18 décembre 2017

Les commentaires sont fermés

Je suis toujours surprise de me trouver devant la porte close des commentaires fermés alors que j’ai l’élan de participer au sujet de la note que je viens de lire. Aussi parce que je suis dans la conception que les sites des blogs de la TdG est un lieu d’échanges.


Et pourtant, ce fait est une réalité et je dois faire avec. Une telle situation me permet de ne pas répondre au premier degré mais de développer non seulement une réponse au deuxième degré mais aussi  de trouver une formule appropriée puisque le simple espace destiné aux commentaires est absent.

Pour moi titulaire d’un blog, il me vient d’en faire une note. Je m’y mets pour aujourd’hui suite à la lecture de « La Lamal au plus mal ».

Même si je souris à la rime bien trouvée, je réagis à cette tournure qui met l’accent sur une loi qui est quelque chose sans vie en soi. S’il y a un grave malaise, c’est bien ce que les êtres humains en font et en vivent.

Pour en arriver aux « commentaires fermés », vouloir me faire taire n’est pas si facile ! Vous avez certainement compris que la hausse des primes me fait réagir, en tant que médecin qui a expérimenté pendant une quarantaine d’années de pratique combien beaucoup de situations pathologiques même graves pouvaient être soulagées voire guéries à bien moindre frais que par les protocoles de la médecine conventionnelle. Jusqu’à présent, cette médecine avait « tous » les droits mais heureusement que la rigueur économique la force à nuancer son mode de procéder. Toutefois, les suggestions émises restent pour la plupart du temps au niveau conceptuel ou économique, comme le montre Thomas Putallaz dans ce vœu très pieu : « 2. Promouvoir l’application de directives thérapeutiques pour améliorer la qualité des indications afin d’éviter les traitements superflus, insuffisants ou inappropriés ».

Vouloir cette promotion, c'est bien reconnaître que la situation actuelle est loin d'être le cas. Qui va vraiment faire l'étude du bilan de tous ces traitements superflus ou insuffisants, non seulement cas par cas mais suite à une idéologie tronquée ou à des concepts erronés?

Qui va mettre au point les directives thérapeutiques évoquées ? Resterons-nous dans le cadre de la médecine techno-scientifique qui se heurte de plus en plus à ses propres limitations ( résistance aux antibiotiques, graves complications suite à des médicaments largement prescrits, suites d’opérations mutilantes, etc). Quand un office sera-t-il nommé pour remettre à plat les différentes thérapies et en établir les espaces respectifs afin de les prescrire avec adéquacité ?

Même Santésuisse (Ss) pourrait s’y mettre, cet ensemble d’assurances maladie dont les économistes se contentent de se baser sur des statistiques par patient/an alors que reprendre en mains un cas chronique demande davantage de temps dans l’immédiat mais permet de larges économies à long terme.

Si le peuple a voté en faveur des médecines complémentaires – qui incluent aussi les médecines alternatives - ce n’est pas uniquement pour les reléguer dans une assurance complémentaire, source de nouveaux gains économiques, mais pour leur rendre leurs justes places dans la remise en santé des malades. Actuellement, on parle de la qualité des soins ou des prestations mais pas assez d’efficacité. Ou alors on compare des études et on se base sur des pourcentages qui sont loin de refléter l'individualité de chaque patient.

J’ai coutume de ne pas publier des commentaires qui sortent du sujet de ma note mais comme le billet de M. Thomas Puttalaz ne les reçoit pas, je publierai aussi ceux qui lui sont destinés!

Commentaires

Les commentaires censurés ne valent pas mieux, souvenez-vous en.

Écrit par : Mère-Grand | 18 décembre 2017

Mère-Grand, c'est triste que vous ne voyez pas la différence. Et vous voudriez encore me l'imposer dans mon souvenir!!!
En tous cas, votre commentaire vite lâché ne va pas nous faire avancer dans l'énorme problème de la LAMAL mal utilisée et des primes qui écrasent les familles.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 18 décembre 2017

Bloquer les commentaires ne signifie pas bloquer la liberté d'expression.
Cela signifie pour moi uniquement la délimitation d'un espace, ce qui est le droit du responsable de chaque blog.
Ici, le sujet de base est la LAMAL et ses conséquences avec la hausse des primes, même si l'introduction était de justifier pourquoi je répondais sur mon blog à un billet publié sur un autre blog.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 19 décembre 2017

Les hommes politiques qui ferment les commentaires, avant même d'en recevoir, font preuve d'une ouverture d'esprit dont il faudra se souvenir le jour où ils auront besoin de nos voix.

