04 octobre 2017

Primes maladie, Migros s’exprime aussi !

Dans son magazine du 2 octobre, Migros apporte aussi sa lecture de la situation alarmante de l’évolution des primes maladie, sans apporter une réelle nouveauté mais en en soulignant certains aspects.

 


L’auteur de l’article rappelle que la LAMal entrée en vigueur en 1996 s’avère incapable de maîtriser les coûts de la santé. Lui aussi joue avec la formulation des « coûts de la santé », reprenant un terme vraiment inapproprié (je le répéterai jusqu’à ce qu’on respecte le terme correct de coûts des prestations remboursées par les assurances maladie). Ainsi, nous découvrons que depuis une vingtaine d’année, on s’appuie sur une loi complètement inadéquate. Le pire, c’est que nos dirigeants continuent de lui donner une importance primordiale. Nous pouvons lire aussi que le Conseil fédéral avait – rappelons-le – fixé comme objectif une charge maximale des cotisations équivalent à… 8% du revenu d’un ménage. Ainsi, nos dirigeants sont hors-la-loi et imposent à chacun une assurance obligatoire qui ne répond pas à la Loi.

L’article interroge un économiste de la santé qui, bien sûr, ne s’occupe pas du tout de santé mais de répéter la sempiternelle explication des progrès de la médecine qui, objectivement, ne concernent que certains domaines très précis mais en tous cas pas la diminution des maladies chroniques !

Il évoque aussi le fait que les élus subissent des pressions quand la population refuse de fermer un hôpital comme à Neuchâtel ou à Fribourg. Encore heureux que des bien-portants connaissent la valeur sanitaire des hôpitaux régionaux ! Ce projet de fermer des hôpitaux qui ont donné leurs preuves pendant longtemps montre bien à quel point les dirigeants politico-économiques ne s’occupent pas de transformer les structures et les modes de fonctionner. Il serait temps d’innover en introduisant des thérapies de plus en plus recherchées par la population, moins coûteuses, et dont certaines font leurs preuves depuis des siècles.

Cet économiste présente une « nouveauté » qui n’est qu’une reformulation du système économique. Il s’agit toujours de calcul et non de réforme en profondeur du système médical qui permettrait de revenir à l’art médical.

Il accuse les assureurs de n’avoir pas assumé leur rôle. Ah bon ! Comme s’ils n’étaient dépendants que d’eux-mêmes. Ce n’est pas eux qui ont créé l’obligation de s’assurer ! D'autre part, s’ils peuvent pareillement malmener certains médecins uniquement sur la base des coûts par an et par patient et non par rapport à leur efficacité, c’est bien que tout le système économico-juridico-politique le leur permet.

L’économiste aussi, qui fonctionne avec son raisonnement et non dans l’ambiance des personnes malades, décrète qu’il faut appliquer le principe : «Qui décide paie ! ». Est-ce vraiment avec un concept de ce genre qu’on va améliorer la santé de la population pour diminuer les coûts ?!? 

Et à cet économiste de rajouter des suggestions tout aussi calculées et financières : Plafonner les primes à 10 % du revenu ou encore augmenter la déduction fiscale des primes.

Alors qui sont les acteurs des coûts si ce n’est les prescripteurs de soins et les personnes malades ?

C’est bien eux à l’origine des prescriptions et des soins consommés.

Quand y aura-t-il des suggestions pour revoir en profondeur nos notions des individus, de leurs conceptions de la santé et de leurs compréhensions de la maladie ? Il y a énormément d'économies à faire à ce niveau-là.

Dans cette dimension, personne ne fait d’analyses sérieuses et globales pour montrer qu’il est temps d’obéir à des critères plus efficaces pour diagnostiquer les causes réelles et premières des maladies et non pas s’attaquer aux résultats finaux. Par exemple, si le système immun est déficient, il est normal que des maladies se développent. On n'a, par exemple, toujours pas tiré la leçon du Syndrome d'Immuno-Déficience Acquise, d'où le fait que la médecine conventionnelle n'a pas de traitement curatif de ce qu'elle a réduit à une simple maladie (sida)

Au niveau de la personne malade, il serait important de l’aider à retrouver la souveraineté de la gestion de sa santé plutôt que de faire taire ses symptômes.

Un thérapeute, selon l’étymologie, est celui qui accompagne une personne sur le chemin conduisant au salut. Or, actuellement, la dynamique médicale cherche surtout à modifier les réactions du corps, donc à prescrire des médicaments qui, par cette visée souvent inappropriée, pèsent grandement sur les coûts. Ou encore à modifier le système immun de chacun par des vaccins, ce qui coûtent très cher d’autant plus qu’il faut encore soigner les conséquences éventuelles de l’inoculation des produits vaccinaux.

