09 octobre 2017

Le système des soins à la santé en déroute !

Grâce à la réalité de l’augmentation des primes maladie, chaque protagoniste est incité à s’exprimer, se défendre, corriger le tir etc. La TdG de ce jour nous présente l’inefficacité des assureurs d’exercer leur mission de contrôle. 

Dans un autre article, notre quotidien développe comment l’État, les assureurs, les cliniques rivées, les médecins ont chacun leurs parts actives dans la situation de débordements des coûts du remboursement des prestations médicales.


Je découvre aussi, à la page 7 de Google, c’est-à-dire placé bien après des liens plus anciens, la vidéo de RTS émission Mise au point, Initiative pour séparer le Parlement des lobbyistes.

En p 9, un extrait d’une émission de février 2017, donc pas très ancien non plus, où je découvre un acteur de plus dans la gestion des sommes « confiées » par le Parlement aux assureurs : la Bourse

Ces deux émissions montrent bien comment le système dirigeant veut orienter sa politique dans une direction alors qu’il est temps d’effectuer une véritable révolution. En effet, il y a des années que chacun est alerté sur l’augmentation énorme des primes.

Et le patient dans tout cela ? Lui qui devrait être au centre du système et ramener toutes ces corporations à l’unité ? La parole ne lui est donnée que pour se lamenter sur les primes toujours plus démesurées.

Pourquoi ne lui rendrait-on pas son rôle central ? Ou du moins ne tendrions-nous pas le lui donner voire à le lui restituer? Il vaudrait mieux que ce rôle soit effectué de façon imparfaite plutôt que de laisser les corporations d’économistes, de politiciens et de juristes s’agiter pour des résultats négatifs depuis tant d’années.

Jamais il ne lui est demandé son avis au niveau de la restructuration du système.

Dans l’émission Mise au point, le Dr Fridez exprime de façon très juste :L’assurance est un impôt et l’État donne pour mission aux Caisses l’encaissement des primes et à des structures fédérales le pouvoir de les organiser et de les surveiller. Ce qui occasionne un mélange des genres dérangeants entre les décideurs et les surveillants.

Donc les assurés sont restreints à n’être que des enfants soumis et dépendants, juste bons à débourser l’impôt exigé. Impôt qu’on lui a fait gober sous le terme de « solidarité » qui, quand elle est obligée, n’a plus rien à voir avec une solidarité bienveillante.

Quels sont les moyens possibles pour l’assuré ?

- Classer ses paiements afin de les déduire des impôts. C’est facile et ne l’approche pas de la conscience de sa santé.

- Certains gardent soigneusement le résultat de leurs analyses et imageries médicales. Cela est précieux car ce sont des flashes d’un état momentané et, si on peut les comparer avec les flashes suivants, on peut voir les modifications des paramètres et mieux juger de l’évolution des entités morbides.

- Un autre moyen qui devrait être beaucoup plus enseigné,  faisable car j’en ai fait l’expérience en cabinet, c’est d'encourager et de motiver les patients à entretenir un « livre de bord » de ce qu’ils constatent de leur santé, de leurs symptômes, des visites médicales, des conclusions des examens et des prescriptions . Cela les rend attentifs aussi aux effets des démarches. La rencontre avec un praticien peut être source de prises de conscience personnelle,  de compréhension de ce qui se passe dans leur organisme, des moyens possibles pour éviter certains troubles ou les corriger, des effets des remèdes, etc. Ce livre de bord serait ouvert aussi à ce que découvre le patient par lui-même ou lors d'autres rencontres ou expériences.

Ainsi, les malades peuvent retrouver leur souveraineté avec l’aide de thérapeutes et de diverses thérapies. Même si ce n’est qu’en partie, c’est tout cela d’acquis et qui va permettre de ne pas plonger ou de moins plonger dans les maladies chroniques.

Ainsi de payeurs d’impôt, le patient devient gestionnaire de sa santé ! En se faisant accompagner ou soutenir ce qui limitera beaucoup de prestations distrayantes mais pas forcément utiles, nécessaires et bienfaisantes.