Il est vrai, ceci dit, que censurer tout ceux qui osent ne pas penser comme eux (comme le fait par exemple le rancunier Decaillet) ce n'est guerre mieux... et presque plus hypocrite, d'ailleurs.

Vous avez eu bien raison de réagir, bravo et bonnes fêtes à vous !

Écrit par : Vincent | 19 décembre 2017

Oups, pardon, en fait c'est de la LAMAL uniquement dont vous désirez traiter. En tant que médecin votre avis est ô combien intéressant et je me risquerais pas dans un débat.
Je constate simplement que ma génération est en train d'arriver à la retraite, qu'on a construit des écoles, des cycles, des universités, des bureaux et des logements pour nous et que là, on va avoir besoin d'EMS en masse et que par conséquent, les frais de santé vont encore exploser... sommes nous prêts pour ça ?

Écrit par : Vincent | 19 décembre 2017

Vincent, J'accepte tout-à-fait votre prise de position quant aux commentaires fermés.
En revanche, je ne voulais pas entrer dans l'amalgame avec la liberté d'expression qui est un de ces mots-clefs qu'on brandit sans chercher à comprendre les motivations et les intentions sous-jacentes.
Ou encore, le verso qui consiste en vouloir m'imposer des points de vue qui ne me correspondent pas ou ne me semblent pas opportuns dans le cadre de ma note.

Pour revenir aux hommes politiques, je comprends qu'ils doivent limiter leur disponibilité mais que leurs choix ne sont pas toujours des plus appropriés!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 19 décembre 2017

Vincent, vous évoquez les EMS en masse avec des frais de santé à exploser.
Tout d'abord, avec le tonus que vous avez, pensez-vous que vous finirez en EMS?
Mon père et ses deux parents ont vécu chez eux jusqu'à la fin de leur vie,à 87 ans et plus, en gérant eux-mêmes leurs quotidiens, maintenant l'activité de leurs esprits et des exercices pour leurs corps.
On parle de l'âge vieillissant de la population. Il est en train de baisser dans différentes régions, par exemple :
https://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160119.OBS3009/l-esperance-de-vie-recule-en-france-pourquoi-cette-baisse-soudaine.html
Des cancers se développent à des âges de plus en plus jeunes.
La médecine techno-scientifique qui s'occupe des cellules, des molécules et des gènes a délaissé les lois naturelles de la santé. Elle maintient artificiellement bien des personnes en vie, ce qui ne peut plus durer car les personnes réagissent et ont créé Exit.
Il n'y a pas que la formule EMS qui peut répondre aux besoins des aînés.
La nécessité est la mère de toutes les inventions!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 19 décembre 2017

Ne faudrait-il pas que les patients eux-mêmes soient infiniment plus exigeants?

Mais comment pourraient-ils être plus exigeants s'ils ne sont pas au courant des médecines autres que techno-scientifiques?

Sans parler de la timidité face au médecin, celui/celle qui sait...!?

Écrit par : Myriam Belakovsky | 19 décembre 2017

Myriam Belakovsky, vos questions soulèvent diverses réflexions dans plusieurs dimensions. Je vais apporter quelques contributions au sujet si vaste de la souveraineté des patients sur eux-mêmes.
Alors que nous sommes à l'ère de l'individualisme, peu de personnes sont réellement en communion avec leur corps, leur âme et leur esprit.
Plutôt avec leur raisonnement de tout calculer pour mener à bien l'existence quotidienne.
Il est frappant de constater à quel point on stimule l'apparence extérieure du corps (maquillage, coiffure, vêtements) et à quel point la connaissance de l'entité humaine, avec son organisme, ses dimensions affectives et spirituelles est peu prise en compte donc peu développée. Les personnes en quête de conscience de soi sont encore très discrètes. On parle un peu plus de développement personnel mais qui est souvent limité à développer certaines capacités pour être plus apte dans les relations sociales ou professionnelles.

