27 janvier 2018

Pourquoi opérer un tunnel carpien ?

C’est l’article TdG de ce jour – Les chirurgiens de la main font grève - qui m’a incitée à vous apporter mes réflexions ancrées dans mes connaissances du corps humain et mes expériences de 4 décennies de pratique médicale. La grève a été suscitée suite à des revendications tarifaires mais le mode de procéder reflète une mentalité actuelle de plus en plus élémentaire.

 


Le problème est global : la médecine conventionnelle suscite des coûts de plus en plus élevé. Tant que ce sont les économistes qui seront en charge de les corriger avec des moyens mathématiques et sans conscience de la réalité vivante sous-jacente, le système ne peut que se péjorer et les révoltes se manifester d’abord par soubresauts jusqu’au moment où la nature prendra le dessus et que le volcan entrera en action.

Pour l’instant, les patients sont complices, soit par leur silence, soit par leur adhésion (il est étange que des patients souffrant de leurs tunnels carpiens soient d’accord avec les chirurgiens qui repoussent leurs opérations) soit par quelques manifestations qui retombent assez vite, soit individuellement en cherchant ailleurs. Pour l’instant, ceux qui trouvent une nouvelle voie sont trop peu nombreux pour mettre le système en danger et les médecins au chômage ! Ce qui laisse à certains praticiens l’illusion du pouvoir de se mettre en grève.

Ce type de réaction n’est qu’une de plus qui manifeste que la médecine va contre un mur. L’économie est le signal le plus facile à comprendre dans notre monde matérialiste et ses calculs simples mais l’état de santé de la population en général montre plusieurs signes de failles et d’alerte.

Il est temps qu’une réelle mutation s’effectue par le corps médical, acteur principal, et par l’ensemble de la population qui lui est soumis.

Nous pouvons prendre l’exemple du tunnel carpien qui relève de problèmes bien concrets qu’il est possible de mettre en évidence. La chirurgie intervient en dernier recours. La pathologie s’est installée très progressivement, donnant plusieurs signaux avertisseurs. Il s’agit là de pratiquer une médecine précoce, avec des traitements appropriés. Googel regorge de sites dont l’un au nom bien parlant exprime clairement qu’un individu peut soulager son syndrome du canal carpien. Pour ce faire, différentes thérapies sont possibles. A chacun de retrouver sa souveraineté pour agir sur le processus en cours et utiliser les divers moyens à disposition selon son tempérament, ses instruments personnels et son environnement.

Pour l’instant, le système assécurologique dont le système juridico-économique de Santésuisse ne tient pas compte de ces nombreux moyens, confondant la médecine préventive avec la médecine précoce (alors que la notion de dépistage précoce existe…!). Or, les traitements précoces ont l’énorme avantage de prévenir l’aggravation des symptômes – dont beaucoup de chronicité, d’effets secondaires des médicaments et des frais opératoires – et, par l’engagement de la personne à prendre conscience d’elle-même, de permettre d’améliorer d’autres fonctions de son organisme.

Ainsi peut-on avoir des avantages en chaîne dans la direction de la santé plutôt que de susciter des réactions toujours plus néfastes pour l’économie, la politique et ... les êtres humains.

Commentaires

Tout cela est très juste et comme cette médecine précoce, par nature alternative, n'existe pas, ou de façon discrète et souvent discréditée, alors une solution toute faite est là pour réparer ce qui n'a jamais pu être soigné. Ce manque de soins n'est pas le résultat inéluctable d'une incapacité mais celui d'un refus de remettre en cause des paradigmes qui montrent chaque jour leurs limites. Ainsi, la chirurgie, avec sa technicité et beaucoup d'échecs avant d'obtenir des succès réguliers, vient pallier une médecine finalement défaillante. L'autre avantage de la chirurgie est le côté économiquement cadré : on sait exactement ce que coûte chacun des aspects de toute intervention et même, de façon cynique, les dédommagements en cas d'échec. Comme ces intervenants de dernier recours se prennent volontiers pour des stars, ils revendiquent quelquefois des rémunérations indécentes avec dépassements d’honoraires et éventuellement bakchichs.
Or dans cette même logique économique, les assurances, faisant l'inverse, cherchent à réduire les frais, soit parce que le rapport entre les cotisations et les dépenses devient défavorable ou parce que les exigences des actionnaires augmentent. Ainsi, les chirurgiens se mettent en grève comme des mineurs ou des employés exploités au SMIC !

Écrit par : Ecomed | 27 janvier 2018

J'apprécie beaucoup votre regard d'aigle et vos mots très appropriés, merci Ecomed.
Vous définissez très bien la nature discrète et souvent discréditée des médecines alternatives.
Cela me permet de souligner à quel point il est étrange qu'on pratique avec la plus grande précision les études technoscientifiques et que, lorsqu'il s'agit des médecines énergétiques pour lesquelles existent actuellement des appareils de physique appropriés, on les discrédite avec des arguments aussi grossiers que "scientifiquement non prouvés" sans chercher à connaître les preuves consciencieusement établies. Ou encore, on refuse les soutiens financiers aux scientifiques qui ont de bonnes pistes mais devraient les confirmer.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 27 janvier 2018

Les preuves peuvent paraître nécessaires mais elles me semblent vaines. En effet, dans une optique libertaire et avec le souci du consentement éclairé, on doit pouvoir permettre à chacun de choisir son mode de soin. Nous sommes apparemment libres de nombreux choix et même responsables devant la loi d'actes délictueux et nous serions pas assez majeurs pour faire nos propres choix en matière de santé et de soins.

Par ailleurs, les preuves épidémiologiques sont largement suffisantes, sans avoir besoin de comprendre les mécanismes, pour valider des pratiques qui montrent des effets sur des cohortes de populations. En réalité, l'argument scientifique ne sert, pour l'instant, qu'à discréditer ce qui dérange l'orthodoxie médicale ou scientifique. D'ailleurs, chaque fois qu'une étude pourrait montrer l'utilité d'une pratique alternative, la méthodologie est systématiquement critiquée, comme si, seules les études alternatives étaient biaisées.

Écrit par : Ecomed | 28 janvier 2018

Merci beaucoup, Ecomed, de venir sur le sujet des preuves.
De tout temps, si des thérapies ont fonctionné pendant des siècles, c'est que les preuves existaient sous plusieurs formes, la plus importante étant la répétition d'un succès. L'homéopathie par exemple est très rigoureuse et suit une doctrine très ferme. Effectivement, des praticiens peuvent ne pas les respecter et des malades peuvent utiliser les granules selon leurs illusions et avec l'adage que : "Si ça ne fait pas de bien, cela ne peut pas faire de mal", ce qui est entièrement faux mais il n'y a que ceux qui pratiquent vraiment qui le savent.
Actuellement,la science académique veut imposer son système de preuves. Elle ne veut pas tenir compte qu'il se base sur les paramètres établis selon les expériences en cause. Les imposer dans d'autres dimensions n'est pas scientifique en soi puisque ne respectant pas le fait que les réalités y sont autres et avec des variables dont le système conventionnel ne tient pas compte.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 29 janvier 2018

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