urgente , les perfusions mal faites inopérantes , ensuite contradiction entre le chef de service et le personnel . Madame Le clercq est sensée avoir reçu un antibiotique à spectre large ( équivalent classique de pénicilline ou non ?) selon la version mais ceci sans avoir eu connaissance des précédents allergiques pourtant indispensables . Résultat tardivement acquis hélas puisque tel antibiotique a donc été introduit dans le flacon d'une perfusion remise deux jours après et quelques heures plus tard ma maman succombait .
    Trois mois d'attente avec l'intervention d'un notaire pour obtenir un certificat de notoriété pour avoir accès au dossier médical . Soumis au médecin traitant observant telle analyse indiquant tel marqueur lié selon sa compréhension selon le manuel comme lié au cancer mais aussi sans qu'il veuille tenir compte de troubles hépatiques graves, notamment liés a une intoxication, pourtant indiqués dans le manuel concernant tel marqueur sanguin !

    La version du cancer étais plus pratique pour exprimer qu'à partir d'un certain âge ou selon ce qui est inscrit au dossier informatique la vie d'un être a plus ou moins de valeur selon ce classement somme toute basé seulement sur des test au mépris de toute évidence et de la vie elle même ?

    Moi même tombé assez gravement malade d'un accident comme aidant je suis donc retourné dans le même hôpital tardivement pour constater le même traitement de faveur sélective puisque à ce moment je n’étais plus couvert par aucune protection sociale donc classé d'office comme ma défunte mère ? Un marginal français blanc mais comment ?
    . Elle ne pouvait à peine s'exprimer dans son état semi comateux ? A quoi bon puisque même avec une certaine connaissance et faculté de l'exprimer , rien n'est pire que de n’être ni entendu ni écouté encore moins compris devant cet édifice si hautement technique vu au travers des instruments ,

    La loi absolue des protocoles , des tests ou ces avis si éclairés au mépris de l'observation la plus réglementaire ou du témoignage rapporté par l'aidant ou toute autre personne aimante ou simplement honnête et sincère .

    Pour se permettre de tomber malade encore faudrait-il être en bonne santé ? Un être vivant n'est plus qu'un produit remplaçable réparable selon sa valeur ou bien jetable et c'est même interdit d'en parler ?

    un dicton disait déjà au moyen âge "une pomme par jour éloigne la maladie et le médecin en visant bien "puisque les praticiens n'avaient pas pour habitude de se laver les mains avant d’opérer . Que les sangsues et les saignées etaient la seule médecine admise et en-saignée a l’École de ces carabins .

  • Médéric, je suis très touchée par votre témoignage qui évoque si bien les péripéties hospitalières qui se limitent trop souvent à des protocoles qui se suivent au coup par coup.
    Il en résulte "un patient réduit à n’être perçu que comme un animal de laboratoire classé selon les données d'un numéro de SS"
    Vous dites très justement concernant la présence consciente de la patiente : "A quoi bon puisque même avec une certaine connaissance et faculté de l'exprimer , rien n'est pire que de n’être ni entendu ni écouté encore moins compris devant cet édifice si hautement technique vu au travers des instruments."
    Il est vraiment temps de transmuter (et pas seulement transformer) la médecine actuelle en une médecine riche d'humanité en pensées, en paroles et en actes.

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