28 mars 2018

A problème médical, réponse financière ...

Et voilà, une fois de plus les dirigeants économiques et politiques prennent une décision financière pour régler la gestion des coûts des prestations médicales. Parmi les décideurs, il n’y a aucun groupe représentant les assurés vivant leurs maladies ou les médecins proposant des modes de soins plus efficaces donc moins dispendieux.


La ronde des solutions économiques s’est arrêtée cette fois-ci sur le montant des franchises. Certains veulent, en sus de la décision actuelle, finasser en proposant une nuance à venir, à savoir s’engager pour une période de 3 ans.

On joue avec les chiffres, froidement étalés, alors qu’ils correspondent à des traitements sur du vivant. Cette équivalence est inacceptable.

De plus, il nous est dit que «  la droite, à l'origine de la proposition d'une indexation, souhaite que les assurés soient plus conscients des coûts qu'ils génèrent. Une adaptation régulière du montant des franchises permettrait de les responsabiliser. Cela éviterait que les gens courent chez le médecin pour le moindre bobo. ». Là aussi, un concept très simpliste est avancé : le coût des primes dépend des gens qui courent pour un bobo. Est-ce que nos représentants ont vraiment conscience de ce qui coûte cher en médecine techno-scientifique ? Quelle conscience ont-ils des problèmes de chaque personne qui consulte pour estimer que beaucoup se déplacent pour un bobo ? Ou alors, si les statistiques sur lesquelles on aime tant s’appuyer existent à ce sujet, que disent-elles au sujet de la proportion des bobos par rapport aux traitements chroniques ?

Ou encore, si les prestations pour bobos sont répétées, pourquoi ne s’adresse-t-on pas à la Faculté de Médecine pour qu’elle enseigne aux praticiens à gérer plus efficacement les bobos ?

De plus, ils semblent ignorer qu'avec la majoration des franchises, des malades attendront plus longtemps que le bon sens l’exige d'aller consulter, espérant que leurs malaises disparaîtront, ce qui peut être vrai mais peut aussi compliquer la pathologie, d'où augmentation des coûts.

Ces doctes représentants du Parlement et des Assurances, bien assis sur leurs sièges confortables, comment peuvent-ils se prendre pour des professeurs à décider que les assurés sont des élèves à qui enseigner comment se responsabiliser ? Il y a une perversion effarante de vouloir responsabiliser en faisant payer plutôt qu’en enseignant une meilleure conscience de soi et de son organisme. Pourquoi ne cherchent-ils pas des solutions pour atteindre les fondements de la prise en charge de soi et de ses troubles de santé?

Il est sans doute tellement plus simple de faire de l’arithmétique avec des chiffres bien ronds !

 

Je suis réellement désolée de constater à quel point les êtres humains sont réduits à des êtres qui ne peuvent que se soumettre à une pensée « économiquement correcte ».

 

Commentaires

Inadmissible cette décision !!!

Votre dernier paragraphe est EXCELLENT !!!!!

Didier Burkhalter parti, les deux CF de gauche se retrouvent bien seuls ...

Écrit par : M.A. | 29 mars 2018

Un chaud merci, M.A. de venir exprimer vos impressions!

Je désire rebondir sur votre remarque concernant les Conseillers Fédéraux. Je dirais plutôt que c'est le Parlement qui décide. Lui-même subissant les impulsions des économistes des assurances maladie.
Cependant, tout au fond, qui donne le ton général? C'est la médecine officielle qui se base énormément sur la Science, la technologie et les produits pharmaceutiques.
Par conséquent, si on veut vraiment réformer le système, il faut revoir le système des soins afin de savoir et pouvoir choisir la thérapie adéquate au moment opportun, ce qui sera toujours plus économique.
Si ce sont surtout les généralistes qui s'intéressent aux médecines alternatives, c'est bien que pour une bonne majorité des patients ambulatoires, ces médecines apportent des solutions bien plus efficaces, plus rapides donc moins coûteuses. Evidemment, il faut que ces médecins suivent des formations rigoureuses d'une certaine durée et ne se contentent pas d'apprendre des "trucs" faciles.

Suite à la votation en faveur des médecines complémentaires (2009) les facultés sont tenues d'informer les étudiants en médecine au sujet des autres médecines. Mais ce n'est pas un cours unique pour chacune qui donne la possibilité de les découvrir vraiment et de ressentir leurs portées. Expliquer les fonctionnements ne permet pas d'apprendre à détecter tous les signes du patient (et leurs significations) - lesquels sont bien plus précis et nombreux qu'en médecine conventionnelle - afin de prescrire la thérapie appropriée, alors que le médecin officiel se satisfait de repérer des symptômes qui l'amène à émettre le diagnostic d'une entité nosologique qui lui permet de prescrire le protocole émis par le consensus académique.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 29 mars 2018

Madame, Je sais que ce n'est pas le CF qui décide en dernier lieu. En revanche, le CF donne le ton avant de transmettre le dossier aux Chambres fédérales.

Écrit par : M.A. | 30 mars 2018

Merci, M.A. pour votre précision. Je n'ai jamais fréquenté ce milieu donc j'ai de la peine à percevoir tous les fils qui relient les différents protagonistes!

Il est donc nécessaire que le peuple inspire au Conseil Fédéral d'inciter le système médical à confédérer les différentes médecines afin que les patients que nous sommes un jour ou l'autre puissions jouir du maximum d'efficacité avec un minimum de coûts pour les assurés obligatoires que nous sommes également!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 30 mars 2018

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