Le schisme en médecine (21 mars 2018)

Deux événements actuels viennent étayer de façon patente mes réflexions concernant le schisme dans la prise en charge des êtres humains qui manifestent des perturbations de leur santé. Chacun est un micro-univers où toutes les fonctions entre le corps, l’âme, la raison et l’esprit sont reliées. Il est donc aberrant de maintenir une dichotomie entre la médecine conventionnelle et les autres médecines, dichotomie qui sépare les différents systèmes de diagnostic et par conséquent les différentes thérapies qui leur correspondent.

Cette division entre la médecine officielle et les autres médecines reçoit de plus un soutien politico-économique assis dans la loi par l’obligation de s’assurer dans le cadre de la médecine officielle, si chère qu’elle prive bien des habitants de s’assurer auprès d’une complémentaire qui, de plus, a le droit de trier les demandes d’adhésion. Cette privation va à l’encontre des individus et de leur droit de suivre le mode thérapeutique qui correspond à leur chemin de vie. En outre, le système officiel donne une forme de garantie à la médecine techno-scientifique faisant croire qu’elle est l’unique et lui octroyant des financements qui créent une énorme disproportion entre les différentes médecines.

Même quand le peuple réclame une juste place pour les médecines complémentaires (motion du Grand Conseil en 1998,, Programme d’Evaluation des Médecines Complémentaires (PEK) ), initiative de 2009 ) le système tant politique que médical officiel freine un maximum la reconnaissance de la juste place de chaque courant thérapeutique.

Par exemple, les Facultés de Médecines sont tenues de faire connaître les autres médecines à leurs étudiants. Pourtant, cette mission se limite à quelques heures d’enseignement dans tout le cursus, sans aucune observation en clinique. Ainsi, il s’agit d’une simple information qui ne permet pas aux étudiants de saisir la portée des médecines alternatives.

Voyons maintenant une situation qui démontre à quel point des membres du système académique sont imbus d’eux-mêmes alors que diverses preuves s’accumulent pour prouver que leurs modes de pratiquer comporte de sérieuses lacunes et qu’il vaudrait la peine d’enrichir leurs moyens de soigner avec l’énorme bagage des autres médecines, lesquelles sont issues de traditions bien plus anciennes que notre pratique médicale moderne.

L’histoire se passe en France. Une jeune fille de 19 ans meurt des complications d’une otite, en 14 jours, malgré 2 passages aux urgences où des erreurs ont été cumulées.

Ce qui surprend, c’est qu’en même temps, des médecins lancent un manifeste contre leurs collègues alternatifs (surtout homéopathes et acupuncteurs) qu’ils accusent de «fake medecine »  avec une assurance qui n’a d’égal que leurs manques de connaissances et surtout de pratiques, sûrs qu’ils sont de leurs croyances et de leurs méthodes « scientifiques »- malgré le fait qu’elles sont constamment remises en cause-. Ils sont très fiers de citer le fameux serment d’Hippocrate : « Il exige du médecin d'offrir les meilleurs soins possibles et de la façon la plus honnête. »

Avec un minimum de bon sens, on peut dire que « les meilleurs soins possibles » sont ceux qui sont adéquats au moment opportun. « Possible » dit bien que ce sont les thérapies qui existent, qu’il faut chercher dans le monde objectif et non pas dans les limites des académies de médecine soumises à tant de paramètres qu’elles en sont très limitées.

« La plus honnête possible » serait de reconnaître tout ce qui ne fonctionne pas dans le système officiel. Toujours en France (lieu du manifeste!) on peut lire que les patients reprochent de plus en plus d’erreurs médicales à leurs médecins. On trouve des excuses rationnelles mais rien pour montrer pourquoi le système s’enfonce dans ces erreurs. Dans la formation des médecins, il y a des failles dans les savoirs acquis concernant les êtres humains mais aussi des manques évidents dans le développement personnel des praticiens qui sont de plus en plus dépendants de moyens d’investigations au détriment du développement de leurs systèmes sensoriels, sensitifs et affectifs.
Ces erreurs mènent loin puisqu’elles sont la 3e cause de mort en France après les cancers et les maladies cardio-vasculaires. Il s'avère utile de souligner que lorsqu’il s’agit d’une erreur commise par un praticien alternatif, on la brandit sur tous les médias et le praticien est banni. Devrait-on bannir aussi le système qui permet que les erreurs médicales soient la 3e cause de mort ? Les médecins du manifeste n’en ont cure dans leur arrogance.

L’autre limitation vient que face à une interpellation, on réagit en se focalisant dans une direction plutôt que de reprendre la vision du panorama général. Il en va ainsi dans le problème des résistances aux antibiotiques. On touche là à une restriction du système techno-scientifique qui devrait sortir de ses limites et s’enrichir de ce qui existe depuis longtemps dans d’autres courants médicaux. On mentionne bien par exemple l’usage abusif des antibiotiques. Différents praticiens alertent mais l’académie ne se remet pas suffisamment en cause pour découvrir d’autres moyens de soigner des patients infectés. L’existence de travaux scientifiques sérieux sera même niée, et le corps médical se réfugie derrière l’argument de manque de rigueur scientifique des études fournies alors qu’il y a un refus de reconnaître que les critères scientifiques utilisés sont souvent fort limités, ce qui est sécuritaire mais pas patent….

En Suisse, le sujet est débattu au Parlement mais on voit bien que les décisions prises resserrent toujours plus les conditions, les règlements, les observations alors qu’on ne va pas chercher au-delà des institutions responsables de cette situation. Certes, il faut s’affiner mais quand le problème devient trop gros, il faut vraiment chercher des solutions dans d’autres dimensions car il n’est pas recommandé d’attendre que des problèmes majeurs éclatent.

L’Office Fédéral de la Santé Publique déclare aussi que les antibiotiques protègent les patients vulnérables. Dans ce secteur non plus, on n'investigue pas des moyens franchement autres pour fortifier ces malades. On rétrécit plutôt encore davantage le champ d’action en cherchant à être toujours plus pointu sur des molécules et des analyses.

Par leur manifeste, plusieurs médecins jettent l’opprobre sur des confrères diplômés mais pas sur les pharmaciens qui vendent facilement des médicaments sans anamnèse approfondie ni connaissance réelle du patient. Pour exemple, voici une étude concernant les doses de paracétamol nocives pour un patient sur quatre. Seulement voilà, comme le paracétamol est reconnu « scientifiquement », on escamote et le patient et son état de santé.

Si on confédérait les différentes médecines, les praticiens qui ont un contact direct avec les patients s’assiéraient à la même table et pourraient s’enrichir mutuellement des démarches des autres courants thérapeutiques, pour le plus grand profit des malades et …. pour une économie des primes maladie.

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