La timidité face au médecin peut aussi être un retranchement pour ne pas se prendre en main et mettre la responsabilité sur celui qui est installé par le système.
Il est juste de consulter quand on est "en panne" c'est-à-dire sans recours face à des symptômes mais il n'est pas juste de tout remettre entre les mains du professionnel au lieu de profiter d'en savoir davantage sur les mécanismes de ce qui ne fonctionne pas bien, du rouage des organes entre eux. Et si les réponses ne sont pas suffisantes, on va chercher plus loin. Il faut investir du temps pour sa santé et ne pas se contenter du médecin de la rue. De même, si on va consulter internet, il ne faut pas se contenter de lire le premier lien proposé mais chercher ce qui résonne vraiment en nous. Approfondir jusqu'à comprendre comment on fabrique son symptôme, un peu comme on clique sur un programme.
Cela est très net pour des crises aiguës comme l'asthme ou la migraine. Si la personne détecte à quoi elle réagit et quel est le sentiment profond qui remonte à la conscience à cet instant, elle peut faire cesser sa crise instantanément. Il faudra peut-être quelques crises et encore quelques remèdes avant de détecter le hic mais l'important c'est de s'en approcher toujours plus. Et être assez tenace pour trouver le thérapeute qui peut vous accompagner jusqu'à la libération! Savoir s'offrir ce genre de cadeau plutôt que des objets séduisants qui ne compenseront jamais une sensation de bien-être!

Je m'arrête pour l'instant et j'attends vos commentaires, questions ou réflexions!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 19 décembre 2017

Madame de Meuron,
Merci pour votre réponse tellement éclairée.

Je vous demanderai s'il ne serait pas souhaitable, dès l'école, de former les élèves en les dimensions que vous abordez?

Le respect du corps, de l'environnement, de la nourriture alimentaire, entre autres "nourritures"... le respect de l'autre, du corps de l'autre comme de son propre corps, savoir se mettre à son écoute... apprendre à regarder en soi-même comme autrefois, pour utiliser une image, nous voyions nos pieds jusqu'au squelette dans de futurs souliers par le moyen d'un appareil conçu à cet usage sachant également que nos anciens situaient l'âme au pied de la personne (lavage des pieds de ses disciples par Jésus) autrement dit de revoir et de participer tous à l'éducation de base de nos enfants à commencer par:

le soin "psychosomatique" à la personne en formation comme en évolution qu'est un enfant?

Très bon Noël à vous.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 19 décembre 2017

Bonjour, Myriam Belakovsky,
Votre réflexion est très limpide et semble couler de source.
Malheureusement, la globalisation cherche à uniformiser l'école comme on tente d'uniformiser la médecine. Ce qui les as forcément réduits.
L'Ecole Rudolf Steiner va dans ce sens. Malheureusement, ce que le système officiel en a fait par exemple, c'est de leur imposer des notes pour apprécier les élèves selon des critères forcément limités. Cela oriente aussi l'état d'esprit de cet enseignement anthroposophique qui doit ainsi se modifier et rogner sur ses principes.
Et puis, on a réduit aussi l'enseignement dans les familles ou dans des familles d'accueil en obligeant les enfants à fréquenter l'école de plus en plus jeunes avec toutes les structures périscolaires adjacentes qui ne peuvent de loin pas effectuer des créations libres car les règlements sont devenus souvent des carcans sous prétexte d'être des protecteurs. Même les jeux dans les cours d'école sont codifiés et privent les enfants de moyens de création pendant ce qui devrait être leur récréation. Je me souviens qu'un été des jardiniers ont clôturé un espace "sauvage" dans la cour d'une école primaire qui contenait quelques arbres pas bien hauts où grimper ou courir autour, à la limite jouer à cache-cache.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 20 décembre 2017

Madame de Meuron,

Je ne puis que souhaiter que vos lignes soient lues avec la plus grande attention non seulement par des membres et responsables directeurs du corps enseignant mais par les parents qui sont en droit d'attendre des modifications profondes de l'enseignement qui doit être un "service" et au service de l'enfance.

Les parents qui ont les moyens de faire l'école à la maison, en France, l'un des deux travaille l'autre, extrêmement qualifié, demeure à la maison (ou profs engagés) ont choisi le système Montessori.

Tout d'abord l'enfant a besoin de mouvement.
Il n'est pas question qu'il ne bouge pas le temps que la récréation sonne ou qu'un autre prof arrive.
L'enfant se lève, se déplace, regarde, etc.
Il choisit lui-même ce qui l'intéresse (les parents qui redoutaient fort que leurs enfants soient incapables d'être au point pour les examens fixés ont constaté avec émerveillement qu'en fait les enfants, sans problèmes particuliers, s'intéressent à tout.
Tout en début de carrière la doctoresse Montessori voit venir à elle un commerçant qui vend des camisoles parce que, lui dit-il, les meubles scolaires, les bancs et tables déforment les dos des enfants.
En ce cas, répond Madame Montessori, il ne faut pas vendre des camisoles mais changer les meubles pour les adapter aux dos des enfants.
Ce qui s'est fait (à regarder les petites tables et chaises des salles d'école enfantine... en lieu et place des anciens grands meubles de couleurs ternes...

