11 juin 2018

Le chaos des caisses maladie

Deux ministres de la santé, à Genève et à Lausanne, se lancent avec audace pour trouver une solution, ou pour le moins un compromis acceptable, au chaos des caisses maladie. Il s’agit de personnalités qui connaissent bien le sujet, par conséquent ont bien mûri ce qu’il est possible de faire au niveau politique.

 

 


Donc, il s’agit de sortir du chaos. En général, c’est au début de la création, de la genèse d’une nouvelle activité que nous trouvons naturellement du chaos, que ce soit l’enfant qui apprend à marché ou un chantier en vue de construire un immeuble.

Seulement, avec les assurances maladie, le chaos s’amplifie toujours plus – les primes augmentent chaque année alors que la sonnette d’alarme est devenue une sirène de pompier – mais aussi, ce qui est dénoncé depuis longtemps et ressort actuellement de plus en plus publiquement, est le manque de transparence de l’usage des cotisations des assurés, manque en relation avec « l’opacité qui règne toujours sur la manière dont les primes sont fixées par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) », affirme Me Poggia.

Non seulement les assurés sont bridés mais aussi les représentants cantonaux . Ainsi, Me Poggia ajoute :« – Aujourd’hui, l’autorité fédérale invoque le secret des affaires pour ne plus fournir la moindre information sur la fixation des primes. On attend des ministres cantonaux de la Santé qu’ils se prononcent sur une question cruciale la tête dans le sac et sans pouvoir réagir aux aberrations que l’on constate depuis des années. »

Il en est de même pour les prestations : ce sont elles qui sont codifiées, d’où le fait qu’il est plus sécurisant d’être médecin spécialiste où tout est protocollé avec précision plutôt que d’être un généraliste qui crée un traitement individuel pour chaque patient, selon tout ce qu’il connaît de lui. Seulement voilà, la démarche du cas par cas n’intéresse pas puisqu’elle ne peut pas entrer dans une statistique. D’où la pénurie de généralistes. Et le système se contente de laisser entrer en Suisse des généralistes. Même avec eux, on retombe dans le schéma de traitement suivant un protocole codifié puisque ces médecins ne connaissent pas toutes les nuances et habitudes, voire même mal la langue des patients.

Un autre aspect encore : Le système des assurances nécessite qu’on se plie, sous menace de sanctions, à remplir beaucoup de paperasses, surtout dans les hôpitaux, ce qui fait fuir les internes qui doivent y passer la moitié de leur temps.

Il est donc temps de fissurer pour de bon un système qui prend de plus en plus de liberté, donc apporte de plus en plus de chaos dans notre système assécurologique alors qu’il s’appuie sur un échafaudage arbitraire de lois et de mathématiques statistiques et économiques qui n’arrive plus à le soutenir.

Commentaires

quand un système est trop mûr, les bons acteurs arrivent!

Écrit par : LECOMBLE | 11 juin 2018

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