13 janvier 2018

Combien de fois faut-il mastiquer ?

Maintes personnes tomberont dans le piège de répondre par un nombre ! Il est vrai que trop souvent notre civilisation se limite à des chiffres, que ce soit les notes à l’école, les statistiques de toutes sortes ou les prix. A l’heure où l’on ne cherche plus qu’à limiter les coûts des primes maladie résultant d’une médecine techno-scientifique gérée par des économistes, il est temps de revenir à notre première médecine qui est l’alimentation.


Elle commence par la bouche avec trois organes importants : les dents, la langue et le palais.

Mastiquer revient bien sûr à diminuer la taille des aliments afin de mieux les avaler. On le sait et pourtant, combien de fois avalons-nous trop vite ? Nous sommes pressés mais ne tenons pas compte que ce sera au tube digestif de faire le travail, ce qui occasionne de la fatigue mais aussi la prolifération de bactéries qui peuvent développer des troubles digestifs gênants, voire des maladies.

Alors jusqu’à quel point réduire les aliments ? Outre la réduction des bouchées, un autre indice nous indique si la mastication est suffisante : le goût. Là intervient un deuxième système : le système neurosensoriel qui stimule les glandes salivaires. La salive prédigère les sucres donc le goût en sera modifié. Cette digestion aura aussi l’avantage d’alléger le travail du tube digestif et plus spécialement du pancréas.

Un autre élément bien plus important qu’il n’y paraît : réchauffer les aliments afin que l’estomac n’ait pas le choc de recevoir du froid qui freine l’action du suc gastrique, voire le bloque. On a vu des gens mourir de boire d’un trait une bière sur une fondue.

Le deuxième organe, la langue, permet, comme dit ci-dessus, de percevoir l’état de réduction de la nourriture mais aussi de continuer à malaxer le contenu buccal afin de bien l’ensaliver, le dissoudre et le transporter.

On est moins conscient du travail du palais, sauf si on est œnologue ou dégustateur de tout autre aliment ! Quand on apprécie les saveurs, les éthers – Wikipedia vous dira qu’Ether est une divinité primordiale dans la mythologie grecque – ceux-ci viennent stimuler le cerveau, ce qui dynamise nos fonctions. D’où le fait d’apprécier notre nourriture donc de la choisir avec soin, en respectant nos intuitions et en tenant compte du temps disponible, nécessaire à la dégustation et à la mastication.(cqfd!)

 

Commentaires

Un billet qui met l'eau à la bouche! Merci !

Écrit par : Michèle Roullet | 13 janvier 2018

Si je me souviens correctement, c'est en mangeant lentement, donc en mastiquant tranquillement, qu'on donne le temps au cerveau d'enregistrer le fait qu'on mange.
Je vais quand-même citer un chiffre ! Il me semble qu'il faut une quinzaine de minutes au cerveau pour mettre en route les récepteurs qui donnent le feed-back de la satiété.
Si on avale trop vite, on court-circuite le système et on aura tendance à trop manger.

Écrit par : Calendula | 13 janvier 2018

Voici un bon exemple de la relation entre le yin et le yang, autrement dit entre nos qualités réceptives et émissives. Mastiquer est éminemment émissif, dépendant du système moteur, mais a besoin de la réceptivité du système sensoriel tant pour stimuler les glandes salivaires - et celles qui s'ensuivent dans le tube digestif - que pour donner la notion de satiété.
Pour encourager cette réceptivité, il vaut donc la peine de se trouver dans un espace ambiant paisible qui soutient l'attitude réceptive, attitude qui incite, dans certains milieux, à manger en silence.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 13 janvier 2018

On mange vite, et parfois même debout, pendant la pause de midi, le soir on mange de manière distraite souvent avec chacun son plateau et devant la télé, la mastication soigneuse et consciente est zappée par beaucoup, et pourtant les émissions sur la cuisine fleurissent et ont du succès, cela devrait nous dire que le goût et l`envie de cuisiner ne sont pas oubliés...il semble que c`est le cas chez les jeunes et je m`en réjouis.
A propos de glace ou de sorbets, pris par exemple comme dessert, faudrait-il les proscrire? Ou les garder longtemps en bouche avant de les avaler peut suffire?

Écrit par : Luisa | 14 janvier 2018

Merci pour votre visite, Luisa!
J'apprécie votre optimisme! On peut ajouter aussi que les jeunes s'intéressent de plus en plus à la permaculture, ce qui est très stimulant pour développer la conscience sensible face aux plantes, donc aux aliments.

Votre question sur les sorbets et glaces est très judicieuse.
Oui, c'est déjà bien de les réchauffer dans la bouche mais ils seront quand même plus froids que les 37 degrés requis pour l'estomac qui, après le repas, est en train de digérer laborieusement son contenu.
De plus, les sucres sont à digérer dans la bouche donc passeront plus rapidement l'étape de l'estomac. Ce qui fait qu'il vaut mieux les manger en entrée afin qu'ils ne diluent pas le contenu gastrique, ce qui freine et alourdit la digestion. C'est la même dynamique pour les fruits.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 14 janvier 2018

Dans certains repas gastronomiques, où les nombreux plats et leurs petites portions se succèdent, entre un plat et un autre on sert des sorbets!
Pourquoi pas...si on aime les sorbets et le sucre!

Écrit par : Luisa | 16 janvier 2018

Votre question est très pertinente, Luisa!
En général, on participe aux repas gastronomiques pour déguster d'excellents plats, donc on prend son temps, on mastique de petites bouchées, on avale dans une ambiance non stressée. Ainsi, tous ces facteurs aident bien la digestion.
Comme vous le dites, il s'agit de petites portions qui ne vont pas trop encombrer le contenu de l'estomac.
Aimer un aliment est une chose, le supporter en est une autre. Si vous êtes attentive à vos sensations, non seulement sur le moment mais pendant tout le temps de la digestion, vous saurez si votre mélange est adéquat ou non.
Quand ces repas sont le soir, votre sommeil vous dira aussi si vous avez bien équilibré votre organisme avec vos goûts alimentaires!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 16 janvier 2018

Depuis une quarantaine d'années je m'efforce de mettre en pratique un proverbe chinois qui dit:Bois ce que tu manges et mange ce que tu bois.
Je ne me suis jamais repenti.:-)

Écrit par : Hakim | 22 janvier 2018

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