22 juillet 2018

Un médicament roi : la Ritaline

Voici un cas typique où un ensemble de symptômes défini comme Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité, sans test médical existant, mais seulement «  par la cueillette d’informations ou d’observations par des spécialistes » se voit contenu par la prescription d’un médicament qui, de plus, n’est pas anodin puisqu’il est de la famille des amphétamines.

 


Un site nous livre les multiples dimensions qui concernent le TDAH, en commençant par la vidéo d’un jeune homme qui l’a pris pendant 4 ans et qui témoigne de la difficulté à l’arrêter, après en avoir subi différents effets secondaires invalidants. Il explique aussi très clairement, en peu de mots, combien on cherche à formater les enfants alors que dans la nature, chaque être vivant est unique, avec des intelligences particulières.

Un autre vidéo nous explique qu’il y a eu 185 études pour parler de la Ritaline, drogue tout aussi dangereuse que l’héroïne ou la cocaïne, ce qui n’a pas empêché les prescriptions de grimper de façon spectaculaire : « La prescription est passée de 34 kilos en 1993 à 1,8 tonnes en 2012

Drogue qui crée des addictions et change la conscience ».

Le bien-être de l’enfant ne passe plus au premier rang : « On cherche à médicaliser les échecs dans l'enseignement et la discipline au détriment du bien-être de l'enfant et des droits du parent ». Cette affirmation est lourde de sens et confirme encore la volonté de formater l’enfant selon les dirigeants, pour leur confort et non celui des êtres qu’ils ont à charge.

On simplifie les phénomènes du comportement de l’enfant et « on dit généralement aux parents d'enfants qui ont ces troubles qu'il s'agit d'un trouble neurologique ou d'un déséquilibre chimique dans le cerveau. » Il s’agit une fois de plus de la réduction de la complexité d’un être humain avec des termes grandiloquants.

De plus, il y a abus d’autorité car des spécialistes de l’éducation dirigent les parents vers une prescription de Ritaline.

Mais le pire à peine croyable est que « Les soi-disant troubles d'apprentissage sont malheureusement devenus un moyen pour les écoles financièrement à court de joindre les deux bouts. Dans de nombreux États, les écoles sont devenus des fournisseurs autorisés Medicaid et des fonds peuvent être collectés au nom d'un enfant étiqueté avec l'un des troubles d'apprentissage ou de comportement ». En plus du non respect de l’enfant, de la manipulation des parents, on peut ainsi constater à quel point un système économico-politico-juridique -ici aux USA-  est complice de l’endroguement des enfants en pleine croissance.

Commentaires

Bonjour chère Madame,

Je suis très touchée par cet article.
Merci pour toutes ces informations.

Écrit par : Christiane | 23 juillet 2018

Et dire que la Ritaline était vendue comme produit amaigrissant
Elle en aura transformé de nombreuses jeunes qui pouvaient travailler de 6h du matin jusqu'à 20 heures sans se nourrir et ensuite aller courir les dancings jusqu'à 2h du matin pour se relever aussi fraîches qu'une rose et ce pendant deux ans
Nombre de patrons auront apprécié ce personnel féminin prêt à se dévouer pour les remplacer au pied levé
On aurait pu demander la lune à ces jeunes qu'elles l'auraient fait tellement galvanisées par ce médicament
Là c'est sûr qu'elles étaient devenues addictes au seul mot ….travail
Bonne journée Madame de Meuron

Écrit par : lovejoie | 23 juillet 2018

Merci pour ces informations.
Donnée aux enfants pour "les calmer", la Ritaline est aussi prescrite aux personnes atteintes de narcolepsie, pour "les maintenir réveillées" soit-disant que l'effet est inversé si on est un enfant ou un adulte. En tout cas toxique pour les deux hélas... J'ai rencontré une personne narcoleptique qui m'a dit devoir prendre 17 comprimés de Ritaline par jour... sinon elle ne sortait pas de son lit. Elle était extrêmement agitée. Je n'ai pas eu l'occasion de revoir cette personne mais j'ose espérer qu'elle aura trouvé un autre moyen pour l'aider à vivre.

Écrit par : Noela | 23 juillet 2018

Très souvent les diagnostiques de troubles de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité sont erronés. Il s'agit bien souvent d'enfant surdoués mal diagnostiqués. Leur donner un tel produit est criminel car réduit totalement leur potentiel de douance.

