09 février 2018

Les coqs suisses et les médecins suisses

J'apporte ici mes commentaires à la note "les poules suisses et les médecins suisses". Tout d'abord, admirons la photo du superbe coq dans un espace verdoyant. Est-ce que les 10 millions de poules de la statistique fédérale vivent aussi bien que lui ? J’ai vu récemment des poules achetées dans un élevage, toutes blessées et déplumées par des coups de bec, certainement entassées dans leur lieu de "vie".

 


Ainsi, le coq symbolise celui qui se met en avant, à qui on donne de l’audience et de la vision. Il en va de même avec l'émission d’infrarouge citée qui donne de l’ampleur à M. Berset qui a droit à « un coup de gueule » comme l’avait présenté la RTS. De plus, alors qu’il s’agit du monde des malades et des maladies, les responsables de cette émission lui donne pour titre un beau cocorico : «Médecins, qui veut gagner un million ? ». Est-ce pour gagner de l’audience afin que « no billag » ne passe pas ?

Le fait que les courts extraits de l’émission mettent en avant deux échanges corsés entre médecins-chirurgiens et le ministre cantonal démontre aussi que c’est sur des flashes spectaculaires  et plutôt stériles qu’on veut dynamiser un débat alors que le sujet est vaste et pluriforme. Il est temps de créer une vraie réflexion autour du sujet de l’assurance de base, ce qu’on attendrait d’une TV active et non pas se faire le haut-parleur de ceux qui simplifient le problème alors qu’ils sont les premiers responsables de la situation : en effet, l’assurance de base dépend d’une loi fédérale et si elle déborde de plus en plus, c’est bien qu’elle doit d’être modifiée car elle est jeune et a le droit de vivre une maladies de jeunesse. Ce n’est pas en privant subitement les chirurgiens de certaines prestations qu’on va obtenir une réelle modification de la LAMAL et du TARMED. Ce geste abrupt ne pouvait qu’attirer un geste similaire dont sont maîtres les chirurgiens : le coût de bistouri, à savoir ici la grève. Finalement, ce sont les patients qui en pâtissent et restent handicapés de leur main quand il s’agit du tunnel carpien. Avec un horaire déjà chargé, les chirurgiens n’avaient pas le temps d’échafauder une méthode plus médicale en douceur en réponse à un diktat venu du Coq dirigeant.

Et puis, de plus, il est faux de brandir le drapeau du million que gagnent certains médecins alors que Santésuisse est capable de donner des sanctions très fortes pour un chiffre d’affaire de 100 000 F (cent mille eh oui!) en se basant uniquement sur les statistiques, sans tenir compte des résultats sur les patients . Ce qui démontre que la somme (coq) cache la réalité de tout l’espace médical coincé dans un contexte politico-économico-juridique qui va à la déroute et ne veut pas avoir l’humilité de reprendre le problème à la base.

Commentaires

Chère Marie-France,
Je n'ai pas vu Infrarouge mais je ne suis pas étonnée de la partialité des débats. C'est comme lorsqu'il s'agit des vaccinations, c'est toujours orienté. Justement, je suis partagée par rapport à la votation "no billag", je pensais voter "non" mais je reçois l'information de M. Trappitsch, (fondateur en Suisse Allemande, d'une association qui dénonce la dangerosité des vaccins) qui recommande de voter "oui" à "No Billag" justement à cause de ce manque d'impartialité des médias officiels.
C'est vrai que d'être obligé de financer un système qui va à l'encontre de l'information impartiale, on retombe dans le même système que la Lamal.
Je vais encore réfléchir.
Bonne journée !

Écrit par : Noela | 09 février 2018

Merci Noela pour ces réflexions!
Oui, on peut se poser la question pour "no billag".
Mais est-ce que les autres systèmes apportent davantage d'informations impartiales? En fait, s'ils sont subventionnés par des particuliers, il y a aussi le risque ou la probabilité qu'ils cherchent à influencer le peuple en faveur de produits rentables économiquement ou politiquement, produits partiellement valables en les faisant passer pour entièrement valables ( comme le système français cherche à faire passer les 11 vaccins obligatoires).
Un média officiel reflète une base, à nous de la stimuler à évoluer, ce qui est peut-être plus aisé que dans le cas des sites privés!
De toute façon, actuellement, quasi tous les systèmes sont sectorisés et simplifiés afin de les maîtriser comme bon semble à ceux qui les détiennent.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 09 février 2018

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