L'assuré est le point central des démarches sanitaires et non plus le pion d’un système qui va de plus en plus vers la faillite…

Commentaires

L'assuré, point central et non pas pion !!! Ce devrait être: hélas la faillite du système est consommée depuis longtemps. L'arme la plus puissante dont disposerait l'assuré s'il le voulait serait "l'union". Malheureusement, l'assuré vit la peur au ventre: peur de n'être pas couvert, peur de la poursuite, peur de ne pas trouver un médecin, peur de ne pas obtenir les médicaments qu'il estime nécessaires, peur de ne pas être accepté à l'hôpital si besoin est, etc. bref, il a peur de tout ce qui pourrait compromettre sa sécurité et en un certain sens son confort. Or, d'une part il oublie qu'il est - demeurant en Suisse - obligatoirement assuré, donc couvert, même si sa caisse-maladie fait des difficultés pour sa prise en charge et d'autre part que si chacun des assurés et non pas une poignée de quelques milliers d'individus manifestait son désaccord face à la dictature des caisses en refusant purement et simplement de payer les primes fixées arbitrairement et toujours sans justification, les assureurs n'auraient d'autres ressources que mettre les comptes sur la table et donner à connaître publiquement ce que deviennent réellement nos cotisations et à quoi et à qui elles servent. Mais voilà: l'assuré est froussard et lâche !

Écrit par : Claude | 09 octobre 2017

Quelle verve et quelle fougue, Claude! Merci de nous inciter à nous mettre en mouvement!
Je ne crois pas que l'assuré soit un froussard. Je crois plutôt qu'il n'a plus conscience de son pouvoir tant les différentes lois et règlements l'ont enfermé et que le système politico-économique l'a rendu dépendant.
Je lisais aujourd'hui que le peuple est rendu apathique, ignorant et indifférent.
Il y a du vrai dans ce sens qu'il ne réagit qu'en automne à l'annonce de la hausse des primes.
Actuellement des initiatives sont émises comme nous l'indique une autre blogueuse :
http://sylvierg.blog.tdg.ch/archive/2017/10/09/comment-faire-le-cout-des-caisse-maladies-augmente-encore-286938.html. Trop souvent, cela soulage de signer mais l'engagement ne persiste pas beaucoup plus loin, sauf pour ceux qui créent l'initiative.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 09 octobre 2017

C'est la mentalité, la prise de conscience qu'il faudrait changer en premier lieu. Tout ces gens qui avalent des médicaments journellement, en ne sachant même pas si c'est efficace tellement c'est un package. En plus donner par un praticien qui a pour formule encourageante: "on va essayer celui-là et si cela ne vous convient pas vous revenez me voir"...ben alors quoi de mieux pour faire tourner le tiroir caisse du médecin.

C'est tellement mieux en naturopathie d'être le propre acteur de sa santé. De s'observer, d'essayer d'abord des soins par les plantes, ça vaudra toujours mieux que de -bouffer-du-chimique.

Chacun devrait aussi avoir plus d'humilité. Nous avons un temps sur cette terre, et si le temps est venu il faut l'accepter. Pourquoi prolonger à coups de formules chimiques, pour que cela vous rende encore plus malade
le temps supplémentaire......!

Écrit par : Corélande | 10 octobre 2017

Merci, Corélande de votre visite et d'amener votre bon sens.
Vous soulignez le fait de toutes ces personnes qui avalent un ensemble de comprimés dont on ne sait plus lequel est vraiment nécessaire et dont on ne connaît pas les interférences pour chaque individu. Ce qui me touche, c'est la passivité devant un tel tableau et la pauvreté de la pratique médicale qui ne s'adapte pas à l'évolution du patient et prescrit pendant des années les mêmes ou presque médicaments. On ne tient pas compte que la dynamique générale et l'énergie vitale d'un individu change avec le passage des années.

Vous évoquez aussi le problème de respecter le temps qu'il nous est donné sur terre et ne pas le prolonger en se rendant encore plus malade. C'est un sujet vaste que je ne désire pas aborder ici mais je tiens à mettre en évidence qu'il s'agit de bien peser la qualité de vie versus la quantité d'années. On ne parle pas assez de ce choix et dès qu'il y a une maladie importante, il n'est proposé qu'un protocole dans le sens de la prolongation de l'existence et pas d'offres en fonction de la qualité.
Dans mon expérience, du temps où je travaillais dans un laboratoire de biologie appliquée où nous ne soignions les cancéreux qu'avec de la biothérapie, il s'avérait que la qualité de vie était bien meilleure dans la plupart des cas et, comme par hasard, que la plupart de ces malades vivaient plus longtemps aussi.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 10 octobre 2017

J'adore :

"L’assurance est un impôt et l’État donne pour mission aux Caisses l’encaissement des primes."

Voilà un véritable sujet de questionnement politique, au sens le plus noble que cet adjectif peut parfois avoir.

