22 octobre 2017

A quoi servent les blogs ?

A la TdG, pour donner la parole à la population, sans passer par moult filtres. Aux commentateurs, pour de nombreux motifs souvent très personnels. Et aux responsables des blogs ?


Cette note m’a été insufflée à la suite de la lecture du billet de Norbert Maendly « L’islamisme a tout pour réussir ». Il s’agit d’une définition grossière (= non dégrossie) soutenue par un apparent coup de gueule. Il est normal que nous en ayons suite aux attentats rapportés par les médias. Mais de là à se défouler dans un site qui nous offre des possibilités de participer à la vie de notre société, c’est un peu élémentaire et facile. Est-ce que N. M. a vécu dans les pays concernés pour réduire tout un courant politique et religieux à une barbe et une burqa ? Que sait-il de tout ce que ressentent les habitants de ces pays pour les traiter de « n’importe qui »? Que connaît-il du terreau dans lequel l’islamisme s’est installé ? A quoi réagit-il ?

Cela me désole et me fait peur quand je vois un représentant de notre canton, un député, porter un jugement aussi lapidaire sur une politique religieuse de diverses populations. Que cherche-t-il vraiment?

« Si chacun balayait devant sa porte, comme la ville de Moscou serait propre » dit un proverbe russe. Ainsi, en quoi ici à Genève voire en Suisse, sommes-nous concernés par la charia qui est un fondement important de l’islamisme ? Un blog est un instrument digne de respect qui mérite d’apporter des éléments d’évolution en relation aux problèmes qui sont bien assez nombreux et préoccupants chez nous sans avoir besoin de lancer un caillou sur des peuples qui ne participent pas à la vie d’ici.

D’accord, nous voyons des burqas dans nos rues. Qui se cachent derrière ? Mais ce n’est pas avec une définition elle-même « low cost » que nous appréhenderons intelligemment le sujet.

Commentaires

Vous avez raison supprimons les blogs qui nous dérangent comme cela se passent dans certains pays que vous semblez bien connaitre.
Je vous ferais remarquer qu'il y a des islamistes bien de chez nous qui sont nés ici et qui ont fréquentés nos écoles, alors de quel terreau sont ils issus que vous n'auriez point vu se constituer ?

Écrit par : Maendly Norbert | 22 octobre 2017

Je ne partage pas vos préoccupations.
Les blogs sont un espace de liberté rare qui contraste avec la pensée unique que vous traitiez dans un précédent billet et qui est largement pratiquée par des médias pilotés.
Cette liberté ne durera pas. Je vous encourage à en profiter pendant que c'est encore possible. Tant pour dire sans filtre ce que vous avez sur le coeur, que pour éviter ceux qui vous gênent, quelles qu'en soient les raisons.
Mais de grâce, ne venez pas nous infliger une morale très personnelle qui cache mal vos limites.

Écrit par : Pierre Jenni | 23 octobre 2017

Pierre Jenni,
"Les blogs sont un espace de liberté rare". Nous sommes entièrement d'accord. Alors pourquoi venez-vous me dire ce que je dois dire ou non.
Vous parlez de mes limites alors que c'est le lot de chacun de nous. Ce qui compte c'est l'espace dans lequel il évolue.
Mais l'espace des blogs de la Tribune n'est pas un espace de jeux publics pour que chacun se décharge ou d'aucuns se lancent des balles de ping-pong.
Vous refusez de modérer les commentaires sur votre blog sans tenir compte qu'ils peuvent envahir l'espace de la liste des commentaires récents, ce qui fut le cas plusieurs jours d'affilée avec votre billet "la vérité même si je mens" (1085 commentaires ont défilé à ce jour). Si vous estimez que chaque commentaire détient un élément qui concerne son auteur, il n'y a aucune raison de citer très longuement des auteurs morts depuis longtemps ou encore permettre à deux personnes de se défier. Vous n'avez pas apprécié que les Géantes envahissent l'espace public, eh bien vous n'avez pas à laisser l'espace de la TdG être envahi!!!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 25 octobre 2017

Je me demande si j'apprendrai un jour à me taire.
Je n'ai que ce que je mérite.

Écrit par : Pierre Jenni | 25 octobre 2017

Bravo pour votre fair-play!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 26 octobre 2017

Ce débat me tient beaucoup à cœur. Votre espace-commentaires me convient, parce que j'ai l'impression qu'on y reste dans le sujet.

A quoi servent les blogs ?

Il y a probablement autant de réponses que de blogueurs et au moins autant de réponses chez les commentateurs.
On peut essayer de dégager des familles de blogs. J'en liste dans un désordre non-systématique et de façon non-exhaustive:

- promotion d'une cause, d'idéal politique, philosophique, religieux, judiciaire, etc etc

- informations sur telle ou telle activité-club-société, blogs de journalistes

- blogs artistiques ( peinture, littérature ...)

- blogs d'opinion, blogs d'un ton personnel

- ?

Il me semble que certains blogs peuvent faire partie de plusieurs familles.