Ces éléments sont évidents et il est regrettable que les dirigeants qui se lamentent sur l’augmentation des coûts ne prennent pas les rênes pour amorcer une sérieuse révolution dans la façon de concevoir le rôle de la maladie et les différentes dynamiques pour restituer la santé en profondeur - pas seulement par des campagnes ciblées qui ne tiennent pas compte de l’unité de l’être humain.

Commentaires

Que de bla-bla chaque automne pour parvenir à quelle conclusion ? Rien n'a changé ou si peu! Quand donc apprendrons-nous à écouter les signaux de notre corps plutôt qu'à les enfermer dans des critères prédéfinis, généraux mais cependant distincts d'individu à individu ? Quelle leçon pouvons-nous tirer des expériences passées censées sinon guérir du moins améliorer la situation: pour l'heure, les remèdes proposés sont plutôt limités dans leurs effets, voire complètement inefficaces. C'est donc que nous nous sommes trompés et qu'il serait temps de revenir à des pratiques moins "chimiques, techniques et artificielles" que la médecine conventionnelle, et de rétablir un équilibre entre prise en compte de l'individu dans son intégralité et manifestation réelle ou imaginaire de l'atteinte à la santé.

Écrit par : Claude | 05 octobre 2017

Grand merci, Claude, de venir apporter votre témoignage.
Je suis surprise que si peu de commentateurs s'expriment sur un sujet qui nous concernent vraiment tous à longueur d'années. Alors que pour les Géantes qui ne nous ont distraits que 3 jours, les articles ont foisonné et les commentaires se sont multipliés et diversifiés.
Le peuple devient ainsi passif, tant il a perdu la notion que c'est lui le souverain non seulement de ses finances mais aussi de sa santé. Il est temps qu'il se mette en route et prenne conscience que sa santé est entre ses mains et que les assurances ne sont que des soutiens.
Au lieu de cela, on ne parle que d'économie. Je ne dirais pas que c'est du bla-bla en ce sens qu'il y a beaucoup de chiffres articulés avec grand sérieux. Les derniers que j'ai vus proviennent du Jura : https://www.jura.ch/CHA/SIC/Centre-medias/Communiques-2016/Reduction-des-primes-de-l-assurance-maladie-pour-2017-montant-en-hausse-de-4-millions-de-francs.html où l'on calcule déjà comment seront répartis les subsides de 49,6 millions de francs pour alléger les primes d'assurance des personnes à revenu modeste.
Dire qu'avec tout cet argent on pourrait enseigner la conscience de soi pour comprendre les messages du corps et rectifier les mécanismes qui mènent aux maladies chroniques!
4,9 millions rien que pour un petit canton! Allons-nous faire du sur-place avec nos bénéfices économiques pour entretenir un système de praticiens en médecine réduits à des techniciens appliquant des protocoles décidés par des politiciens et des juristes? S'il manque pareillement de médecins suisses, c'est bien que la profession a perdu une très grande partie de sa saveur et de sa valeur éthique.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 06 octobre 2017

Je pense aussi que nos édiles ont appliqués une politique de Numerus Clausus, la formation d'un médecin étant longue et couteuse, ils ont privilégiés les médecins étrangers déjà formés.
Dans le secteur informatique pareil, je n'ai connu que des responsables informatiques venant de Paris, Lyon, Grenoble...
Contrairement à beaucoup de pays européens la Suisse a délibérément réservé les études Universitaires à une élite et préféré former des employés de commerce CFC qui aujourd'hui ne servent d'ailleurs plus à rien.

Écrit par : avis | 06 octobre 2017

Merci, Avis, de nous faire part de votre expérience.
J'ai une autre explication : En médecine, le principal numerus clausus est le nombre de patients dans les hôpitaux (nos régions ont peu d'habitants par rapport aux grandes villes étrangères qui possèdent des hôpitaux universitaires). On ne peut pas faire passer 10 fois un patient sous les questions et examens physiques des étudiants.

