31 mars 2018

Samedi Saint

En quoi ce jour sanctifié nous concerne-t-il ? Il est dit que Jésus est descendu dans le royaume des morts. Et alors, nous qui sommes locataires de la planète Terre, que pouvons-nous en retirer ? Il y a le fait, il y a la symbolique en trois temps que nous pouvons comparer à celle de la chenille rampant sur le sol qui se cache dans un cocon lors d’une dynamique de métamorphose, pour réapparaître comme papillon qui s’élève dans le ciel.


Jésus lui aussi a cheminé sur un chemin de terre ou de cailloux, laborieusement, souffrant des tribulations humaines dans toutes les parties de son corps jusqu’au moment où il a lâché prise, où « tout était accompli ».

Dans la 2e étape, il se trouve dans son tombeau et, à l’extérieur, on attend et on se recueille. Mais lui, de quoi est fait sa traversée du « séjour des morts »? Pour pouvoir réapparaître dans un corps glorieux et lumineux, il a bien fallu que son corps de chair, transpercé de toutes parts, effectue une mutation extraordinaire et totale.

Je fais un parallèle avec nous quand nous traversons une maladie qui nous envahit et nous force à nous aliter, voire nous hospitalier. Nous vivons bien des souffrances, des déséquilibres qui peuvent être semblables à des chemins de croix même si nous recevons des analgésiques dont Jésus a été privé. Et puis, à un moment, nous sentons un virage et la convalescence peut s’amorcer. Le corps se restructure et se renforce en vue de pouvoir nous rendre à nouveau valides.

Ce passage peut être comparer à la traversée du tombeau, une grotte où nous sommes encore à l’abri de toutes les péripéties de l’existence et où nous remettons en harmonie nos différents systèmes internes. Pour certains, il s’agit d’attendre que « cela » passe, que les forces reviennent d’elles-mêmes. Pour d’autres, c’est profiter de ce passage pour percevoir tout ce que cette expérience a modifié en nous, pour capter de nouvelles lueurs de vie afin de mieux éclairer notre chemin existentiel, tant pour nous-mêmes que dans notre milieu familial et social. De la sorte, nous sommes invités à une petite résurrection…

Commentaires

Bonjour Marie-France,
Merci pour ce beau texte. Toutes nos morts et toutes nos résurrections, prendre chaque épreuve comme une possibilité de grandir en la traversant. Jésus nous a montré le chemin. Un grand maître. De très belles Fêtes de Pâques à vous et à tous.

Écrit par : Christiane | 31 mars 2018

Grand merci, Christiane, pour votre message pascal.
Oui, chaque épreuve de l'existence est une invitation à grandir.
Nous avons le libre-arbitre de la refuser, de la contrer, de la nier.
Notre liberté profonde nous incite à l'affronter afin d'en cueillir les fruits.
Que Pâques vous réjouissent, vous et tous ceux qui vous entourent!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 31 mars 2018

Il est parfois plus facile de percevoir chaque épreuve de l'existence comme une invitation à grandir "après" une épreuve qu'en plein... dedans.

Écrit par : MB | 31 mars 2018

MB, vous faites un constat évident. L'important c'est de découvrir quelle prise de conscience ce constat vous apporte. Etant un peu plus présente à vous suite à une expérience et son analyse, vous serez davantage attentive à la prochaine épreuve. Cette disponibilité vous conduira à mieux ouvrir vos sens pour capter davantage ce qui vous anime et vous permettra de vous engager sur le chemin le plus direct possible vers la sortie du couloir sombre. Ou encore, vous trouverez plus facilement la porte à franchir pour vous retrouver à la lumière. Ce qui permet de sortir du tombeau...

A noter aussi que plus nous gagnons en années de vie, plus nous nous affinons et plus il est indispensable d'être vigilants dans nos façons de saisir ce qui nous arrive.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 31 mars 2018

Merci Marie-France pour ce beau texte et ta belle réflexion. Cela me touche particulièrement car je viens de lire le livre de Daniel Meurois "La vie secrète de Jeshua, tome 2". Te lire me rend encore plus présente à cet événement du Vendredi Saint et du Dimanche de Pâques. Et finalement à l'importance du Samedi entre les deux. miracle de la vie et de la résurrection : l'escargot que j'avais apprivoisé en août et qui avait disparu dans mon bureau, je l'ai retrouvé en hibernation et mis dans une boîte. Il en est sorti (sans que je le voie) et il s'est logé dans le pot de l'orchidée. Or normalement il n'a rien mangé depuis sa disparition en août. Je ne le touche plus et j'attends son réveil au printemps.