Oui, la perception de l'impôt par des organismes privés, la suppression de l' état et de son rôle de surveillance ( voire de redistributeur de richesses accaparées ...) est le rêve de la droite.

Parce que bien sûr, le privé fait ça mieux que les fonctionnaires, et gna et gna et gna.

Le généreux concept de Ruth Dreifuss a permis à la Suisse de profiter d'un système de santé exceptionnel pendant des années.

Las ! il faut trouver autre chose.

Et nos lamentables parlementaires ne voient pas, ne savent pas, et ne pensent qu'à défendre des intérêts économiques installés.

Il faut proposer autre chose.

Sinon, oui, dans 15 ans, nous aurons une médecine à 2 vitesses et une classe moyenne ruinée et , plus grave, complètement démotivée.

Écrit par : Ruthi | 10 octobre 2017

Merci beaucoup, Ruthi, pour vos propos très clairement exprimés.
Je serais très curieuse de savoir comment, d'après vous, le virage s'est fait dans les mentalités ou des événements pour que le système dérape après avoir été "exceptionnel pendant des années".
Je présume que divers paramètres sont entrés en jeu.

Pour ma part, j'ai vu et vécu à quel point le système des assureurs a basculé en une quinzaine d'années pendant lesquelles Santésuisse (Ss) est entrée dans la course.
Au début des années 2000, le président de la commission de contrôle (issue de la Fédération Genevoise des Caisses Maladie)- où siégeaient divers représentants des assurances - m'avait dit : "si tous les médecine faisaient comme vous, ce serait parfait". Une quinzaine d'années plus tard, j'ai été convoquée toujours pour la même raison -à savoir un dépassement de la statistique par patient/an - par la commission qui avait été reprise par Ss, également composée de représentants des caisses. La juriste présidente a déclaré "ah oui, vous vous occupez de la santé, nous nous occupons de la maladie". J'en ai été tellement abasourdie que je n'ai pas su lui répondre qu'une juriste ne s'occupait surtout pas de maladie et, qu'en plus son association s'appelait "SANTEsuisse"!!!. L'an suivant, la commission était restreinte à 3 économistes en tout et pour tout. Il n'y eut même pas de procès-verbal et c'est sur les notes de la présidente économiste que j'ai été convoquée au tribunal arbitral.
Tout cela pour décrire à quel point la mentalité a changé et que le système économique s'est substitué au corps médical.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 10 octobre 2017

Je ne connais pas l'univers des métiers de la santé, travaillant dans un autre domaine, et je ne voudrais donc pas me donner le ridicule de parler de choses que j'ignore.

Ceci étant, votre question sur le "virage" est fort pertinente, et puisque nous sommes sur un blog, je vais essayer d'y répondre, vu de l'extérieur:

Il est fort possible que le système n'ait jamais "dérapé", mais qu'en vérité, lorsqu'il a été conçu - dans une vision que je redis croire avoir été très généreuse - certains protagonistes, parmi les plus avisés ( gouverner, c'est prévoir...) se soient dit :"ça durera ce que ça durera, mais en attendant que ça explose, les pauvres seront bien soignés.

De ce que je vois, aujourd'hui, cela a "explosé"...

La faute, peut-être, à la gourmandise économique de certains acteurs du scénario (personnel médical, assureurs. )

Je pense cependant qu'au-delà d'un certain discours populiste, et de la réelle nocivité de certains moutons noirs du système, les vraies causes du clash actuel sont le vieillissement de la population et les progrès (au sens technique) de la médecine et des soins.

La solution, personne ne semble l'avoir.

Suivant le point de vue, on pourrait s'en désespérer, ou au contraire se réjouir qu'une telle question concerne tout le monde, et oblige à réfléchir, dans la perspective d'autres nombreuses questions liées aux progrès technologiques, que la démocratie n'évitera pas.

Une médecine à 2 vitesses ne peut être qu'un scandale moral, humain, sociétal, anti-démocratique, potentientellement révolutionnaire.

Y a-t-il des valeurs plus fortes que l'argent ?