Si je suis bien renseignée, la plateforme de la TdG est une des rares ( au niveau mondial) à ne pas avoir de filtre ou des modérateurs qui superviseraient l'ensemble des commentaires publiés, ce qui implique la responsabilité de chaque blogueur.
Si un commentateur ou une commentatrice sous pseudo décider d'envoyer quelque chose de mensonger, insultant, diffamant ou simplement idiot cela peut être publié.
Des lecteurs à travers le monde peuvent prendre connaissance de cela et ainsi se faire une image sur une partie des Genevois.
Je le sais par expérience personnelle : des lecteurs étrangers ou des lecteurs fraîchement débarqués pensent par une logique simple et compréhensible que les commentateurs déchaînés sont genevois et que ça se passe comme ça à Genève. Une amie m'a dit : "Il y a des gens vraiment effrayants chez vous !"
Comment expliquer à chaque fois, que c'est le résultat d'une liberté comprise comme absolue ! Comment préciser que les commentateurs sont francophones, mais pas forcément genevois ou même suisses ?
Il faudrait pouvoir dire, que si on permet à tous de tout dire sous pseudo, ça donne ça. A Genève en l'occurrence, mais ce serait pareil (ou pire )ailleurs.
C'est donc une démarche expérimentale empirique.
Personnellement, j'en tire la conclusion que même des adultes alphabétisés et d'un certain niveau socio-culturel n'arrivent pas à une auto-gestion très productive, puisque la liberté absolue finit par provoquer la bagarre généralisée et le hors-sujet total.
On ne parle plus du contenu, mais on jauge la personnalité de tel ou tel co-commentateur sous pseudo ou pas. Comme s'il y avait une attraction irrésistible dans cet exercice, un schéma fondamentalement humain.

J'écris sous pseudo, donc comme si je portais une burqa ou un niqab. Parce que quand j'ai découvert la plateforme, j'étais interloquée par l'ambiance
injurieuse. J'aurais trouvé masochiste de m'exprimer avec mon vrai nom.
C'était une intuition juste, puisque je me fais attaquer de toute façon.

Alors pourquoi participer du tout à ce phénomène ? A quoi ça sert ?
Chacun a sa réponse.
La mienne : Il y a beaucoup de choses positives à découvrir au milieu de cette jungle. J'ai fait la connaissance de gens formidables, j'ai beaucoup appris, beaucoup ri. Et malgré tout, on se sent faire partie d'une communauté virtuelle et à voir la vivacité des échanges, elle est une réalité.
Et ce n'est pas rien.

Écrit par : Calendula | 28 octobre 2017

Tout l'essentiel me semble être dit, Calendula.
Bravo d'avoir su si bien l'exprimer!
Je souligne cette notion de communauté virtuelle qu'il fait bon vivre à l'heure de l'individualité.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 28 octobre 2017

L`incitation a la haine ou la discrimination contre des personnes précisément identifiées ou des appartenances religieuses, nationales, ethniques, etc. est inadmissible. Se référer a la liberté d`expression pour essayer de faire passer ca est de l`irresponsabilité totale. J`aime bien moi aussi débloquer sur la blogosphere mais il y a des limites a ne pas dépasser sous peine de sérieusement régresser. Devrait peut-etre exister un permis de bloguer qui pourrait etre retiré le cas échéant...

Écrit par : JJ | 28 octobre 2017

JJ, votre voeu est pieu. Mais qui définit aujourd'hui ce qui est correct?
On enferme tout dans des règles, de règlements et des lois. Cela crée des échafaudages à travers tout, et n'importe qui peut se faufiler entre les montants.
On pointe un élément pour mieux cacher des ensembles bien plus conséquents pour l'individu ou même la société.
On punit gravement un automobiliste qui dépasse les limites fixées même s'il ne dérange personne alors que des méfaits à conséquence bien pires subissent des peines dérisoires.
On n'apprend plus à quelqu'un à se dresser et à créer son chemin mais tout est tracé selon le bon vouloir de ceux qui dirigent et décident.
Celui qui, sur ce site de blog, défend la liberté d'expression commet sans doute certaines bévues mais il tient bon sur des valeurs fondamentales. Je préfère cette position à celui qui écrit ce qui lui chante et ferme dès le départ les commentaires.

Si l'individu retrouvait sa dignité et sa créativité, il saurait faire fi des propos désagréables ou alors ceux-ci lui glisseraient dessus sans laisser de traces.
En médecine, on n'enseigne pas ou si peu comment développer son système immunitaire mais on incite à un mode unique, créé artificiellement, avec beaucoup de limitations, qu'est la vaccination.
De même, la gestion des blessures affectives n'est pas enseignée en profondeur. On entend plutôt des "laisse tomber", "on passe l'éponge", "c'est du passé", "allons de l'avant" ce qui fait ravaler la souffrance plutôt que de la transmuter. C'est alors qu'un élément "par hasard" pourra faire revivre la blessure non soignée. Cet élément joue alors le rôle de révélateur mais n'est pas à l'origine de la faille.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 28 octobre 2017

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