Pourquoi ne pas travailler à faire adapter le système Montessori partout?

En France, toujours, une entreprise afficha l'annonce de cours qui permettraient aux ouvriers de se perfectionner afin de grimper dans l'entreprise ce qui signifiait également promesse de salaires en hausse.

(On parle des ouvriers: Françoise Dolto en son temps estimait qu'un jeune intellectuel doit être en mesure de participer à l'ensemble des travaux pratiques de la maison...!)

Pour en revenir à l'entreprise en question...stupeur, aucune inscription. La Direction qui ne renonce pas finit par entreprendre des recherches sur le passé scolaire des employés concernés qui avaient vécu l'école comme un calvaire et la fin de l'école comme une véritable, par image, "sortie d'Egypte"! fin d'esclavage et ne voulaient et ne "pouvaient" en aucun cas retourner en des locaux ou salles pour prendre des cours évoquant... l'"école".
Pour encourager ses employés, pensant à Montessori ou non, la Direction invite les employés concernés à circuler dans les ateliers, en apprécier l'atmosphère, le "climat"! discuter avec leurs camarades pour finalement s'installer devant une machine.

la théorie suivant la pratique... non l'inverse... ce fut plein succès.
(certains employés eurent carrément une sorte de "secousse psychosomatique" placés devant leurs notes d'examen: "Comment, la nouille, moi, j'arrive à quelque chose de pareil !?"

A propos d'anthroposophie pour en revenir un instant à la théosophie de Mme Blavatsky qui voyait en et par Krihnamurti le retour du messie ttendu... quelle époque où la créativité comme l'élan et l'art religieux "sans frontières" l'emportaient sur les dogmes!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 20 décembre 2017

Le rôle éducatif de l'Ecole est un sujet qui m'intéresse particulièrement, en tant que parent et en tant qu'enseignante à la retraite.
Il est délicat de demander à l'institution scolaire publique de faire l'éducation complète de l'enfant. Je reste persuadée que l'école publique a d'abord la mission de l'instruction (transmission du savoir).
Les 32 heures hebdomadaires sont déjà très disputées et à Genève, on n'a p.ex. pas les trois heures hebdomadaires de sport prévus par la loi.
Si la population veut exiger de l'Ecole publique d'en faire davantage au niveau de l'éducation à la santé et du développement philosophique, elle doit allouer davantage de moyens et d'augmenter les heures de prise en charge.
J'ai "perdu" beaucoup d'heures d'enseignement, parce que mes élèves avaient l'éducation routière, sexuelle et affective, sur les dangers d'internet sur les heures de cours. Je ne sous-estime nullement le besoin et la pertinence de tels cours, mais mon programme n'a pas été allégé pour autant ...
Les exigences de la société ne vont pas en diminuant et chacun aimerait confier à l'école la mission qui lui est chère.

Les parents qui font le choix d'une pédagogie Steiner ou Montessori ont une idée bien précise d'une vision du monde. De même les parents qui choisissent une école catholique ou internationale.

Écrit par : Calendula | 21 décembre 2017

J'apprécie, Calendula, que vous veniez témoigner de votre riche expérience d'enseignante.
Je perçois un parallèle entre l'éducation et la médecine : on a tout morcelé, visant des objectifs toujours plus pointus qui se distancient toujours davantage de la globalité.
On pourrait enseigner de façon beaucoup plus intégrée différentes facettes du notre univers pour stimuler maintes capacités de l'enfant en même temps. Et souvent, ils intégreraient bien mieux davantage de données.
J'étais restée ébahie de voir le livre de vocabulaire allemand à connaître pour la matu alors que si cette langue avait été utilisée dans des leçons intégrées, le vocabulaire aurait été bien mieux acquis et pour plus longtemps.
Par exemple, je connais un adolescent qui fut retiré de l'école et qui a réussi avec succès les épreuves de fin d'année de la 8e en ayant sauté la 7e et qui, dans la même année, faisait des stages sportifs en Floride où il développait son corps et pratiquait l'anglais du lieu et l'allemand avec des stagiaires allemands. Il a fait la 9e sur le même modèle et, par la suite, a rejoint le collège tout en continuant sport et musique pour passer ensuite aisément une licence et un master universitaire.
Ce qui est frappant, c'est toutes les craintes que les camarades ont déversées sur lui tant ils avaient été formatés que l'école était indispensable pour leur futur et "gagner bien leur vie".
On fait trop l'amalgame entre l'enseignement, l'éducation et l'école.