Pour l'informatique, je ne connais pas mais je présume que cela provient du fait que des écoles coûtent très cher et qu'il faut un minimum d'étudiants pour qu'elles soient rentables. De plus, on oublie que la Suisse est une confédération donc un ensemble d'états qui ont chacun leur souveraineté. Par conséquent, le nombre d'élèves par canton est limité, d'où la limitation de créer des écoles très poussées.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 06 octobre 2017

Chaque automne beaucoup de bruit et la baudruche se dégonfle. Quand comprendrons-nous que les voies choisies ne sont pas celles à suivre?
Pain béni pour les assureurs et "promesses sur le derrière d'une jument" comme disent les anciens, la Lamal a été le facteur déclenchant des appétits démesurés des acteurs du système de soins mis en place.
Quand donc tirerons-nous les leçons des expériences passées pourtant censées être le remède universel à la restauration d'un état de santé de plus en plus déficient ? Or, aussi longtemps que l'être humain ne sera pas considéré dans son intégralité mais coupé en rondelles, et soumis aux impératifs de la finance, des techniques et des politiques, et que les valeurs de pratiques échappant à la médecine conventionnelle ne seront pas réhabilitées, il est à craindre que toute autre solution proposée ne soit un échec.

Écrit par : claude | 06 octobre 2017

Le "système de santé suisse" est en train de tuer tranquillement, mais cruellement notre pays.

Les personnes qui ont l'argent et donc le pouvoir, affectent de ne pas, le voir, car elles s'en mettent plein les poches, aidées en cela (nous dit-on) par des appuis politiques aux chambres fédérales, voire au nouveau conseil fédéral.

Ce qui m'amuse (si l'on peut dire, vu le contexte), c'est que toute la droite, qui est la première à vouloir se battre pour baisser les impôts, semble applaudir des 2 mains à ce hold-up de la santé sur l'économie.

Il faut croire que les copains de la droite ne sont pas les mêmes que ceux de la gauche....

Bonne santé à vous !

Écrit par : pbdr | 06 octobre 2017

En ouvrant des centres dans les gares à côté de ses magasins, la Migros ne fait sans doute pas que s'exprimer mais participe à l'augmentation des coûts de la santé en prétendant que ses centres sont indispensables alors qu'on sait pertinemment que les "urgences" sont taxées différemment des consultations ordinaires et je ne luis dis pas "MERCI" !!!

En revanche, personne ne propose la prime UNIQUE puisque la LAMal est la même pour tous sauf une personne - désolée je n'ai pas retenu son nom - qui accompagnait Mauro Poggia sur Léman Bleu le jeudi noir de la hausse des primes.

On parle beaucoup mais au final rien ne se passe ... de concret pour le moment ... On peut toujours rêver ... comme le chantait Ricet Barrier "Couché dans le foin ... Le Soleil pour témoin" ... :-)))

Bon we à tous

Écrit par : Marie | 06 octobre 2017

Oui, pbdr, vous décrivez très bien la situation politico-économique et le hold-up sur la santé.
Dans les faits, toute la population a participé activement ou passivement à la situation actuelle.
Alors qu'est-ce qui pourrait réveiller les neurones de la population, de chacun et de chacune, afin qu'elle s'éveille à une meilleure conscience de ce qu'est la santé, avec les instruments et les moyens à disposition, pour mieux l'établir et la maintenir?
Quand je parle des moyens à disposition, il s'agit des moyens qui ont toujours existé et qui ont maintenu la population active jusqu'à l'avènement de la science actuelle. Evidemment, cette dernière a apporté sa contribution mais elle n'a pas à s'imposer au niveau politique. La situation financière des assurances maladie confirme bien que le système actuel provoque une excroissance qui nous étouffe de plus en plus. Attention, car de tumeur bénigne, elle va passer au stade malin!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 06 octobre 2017

Merci, Marie, d'attirer notre attention sur ces centres.
Je n'en ai aucune expérience. Ils me semblent plutôt destinés aux urgences.
Or, effectivement, les urgences reviennent très cher, prennent beaucoup de temps et avec un résultat immédiat mais pas à long terme.
Si nous mettons à part certains cas réllement urgents, la majorité des urgences sont le résultat de signaux négligés. Combien de fois entendons-nous "c'est pas grave" ou encore "ca passera" ou encore "moi j'ai mon cachet et c'est réglé". Effectivement, le fait que des médicaments soient très efficaces en urgence donnent de mauvaises habitudes à ceux qui en profitent.

Vous évoquez la "prime unique". Je crois que cela va faire couler beaucoup d'encre mais reste dans le cadre des mesures économiques alors que la vraie révolution viendra dans une meilleure présence à soi, à ce que nous vivons, à la connaissance de nos interrelations tant avec l'environnement physique qu'humain.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 06 octobre 2017

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.