05 mai 2018

Les assureurs maladie : gestionnaires de l’économie ou des traitements médicaux ?

Un article de la tdg d’hier nous informe qu’un sidéen meurt faute de n’avoir pas payé ses primes.  L’histoire est tellement énorme qu’elle a passé la frontière et qu’un journal français informe qu’en Suisse, une telle histoire est possible à l’heure où, de nos jours, il apparaît difficile d’imaginer que l’on puisse mourir du sida.

 


Divers points sont à souligner :

L’assurance maladie a été rendue obligatoire avec le prétexte de la solidarité. En fait, on découvre que non seulement les assurances gèrent les primes mais en plus reçoivent le droit de décider des soins des patients figurant sur leurs listes noires. Qu’il y ait une liste noire, passe encore, mais si les assureurs en tirent des conclusions de soins, ils sortent de leurs rôles de gestionnaires et devraient remettre à d’autres organismes ces cas hors normes.

De plus, “La loi nous interdit la prise en charge car elle n’inclut pas ce genre de “blacklistés”, même séropositifs :. Par conséquent, non seulement l’économie est pour eux mais on a concocté une loi pour les soutenir et derrière laquelle ils peuvent se retrancher. Donc la LAMAL serait manipulée par des ajouts. On voit bien que la dimension humaine n’a plus de place dans le droit. La justice, avec ses deux plateaux pour apporter un équilibre, n’a plus cours.. 

A cela s’ajoute le fait que les assureurs sans âme récitent : «Seuls des traitements d’urgence sont autorisés.”.

Et bien sûr, on ergote sur le terme de « traitement d’urgence » en déclarant « qu’aucune définition claire de ce terme n’existe ». On joue avec le temps en évoquant « Lorsque le pronostic vital de la personne est engagé » mais apparemment seulement dans l’immédiat, même si on sait qu’un séropositif a de sérieux risques de tomber dans cette catégorie.

On dirait que les économistes de nos assurances maladie sont si soumis aux règlements qu’ils en ont étouffé tout bon sens et se cantonnent dans une réflexion fort limitée et délimitée.

Il est vraiment temps que l’humanisme retrouve ses droits naturels, d'autant plus que les malades sont des êtres humains affaiblis.

 

Commentaires

Suite!
Le Tribunal des Assurances de Saint-Gall vient de statuer sur deux situations délicates en cas de retard de paiement : le traitement du sida et l'accouchement.
https://www.bluewin.ch/fr/infos/suisse/assures-en-retard-de-paiement-mieux-proteges-97186.html
Pour la Caisse maladie en cause, l'accouchement n'est pas une urgence! Argument : une naissance est planifiable!
Une fois de plus, on constate le cynisme de l'économie : un prétexte purement mental est prioritaire face au processus de vie si fondamental qu'est la naissance.
De plus, cette limitation de réflexion montre aussi son incapacité à tenir compte de la notion de médecine précoce : Il est évident qu'un accouchement à problème(s) peut engendrer beaucoup de frais.
Et dire que les assurances ont des avocats sur lesquels s'appuyer pour les soutenir dans des énormités de ce genre!
A chacun son secteur mais là, les médecins devraient faire un seul corps pour remettre la Vie au milieu du village.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 06 mai 2018

Pourquoi les médias ne communiquent-ils qu'une partie de la vérité? En l'occurrence, ils dénoncent deux cas de refus de prestations par des caisses-maladie, ce en quoi ils ont parfaitement raison. Les assureurs se défendent toujours en invoquant la Loi. Or la LamAL prévoit effectivement des sanctions pour les "mauvais" payeurs (encore faudrait-il connaître leurs raisons), mais pas le refus de prestations ! Seule la suspension des prestations est infligée (après bien des démarches) selon le chiffre 7, article 64a de cette loi, à l'exception de cas relevant de la médecine d'urgence (autre objet de débat). Quant à la couverture d'assurance, elle est garantie par cette même loi qui dispose que: "toute personne domiciliée en Suisse est soumise à l'obligation d'assurance". Que l'assureur fournisse des arguments valables pour justifier sa décision ou à tout le moins donne aussi la teneur des articles de la loi derrière lesquels il se cache

Écrit par : Fontaine Claude | 08 mai 2018

Merci beaucoup, Claude Fontaine, de venir nous apporter ces précisions. Effectivement, les titres des médias attisent l'émotivité plutôt que la vision globale d'une situation. Les lecteurs sont ainsi appelés à commenter rapidement un fait plutôt qu'à manifester sur la réalité concrète bien plus dense, humaine donc complexe.
Les assurances, non seulement, fonctionnent en roue libre mais sont encore renforcées par des lois qui se contentent qu'elles fonctionnent sans déficit!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 09 mai 2018

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