14 décembre 2017

La normose

Comme la terminaison du mot l’indique, il s’agit d’une maladie chronique comme l’ostéoporose"Souffrir de la normose", cela suggère un penchant excessif vers tout ce qui définit la normalité statistique » dixit Jean-Yves Leloup, cité dans un article dont le site traite d’obésité, ce qui évoque passablement nos normes concernant la nourriture.

 


Dans notre monde francophone, la normose est tellement normale que Google ne peut nous livrer qu’un article en portugais du Brésil ! Ce pays où tout n’est pas normalisé comme dans le monde occidental.

Pourtant, le Dr Wulliemier, riche d’une quarantaine d’année de pratique de la psychiatrie au CHU de Lausanne, nous développe le sujet de façon très pertinente dans son ouvrage.

Il a été interviewé par la RTS, dont l’enregistrement dure près d’une heure. C’est dire qu’il y a bien des éléments à mettre en évidence !

Et pourtant, on n’en parle pas ou si peu, tant notre système s’en accommode depuis longtemps, que ce soit au niveau des valeurs sociales ou des croyances. Par conséquent, les statistiques régissent maintes dimensions de notre vie quotidienne et les dirigeants de tous bords veulent que le peuple s’y conforme, ce qui a déformé ou réduit la démocratie.

Et la population se soumet, parfois avec quelques secousses d’épaule, « Qu’est-ce que vous voulez, c’est normal ».

C’est le cas pour notre assurance maladie obligatoire, encadrée par une LOI qui en marque les fondations. Là-dessus, on enferme le tout dans des statistiques et il advient qu’un médecin n’est plus jugé par l’efficacité de son travail mais par le coût par patient / année. Et cela devient la norme pour gérer ce que le système appelle "la santé".

Les patients eux-mêmes ne cherchent plus leurs propres chemins vers la guérison – quitte à être aidés - mais suivent les protocoles proposés réputés comme sûrs.

Ainsi la pilule contraceptive qui, garantissant la normalité de la gestion de la fertilité, se révèle être source de problèmes de santé très importants, tant au niveau physique que mental.

Mais comme on n’enseigne rien d’autre, les jeunes filles la prennent très jeunes au lieu d’apprendre comment leur corps fonctionne et comment gérer leur pouvoir puissant de concevoir un enfant, se soumettant ainsi à la norme de régler vite le sujet sans tenir compte du tout. De la sorte, les consultations médicales sont rapides, donc peu coûteuses en temps pour l’assurance maladie dans l'immédiat alors que sur la durée, on devrait prendre en compte le prix important des complications.

Il est intéressant aussi de constater que mes notes précédentes au sujet de la hausses des primes ne suscitent presque pas de commentaires, tant la norme qui nous est imposée par la médecine conventionnelle soutenue par le système dirigeant économico-politico-juridico-scientifique est fixée dans nos mœurs. De plus, le système s’appuie sur quelques mots-clefs qu’on inflige comme une norme : l’âge de la population et les progrès de la médecine, arguments qu’on veut faire passer comme évidents, en les soustrayant d’un ensemble bien plus complexe.

Ainsi, la norme étouffe les élans personnels de chaque individu, élans qui sont très vite contenus dans des délimitations soigneusement calculées.

Les médias  de leurs côtés contribuent beaucoup à la normose pour formater les esprits.

On voit de plus en plus combien la liberté d’expression est écornée. Alors que dire de la liberté de se former ? L’école est imposée à un âge toujours plus jeune donc les enfants doivent très vite se conformer à une mentalité « normale ».

Et que dire de la liberté de gérer sa santé ? Là aussi la norme est soigneusement transmise par le corps médical, lui-même formé par un diktat académique. Les médecins qui osent se baser sur leurs observations et leurs pratiques qui ont donné leurs preuves ne sont plus intégrés dans la loi de la médecine qu’on a décrété « de base », alors que les médecines alternatives qui peuvent être plus efficaces et moins coûteuses ne sont pas « dans les normes » fixées et figées par des études décrétées scientifiques ». Elles ne sont intéressantes que pour des assurances complémentaires qui ont le droit de faire des bénéfices. En outre, le système politique a même récupéré les thérapies complémentaires pour en faire des diplômes reconnus, en profitant de leur imposer des normes qui les ramènent en bonne partie dans le courant conventionnel. Une image forte en est que lorsque une école propose une formation, elle indique très vite qu’elle est « remboursée ASCA ».

Quel avantage de diagnostiquer la normose ? Celui d’éveiller chaque être humain à ses potentiels et lui éviter des angoisses qui peuvent être fatales à force de contenir et retenir ses élans vitaux, tout en obéissant à des normes fallacieuses qui entament sa santé.

