16 mars 2018

La bourse ou la vie ?

Le fric ou la santé ? S’il y a un droit à la santé, on peut se demander s’il y a un droit à la recouvrer !  En effet, nous avons droit à des prestations bien codifiées dans un système obligatoire de soins. Ce qui est remboursé sont des actes qui se basent sur des protocoles définis avec précision et officiellement reconnus. De même que les médecins sont remboursés non selon l'efficacité de leurs actes mais selon les diplômes reconnus qu'ils détiennent.


Or, ce système devient hors de prix. Les politiciens et les économistes cherchent des solutions visiblement aux mauvais endroits puisque les primes augmentent depuis de nombreuses années. Sur un autre plan, on évoque des raisons fort idéologiques, comme les progrès de la médecine, qui n’apportent aucune solution financière, juste des excuses. De plus, s’appuyant sur un paramètre ou l'autre facile à mettre en évidence, les dirigeants accusent tels ou tels spécialistes alors que ceux-ci ne sont que la résultante de tout un circuit qui démarre à la faculté et se poursuit lors de leurs formations d’internes à l’hôpital. On peut en conclure que les facultés et académies de médecine donnent le ton. Or, sont-elles inquiétées par le système assécuro-économico-politico-juridique ?

Quand on constate qu’en 1998 le Grand conseil de Genève a voté une motion pour que les étudiants en médecine aient une connaissance des médecines alternatives et complémentaires, qui s'en préoccupe aujourd’hui ? Est-ce au programme de nos futurs élus? Quand avez-vous lu dans la TdG un seul article pour expliquer ce qui se fait et en quoi une démarche a abouti ?

Quand les médecins constatent que leurs traitements sont insuffisants, qu’une maladie s’aggrave ou même se complique, que font-ils ? Il serait logique qu’ils aillent voir ailleurs ce qui se passe. C’est le cas de certains généralistes ou pédiatres mais gare à eux s’ils prennent davantage de temps pour les consultations car Santésuisse est prête à sanctionner voire à les conduire au tribunal comme des malfaiteurs alors qu’ils ont pris, dans un premier temps, un peu plus de temps pour aider le patient à s’équilibrer même si ce temps a été amplement récupéré par la suite car les patients n’ont plus eu besoin de consulter pour des problèmes guéris.

Et le peuple que fait-il ? Il a pourtant voter en 2009 une loi en faveur des médecines complémentaires. Et aujourd’hui, à part manifester et râler contre la hausse des primes, que fait-il pour les que dirigeants, qui se reposent sur les facultés pour expérimenter les autres médecines, exigent d’autres modes de procéder? En effet, les facultés font bien quelques expériences très délimitées et, de plus, selon leurs lois « scientifiques » alors que les autres médecines obéissent à des lois plus ontologiques, énergétiques ou globales. Lorsque, par exemple, des médecines à tradition comme la médecine traditionnelle chinoise ont des siècles d’expérience, il est vraiment inopportun de leurs imposer les critères fort restreints de la science moderne qui, de plus, ne font que se modifier au cours du temps.

 

Commentaires

Bonjour Marie-France ,

Merci pour cet article. Il commence par « Le fric ou la santé ? S’il y a un droit à la santé, on peut se demander s’il y a un droit à la recouvrer ! » Mais ma question est : Est-ce qu’il y a un droit à ne pas la recouvrer?
En effet, on ne manquera pas de constater que la santé est agressée de toutes parts, et c’est ainsi que l’on voit, les industriels du tabac être subventionnés et soutenus par l’état par des lois permissives comme pour la publicité. Des entreprises pharmaceutiques ne pas s’intéresser à des causes de maladies par ce qu’elles ne seraient pas rentables (entre autres les maladies orphelines). Des gens mourir parce que l’assurance leur a refusé un traitement trop cher (et ici l’expression l’être cher prend toute sa mesure économique). De nombreux produits chimiques homologués chaque année (on parlait de plus de 3000 il y a quelques année). Le peuple suisse vient de voter une amélioration du réseau routier, malgré toutes les conséquences que cette pollution aura sur la santé, etc, etc.

Les milieux économiques et industriels s’en donnent à coeur joie. Alors, y a-t-il un droit à être pollué, empoisonné, maltraité, manipulés bafoué ? Y a-t-il un droit à la santé ?

Une bonne journée et merci pour tout ce travail
Daniel Demierre

Écrit par : Daniel | 22 mars 2018

Bonsoir Daniel,
Merci pour cette façon très originale d'appréhender le sujet : "Y a-t-il un droit à ne pas la recouvrer?"
Dans l'instant présent, il y a en tous cas le droit de prendre conscience de ce qui est, de ce qui se sent et se vit. Un des problèmes réside en ce que le système formate tellement la population que les gens ne prennent pas le temps et ne s'octroient pas le droit de ressentir pleinement ce qu'ils perçoivent. Si c'était le cas, la souffrance serait bien plus perçue et provoquerait davantage d'actions pour transmuter la situation. Ne pas se contenter de réclamer et de recevoir de petits emplâtres.

Si le peuple se dressait vraiment avec des projets concrets - comme pour contrer la hausse des primes maladie - et non pas seulement des coups de gueule dans des courriers de lecteurs, une mutation en profondeur pourrait s'effectuer.
Droit à ne pas recouvrer : je dirais alors libre-arbitre de se contenter de subir parce que "ce n'est pas si grave". La vraie liberté conduit à utiliser les forces pour trouver le juste chemin vers l'unité. Ici, on est en pleine division puisque une minorité impose au peuple ce qui correspond à son libre-arbitre de développer son potentiel économique.

Au niveau juridique, je vous signale qu'il y a un institut de Droit de la Santé à la Faculté de Droit de Neuchâtel. https://www.unine.ch/ids.
Ce serait intéressant de voir comment les juristes élaboreraient une réponse à la question du droit de ne pas la recouvrer!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 22 mars 2018

Les commentaires sont fermés.