19 juin 2018

L’homme propose, Dieu dispose et la femme ….

...décompose ou se décompose. Où veux-je en venir ? A la hausse des primes maladie pour 2019. Ca cogite et ça brasse dans certains secteurs, toujours les mêmes et, par conséquent, ça va de mal en pis. Les journalistes se contentent de rapporter l’info officielle sans se creuser les méninges pour commenter.

 


A la RTS, un journaliste interroge la Présidente de la Fédération suisse des patients. On y apprend davantage sur les divers facteurs qui expliquent la situation et sur les différents acteurs en jeu qui sont connus, maniant les mêmes paramètres depuis toujours ou plutôt depuis que le système d’assurance obligatoire est en place.

Ce qui change partiellement, c’est que chacun sent que l’étau se resserre de plus en plus.

Ce qui s’avère cocasse, c’est que le même jour on peut lire qu’il y a près de 400 000 millionnaires en Suisse….

A quoi on peut ajouter que Roche a publié le 1er février son bilan 2017 avec un chiffre d’affaires consolidé par une progression de 5 %. Donc encore heureux que les assurés n’aient pas à porter le tout puisque la prime qui est prévue ne se monte « qu’à » 4 %… !

Revenons à notre titre : l’homme propose. Dans le sujet de cette note, je considère le pôle masculin de l’être humain en action. Dans la dimension des coûts (nom masculin, n.m.) des prestations, on peut constater que le pôle masculin se distingue tant au niveau des assureurs avec tous les chiffres qu’ils avancent, qu’au niveau du Parlement, du Conseil Fédéral, de l’Office de la Santé Publique.

Même si RTS questionne la présidente de la Fédération suisse des patients, c’est sur des sujets à connotation masculine. Un exemple éclatant est apparu lorsque le journaliste a posé la question : «  Si un patient doit aller dans un hôpital à 60 ou 70 kms de chez lui pour un meilleur coût de l’opération, ce n’est pas énorme ! » Qu’il ait pu même penser une telle affirmation montre bien l’état d’esprit de notre mentalité actuelle, se basant sur un seul calcul, celui de la distance. Son interlocutrice a quand même pu lui rétorquer que si le patient est éloigné de son milieu familial, que ses visites sont limitées par le temps et la distance, sa récupération se fera plus lentement, d’où plus de frais. Ce qui est énorme, c’est cette réduction de tout un moment existentiel et éprouvant d’un être souffrant et handicapé, et qu’on doive expliquer ce qui relève du bon sens et de la connaissance de la nature humaine. Ce fait est un bon exemple du féminin qui se décompose. Malheureusement, le féminin dans la santé est terriblement minimisé, dénigré voire dénié.

Au fait, avez-vous déjà entendu parler de la Science de la Santé ? L’internet n’a rien à nous proposer. Il tourne autour des termes : Sciences et santé, ou les sciences de la santé. Il n’est pas question d’une science globale pour étudier la santé, donc son équilibre, son harmonie, les systèmes en jeu pour maintenir un état de santé. L’OMS décrit bien ce qu’est la santé. Malheureusement, pour le système juridique de Santésuisse, l’état de santé défini ne répond pas aux critères de la LAMal qui ne doit s’occuper que des maladies. Ce qui est effarant, c’est qu’il n’y a pas de trait d’union entre les deux.

Du reste, on parle de qualité des prestations et d’économicité. L’efficacité, à savoir le résultat n’est pas pris en compte dans les statistiques des médecins. Evidemment, cela relèverait d’études plus fines qu’on ne peut pas enfermer dans des statistiques qui considèrent des cohortes et non des individus. Par conséquent, leurs guérisons ne sont pas quantifiables et, de ce fait, inintéressantes pour les économistes de Santésuisse et sans considération pour les médecins praticiens.

Autre lacune de nature réceptive et perceptive : les gérants du système des assurances et nos dirigeants sont des gens bien portants, assis dans des salles de conférence ou devant des ordinateurs.

