03 novembre 2017

A quoi servent les blogs ? (2)

A première vue, selon les principes et les voeux de la plate-forme TdG, ils servent à offrir un espace d’expression interactif, faisant de chaque blogueur un rédacteur en chef, responsable selon le droit suisse de tout ce qu’il publie, y compris les commentaires et les documents cités.


A deuxième vue, on découvre (je dis on car je ne connais pas la communauté des lecteurs dans son ensemble), que c’est une expérience humaine qui peut prendre très nettement une place prioritaire par rapport au rôle d’un forum.

Ainsi donc, comme toute manifestation d’un organisme humain, l’expérience peut s’abcéder, voire éclater en ne laissant qu’une cicatrice. Mais dans le cas plus grave, devenir un cancer – du mot crabe qui montre bien ses tentacules, qui envahit l’espace et le ronge – lequel cancer au stade ultérieur peut devenir métastase-s- et envahir d’autres organes.

C’est tout à l’honneur de l’animateur des blogs d’avoir permis de vivre une de ces expériences jusqu’au bout, tout en restant vigilant au déroulement des commentaires et en surveillant que les lésés assument cette épreuve. Comme toute étude médicale, il convient d’en faire le bilan et d’en tirer les conséquences.

Je tiens à remarquer en premier lieu que les abcès surgissent de part et d’autre, abcès selon la norme de la santé de TdG dont vous pouvez lire la charte ici.

Par conséquent, il y a infection quand on quitte «  le cadre de l’article qui fait l’objet d’un Commentaire »

Il y a septicémie quand l’utilisateur s’attaque à la vie privée d’une personne et donne de faux renseignements, ce qui mène à la diffamation. De même lorsque le respect mentionné : « Lors de la publication de Commentaires, vous respecterez les autres Utilisateurs en vous abstenant notamment de tout mensonge, omission déloyale ou autre offense inutile. » n’a pas cours.

Il y a cancer quand un voire deux crabes s’infiltrent dans l’article et y font la loi, se posent en inquisiteurs, accusateurs et juges, grignotant le substrat des propos du blogueur et le contexte dans lequel il a voulu exprimer une opinion.

Il y a aussi signe de cancer quand le système immunitaire de défense, à savoir la responsabilité du blogueur concerné fait défaut. Même s’il a des raisons louables, elles ne suffisent pas à limiter l’évolution du processus morbide.

Il y a métastase quand les intentions des commentaires s’expancent dans d’autres dimensions.

Cette dynamique morbide, telle que je la perçois ayant été établie, j’en viens au sujet du jour : ma propre expérience sur l’article et d’une moindre mesure sur celui-là.

Je ne vais pas m’arrêter sur les § d’infections et d’abcès qui sont faciles à repérer. Dans l'ensemble, avec grande virulence, ils portent sur ma vie privée autant que professionnelle.

Ca confine au cancer quand les commentaires se répètent et, qu’en plus, ne tiennent pas compte des réponses apportées. Comme le responsable du blog le suggère ou même l’attend clairement, il s’agit que chacun effectue son travail intérieur pour dépasser ses blessures. J’ai effectivement découvert certains mécanismes intéressants mais ce n’est pas le but d’un blog, tout particulièrement sur le site de la TdG, de laisser déraper pareillement le sujet de l’article et d’imposer l'idée d'un travail auto-thérapeutique, sans tenir compte s'il pourra être assumé ou non.

Le flot a paru s’apaiser, comme cela peut arriver à une première attaque de cancer puis les métastases ont surgi :

« Je continuerai toutefois à m'occuper de deux ou trois affaires relatives à des pétasses qui nous cassent les bonbons. » Mario Jelmini /2 novembre 2017
Et ce vocabulaire complètement dégradant au sujet des femmes est utilisé à répétition :

Par le même auteur, même jour : « cette pouffiasse » en évoquant une blogueuse.

Même par un docte blogueur parle des « fêlées du bulbe » en parlant des femmes voilées.

Il m’est apparu une autre métastase plus profonde parce qu’elle heurte le sacré d’une relation père-fille. Je constate en la recherchant dans le blog Oups qu’elle a disparu, donc je n’en dirai pas plus mais j’en ai gardé une copie.

Par la suite, on peut constater d’autres métastases dans les commentaires qui ont dévié sur des sujets homme à homme, plutôt en tête à tête alors que la discussion est publique.

 

En résumé, je dirais que lorsque je rends visite à une plate-forme de blogs qui a établi une charte, j’attends que les utilisateurs en tiennent compte ou alors soient créatifs pour tous.

 

Commentaires

Comme j'ai déjà pris position à votre premier billet à ce sujet, je me permets de continuer sur ma lancée.

Lorsque nous écrivons, nous livrons souvent (sans forcément nous en rendre compte) une sorte d'auto-portrait en filigrane. Ce qui préoccupe un blogueur ou un commentateur donne une image plus ou moins floue d'elle ou de lui.
Certains livrent des éléments biographiques, qui ne peuvent être vérifiés, si la personne est sous pseudo.
En revanche, le style est un révélateur assez puissant quant à la façon d'appréhender le monde.
Si on fréquente les blogs assez régulièrement, on peut anticiper les réactions des habitués, que ce soit sur le fond ou la forme et même se rendre compte que tel ou telle a changé de pseudo, simplement en écoutant la petite musique.
L'attaque personnelle arrive assez vite avec l'effet qu'on oublie le sujet de départ et on se met à dépecer tel ou tel commentateur pris en grippe.
Quel est le cas de figure le plus absurde : l'attaque par un pseudo d'un autre pseudo ou l'attaque d'une personne réelle par un commentateur masqué par un pseudo ?
Les insultes et les propos diffamatoires ne sont pas aussi fréquents dans la vraie vie, car le face à face réel demande davantage de courage et de preuves patentes. Et puis on cherche probablement pas l'affrontement verbal avec ses voisins ou la caissière pour une question d'opinion politique ou sociétale ! :-)))
Le savoir-vivre de la vraie vie n'est pas automatiquement transféré à la blogosphère.

L'aspect thérapeutique du défoulement dans l'espace-commentaires me semble également assez douteux. La catharsis est un phénomène bien étudié depuis longtemps et il ne s'agit pas d'un acharnement sur autrui, mais plutôt d'une expérience personnelle par l'art interposé ou avec l'encadrement d'une personne formée à cet effet.

" -Pour Aristote, effet de « purification » produit sur les spectateurs par une représentation dramatique.
- Toute méthode thérapeutique qui vise à obtenir une situation de crise émotionnelle telle que cette manifestation critique provoque une solution du problème que la crise met en scène."

En savoir plus sur http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/catharsis/13791#tsvlkmuA2KpYKKlM.99

Les blogs et les espaces-commentaires existent peut-être depuis 10-15 ans. J'aimerais croire que nous sommes encore en phase d'apprentissage.
Des vérités qui semblaient inattaquables dans le monde d'internet évoluent. Ainsi, M. Zuckerberg doit désormais admettre qu'il doit être possible de mieux faire avec facebook et qu'il ne peut pas se laver les mains tout en encaissant l'argent au nom de la sacro-sainte liberté, qui dans ce cas est probablement kidnappée pour servir de paravent à une certaine paresse ou incapacité à assumer l'entier du dispositif.

Écrit par : Calendula | 04 novembre 2017

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