11 janvier 2018

Réagir ou agir ?

Lorsqu’on est agressé, trois stades sont à traverser pour parvenir à se dresser face à l’agresseur. A quel stade en sont les assurés fâchés par les augmentations à répétition des primes maladie ? La TdG de ce jour nous rapporte la manifestation à la venue d’Alain Berset à la RTS.

 

 


Au premier stade, nous trouvons l’enfant soumis. Ce fut le cas pendant de longues années, tant que les primes étaient supportables.

Mais maintenant l’enfant a grandi, le système s’est amplifié et nous abordons le deuxième stade où nous trouvons l’adolescent révolté qui toutefois doit encore se soumettre.

Quand viendra le troisième stade de l’adulte mature et créatif ? Une créativité telle qu’elle permettra la transmutation (et pas seulement la transformation qui ne change que la forme) du système des soins.

On peut prendre un autre modèle : Au début : le chaos, la confusion.

Puis parmi les ombres apparaissent des lumières

Au troisième stade, apparaît l’arc-en-ciel, avec sa variété de couleurs qui montrent les multiples paramètres de la lumière. (Malheureusement, un certain lobby utilise à foison cette image qui mélange les genres : Retour au chaos?)

Il est judicieux de se révolter après la phase soumise. Encore faut-il s’empresser de passer à la phase adulte. Il s’agit alors de distinguer les différents paramètres qui aboutissent à l’augmentation des primes et qui, comme l’arc-en-ciel, présentent de multiples aspects.

Actuellement, le système politico-économico-juridico-scientifique jongle avec ces différentes dimensions, ce qui maintient le chaos et permet à ceux qui tirent les ficelles dans plusieurs directions de continuer à le faire.

Qui viendra mettre de la clarté dans le système ?

Le peuple bien sûr mais, pour l’instant, il réagit par des révoltes. Qui va-t-il alors réveiller ?

S’il se contente de frapper à la porte de nos dirigeants, il continuera à devoir se soumettre à des personnes prises dans les mailles d’un filet dont on ne sait même plus quel est le tisserand, tant il y a de manœuvres !

On manifeste contre la hausse des primes, c’est-à-dire dans le cadre du système économique. Or, à la base, il s’agit du système des soins aux êtres humains vivants. Une telle dérive ne peut qu’aboutir à un casse-tête...

 

 

Commentaires

Le peuple se révolte ? pas vraiment, il aboie certes mais une fois devant les urnes il abdique.
Le peuple constitué en majorité de "mougeon" ( nom commun que je ne connaissais pas encore ce matin ;-) le combat est perdu d'avance.

Écrit par : desabuse | 11 janvier 2018

Un très vif merci, desabuse, de me faire connaître cette appellation de "mougeon".
Je suis allée explorer sur google et suis surprise à quel point cette définition sonne juste actuellement, basée sur des évidences tant élémentaires que pertinentes.
Dans le blog : http://www.mavieauboulot.fr/blog/2012/04/sommes-nous-tous-des-mougeons/, l'auteur nous donne une illustration très concrète des mougeons et avec quelle dynamique les entrepreneurs les forment ou plutôt les formatent.
Dans le blog : http://equipolia.wixsite.com/blog/single-post/2016/05/10/Le-peuple-des-mougeons, l'auteur exprime très bien comment "La société est constituée d'une élite insensible exerçant son pouvoir absolu et son autorité sur un peuple conditionné, soumis à la volonté de ses dirigeants...Les mougeons doivent devenir des êtres humains pensant avec bon sens."

Écrit par : Marie-France de Meuron | 11 janvier 2018

Après avoir lu des rapports des HUG et du CHUV concernant la sur-médication en milieu hospitalier (2 chiffes m'avaient sidérée; dans 76% des cas, les personnes reçoivent 7 médocs par jour - mais dans 68% des cas LE médicament approprié n'est pas administré)- Après avoir lu des articles sur le même sujet mais au sein des homes pour personnes âgées - après avoir lu le résultat d'un colloque des médecins des HUG sur le nombre d'actes médicaux inutiles pratiqués au sein de l'établissement....Je me pose une question:
Etant donné que l'obligation de s'assurer était censée assurer une meilleure qualité de soins et une solidarité, quel est le bilan comparatif par tranche d'âge de l'état de santé de la population pour les 5 ans avant l'entrée en vigueur de la loi et pour ces 5 dernières années?
Et en établissant un bilan comparatif par tranche d'âge et situation financière, il serait intéressant de savoir si le régime cervelas-pâte que s'imposent certains assurés à revenus modestes, ayant opté pour la plus haute franchise afin de réduire le montant des primes - payant quand-même env. 200.-/mois sans bénéficier du remboursement des soins inférieurs au montant de la franchise, donc ne consultant pas et rognant sur le budget alimentaire, évitant les soins dentaires etc,afin de pouvoir payer cette dépense supplémentaire...savoir si ce régime donc a amélioré leur état de santé.
Mougeon - contraction des mots mouton et pigeon définissant le citoyen.