Commentaires

J'aime bien ce substantif tellement révélateur.
La normose n'est peut-être pas une maladie mais elle donne un instantané intéressant de nos sociétés contemporaines.
J'aime aussi vos interrogations au sujet de la pilule contraceptive et cet éloignement de nous même grâce à des produits pratiques et peu coûteux.
Mais je pense que vous parlez dans le désert ou à des convaincus.
Tant que vous n'aurez pas d'audience, vous serez tranquille. Si votre message devait faire des remous, soyez assurée que ce qu'on appelle l'establishment, ceux qui sont en place et qui tirent les ficelles, ne vous laisseront pas parler avec autant de liberté.
Le Dr Elmiger, à Pully, en a fait les frais précocement. Il fut radié de l'ordre des médecins qui n'appréciaient que modérément son combat contre la vaccination.

Écrit par : Pierre Jenni | 14 décembre 2017

Un vif merci, Pierre Jenni, pour votre visite sur mon blog et votre commentaire très lucide.
Vous dites que la normose n'est pas une maladie. Effectivement dans la mesure où nous vivons dans une culture occidentale où tout est bien codifié, y compris les maladies. Or, pour qu'une maladie se développe, il faut un terrain approprié.
La normose peut être considérée comme un terrain très propice à de la souffrance et de l'angoisse qui se manifesteront différemment selon les tempéraments et les environnements humains.

Je n'estime pas parler dans un désert dans la mesure où tout bouge actuellement. Il est normal que la discussion se mette en route pour une question économique (la hausse des primes maladie) puisque le Dirigeant suprême actuel est l'argent - si ce n'est l'or! -

Vous citez le Dr Elmiger. Je tiens à préciser qu'en Suisse, il n'y a pas d'Ordre des Médecins, en ce sens qu'il n'y a pas de structure fédérale qui regroupe les médecins et qui a force de loi.
Il y a soit l'Etat cantonal qui délivre le droit de pratique et le médecin cantonal pour organe de contrôle.
Soit la FMH, qui est effectivement une fédération de médecins qui ne statuent qu'au niveau des spécialités et qui, effectivement, a pu radié le Dr Elmiger d'un titre de spécialiste (je ne suis pas au courant)
ou encore, le sommet de tout : Santésuisse dont les économistes conduisent au Tribunal les médecins dont les statistiques des coûts dépassent la moyenne de leur catégorie. Ce qui est effarant puisque c'est à ce collectif d'assurances maladies - organismes privés mandatés pour gérer les sommes reçues par les assurés - qu'il est octroyé le droit d'exclure des médecins du remboursement des assurances, donc d'exclure des patients de certains soins. Ainsi, les économistes sont en total désaccord avec la LAMAL qui met en jeu l'économicité versus l'efficacité. De plus les tribunaux - des juristes sans connaissance approfondie de la médecine - vont les appuyer sous prétexte des jurisprudences émises dans le même sens.
C'est à ce niveau que le peuple est aveugle et devrait réagir vivement puisque les politiciens laissent faire et se contentent de trouver des pis-aller économiques.

Un autre aspect qui fausse et dérègle la situation est le fait qu'on mélange le système ambulatoire avec système hospitalier. Beaucoup trop de patients se présentent aux urgences des hôpitaux alors que leur état aurait dû être pris en charge dans des systèmes ambulatoires.
Cela reflète aussi le flou et la confusion dus au manque de conscience de soi, du fonctionnement de son corps et de ses autres dimensions qui sont le propre de la population actuelle. Même si beaucoup de personnes ont déjà recours aux thérapies complémentaires, elles le font avec un esprit de bien-être et non pas d'un sérieux apprentissage de leur premier véhicule, à savoir leur corps.

Un octogénaire qui ne veut rien connaître de ses mécanismes internes me disait hier : "Quand vous avez un litre de pus dans la jambe, il n'y a qu'une médecine!" Effectivement, arrivé à ce degré, la médecine techno-scientifique a toute sa place. Mon interlocuteur s'est "réveillé" quand je lui ai fait remarqué que le problème s'est déroulé certainement sur plusieurs jours et que c'est là qu'on n'a pas eu les gestes adéquats aux moments opportuns. Ce qui aurait été bien plus confortable pour le malade et bien plus économique pour la société.

De même, aujourd'hui, nous lisons dans la TdG https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/chauffeur-bus-ligne-e-decede/story/23737949 qu'un chauffeur de bus avait eu un AVC en conduisant alors qu'il avait eu un contrôle médical quelques semaines auparavant. Or, pour qu'il y ait eu une pareille faillite de son organisme, c'est que les organes ont dégénéré sur une longue période. Ainsi, un contrôle à un niveau plus fin aurait pu déceler des failles sur divers plans, auxquelles il aurait peut-être même été possible de remédier avec des remèdes appropriés.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 15 décembre 2017

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