19 novembre 2017

Primes maladie : A quoi ça sert de manifester ?

Des Genevois-es ont ressenti le besoin de descendre dans la rue pour réclamer une diminution des primes. L’union fait la force dit-on. Et puis, en public, cela donne de l’amplitude à toutes les plaintes que nous entendons chaque automne au sujet des factures des caisses maladie.

 


De la soumission, on passe à la révolte, on réclame et on s’adresse aux politiciens. On reporte sur eux la gestion du coût des prestations médicales. C’est une attitude qui relève plutôt d’une dynamique adolescente qui ne gouverne pas mais attend de l’adulte qu’il décide juste et bien.

Décidément, le peuple a perdu sa souveraineté. Il n’est pas assez conscient que c’est lui qui a mandaté tous ces politicien-nes pour gérer une loi qu’il a voté lui-même.

Mais il a surtout perdu sa profonde souveraineté de tendre vers la récupération de sa conscience de la santé et des moyens de la recouvrer. Au lieu de cela, il laisse des économistes et des juristes cadrer le fonctionnement de la loi et de ses effets. Ainsi, lorsqu’un médecin enseigne à un patient comment recouvrer sa santé en partant de ses symptômes, Santésuisse estimera que ce médecin s’occupe de la santé et non de la maladie. Le médecin devra alors rembourser au système ce qu’il a gagné. selon les normes que la justice tranche, à savoir le temps mis à faire un diagnostic (il serait plus juste de dire à « étiqueter un mal ») et à prescrire selon le protocole en cours.

Ainsi donc, ce n’est pas la santé qui est au premier plan. Du reste, comment procède l’Office Fédéral de la Santé Publique ? Il fait par exemple de la pub et ce pendant plusieurs semaines, dans son bulletin hebdomadaire très limité, d’une page entière pour encourager la population à donner ses organes. Ainsi on va mutiler quelqu’un en faisant l’extraction d’un organe vital. C’est bien une prestation médicale dans le sens d’un geste médical mais cela ne concourt pas à une meilleure santé de l’individu concerné.

Dans le même ordre d’idée, il prône des campagnes de vaccination avec des slogans du type : « Pour ne rien manquer, faites-vous vacciner ». Ainsi, il veut instiller dans le peuple la notion du plaisir à tout prix et non de l’expérience inhérente à la condition humaine de traverser une maladie, ce qui peut renforcer tant le corps que l’esprit.

Quand le peuple prendra sa santé en main, avec conscience des mécanismes de l’équilibre du corps et non pas en se satisfaisant des produits de l’industrie pharmaceutique pour gommer des symptômes, il ne déléguera plus des politiciens à la solde des économistes et sous la bénédiction des juristes. Il ne jouera plus le jeu d’entrer dans le système des assurances complémentaires qui est tout bénéfice pour les assureurs et qui ne donne pas sa place à des thérapies qui peuvent être bien plus efficaces que certaines prestations limitées voire inutiles de la médecine conventionnée.

Les manifestants d'hier à Genève sont loin de représenter un groupe uniforme. Certains – membres de partis – présentent quelques actions basées sur quelques idées. Toutefois, il n’est plus temps de faire du rafistolage.

Il faut faire basculer le système en reprenant la conscience de soi et de tous nos moyens de gérer ou du moins d’apprendre à gérer notre santé et de connaître au mieux les mécanismes pour la recouvrer en cas de maladie.

Il est juste d’être accompagné par des thérapeutes dans cette démarche mais en leur confiant ce qui leur revient et non en se soumettant avec des déclarations du type : « le médecin a dit que …. (ce qui revient à dire Papa a dit que…). Il est aussi fondamental qu’un malade puisse utiliser les moyens thérapeutiques qui lui correspondent et non pas des moyens qui lui sont dus pour avoir payé une assurance obligatoire.

Finalement, cette assurance obligatoire assure en bonne partie la médecine techno-scientifique dont les limitations sont de plus en plus reconnues par les scientifiques eux-mêmes et finance des recherches dans des domaines très pointus au détriment de pathologies bien plus répandues mais moins spectaculaires.

Commentaires

Voici un article qui va dans le même esprit que le mien :
https://renverse.co/La-sante-recouvree-dans-la-sobriete-1288

Il souligne aussi qu'il faut un changement radical de paradigme.

Bonne lecture et surtout bonnes réflexions que j'espère lire dans mon blog!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 20 novembre 2017

"De la soumission, on passe à la révolte."

Vous n'y êtes pas.

Lorsque l'on a en face de soi un adversaire plus fort, la façon de s'y opposer
ne s'appelle pas la soumission. C'est plutôt de l'attentisme intelligent.

Quant à vous, avez-vous le souvenir, dans votre vie, d'avoir fait preuve de soumission ?

Quant à la révolte,"dynamique adolescente",elle est à mes yeux la seule attitude digne.

Attendre l'adulte, qui décide ce qui est juste et bien.
Quel joli bonheur, quel fantasme exceptionnel.

Vous auriez des exemples d'adultes qui correspondent à ce format ?

Écrit par : Mauzart | 21 novembre 2017

Mauzart, J'apprécie le fait que vous vous manifestiez. Cette fois, c'est contre moi que vous exprimez votre indignation. Comme un ado puisque vous me rentrez dedans en omettant que le sujet bien plus fondamental et le véritable enjeu de mon article est le désastre financier des caisses maladies.
Effectivement, il y a peu d'adultes matures et créatifs. Pour vous, c'est un fantasme. Sans doute parce que vous n'avez jamais cherché à les rencontrer ou que vos blessures de jeunesse vous ont enlevé tout espoir ou encore....

En matière de santé, l'adulte est celui qui devient de plus en plus souverain de sa santé, qui détecte les signaux qui annoncent les perturbations et qui cherchent les thérapeutes appropriés. La différence actuellement est que trop souvent on se contente d'être soulagé et d'avoir les moyens de fonctionner pour ses activités habituelles. Et quand, par exemple, un cancer se déclenche, on croit qu'on ne peut que se soumettre au système médical conventionnel. Alors que celui qui prend conscience des causes profondes de son état, peut développer des forces matures - adultes - et trouver son chemin vers une amélioration voire une guérison.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 21 novembre 2017

Encore un élément, Mauzart. Vous distinguez la soumission de l'attentisme intelligent. Cela fait une vingtaine d'années que les primes augmentent. Je crois que le peuple et ses dirigeants ont plutôt fait preuve d'attentisme passif, même si les économistes et les politiciens nous ont fait croire qu'ils agissaient alors que leurs démarches étaient très fragmentaires et ne s'attaquaient pas au fond du problème.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 21 novembre 2017

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