Écrit par : Pierrick | 23 juillet 2018

Bonsoir Christiane, Je suis heureuse que vous profitiez de ces informations.
Effectivement, aujourd'hui on a tendance à beaucoup trop délimiter les éléments dans des schémas, ce qui les simplifie en donnant l'illusion de bien les comprendre. Et puis, on en fait un protocole selon les statistiques dont les paramètres sont choisis - donc aussi limités - et la prescription ne tiendra plus à l'individualité de chaque patient et les effets seront approximatifs avec des traitements bien plus longs que si on s'attaquait avec précision aux différentes causes des symptôme diagnostiqués.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 23 juillet 2018

Merci, lovejoie, pour cet historique très parlant!
Depuis lors, on voit que les traitements sont moins grossiers mais le fait de vouloir imposer un mode de fonctionnement à l'individu avec un médicament demeure toujours en vigueur.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 23 juillet 2018

Un grand merci, Noela, pour votre témoignage.
Ce qui est déplorable aussi dans votre récit, c'est qu'on laisse quelqu'un tomber aussi bas dans son pouvoir d'autonomie.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 23 juillet 2018

Merci beaucoup, Pierrick, de nous faire découvrir Douance, un site fort détaillé
qui nous permet d'approfondir le sujet des QI, de la surdouance, et de toutes ces dimensions de l'enfant qu'on résume trop vite par une étiquette afin de le restreindre dans son développement individuel :
http://www.douance.org/

Écrit par : Marie-France de Meuron | 24 juillet 2018

Bonjour, et merci pour votre article.

Je pense que l’école perd son rôle de l’éducation est un instrument à créer de l’économie obligatoire (transports, cantine, activités extra scolaire) et de domination : « Enfoncez-vous ça dans le crâne » disait Henri Salvadore
Je vous propose une petite vidéo : DU PARADIGME DE L'EDUCATION
par Kenn Robinson 5 min.

En français : https://www.youtube.com/watch?v=e1LRrVYb8IE
En anglais sous-titré : https://www.youtube.com/watch?v=deYjatIfWVU

On y parles de l’épidémie des TDAH Trouble Déficitaire Avec Hyperactivité
A bientôt
Daniel

Écrit par : Demierre Daniel | 28 juillet 2018

Un très vif merci, Daniel Demierre, pour cette vidéo de 12 minutes, brillante dans sa perception des mécanismes du TDAH et montrant l'impact du système éducatif actuel sur la limitation du développement de l'enfant.
Cette conférence se déroule sous la forme d'un dessin instantané illustrant les propos et la doublure est dans un français excellent.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 28 juillet 2018

l'éducation est très largement tributaire du projet social lui-même lié à la conjoncture politique du pays concerné: ceci prend une dimension caricaturale dans les pays dits "en développement"
l'impact de la santé mentale de l'enfant est lui doublement tributaire de cette politique via la santé maternelle,elle-même directement touchée par le statut de la Femme en ladite société
il faut relativiser des problèmes comme les TDAH selon les pays, sans compter le taux de féminisation du corps enseignant en ce pays
Vaste sujet à discuter
Courtoisement

Écrit par : DR ANOUAR JARRAYA | 29 juillet 2018

Merci beaucoup, Dr Anquar Jarraya, pour votre visite sur mon blog.
Pourriez-vous développer, SVP votre remarque : " sans compter le taux de féminisation du corps enseignant en ce pays"?
Beau dimanche à vous!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 29 juillet 2018

Ce qui suit est authentique.

Aux temps où les profs femmes portaient obligatoirement des jupes en classe non des pantalons une fillette d'une douzaine d'années environ ne pouvait pas "voir en peinture" l'une de ses profs sans pouvoir dire pourquoi ce qui avait des conséquences consternantes sur son travail scolaire.
Elle ne comprenait pas pourquoi, ce qui ne lui était jamais arrivé pour personne auparavant, elle se demandait toujours ce qui se trouvait exactement dans le slip de la prof en question
Jusqu'au jour où la regardant de profil, la prof coiffée cheveux courts mais harmonieux, elle se demanda ce qu'elle ressentirait si cette prof d'une trentaine d'années, l'âge du prince charmant des contes de fées, était un homme?
Elle réalisa qu'elle pourrait se sentir très attirée mais qu'étant de sexe féminin comme la prof elle ne pourrait pas se le permettre... autrement dit cette élève élevait ce qu'un psy aurait appelé une "résistance".
Tout s'éclaira et se termina pas à pas au mieux.

Que penser d'un traitement chimique qui aurait tenu lieu de recherche sur le pourquoi du problème notamment de "dégoût" et partant d'inattention scolaire de l'élève?

Aux parents, aux profs, aux psys de se mobiliser!
Pas dans mille ans.

Merci et bon dimanche, Madame de Meuron.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 29 juillet 2018

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