Écrit par : Ruthi | 11 octobre 2017

Si le rôle des assureurs se bornait à l'encaissement des cotisations, nous ne serions pas tombés si bas! Il apparaît malheureusement que chaque partie intéressée ait voulu tirer profit d'une situation qui ne pouvait que se dégrader. A force de ne voir et de ne considérer que l'aspect économique, tous les buts initialement visés, notamment la solidarité, sont partis à la trappe, entraînant également la disparition de l'éthique (de toutes les parties), de l'intérêt bien compris du malade en vue de rétablir (voire guérir) un état déficient, du patient devenu un objet abêti, qui ne sait plus que se soumettre tel un esclave aux prescriptions de celui qui sait.
Oui, il est grand temps de changer et de proposer autre chose: mais quoi, qui satisfasse tout le monde?, à moins qu'une véritable révolution ne vienne bousculer un système non seulement inefficace, mais destructeur à long terme des valeurs jusqu'à il y a environ 20 ans défendues et soutenues par une grande majorité de la population.

Écrit par : Claude | 11 octobre 2017

Un vif merci, Ruthi, d'avoir répondu à ma question et de donner des pistes. Je ne vais pas les traiter toutes en un seul commentaire.
Je commence par la notion de "médecine à deux vitesses". Il ne faut pas se leurrer et croire qu'elle n'existe pas déjà aujourd'hui. Combien de fois ai-je entendu des gens de condition modeste dire qu'ils se retenaient d'aller consulter un médecin car ils avaient pris la franchise la plus élevée.
Ou encore, ceux qui sont débordés de tâches et ne trouvent pas le temps de prendre rv et de se déplacer. Il faut dire que maintenant, dans cette catégorie, certains ont pris l'habitude de se déplacer aux urgences les jours de congé. Il y a quelques temps encore, on aurait eu des scrupules à se gérer de la sorte mais, actuellement, chacun tire la couverture à soi (jeu de mots avec la couverture d'assurances qui, en augmentant tellement, enlève bien des scrupules à la population.)
Et puis, tous ceux qui traversent beaucoup d'épreuves n'accordent pas forcément la juste importance à la santé et préfèrent se distraire au lieu de faire encore des efforts de se prendre en main. Cette attitude s'est beaucoup développée avec l'aide des drogues.
Toutefois, la médecine à deux vitesses agit aussi dans l'autre sens, à savoir que les riches s'octroient davantage de soins et d'examens en croyant que l'argent achète la santé. Avec cette mentalité, ils n'effectuent pas les gestes qui leur reviennent pour prendre soin de leur santé.
Il y aura toujours une médecine à plusieurs vitesses et le facteur économique doit être complété avec d'autres approches sanitaires. La gestion de la santé est complexe et il est illusoire de concevoir qu'elle peut être dirigée principalement au niveau politico-économique.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 12 octobre 2017

Dans votre verdict, Claude, je ressens une énorme déception de ce qu'est devenu le système des soins aux malades.
Dans le terme "solidarité", se trouve "solide" et une connotation humaine.En imposant une "solidarité financière" on a réduit l'individu à un numéro d'assuré.
Il a ainsi la sensation qu'il remplit son devoir. Assigné à un rôle, celui de devoir assumer ses charges, il est beaucoup moins disponible pour une solidarité généreuse venant du coeur.
Ainsi, quand quelqu'un montre des signes de faiblesse, la solidarité ne fonctionne plus automatiquement, on attend que le service codifié pour le genre de problème intervienne. Ainsi donc, nous avons deux exemples poussés à l'extrême relatés ces jours dans les journaux, celui d'une jeune fille au pair si maltraitée qu'elle en donnait des signes aux voisins mais que ceux-ci n'ont réagi que lorsque des odeurs les ont assez incommodés pour que la police découvre que le chef de famille brûlait le corps. De même le bébé de 18 mois qui criait si fort que le père adoptif mettait de la musique pour en couvrir les sons. C'est seulement une fois qu'elle fut morte que tous les signaux de maltraitance ont été mis en évidence publiquement.
On le voit souvent actuellement où, quand il survient une catastrophe, on parle surtout des morts.
Ainsi donc, avec la médecine conventionnelle, on cherche à supprimer la douleur, à remettre les gens sur pieds pour aller travailler ou à éviter la mort. La santé rayonnante n'est pas visée tant la survie est déjà difficile à gérer.

Claude, vous évoquez aussi le patient abêti qui ne peut que se soumettre à celui qui sait, qui connaît la science académique mais qui ne développe plus ses sens concrets et subtils pour détecter la dynamique profonde du patient et comprendre les différents signaux du corps.
Alors que l'être humain est complexe, on veut le codifier grâce à des analyses ou de l'imagerie qui n'offrent pas l'essentiel et par conséquent doivent toujours être perfectionnées, ce qui coûte cher à concevoir, créer et ...rentabiliser.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 13 octobre 2017

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