S’ils étaient malades, ils seraient en congé maladie. Or, dans les palabres des lieux de discussion confortables, les sujets se suivent sans se ressembler pour essayer de responsabiliser les patients. Evidemment, ce n’est pas au niveau du développement de leurs connaissances d’eux-mêmes, de leur organisme, de leurs relations avec autrui et avec leurs environnements tant professionnels que sociaux et familiaux, de leur compréhension de leurs étapes de vie, du fonctionnement moteur et articulaire de leurs corps. Non, parmi les sujets évoqués, on s’attaque, bien sûr, car c’est simple et très facile à codifier, à leur porte-monnaie et toutes les possibilités calculables sont examinées au peigne fin : les primes, les franchises, les quotes-parts, les économies possibles. Comme le dit très justement la présidente Rebecca Ruiz, la participation a augmenté de 5 fois depuis 1996, sans succès. Le simple bon sens voudrait qu’on ne s’acharne pas davantage sur cette piste mais le pole masculin calculateur cherche encore. Sans vouloir tenir compte d’un facteur plus difficile à chiffrer (donc on cherche à ne pas le prendre en compte) est le fait que des malades se privent de soins et péjorent leurs cas, ce qui aggrave les coûts à plus longue échéance. Mais évidemment pour Santésuisse, tout s’arrête à une durée d’un an (voire moins puisqu’il s’agit de l’année civile) car c’est plus simple pour les calculs.

Revenons aux patients qui sont évidemment dans un état réceptif de souffrance, de malaise, d’affaiblissement, de préoccupations pour leur vie familiale et professionnelle, eh bien, on voudrait qu’ils s’occupent de contrôler leurs factures et d’aller se renseigner en cas de doutes. On suggère aussi qu’ils se renseignent sur les lieux chirurgicaux meilleur marché, sans qu’ils puissent comprendre ce qui fait la différence de prix et surtout, ne tenant compte que de la prestation elle-même, bien enfermée dans un chiffre, alors que lors d’une hospitalisation, beaucoup d’autres facteurs entrent en jeu pour optimiser le traitement et souvent pour soigner d’autres pathologies apparemment annexes et peut-être non signalées à l’entrée, ou encore pour éviter des complications ou effets secondaires. D’autant plus que certaines réactions ne peuvent pas être prévues. Mais voilà, tout doit être calculé, au détriment du système d’accueil du patient mais cette dimension est féminine, donc non codifiée et non prise en compte dans les statistiques des coûts.

On peut bien commencer par manifester dans les rues contre la hausse des primes. Mais quand donc manifesterons-nous pour que la Science de la Santé soit enseignée à chacun dans le respect de notre entité humaine, indivisible et non fragmentée selon les intérêts de la science moderne, de ceux qui la financent et nous contraignent à la financer.

 

Commentaires

De nos jours avec le féminisme à outrance qui fait tous pour séparer les hommes et les femmes et en faire des ennemis, les Femen, et Balance ton Porc, on pourrait conclure "... et la femme impose." Et en plus ça rime!

Écrit par : Samantha | 22 juin 2018

Grand merci, Samantha, pour votre rime fort à propos!
Le verbe "imposer" suggère bien dans sa définition le fait d'obliger quelqu'un, de lui faire subir une action, de le soumettre à un règlement.
Ainsi donc, les Femen ont cherché à imposer leurs seins nus et leurs revendications.
Les plaintes "Balance ton Porc" à contraindre la justice ou pour le moins les médias à s'en mêler.
On peut voir dans ces mouvements d'imposition une agressivité horizontale.
Si nous considérons l'axe vertical, nous pouvons utiliser le verbe "se dresser".
De la sorte l'individu qui se dresse n'en impose pas aux autres (sauf intention sur-ajoutée) mais, en se dressant dans un espace libre au-dessus de lui, dans notre sujet actuel au-dessus d'elle, la femme peut irradier ses qualités et ainsi être reconnue de façon bien plus globale, dans plusieurs directions et de façon plus persistante. Une femme confiante dans ses qualités profondes et subtiles, et heureuse de l'être, suscitera bien plus de respect de sa personne que celles qui jouent un rôle pour camoufler des failles.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 24 juin 2018

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