La population, le corps médical, le gouvernement (14 août 2020)

Voilà trois concepts qui paraissent très clairs au premier abord mais qui, étant donné la situation aigüe que nous traversons, deviennent trois corps qui révèlent chacun leurs complexités, leurs multiples dimensions et leurs diverses structures. Nous sommes témoins de ce qu'ils manifestent, ce qui permet de ressentir ce qui nous anime et de mieux percevoir les entités qu'ils représentent.

La population est sans doute le corps le plus complexe des trois, constitué d'individus qui ont chacun leurs particularités, leurs niveaux de formations dans différents domaines, leurs engagements multiples et variés. Ils suivent aussi des dynamiques très variées selon leurs âges et leurs épreuves en cours. Chacun est porté par ses croyances et animé par une sagesse qui peut s'avérer très différente d'un individu à l'autre.

En chaque situation, chaque être humain vit sa propre relation à lui-même, à ses proches, à ses relations sociales et à sa place de citoyen dépendant du gouvernement. Cet état de fait ressort encore de façon plus manifeste dans la période particulière que nous traversons.

Les épreuves et les défis sont nombreux en ces temps où les informations sont transmises davantage par les médias qui sélectionnent ce qui leur correspond. Et ceux qui vivent dans certains milieux comme les hôpitaux ne peuvent avoir qu'une vision coronavirale très délimitée. En revanche, quasi personne ne peut échapper à ce qui est répété en chaînes, à l'interpellation des masques (qu'on le porte ou non), aux conséquences du confinement ou aux annonces du vaccin.

Selon l'interpellation qu'il reçoit, il peut soit se soumettre comme un enfant, sagement ou en geignant, soit se révolter comme un adolescent mais en finissant par se soumettre de gré ou de force. Soit être créatif et proposer des pétitions,  témoigner de solutions novatrices, ou encore apporter des réflexions sous une forme ou une autre.

En tous cas, personne ne reste insensible à un pareil tsunami qui sévit depuis plusieurs mois. En chacun peut s'éveiller un potentiel inconnu et des aspirations tues jusqu'alors.

Ce que nous avons de semblables entre nous, c'est notre corps. Il représente un palais tant il est riche d'espaces distincts et en même temps interconnectés. Evidemment, les palais peuvent se présenter différemment selon notre façon de les respecter, de les entretenir et de désirer les connaître de plus en plus profondément.

Venons-en au corps médical ! Nous n'avons jamais été confronté à la réalité que ce corps qui désigne la communauté des médecins pouvait se retrouver aussi soumis à des décisions gouvernementales et ne plus pouvoir pratiquer selon leur science et leur conscience riche de leurs expériences personnelles. Alors que les médecins se dénommaient confrères, on en a vu certains se déchirer et se dénigrer. Avec la sectorisation des spécialités et des institutions, ils perdent la vue d'ensemble d'un être humain. Accablés par les obligations administratives et assécurologiques, ils n'ont plus une vision panoramique d'une situation sanitaire.

Heureusement, après ces mois chaotiques et d'expériences douloureuses, certains d'entre eux retrouvent une identité médicale, leurs volontés d'être au service des malades et leur confraternité internationale en s'unissant sous le nom de "Médecins pour la vérité". Ils se dressent vivement face à la censure d'une conférence de presse de médecins américains. Une femme médecin s'affirme en empathie pour ses patients contre le port du masque. Certains médecins savent aussi relativiser le rôle des vaccins et reconnaître la pression des enjeux politico-économiques. Un autre dénonce les limitations de la médecine actuelle : " Il y a dans la médecine actuelle un désir important de mettre des preuves, ce qui n’est pas toujours évident. On reste donc dans des modèles mathématiques ou de process qui ne font pas forcément avancer la science." Un de ses collègues "diagnostique" clairement un "véritable crash test des institutions démocratiques, de l’économie mondiale, de l’éthique de la recherche et de la fiabilité des plus grandes revues médicales." Il mentionne aussi, graphiques à l'appui, que " le confinement n'a pas diminué le rythme des contaminations".