Le problème est que tout est tellement protocolé, que ce soit en médecine ou dans l'enseignement, que l'enseignant n'a plus beaucoup de marge pour créer son programme et il ne lui reste presque plus que le droit de se soucier que les élèves aient le niveau des examens de fin d'année.
De même, combien de médecins prescrivent des traitements pour ne pas subir des blâmes ou ne pas se retrouver un justice pour ne l'avoir pas fait, alors qu'ils savent que ces traitements ne sont pas réellement nécessaires?

Écrit par : Marie-France de Meuron | 21 décembre 2017

Bonsoir encore,

L'enseignement intégré de la langue serait effectivement une solution géniale.
Elle existe d'ailleurs déjà dans la filière de la matu bilingue.
A terme, il faudrait qu'on arrive à un tel niveau de maîtrise de l'anglais, de l'allemand, ou de l'italien par des jeunes se destinant à l'enseignement, qu'ils puissent s'adresser à leurs élèves dans la langue-cible.
Dans la réalité actuelle, il est difficile de recruter des enseignants bilingues ou en tout cas capables d'enseigner une branche donnée dans une langue autre que le français.
Quant aux notes .... Les parents et l'opinion publique y tiennent aussi énormément. Les tentatives de suppression ont été .... supprimées ! ;-)))

Écrit par : Calendula | 21 décembre 2017

Merci, Calendula, de rebondir sur la notion de langue intégrée.
J'ai eu un professeur d'italien au gymnase qui, en 3 ans pour atteindre la matu, nous a permis de parler correctement cette langue. Je me souviendrai toujours de la 3e leçon où il nous a distribué une histoire polycopiée et qu'il nous a parlé entièrement en italien.
Nous nous regardions très interloqués puis nous avons joué le jeu et c'était bon!

Je ne pense pas qu'il soit nécessaire qu'un professeur soit entièrement bilingue ou qu'il doive tout exprimer dans la langue à apprendre.
Un autre moyen très efficace est d'apprendre par les chansons. La mélodie et le rythme aident aussi beaucoup à mémoriser dans la tête et dans l'âme.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 21 décembre 2017

Ah, l'italien ...
Je l'ai également appris au gymnase. Ça a été une expérience marquante et ô combien positive.
Très vite, j'ai réclamé de pouvoir aller en Italie avec une copine pour mettre mes apprentissages en pratique. Que de bons souvenirs !
Avec mon expérience de prof d'allemand, je suis ahurie qu'on ait pu nous faire lire "La divina commedia" dès la troisième année et la transposer en italien moderne. C'était laborieux et frustrant, on râlait et trouvait ça absurde, mais le résultat en est que la mélodie de la langue de Dante est entrée dans mon système de façon assez durable.
A cette époque-là, il y a 35 ans, on ne nous faisait pas beaucoup parler, mais on devait écrire des "dissertations". J'en ai retrouvé récemment et j'ai pu constater que je recrachais consciencieusement les choses apprises...
De nos jours, les exigences ont évolué, on demande de savoir parler et c'est cela qui me fait penser que dans quelque temps, les enseignants seront davantage en mesure d'enseigner dans une autre langue.
La compréhension est bien plus simple que l'expression orale et à l'école, on n'a pas les conditions idéales pour l'apprentissage de l'échange avec des locuteurs de langue maternelle ou du moins parlant d'une façon naturelle et correcte. Les dialogues entre élèves ont toujours un côté artificiel.
Le DIP met beaucoup d'énergie dans la promotion des échanges avec la Suisse alémanique. De plus, les étudiants font souvent des séjours à l'étranger, ce qui favorise réellement la maîtrise d'une autre langue.
L'allemand est si difficile pour les francophones qu'on n'arrive pas à véritablement lire du Goethe ou (Luther, pour avoir l'équivalent de Dante) dans le texte même après six-sept ans d'études. Et de nos jours, on ne ferait plus de traduction-transposition en langue contemporaine.
L'histoire et l'évolution de l'enseignement des langues étrangères sont fascinantes, un véritable reflet des changements de la société dans son ensemble.

Écrit par : Calendula | 23 décembre 2017

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