Écrit par : Mireille Luiset | 11 janvier 2018

Grand merci, Mireille Luiset, de votre apport très précis et logique.
C'est évident que les études que vous proposez ne se font pas. On ne tire pas les conclusions de ce qui se passe dans le vécu quotidien des prestations et de leurs ensembles sur la durée.
Pas non plus d'évaluation dans ce qui anime les médecins qui, dans un sens et pour plusieurs, agissent comme des mougeons : moutons quand il s'agit de pratiquer les protocoles obligatoires sous peine d'être blâmés voire d'être traduits en justice, et pigeons quand il s'agit de croire tout ce qu'on leur inculque.
L'obligation de s'assurer n'a pas été faite pour assurer une meilleure qualité de soins mais pour obéir à une idéologie de solidarité - qui, de plus, n'en est pas une puisque contrainte - sans tenir compte de la réalité du terrain.
Malgré ce constat d'échec du système LAMAL, des politiciens veulent en faire de même avec les soins dentaires https://www.bluewin.ch/fr/infos/suisse/2018/1/11/vaud--une-initiative--juste--pour-un-vrai-besoin-d.html sans tenir compte de ce que sera l'évolution du coût des soins dentaires dans le futur même proche. Il serait approprié d'effectuer une étude sur la qualité des soins dentaires, ce qui permettrait aussi une baisse des coûts.
Vous soulevez également les hautes franchises adoptées par les personnes modestes. C'est évident qu'en repoussant des soins à plus tard, certaines maladies deviennent beaucoup plus coûteuses à soigner. Le seul avantage c'est que parmi ces personnes, certaines arrivent à se soigner par des méthodes naturelles, ce qui peut leur éviter certains désagréments.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 11 janvier 2018

J'ai lu récemment un article sur le rapport demandé par le Conseil Fédéral sur la question du système de santé.

Ouahhh ! ++

On y apprend, par exemple, qu'il serait question d'augmenter les primes des assurés fumeurs !

Devant une telle lucidité, un tel discernement, on ne peut que se faire ...énormément de souci.

Le "politique", totalement embarqué dans la défense d'intérêts économiques
(dont les siens évidemment) claniques et électoraux, est incapable de faire le
travail requis par la gravité de ce dossier : gravité qui augmente année après année.

Et, comme d'habitude, dans les questions relatives à la santé, les tenants d'un certain ordre moral se lâchent, frustrés qu'ils sont de ne plus pouvoir exercer leur pouvoir pervers sur d'autres sujets de société, tels la famille et le sexe, par exemple.

Chacun sait ( LOL) que les conditions de vie (économiques, environementales, etc) d'un individu n'impactent pas sa santé (sauf quand certains produits, tels l'amiante, par exemple, interviennent dans son parcours, alors que l'on connaît pertinemment sa nocivité.)

Chacun sait (LOL) que tout le monde est responsable de sa santé. Comme par exemple ces enfants qui meurent de leucémie avant 10 ans.

Ainsi, il faut que les primes des fumeurs augmentent.

Normal : les fumeurs sont des pervers, qui se foutent de l'ordre médical, moral et social. Ainsi, s'ils foutent leur santé en l'air, ils n'ont qu'à assumer. (Remarque : certains citoyens, dont des fumeurs n'ont pas voté pour la LAMAL.)

Pour ma part, je propose d'augmenter aussi les primes pour :

les bouilleurs de homards non anesthésiés

les buveurs d'alcool, surtout d'origine étrangère ( les alcools, pas les buveurs,quoique ?)

les non sportifs ( quelle horreur !)

ceux qui crèvent après leur espérance de vie, sur laquelle est calculée leur prime ( diminution possible pour ceux qui crèvent avant ?)

ceux qui crèvent en EMS subventionnés

ceux qui qui cannabaisent, qui cannabisent, les héroïnes, ceux qui ne votent pas , qui roulent trop vite, qui ont des dettes, qui ne paient pas la vignette

les antisémites, xénophobes, xénophiles, les pédo / anti / pro /néo / para / proto / méta / sociaux

les drogués, smartophonodépendants, zoophobes, zoophiles

les trop ceci, pas assez cela, qui ne sont pas encore allés voir Star Wars

les trop pauvres, car il sne font rien pour la société

les trop riches, car ils ne font rien pour la société

ceux qui refusent le macrobiotique,

les ex 68ards

les futurs 2018ards

les vegans (si non certifiés par l'Académie)

les dépressifs, les futurs dépressifs, les anciens dépressifs plus on moins guéris,

les mangeurs de foie gras,

les nés par césarienne, les prématurés,

les exposés davantage à des maladies bizarres par leur profil génétique ( cancer par exemple)

En relisant mon billet, voici ma conclusion : de quoi se plaint-on ? Il faut augmenter toutes les primes (LOL)

Bien à vous et Happy new year.

