19 avril 2018

Du terrorisme à Genève !

Des commandos antispécistes ont caillassé des boucheries en pleine ville ! On constate de la violence grossière avec des jets de pierre, des vitres cassées, des établissements fortement endommagés.  Le prétexte est affiché : antispécisme. Ce qui n’apparaît pas, c’est pourquoi ce commando ne trouve que ce moyen pour s’affirmer, alors qu’il dessert la cause qu’il met en évidence et qu’il emploie la violence destructrice qu’il reproche aux abattoirs.


Certes, il ne s’en prend pas à des êtres vivants directement mais de détruire le lieu professionnel qui tissent des liens humains dénote aussi d’une violence qui peut blesser affectivement et profondément les lésés en laissant des conséquences à long terme.

Selon un professeur émérite, les membres du commando sont à la recherche de sens à leur vie.

Qu’ont-ils reçus comme bagages essentiels dans leur jeunesse pour ne pas savoir s’exprimer de façon plus constructive et efficace, de ne pas savoir dialoguer, de ne pas concevoir un mode d’attirer l’attention de façon plus créatrice voire humoristique ? Quels exemples ont-ils reçu pour en arriver là ? Ils n’ont pas appris à s’exprimer de façon à se faire entendre comme ils n’ont pas appris à comprendre toutes les nuances d’autrui.

Alors nous pouvons nous poser la question si un dialogue profondément humain est d'actualité dans notre société. Nous pouvons constater très souvent que les dirigeants s’appuient sur des lois qu’ils font édicter au fur et à mesure de leurs besoins, ce qui leur évite ensuite de trouver la justesse de chaque décision. De même on votera et même si la majorité des votants n’a pas compris le sens profond de l’objet voté et qu'on doit en payer les conséquences, on se retranchera derrière « le peuple a décidé ».

Les individus ont peu de poids face aux institutions bien installées. Prenons le cas du Service du Vétérinaire Cantonal. En voilà un qui se retranche derrière les lois et commet des violences d’apparences soft comme quand ils viennent supprimer un lieu de vie conçu pour des oiseaux blessés.

Evidemment, ils ont même des policiers pour les soutenir et ils ne cassent rien si ce n’est peut-être la serrure de la porte d’entrée, d’une façon « propre en ordre ». Et ils vont exterminer les animaux de façon discrète, ce qu’on appelle une euthanasie. Alors, ceux qui sont témoins de tels actes gardent en eux la violence subie dans une totale impuissance d’agir. C’est la même chose avec la mise à mort de tant d’animaux d'abattoirs dans des conditions qui ne tiennent pas compte que ces entités vivantes ont une conscience et une sensibilité. Montrer des vidéos pour attirer l’attention du public ne suffit pas à faire réellement bouger la mentalité ambiante qui ne se soucie que du morceau de viande dans son assiette ou encore des investissements économiques importants mis dans de telles entreprises.

Alors certains individus en reviennent à des gestes sauvages et primitifs, signe d’une désolation intense face à des situations  inconscientes ou impunies admises par les représentants « légaux ».

Il serait bon que les journaux qui relatent les faits permettent aussi à des humanistes de faire comprendre aux lecteurs le système global dans lequel s’insère le désarroi de ceux qui n’ont plus que des pierres pour s’exprimer.

Commentaires

Merci Marie-France de me faire découvrir l'article du Matin sur une situation que je trouve plus anormale que le caillassage d'une boucherie. Même si je ne suis pas adepte de cette violence, je peux aussi comprendre, comme tu le fais justement dans tes commentaires, que des personnes arrivent à commettre une telle action.
Je ne sais pas si les 2 affaires sont reliées, mais il y a vraiment de quoi être horrifiée face au comportement de ces (soit-disant) représentants de la loi qui se permettent de faire intrusion chez des particuliers sans même leur donner la possibilité de faire valoir leurs droits ou de répondre éventuellement aux griefs qui leur sont faits. C'est immensément triste et injuste. Personnellement j'admire les pigeons qui réussissent à survivre dans le milieu urbain parmi l'indifférence générale (j'observe particulièrement un couple et leur comparses sur le bord de la fenêtre) et j'admire cette femme de grand cœur qui leur porte secours.

Écrit par : Noela | 19 avril 2018

Je suis très touchée, Noela, par l'empathie que tu viens exprimer à la suite de l'histoire de cette femme qui avait créé une espace vivant dont elle prenait soin continuellement et intelligeamment.
Et voilà, que 4 inspecteurs et 2 gendarmes surgissent, non pas avec des pierres mais comme avec du silex pour déchirer cet espace paisible. Quelle froideur voire quel cynisme...
Ils déclarent qu'ils interviennent sur dénonciation. On voit qu'il leur suffit de pointer du doigt l'un ou l'autre élément pour se donner une justification afin d'effectuer une violation de domicile avec leurs intentions anéantissantes. Dans le fond, c'est eux-mêmes qu'ils soignent pour se mettre à l'abri des reproches de la société, de ceux qui dénoncent avec leurs silex aussi, sans chercher à insérer l'expérience originale de Mme Rondez dans leur espace existentiel. On peut donc constater que le Service Vétérinaire est au service de ceux qui râlent et non au service des oiseaux démunis et de leur hôtesse qui n'a rien pour se dresser face à tous ces fonctionnaires à l'aise par la force et le droit, que le système politique leur donne et qui étouffent leurs sensibilités d'êtres humains.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 19 avril 2018

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