De leurs côtés, des professeurs de médecine s'affirment devant des médias, avec toute l'autorité qui leur a été conférée depuis de longues années. Leurs visions élargies leur permet de voir les limitations des mesures sécuritaires que l'on impose au peuple sans tenir compte de toutes les conséquences allant à l'encontre de la santé tant physique que mentale et économique. Ainsi, "le Pr Jean-François Toussaint épidémiologiste est le seul à avoir ouvertement contesté le confinement et montré son inutilité.". Pour sa part, le Professeur Christian Perronne, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de Garches revient sur les erreurs de l’exécutif dans la gestion de la crise sanitaire. Un autre professeur, très consciencieux et très compétent, comprend à quel point la population n'est renseignée que d'une façon partielle et orientée. Par conséquent, il offre un webinaire " en attendant le vaccin,  n'ayez pas peur " pour informer sur les différents points : la durée de 2h prouve bien à quel point le sujet est complexe et concerne plusieurs dimensions.

Ce qui est à dénoncer fortement, c'est le fait que ce ne soit pas prioritairement les praticiens au lit du malade mais des dénommés experts, pas forcément médecins, qui ont pris des décisions selon des critères arbitraires et peu adaptés aux situations concrètes et complexes. Ce fait est accepté au départ de la pandémie qui a surpris tout le monde mais plus par la suite où tout un chacun aurait eu des capacités à occuper une juste place ou en tous cas à participer à de réels efforts solidaires.

Un autre paramètre mis en évidence est le fait de constater à quel point l'industrie pharmaceutique supplante la médecine. Ce n'est plus le patient qui est considéré comme l'être à traiter mais son diagnostic auquel on attribue l'une ou l'autre molécule. Cela est connu déjà depuis longtemps avec les malades cancéreux par exemple, dont on s'attaque au processus cancéreux plutôt qu'aux différentes causes qui ont contribué à l'installation de la tumeur. Evidemment, les médicaments ont leurs places quand la tumeur menace des organes vitaux mais pas comme but fondamental car, la source du dérèglement n'étant pas atteinte, les traitements n'évitent pas dans maints cas des rechutes, des métastases ou l'apparition d'une tumeur d'une autre nature. De plus, l'industrie pharmaceutique supplante aussi toutes sortes de remèdes et "fait son beurre depuis 1941 sur le dos des médecines alternatives. Franck Dautel explique pourquoi les remèdes naturels contre des virus et d'autres maladies ne sont pas très bien vus par « Big Pharma ». Pourtant, les médecines naturelles soignent les hommes et les femmes depuis plus de 7500 ans...

Pour redonner à la médecine une vision d'envergure,  des sociologues, des anthropologues et des biologistes systémiques nous apportent d'intéressantes contributions.

 Abordons maintenant le corps gouvernemental. Il semble présenter un puzzle fait d'ensembles très distincts les uns des autres avec, comme point commun, de manifester une certaine autorité et, pour d'autres, une autorité certaine. En fait, les objets de leurs responsabilités sont très disparates. Ils s'occupent bien de santé, mais pour certains c'est celle de la population, pour d'autres celle de leurs postes politiques ou administratifs, de leurs réputation, pour d'autres encore de l'économie de leurs industries. Ils présentent un apparent consensus auquel se rallient les médias et de grands hôpitaux. Alors que nous sommes en démocratie, il s'agit bien d'un groupe de personnes assez restreint qui décident de notre sort, tant au niveau sanitaire qu'au niveau de notre vie quotidienne, et qui investissent l'argent de la nation en affichant apparemment une parfaite satisfaction. Cela leur semble aller de soit puisqu'après les sommes annoncées pour le confinement survient une deuxième vague (réelle celle-là !) en faveur de la recherche sur des vaccins et leurs fabrications; à quoi s'ajoute encore un crédit supplémentaire (31,6 millions de francs) pour couvrir des actions qui leur sont confortables " comme les campagnes de communication, la gestion des lignes téléphoniques ou le développement de l'application SwissCovid." mais ne correspondent de loin pas à tous les habitants.

La notion de déséquilibre apparaît dans plusieurs domaines qui mènent à de véritables sagas : "comment Gilead et Big Pharma ont réussi à faire passer le médicament remdésivir (inefficace, toxique et hors de prix) comme LE traitement officiel contre le Covid-19……tout en empêchant les médecins français (et suisses!)  de prescrire l’hydroxychloroquine, un médicament qui ne coûte rien, aux effets secondaires connus et maîtrisés, et à l’efficacité prometteuse."

