10 septembre 2017

Une illustration de la pensée unique

Après avoir diminué le plus possible le principe DU Dieu unique, nous passons à LA laïcité (mode du changement de genre!) et plus globalement à la pensée unique. Comme aucune énergie ne se perd, celle de la Foi devenue foi va entraîner un courant puissant pour porter mainte idée nouvelle au pinacle.


Ainsi en est-il de ce qu’il est courant d’appeler le « don d’organes »

Pour ceux qui se placent dans le courant, tout est bon pour imposer leurs visions.

Ainsi déjà, analysons l’usage du vocabulaire utilisé (comme nous l’avions signalé avec les mises à mort que l’on intitule « euthanasies » pour qu’elles passent plus facilement dans le public). Cette appellation de « don d’organes » mérite par conséquent d’être revue et nuancée.

Le site français d’un Comité National d’Ethique stipule bien :«  Préciser le vocabulaire change la perception de la réalité. » En voici un exemple : «  Aussi serait-il préférable de substituer à l’inexactitude de l’expression «don cadavérique» celle plus conforme à la réalité de «prélèvement d’organes post mortem».

Quand on retire un organe, cela s’appelle un prélèvement.

Déjà, ce terme permet d’avoir une idée plus concrète de l’acte chirurgical qui est une extraction et conduit à une mutilation chez tout être vivant.

Dans le cas des prélèvements sur des vivants, on ne demande du reste pas à l’organisme s’il est d’accord qu’on lui enlève un organe important avec lequel il est relié de plusieurs façons (système nerveux, sanguin, énergétique etc). Si le raisonnement de celui qui se prête à cette opération lui fait dire qu’il s’agit d’un don, ce qui est l’objectif de l’action, rien ne dit que son inconscient l’accepte, que ses motivations et ses intentions soient unifiées avec la notion du don.

De plus, la notion du don est à revoir puisque le vrai don se fait librement et non sous la pression d’une urgence. Le comité d’éthique cité ci-dessus l’exprime en ces termes : « Le don d’organes est difficile en cela qu’il manifeste un besoin et répond à une nécessité vitale. Pour pouvoir jouir «plus librement et plus gaiement des biens empruntés», il faudrait que la jouissance ne soit «ni obligée, ni contrainte» et que l’on puisse s’en passer. Ce qui n’est pas le cas du don d’organes. »

Dans l’usage des mots, on aime utiliser des absolus comme : « sauver des vies » alors qu’en réalité, au pire ce n’est pas une réussite à chaque fois et, au mieux, on prolonge des existences humaines.

Dans le même ordre d’idée, on peut lire : « Car les chiffres, implacables, sont là pour nous le rappeler: chaque semaine, deux personnes meurent dans notre pays faute d’organes compatibles. »

Ce langage de journaliste montre bien comment on cherche à marteler les esprits des lecteurs et comme on pervertit la réalité car, très concrètement, ces malades ne meurent pas faute de greffe mais suite à une maladie grave que personne n'a su soigner.                                                                                                      Et puis, qui leur donne l’espoir d’un futur meilleur mais très aléatoire ? En tous cas pas la population en général donc ce n'est pas à elle de se sentir responsable de l'absence d'organes à greffer.

Les journalistes sont donc appelés à la rescousse. Ainsi Le Temps nous livre deux articles en faveur de la journée internationale de la transplantation. J’attendrais d’un journal de qualité qu’il expose le sujet dans son ensemble. Or, l’éditoria et cet article non seulement vont dans le courant de la pensée unique mais l’appuie dans sa revendication d’un changement de loi.

Si les prélèvements étaient si naturels, il n’y aurait pas besoin de changement de loi. Celle-ci serait implicite. Ainsi donc, une fois de plus avec la pensée unique on voit qu’elle a besoin de s’appuyer sur le droit pour se renforcer. De la sorte, une fois soutenue par le droit elle pourra s’imposer par la politique.

Alors que les personnes réticentes au prélèvement et à la greffe d’organes qui n’ont pas l’appui de systèmes rationnels mais qui ressentent au fond d’elles-mêmes que « quelque chose ne joue pas » ne sauront ni ne pourront défendre leurs positions. C’est là que la pensée unique devient absolutiste et étouffe les autres dimensions humaines.

