08 juillet 2018

Comment évolue la médecine ? Un exemple concret : l’hydrocution

Un article tout frais d’hier publié dans Futura Sciences illustre comment les scientifiques et les journalistes imposent au public leurs visions de la médecine, avec simplification et de façon péremptoire.

 


Selon Wikipedia, l’objectif de Futura Sciences est de «Vulgariser avec rigueur scientifique les évolutions du monde qui nous entoure, pour être informé correctement et mieux y prendre part. L'ensemble des sujets éditoriaux est réalisé par des journalistes spécialisés et des scientifiques (plus de 500 participent activement au projet) ».

Dans l’article mentionné, il n’y a aucune référence scientifique mais une déclaration qui ne laisse aucun doute sur les affirmations des auteurs : « Selon une croyance populaire qui ne repose sur rien de concret, se baigner après le repas exposerait à un risque de noyade. Pour l'éviter, il faudrait attendre trois heures, pouvaient entendre autrefois les enfants de la génération des baby-boomers. Or, c'est faux, répondent les médecins. On peut aller se baigner aussitôt après mangé. »

Il se réfère à des médecins avec un absolu « les médecins » sans qu’on sache de qui il s’agit ni sur quelles « preuves scientifiques » (référence absolue à la mode) ils s’appuient.

De plus, les responsables de cette « croyance populaire » serait la génération des baby-boomers alors que les précautions sont transmises depuis bien plus longtemps déjà.

En outre, cette coutume ne reposerait sur « rien de concret ». Evidemment, à l’heure où seules les statistiques font foi et inspirent les lois, il n’y en a visiblement aucune concernant les hydrocutions ( non rentables pour les industries pharmaceutiques!). Conclusion péremptoire : « On peut se baigner aussitôt après mangé ».

Ainsi, en deux brefs paragraphes, Futura Sciences donne sa bénédiction impériale aux baigneurs tout-puissants.

Toutefois, en consultant internet, des articles très approfondis, comprenant bien plus que quelques lignes, nous instruisent sur l’hydrocution et les crampes possibles lors de baignades. Ils attirent notre attention sur les mécanismes du corps, nous enseignant à y prendre garde. Non pas comme Futura Sciences qui se contente de dire que les autres ont tout faux.

Ainsi donc, vulgaris medical qui s’adresse aussi au grand public fait comprendre et ressentir à ses lecteurs ce qu’est l’hydrocution et ses conséquences qui nécessitent un traitement immédiat distinct de la noyade. Il décrit clairement ce qu’est la « syncope d’immersion » et chacun peut prendre conscience de la réalité concrète et organique du processus.

Nous constatons ainsi comment certaines personnes se référant à la science d’aujourd’hui court-circuitent l’enseignement au public en se contentant de donner des mots d’ordre. Ce qui est d’autant plus grave que lorsqu’il surgit un accident, les personnes présentes ne savent plus réfléchir. Ce qui peut expliquer pour une part en tout cas le « bystander effect ».

Il y a même un site consacré uniquement à l’hydrocution qui met en garde contre ce que les auteurs nomment aussi « choc thermique »

La Croix-Rouge française a inspiré tout un article sur le site e-santé, article mis à jour le 27 mai 2016. Alors est-ce que les données physiologiques et observationnelles se sont pareillement modifiées en deux ans ?!?

 

Commentaires

Ce que Futura Sciences oublie de préciser, c'est qu'il y a autant d'avis que de médecins. La médecine n'est pas une science, mais un art...
Il y en a même qui croient à l'homéopathie, c'est vous dire.

Écrit par : Géo | 08 juillet 2018

Oui, Géo, il y a autant d'avis que de médecins. Mais il y a surtout autant d'expériences que de patients. Si un patient est vu dans son ensemble et pas seulement avec son étiquetage diagnostique, alors il y a autant de complexes thérapeutiques que de malades.
Quant à la croyance ou non en l'homéopathie, je dirais plutôt qu'il y a une réelle expérience de terrain ou seulement des concepts. Seulement on ne réduit pas la santé à une suite de concepts.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 08 juillet 2018

Bonjour Madame de Meuron en effet on peut se baigner de suite mais à condition de manger dans l'eau
On a assez testé cette interdiction pour savoir ce qu'il en est
Enfant on avait pas de temps à perdre a écouter des théories donc deux en un et nous sommes toujours présents pour témoigner d'une époque ou le lac sentait bon la mouise mais avec pléthore de perchettes à observer et qui nous suivait dans nos joutes lacustres loin du regard de la famille
Bonne journée

Écrit par : lovejoie | 09 juillet 2018

Bonjour Lovejoie,
Merci de votre témoignage très parlant!
En fait, comme toujours en ce qui concerne les êtres vivants, entités complexes, plusieurs facteurs sont concernés lors d'un événement.
Dans le cas des noyades, il en va de même. Si je reprends votre expérience, vous êtes déjà dans l'eau donc le choc du franc changement de température en passant de l'exposition au soleil à de l'eau nettement plus froide est déjà passé s'il devait avoir lieu.
D'autre part, quant à la prise de nourriture en soi, divers facteurs sont à prendre en compte. Je présume que si vous mangez dans l'eau, vous n'amenez pas toute une corbeille d'aliments, donc vous mangez peu, ce qui donne moins de travail au tube digestif!
De plus, la digestion en soi qui demande une grande vascularisation au niveau des intestins ne se fait pas tout de suite. Quand on attire l'attention sur la baignade en cours de digestion, c'est justement quand le bol alimentaire (l'ensemble des aliments avec les sucs digestifs) s'est formé et ne fait plus qu'un bloc, alors la fraîcheur de l'eau peut amener un stress à l'endroit de l'assimilation des aliments prédigérés, endroit qui requiert donc un afflux sanguin. Afflux qui subira une perturbation plus ou moins forte si on entre dans une eau fraîche, ce qui appelle du sang à la surface du corps. Si la personne a déjà des problèmes digestifs, cela ne va sans doute pas entraîner la noyade mais aggraver ses problèmes digestifs.
A ce moment intervient un autre élément d'une autre nature : avec un malaise digestif, on a envie de sortir de l'eau donc il y a castration du plaisir de se baigner!
De plus, si la personne est dans un état de santé affaibli pour d'autres raisons ou encore qu'elle est sous stress, c'est évident que toutes les réactions vont être amplifiées, d'où risque de noyade ou d'hydrocution.
Actuellement la mentalité veut tout simplifier - nous sommes dans un système binaire - et ne stimule plus les gens à ressentir ce qu'ils vivent dans leurs corps afin d'adapter leurs attitudes aux situations.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 09 juillet 2018

Un enfant souffrant de crises d'épilepsie prenait des gouttes homéopathiques et ne souffrait plus d'aucune crise.

Une stagiaire mal mise au courant ou distraite ne lui donna plus ses gouttes.


Survint un peu plus tard une inattendue crise d'épilepsie.

Écrit par : Marie Olivier | 09 juillet 2018

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