Les médecines complémentaires et les assurances complémentaires

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Complémentaires de quoi? Complémentaires à quoi? Le système officiel a donc attribué cette épithète autant à des démarches thérapeutiques qu'à des assurances. Est-ce justifié, est-ce approprié?

 

Cette appellation a permis à certaines thérapies d'être introduites dans la médecine conventionnelle. Elle donne l'impression d'un plus, alors que le système octroie à ces thérapies un statut de seconde classe; par exemple, elle ne tient de loin pas assez compte que le temps d'une consultation est plus long que celui de la prescription d'un médicament courant (par conséquent, refus de remboursement du surplus de temps et statistiques strictes des coûts par patient et par an, qui ne sont plus en relation avec l'efficacité thérapeutique).

Cette distinction permet un amalgame, donc source de confusion, de thérapies d'envergures très variables qui peuvent agir sur différents plans. Entre autres, elle camoufle la distinction entre les médecines complémentaires et les médecines alternatives. Ce mode de procéder dénote d'une méconnaissance des médecines alternatives qui présentent non seulement un autre mode d'agir mais aussi un autre regard sur le malade, ses symptômes et le sens de ce qu'il vit tant dans son corps que dans son âme et son esprit.

Il est juste de reconnaître que les médecines alternatives peuvent présenter des actes qui relèvent de traitements complémentaires et qui font alors partie d'une médecine intégrative.

En nutrithérapie par exemple, on peut prescrire des oligoéléments, des vitamines ou autres éléments pour soutenir l'organisme. Mais on peut aussi faire un bilan général et constater que de réelles carences ont dégénéré en de véritables maladies et que la supplémentation amène la solution de la pathologie incriminée, ce qui revient à un traitement de base. De ce fait, il est injuste de ne pas rembourser les nutriments indispensables.

En médecine traditionnelle chinoise, on étudie l'ensemble de l'énergétique du patient, en prenant ses pouls (le pouls des différents organes principaux), ce qui permet des thérapies variées selon les cas (acupuncture, ostéopathie énergétique, moxas, phytothérapie, et ce que je ne connais pas). En revanche, certains thérapeutes utiliseront des points réflexes courants pour certaines maladies, tout en soignant plus fondamentalement avec d'autres thérapies, officielles ou non, autrement dit en compléments.

De même en homéopathie, on peut prescrire un remède pour équilibrer l'énergie vitale globale, ce que cherchent les médecins unicistes. Mais il est aussi prescrit des granules pour un organe plus spécifique ou un état émotionnel caractéristique d'un certain remède expérimenté dans sa pathogénie.

On retrouve aussi la médecine alternative en anthroposophie où le patient est pris dans sa globalité tant énergétique que physique et les remèdes seront choisis pour couvrir l'ensemble du patient. De ce fait, il s'agit d'une réelle alternative aux traitements pharmaceutiques conventionnels. Il s'avère aussi que certains remèdes peuvent être utilisés de façon complémentaire.

Quand on constate le nombre de situations où la médecine officielle n'a pas de solution réelle, il est vraiment plus que regrettable qu'elle ne s'allie pas aux autres médecines. Pour trop de médecins encore, la devise : "Hors de nous, point de salut" est de rigueur. De la sorte, ils diront à un patient : "Nous n'avons rien à vous proposer " alors qu'en réalité ils ne savent pas comment procéder et ils devraient dire : "Nous ne savons pas que faire selon notre savoir académique mais peut-être qu'en dehors de nos murs, vous trouverez une solution". Ou encore, ils prescrivent un médicament pour combler le manque et disent : "Si ça ne fait pas d'effet dans une semaine, revenez me voir!"

Nous rencontrons actuellement beaucoup de témoignages de malades, dans notre environnement ou sur les réseaux sociaux, qui ont su trouver des solutions auprès de médecins ou de thérapeutes alternatifs. Seulement voilà, comme les résultats se révèlent cas par cas, bien des médecins ou des bien-pensants préfèrent dire "qu'il n'y a pas d'études scientifiques randomisées" ou "Qu'on nous présente des statistiques! " afin de n'avoir pas à étudier ces guérisons. Ce qui est inadmissible, c'est lorsque les médecins dénigrent ces démarches alternatives sans tenir compte des résultats obtenus par certains de leurs propres patients traités ailleurs, lorsqu'ils les revoient, ou encore sans avoir chercher à connaître ces options thérapeutiques avec un regard scientifique. Ce qui est cocasse, c'est qu'ils se revendiquent de la science alors qu'ils ne se gênent pas de dire : "Je ne crois pas en l'homéopathie". Ils s'adjugent même alors le droit d'avoir des croyances!

Passons maintenant aux assurances complémentaires. C'est une formule très politique pour mettre de côté des coûts de soins qui ne font pas partie de la médecine officielle, donc de l'assurance de base. C'est donc une pirouette. Il est inadmissible que des médecins n'aient pas le droit de prescrire ce qu'ils connaissent de meilleur mais doivent se soumettre à des prestations officielles, sous peine que les frais ne soient pas remboursés. Un autre aspect déplorable, c'est quand les patients croient qu'ils reçoivent ce qu'il y a de mieux (le médecin sait tout!) au lieu de recevoir ce qui est le plus approprié.