Écrit par : Noela | 31 mars 2018

J'apprécie beaucoup, Noela, l'histoire de l'escargot réceptif aux vibrations de l'orchidée pour aller s'y réfugier. C'est un bel exemple d'ouverture des sens à capter ce qui nous correspond vitalement et à en suivre l'appel...

Écrit par : Marie-France de Meuron | 31 mars 2018

Madame de Meuron,

Ex visiteuse paroissiale au CHUV mes lignes précédentes entendaient préciser que ce qui convient à l'un ne conviendra pas forcément à l'autre... ainsi des paroles qui apaisent un malade n'auront aucun effet positif pour un autre ce qui confirme l'enseignement de Jeanne Hersch s'agissant de philosophie.
Le philosophe des temps anciens déclamant n'étant pas le salarié d'aujourd'hui timbrant en entrant dans son entreprise ou tel intellectuel sans emploi.

En revanche, particulièrement encourageants ces docteurs qui trouvent temps et moyens pour s'interroger sur les karma individuels de leurs patients.

Bonnes fêtes de Pâques.

Écrit par : MB | 31 mars 2018

Merci pour vos voeux, Mme M.B. La question que je soulevais n'est pas tant ce qui convient ou non à un malade mais bien ce que le patient est amené à découvrir par son ouverture personnelle et son désir d'avoir une meilleure conscience de soi, donc de ce qui provoque ses symtômes et comment il peut les transmuter. Il s'agit par là de s'ouvrir à un processus de croissance intérieure auquel nous incite le silence apparent de Samedi Saint.
Joyeuses Pâques au plus profond de vous!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 31 mars 2018

C'est juste, Madame de Meuron.

Mais qui aidera le patient en cette démarche de croissance intérieure qui n'est pas la préoccupation première évidente de chacun?

Ne faudrait-il pas que les patients très atteints soient accompagnés automatiquement (à condition qu'ils le veuillent bien): le yoga, par exemple, de concentration sur les centres nerveux et de conscience dits chakras reins surrénales gonades pancréas thymus thyroïde hypophyse pinéale en même temps corps subtil quête spirituelle mais sans entrée dans aucune secte: pratiquer le yoga est prendre rendez-vous avec soi-même ce qui est ce que vous démontrez en vos messages. Un petit quart d'heure par jour ou une ou deux fois juste de concentration intériorisée sur ces centres en ne pensant à rien, les yeux fermés assis simplement ce qui est adapté à la fatigue ou aux souffrances des patients.

Pour un moyen...

Écrit par : MB | 01 avril 2018

Bonjour Mme M.B.
Vous soulevez très justement le principe de "qui aidera le patient dans cette démarche de croissance intérieure?".
A l'âge adulte, elle devrait surgir de nous-même. Toutefois, dans notre culture, on ne développe pas cette dimension de l'être humain, et on mise la réussite sur les succès scolaires, davantage intellectuels que perceptifs, et sur les stratégies pour atteindre des professions lucratives.
Dans le cas des problèmes de santé, c'est entre autres dans le courant des autres médecines qu'on peut développer cette réceptivité à percevoir le conflit enfoui et à trouver les intuitions pour le dissoudre.
Si c'est dans le cadre d'un développement artistique, différents arts peuvent y contribuer largement.
Si on ressent des besoins par rapport au corps et au mouvement, il y a soit le sport s'il est pratiqué avec respect ou alors différentes démarches corporelles comme le yoga, l'eutonie, la méthode Feldendrais, etc
C'est vrai que d'y penser à certains moments est judicieux. Toutefois il vaut la peine d'intégrer cette conscience de plus en plus dans toutes les activités et les relations qui nous sont proposées dans la journée.
Le contact dans la nature en entrant en contact avec les fleurs, les arbres, les animaux, les cours d'eau, etc permet de les recevoir sensoriellement et d'en ressentir dans le corps les effets vibratoires, ce qui peut animer nos différents circuits internes.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 01 avril 2018

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