Écrit par : Esculape | 12 janvier 2018

Avec un peu de chance, Esculape, le pneumologue qui voua a demander d'arrêter de fumer, sortira du parking des médecins en Q7, pour se taper trois cents kilomètres en un seul week-end, pour se rendre dans son chalet en Valais.

Écrit par : Laurent Lefort | 12 janvier 2018

Bonsoir Esculape, Vous réagissez avec beaucoup de ferveur, de bon sens et d'humour à la réaction du Conseil Fédéral. Grand merci pour votre apport.
On ne peut effectivement que bondir à une telle suggestion, laquelle est une réaction très facile et simpliste au problème très complexe et vaste de la prise en charge de sa santé. Si les prestations des soins coûtent si cher, c'est bien que la prise en charge de la santé - et non pas des maladies comme le dit le système qui utilise le terme des coûts de la santé - est pauvre et limitée à quelques mots d'ordre ou actions de prévention.
C'est aussi montrer du doigt certaines personnes pour ne pas avoir à se regarder soi-même et étudier toutes les mauvaises habitudes, pensées et émotions qui affaiblissent la santé. Et qui se cumulent au fil des ans, ce qui donnent les maladies chroniques chez les aînés, non pas à cause des années mais à cause du cumul des erreurs; mais cela, on n'en parle pas d'autant plus que cette explication permet de brandir un drapeau dont personne n'est responsable puisque l'âge est inhérent à notre existence humaine. On omet que c'est la qualité de vie qui dépend de chacun. Mais qui l'enseigne aujourd'hui? Les écoles mettent l'accent sur le développement techno-scientifique et les parents sont souvent trop pressés pour donner du temps à enseigner un mode de vie sain, tant dans l'alimentation que dans le mouvement physique ou émotionnel.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 12 janvier 2018

Merci de votre aimable réponse.

"Se regarder soi-même et étudier toutes les mauvaises habitudes, pensées et émotions qui affaiblissent la santé."

Vous semblez accorder beaucoup d'importance au libre-arbitre de l'individu en matière de santé.

Pourquoi pas ?

C'est une manière comme une autre d'entrer dans une question éminemment humaine.

Comme si l'être humain se souciait prioraitirement de santé...

Vous parlez de "mauvaises habitudes, pensées et émotions qui affaiblissent la santé."

Si ces formulations vous rassurent, je ne voudrais pas me mêler....

Mais, tout de même, simultanément et en même temps.....

En très gros, c'est quoi des "mauvaises habitudes" ?

Tout de bon.

Écrit par : esculape | 15 janvier 2018

J'apprécie vos remarques-réflexions-questions fort pertinentes, Esculape!
Oui, l'individu a beaucoup plus de pouvoir qu'il n'en est conscient quant à sa santé. Par son libre-arbitre, il peut choisir ses priorités dans la vie. En fait, souvent d'autres facteurs priment et, quand l'individu devient limité par son état de santé, il est difficile de récupérer son état d'antan.
Mes formulations ne sont pas le fruit de mon désir de me rassurer! Il est la résultante de toutes mes expériences médicales qui ont conduit des personnes désireuses de vivre une meilleure santé à chercher les mécanismes qui affaiblissaient leur santé.

Oui, "mauvaises habitudes" est vite dit et peut concerner différentes dimensions de l'être humain. Pour moi, ce sont les habitudes qui conduisent à une péjoration de l'état de santé soit physique, soit affectif, soit mental. Souvent, elles découlent de mauvais concepts. Ainsi, celui de faire taire un symptôme au lieu de comprendre le signal du corps. Par exemple, en cas de maux de tête, ne pas se satisfaire d'un médicament mais en chercher la cause: névralgie de type migraine? nuque limitée par des contractions?, troubles digestifs par exemple d'origine vésiculaire?, intoxications à bas bruit? etc. Il s'agit alors de traiter la cause et le mieux-être confirmera le diagnostic causal.
Ou encore, certaines douleurs rhumatismales peuvent provenir du fait que les reins ne fonctionnent pas assez, faute d'hydratation, car les articulations fonctionnent comme des reins secondaires; il suffit alors de boire franchement davantage et la diminution des douleurs voire leur suppression confirmera le diagnostic de base.
Malheureusement, on a beaucoup perdu de bon sens face à la santé et, de plus, on ne l'enseigne pas dans les écoles, hormis certaines campagnes bien ciblées qui ne touchent pas forcément l'origine du mal (par exemple, en ce qui concerne le tabac, pourquoi des gens se mettent pareillement sous sa dépendance)
etc
D'autres questions ou remarques, Esculape (qui devrait tout savoir avec un nom pareil!!!). Bonne soirée!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 15 janvier 2018

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