D'autre part, le développement des assurances complémentaires a permis de diminuer apparemment le remboursement des soins, ce qui permet de développer les soins plus coûteux en médecine conventionnée. L'aspect économique est d'autant plus présent qu'il s'y ajoute le fait que le système a créé un nouveau créneau rentable puisque les complémentaires ont le droit de faire des bénéfices...

Malgré ces manipulations, les primes des caisses maladie augmentent de façon toujours plus marquée et la bulle menace d'éclater. Au lieu d'allier les deux  courants médicaux, on préfère effectuer des calculs savants pour diminuer le prix des médicaments plutôt que de franchement pratiquer des actes ou de délivrer des remèdes plus efficaces et moins coûteux. En parallèle, on augmente les subsides aux nécessiteux, ce qui ne modifie pas les coûts de base. Ou alors, on joue avec les mots : "La hausse des primes n'est pas une fatalité" simplement parce que cette année, elle a été relativement faible - et encore, inégale entre les cantons ! -.

En fait, les responsables des différents systèmes touchant aux assurances reconnaissent que la hausse des primes n'est valable qu'à court terme et ils donnent l'explication facile au premier degré. "En raison des progrès constants de la médecine et des techniques médicales, ainsi qu'avec l'allongement de l'espérance de vie". Ces deux raisons sont évidentes mais masquent complètement qu'il est temps que la médecine techno-scientifique se recycle en profondeur. Ce n'est pas qu'une vue de l'esprit car nous voyons bien surgir dans différents lieux des mouvements de l'art médical comme : "la médecine nouvelle" ou "la médecine du sens" qui s'ajoutent aux médecines alternatives connues depuis longtemps. Des expériences dans des institutions scientifiques fournissent des preuves supplémentaires à l'observation séculaire de la validité de ces médecines. Il est profondément regrettable que des mouvements hostiles utilisent des moyens puissants pour les dénigrer, alors que de leur part ces nouveaux courants médicaux ne renient pas la juste place qui revient à la médecine techno-scientifique.

En pratique, nos gouvernants cherchent des solutions pour économiser mais ne mentionnent que celles limitées au système connu, à savoir des "mesures de réduction des coûts dans le système de santé, adaptation des tarifs des médecins et baisse des prix des médicaments ". Cela donne l'illusion d'avoir porté des fruits mais je n'ai pas connaissance d'études qui constatent si l'état de santé des patients s'est amélioré d'autant...! Ainsi, la «Tribune de Genève» souligne que «sur le fond, l'état du malade n'est pas stabilisé. Avec 12,2% de sa production de richesse annuelle consacrée à la santé, la Suisse est le pays qui dépense le plus au monde après les États-Unis. (...) Nos dépenses massives sont l'indice d'un système peu efficient».

Dans un autre quotidien, «24 heures», on peut lire la suggestion de trois mesures: «D'abord fixer un objectif financier pour le budget de la santé. Secondo, développer les réseaux intégrés de soins afin qu'il y ait un pilote et un responsable dans la chaîne médicale. Tertio, généraliser rapidement le dossier électronique du patient pour éviter les doublons et savoir qui fait quoi à quel coût». Or, ces mesures sont d'ordre pratique mais ne remettent pas en cause la médecine techno-scientifique qui nous a conduit dans cette bulle médicale. De plus, avec ces propositions, on court-circuite souvent des signaux pathologiques du patient, par manques d'anamnèse ou d'examen physique soit au début soit en cours d'évolution des soins, qui apporteraient des lumières sur le cas diagnostiqué un peu trop rapidement ou incomplètement dans un premier temps.

Une ouverture plus large nous est proposée par "Le Temps qui propose d'évoluer parallèlement «vers un système plus préventif et mieux coordonné visant d'abord le maintien des assurés en bonne santé plutôt que d'être axé sur les soins aux malades". C'est déjà une nette ouverture. Ce qui est frappant, c'est qu'aucun des interlocuteurs n'évoque la médecine précoce, à savoir celle qui permet de traiter les pathologies avant qu'elles ne s'installent vraiment, ce qui est vraiment le fort des médecines énergétiques. Mais voilà, le système médical s'appuie maintenant beaucoup plus sur des actes à  effectuer - trop souvent au coup par coup - et enseigne à la population à supprimer les symptômes désagréables plutôt qu'à les utiliser comme signaux d'une perturbation plus interne et d'adapter les gestes thérapeutiques à corriger la source des problèmes.

On trouve aussi en France une lutte farouche entre la Sécu et les assurances complémentaires. Si les formes ou les moyens de contester varient, le fond de la nécessité de révolutionner l'art médical est le même : il s'agit d'éveiller chacun à être plus conscient du fonctionnement de sa personne et d'apprendre à reconnaître et à en gérer les troubles.

Comme conclut si bien l'article : "La santé n’est pas une marchandise."

Commentaires

  • Bonjour,
    Merci pour votre article qui traite de la FRAGMENTATION de l’assurance, elle sert à diviser et à faire des « PRODUITS » de toutes choses, pour accumuler des richesses au dépend de la masse citoyenne. Il peut se résumer ainsi : DIVISER POUR MIEUX REGNER.

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