02 octobre 2008

Appel à des Etats Généraux de la Santé

Inexorablement, comme chaque année, l'annonce de la hausse des primes va faire penser, râler et jaser. Elle a déjà fait réfléchir plus activement que jamais nos Conseillers d'Etat responsables de la santé.

Qu'en est-il du peuple qui, lorsqu'il s'agit de la santé, perd beaucoup de sa souveraineté? Qu'en est-il de notre relation à notre capital-santé qui, depuis longtemps, est détrôné par le capital-finance? Quelle conscience nous reste-t-il des mécanismes de notre corps et de la gestion de notre santé tant physique que mentale et affective? Avec la vie moderne, des pans entiers de cette conscience se sont estompés, avec une bonne dose de croyance que la médecine peut tout réparer.

Si le patient était au centre du système de santé, non pas parce que les dirigeants l'y placeraient mais parce que lui-même s'y placerait, le coût de la santé aurait bien des chances d'être plus équilibré. Quels moyens thérapeutiques accepterions-nous? A quel type de santé aspirerions-nous vraiment? Certaines questions se poseraient de façon plus aiguë, comme par exemple:

A l'heure où nos primes servent à mutilier des bien-portant (mutilation d'hommes pour en faire des femmes, mutilation de donneurs d'organes sains), est-ce que vraiment de tels actes médicaux relèvent de l'assurance de base qui, comme son nom l'indique, doit assumer la santé de base.

Le peuple aussi commencerait à comprendre qu'il se leurre quand on parle de « sauver des vies » alors qu'il n'est toujours question que de prolonger des vies.

Cette annonce des primes montrent qu'il s'agit d'un jeu entre les assureurs et les politiciens fédéraux qui essaient de calmer l'incendie avec des mesures momentanées qui ne changent rien au fond du problème.

D'une part, les assureurs ont cherché une solution en créant les assurances complémentaires pour tout ce qui ne fait pas partie de la médecine académique stricte. Seulement, ce système ne fait que renchérir les primes indirectement, l'accès en est terriblement limité et son système juridique sort complètement du système mutualiste. En outre, le fait que nos assurances puissent jongler entre la base et la complémentarité n'est pas sain économiquement.

Quand aux politiciens fédéraux, ils sont tellement éloignés des malades qu'ils ne peuvent effectuer des actions que coup par coup. Un exemple en est le vaccin Gardasil dont la campagne a su séduire les jeunes filles et leurs mères mais pas les scientifiques rigoureux. De plus, ce programme coûte quelques centaines de millions de francs, montant important qui, apparemment, n'a pas soulevé beaucoup de remous.

D'autres acteurs mériteraient qu'on les écoute davantage, ce sont les pharmaciens d'officine qui, actuellement, ont le rôle de dispensaire de l'époque à savoir de soignant de tout premier recours.

Notre système dépend aussi des grandes firmes pharmaceutiques qui, trop souvent, influencent les programmes de recherche au moyen de leur iimpact financier. Les facultés de médecine en perdent leurs indépendances et laissent de côté des méthodes de soins bien plus économiques.

Il s'agit aussi, dans ce panorama général, de donner une juste place aux médecines alternatives qui sont souvent en mesure de soigner avec moins de moyens financiers mais avec une efficacité qui peut même surpasser l'efficacité de la médecine conventionnelle dans certaines situations.

Quant aux médecins praticiens, ils sont un peu comme les patients, ils suivent le mouvement comme ils peuvent et pas comme ils le désireraient profondément.

A l'heure d'une nouvelle Constituante genevoise, ne serait-il pas temps d'instaurer une Constituante des Etats Généraux de la Santé?