02 mai 2018

Quelle médecine voulons-nous vraiment ?

Le montant des primes maladie sonnent l’alerte. On ne peut pas continuer avec la même dynamique médicale. Il ne suffit pas de faire des calculs économiques, il faut une réelle mutation du système des soins. Dans cet objectif, il faut observer quel-s esprit-s dirige-nt la médecine et décider ce que nous voulons vraiment.


La science a fait de larges progrès dans certains domaines. C’est indéniable. Ce que nous oublions, ce sont les paroles de Rabelais : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

Cette note m’est inspirée d’un article lu ce jour : "En Chine, des capteurs cérébraux pour surveiller les employés". Autrement dit, pour qu’ils soient le plus efficace possible, on surveille les états intérieurs tels que la colère, le stress ou l’endormissement.

Voilà à quoi aboutit la science : l’être humain est réduit à sa productivité. Les micro-univers que nous sommes n’ont de valeur que pour fonctionner selon les idéologies dominantes.

Je ne sais pas si nous en sommes arrivés à cet usage de capteurs en Suisse. Toutefois, la médecine contemporaine incite, avec l’appui économico-politico-juridique, à permettre la mutilation d’organes chez des personnes. Pour entrer dans l’esprit dominant, on pare de tels gestes avec des termes très séducteurs « don d’organes » ou « sauver des vies », ce qui réduit voire évacue tous les autres paramètres. En fait, la personne qui donne la permission intellectuelle – et encore, sous un concept moral – pour qu’on lui extraie un rein, n’a pas la conscience de connaître ce qu’une telle mutilation consiste pour son être tout entier. On le lui explique au niveau corporel, mais pas dans ses dimensions ontologiques.

Il en va de même avec le concept de « sauver des vie ». La grandiloquence amplifie le fait car, en réalité, on ne fait que prolonger des vies. En outre, on ne regarde pas en quoi peut consister la qualité de ces existences prolongées.

Nous nous acheminons vers un transhumanisme de plus en plus envahissant. Ce que dénonce une vidéo très percutante du Père Jean Boboc, qui fit une longue carrière de médecin avant de devenir prêtre orthodoxe.

Alors voulons-nous une médecine qui nous aide à conserver notre souveraineté humaine ou alors qui soit utilisée à des objectifs de plus en plus éloignés de nos aspirations individuelles profondes?

 

Commentaires

Bravo pour cette belle synthèse.

On sait également que les greffes posent des problèmes d'identité qui rendent quelquefois la vie des greffés pénible sans parler des difficultés liés aux traitements anti-rejet.

Les greffes viennent aussi réparer ce que la médecine n'a pas su gérer en temps utile.

Écrit par : Ecomed | 02 mai 2018

Grand merci, Ecomed, pour votre appréciation fort agréable à lire!

Merci aussi de souligner le problème des greffés dont on ne parle pas assez, tant on veut encourager les progrès de la science...
Je me souviens d'un homme avec des insuffisances de ses coronaires qui s'est retrouvé hospitalisé avec le président d'une association de greffés du coeur. Celui-ci déplorait que les plus grandes dépenses étaient suite ...aux suicides!
Cela confirme les problèmes d'identité que vous mentionnez.
Un article illustre bien le sujet : http://www.lesaviezvous.net/societe/apres-avoir-recu-une-greffe-de-coeur-un-homme-sest-donne-la-mort-de-la-meme-maniere-que-le-donneur.html
Un autre site relève aussi ce cas https://www.ayoye.com/images/cet-homme-recoit-une-greffe-du-coeur-puis-meurt-d-une-facon-qui-donne-des-frissons et mentionne en plus : "Selon les chercheurs, on récense au moins 70 cas vérifiés de comportement de personnes changeant de façon spectaculaire après la réception d'un organe d'un donneur."
Le sujet de l'identité est approfondi dans http://www.retrouversonnord.be/memoirecellulaire.htm et les différentes dimensions de ce thème sont exposées : "comment les changements de personnalité chez les transplantés du coeur font écho à celle de leur donneur."

Effectivement, les greffes viennent réparer ce qui s'est aggravé aussi parce que les malades ne sont plus instruits à prendre soin de leur personne globale et qu'on se contente trop souvent de gommer les symtômes avertisseurs avec des médicaments très efficaces dans un premier temps mais qui n'empêchent pas la maladie de fond de poursuivre son extension.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 02 mai 2018

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