Les forces de police ont aussi débordé dans leurs fonctions. il est vrai que dans l'ambiance générale, il doit être difficile pour un policier de choisir entre le personnage qu'il revêt et ce que l'homme en soi ressent. Je m'avance à dire par là qu'il est débordé par les forces dans lesquelles il est plongé.

Alors que le monde de la santé est un système très complexe, ils ont donné aux peuples des notions très simplifiées et grandiloquentes comme "sauver des vies". Or, le confinement a tué deux personnes pour trois morts du coronavirus. D'accord, c'est un quotidien anglais qui transmet ce bilan. Mais dans un autre article,  nous voyons la différence entre différents pays. De plus, il y est aussi mentionné "des craintes souvent non basées sur des faits, et aboutissant à des organisations non réalistes, et potentiellement fortement anxiogènes pour les enfants ». Un autre site mentionne :   "Les enfants sont fortement chamboulés, avec des troubles du sommeil et/ou du comportement ".

L'imposition des masques, justifiée dans certaines situations bien précises, devient une démarche démesurée quand il s'agit de préserver la santé alors qu'ils empêchent de bien respirer! Il y a là une véritable démesure entre le simplisme d'une mesure d'hygiène et les conséquences globales de la pratique. Le sommet de cette aberration, du moins ce qu'internet nous apporte, est visible en Thaïlande où,  même mis en cage, les enfants doivent encore porter des masques....

Quelle conscience de la santé reste-t-il encore? Est-elle réduite à des mesures protectrices qui restreignent la vie? Une illustration nous est apportée par les montres connectées qui apportent de nombreuses informations sur quelques paramètres de santé qui ne donnent pas un reflet global de notre dynamique vitale. De plus, elles sont aussi génératrices d’anxiété.

Cette démarche de focaliser sur un élément plutôt que sur l'état général se retrouve dans la généralisation des tests qui présentent des limitations de différents ordres et pas des moindres. Seulement voilà encore une mesure qui semble pratique à réaliser et à organiser, donc qui illusionne beaucoup. De plus, elle apporte des chiffres qui sont vite utilisables pour établir des statistiques (comme on le sait, les statistiques sont aux médecins ce que le réverbère est à l'ivrogne, il le soutient plus qu'il ne l'éclaire...). En outre, en se basant sur ces chiffres on ne fait pas la différence entre les présumés contaminés et les malades réels. En revanche, des dirigeants en font des arguments phares pour imposer des mesures qui manquent de bon sens commun, d'où les réactions voire les révoltes de plus en plus apparentes.

Le réveil de la population doit stimuler tous ceux qui tiennent des commandes dans le brouhaha coronoviral de faire un sérieux bilan global. A qui obéissent-ils vraiment ?  Chacun doit écouter son intuition profonde et non des réflexes calculés, déconnectés de la réalité humaine.

Nous sommes à un choc des civilisations. Samuel Hutington nous en apporte son analyse et Marc Halévy - à la fois scientifique et philosophe - nous propose comment anticiper la grande bifurcation du monde. Il amène la notion originale de "l'économie de l'immatériel" qui n'est ni comptabilisable, ni quantifiable."

Il s'agit donc de replacer cette situation du coronavirus  qui est apparue de façon aiguë dans le contexte globale de notre ère actuelle. " Si ce – premier ? – été de la Covid-19 a révélé quelque chose sur la version actuelle de notre civilisation, c’est l’épuisement profond d’une culture réduite à repasser, en boucle, le film de ses activités autrefois vitales. Beaucoup de choses que nous espérons voir revenir, sont probablement parties à jamais sous la forme que nous leur connaissions, même si elles finiront par revenir dans une autre configuration, à échelle réduite, mais peut-être plus fine en qualité."

Laissons le mot de la fin à un médecin porteur d'une riche pratique : "La peur n’évite pas le danger, mais est mauvaise conseillère....Pour rétablir la confiance, il est essentiel que la communication gouvernementale devienne plus humble, qu’elle reconnaisse que des erreurs ont été commises, que le confinement a été décidé sous l’emprise de la peur et qu’il n’a pas été bénéfique..... Préciser que l’augmentation des porteurs de virus est une bonne nouvelle tant que le nombre de malades n’augmente pas, car l’immunité qu’il crée rendra le retour éventuel de la maladie encore plus improbable. Promettre qu’il n’y aura pas de second confinement, car le premier a été un échec. Ces annonces redonneraient l’espoir à la population qui pourrait enfin se tourner de nouveau vers l’avenir. "

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