En s’imposant par la politique, automatiquement les services publiques s’en mêlent. Ainsi donc l’Office Fédéral de la Santé Publique publie dans son no 35, après 4 sujets propres à son organisme, deux pages pleines en couleur pour soutenir le système : l’une en invitant la population à en parler avec deux mots-clefs séduisants : « vivre-partager », l’autre page pour inciter la population à participer à la journée européenne d’hier : « venez célébrer cette journée avec nous ». De plus, avec l’envoi de son bulletin, l’OFSP joint un petit dépliant. Est-ce vraiment leur rôle de soutenir une dimension aussi coûteuse de la technique médicale qui n’est pas vouée à une parfaite réussite et qui, de plus, impose aux patients concernés de devenir pendant longtemps dépendants du système médical ?

Il faut compter aussi avec le prix de ces événements publiques. Qu’a coûté l’événement à Genève dont un blogueur nous offre plusieurs photos ? Non seulement en argent mais surtout en temps et en énergies, lesquels pourraient être utilisés dans des démarches pour éviter d’en arriver à une nécessité de greffe.

Un autre mode de pression de la pensée unique en faveur des prélèvements d’organes est d’attiser les sentiments comme celui de l’altruisme et de la solidarité. En fait, cela n’a pas l’air de fonctionner suffisamment puisqu’il manque des organes vivants en réserve et puis, la mentalité actuelle étant à l’individualisme, chacun doit se préserver lui-même pour assumer son existence et ses multiples engagements. De plus, quand on brandit la banderole « don d’organes » on ne dit pas toutes les conséquences possibles, le temps et les forces nécessaires qu'un être humain devra investir pour assumer l’amputation de son organe, dont le stress de l'extraction abrupte.

Des notions très matérielles sont mises en avant pour développer le système . Là aussi, le vocabulaire est utilisé : « Cette notion de pénurie signifie plutôt une inadéquation ou un déséquilibre entre le nombre d’organes disponibles et la demande ».

Ainsi on cherche à faire pression avec la notion de « pénurie » en joignant le vocabulaire pour exciter un sentiment.

Notion économique donc matérielle également en prétextant le fait qu’un patient greffé coûte moins cher qu’un patient longuement dialysé.

Ou encore, on traite d’ignorant celui qui s’y refuse instinctivement ou pour d’autres causes :

"Justement, qu'est-ce qui fait encore hésiter les donneurs potentiels ou leurs proches?

L'ignorance. Les gens pensent que lorsqu'on prélève un organe, on saccage le corps. Que le corps n'est pas respecté. Il s'agit en réalité d'une opération chirurgicale normale, dont la précision est même primordiale pour que l'organe soit utilisable."

L'opération est dite normale mais elle est dans un contexte qui n'est pas habituel et dépend d'une conjonction complexe de services distincts.

Autre voie d’accès cherché par les animateurs du courant : Stimuler les gens à donner leur assentiment avant leur mort. Evidemment, on dira qu’ils ont peur d’aborder ce sujet avec leurs proches. En fait, chaque chose vient à temps et pourquoi parler de sa mort quand l’instant présent exige bien d’autres réflexions et actions...)

Et puis, il y a aussi les questions d'éthique, de religion. Mais là, il faudrait sortir de la pensée unique et on n’en parle pas puisqu’on a supprimé le domaine énergétique et spirituel !

Entendons-nous bien et soyons clairs, je n’ai aucune intention de jeter la pierre à ceux qui jouissent de leur libre-arbitre pour s’engager dans cette extension de la technique médicale, En revanche que le courant qui la porte ne vienne pas faire de la propagande envahissant l'espace tout azimut et donner mauvaise conscience à ceux qui choisissent un autre chemin de santé et de vie.

 

Commentaires

Absolument d'accord avec vous Madame de Meuron...

Ou l'art de culpabiliser les gens. Vous remarquerez que c'est la "Chambre économique suisse" qui lance le caillou :-))

Écrit par : absolom | 10 septembre 2017

Merci, Absolom, pour votre info. Effectivement, la Jeune Chambre Economique Suisse a lancé une initiative en faveur du "don d'organes".
Pour se faire connaître, rien de tel qu'une action de solidarité!
Et pour obtenir du succès, il vaut la peine de surfer sur une vague dans la dynamique du temps.
Leur fil d'or est l'économie : Qu'ont-il à y gagner? Effectivement, sur leurs sites (locaux et suisses) il est bien mentionné qu'ils sont bénévoles. En revanche, il est aussi indiqué que la participation à cette Chambre leur permet de se créer un réseau professionnel, ce qui est favorable à leurs entreprises à venir ou en voie de développement.
Si l'économie est leur point de ralliement, alors il faudra aussi qu'ils mentionnent combien coûtent un prélèvement et une greffe, non seulement les opérations mais aussi le coût des différents services concernés.
(Si un hélicoptère a participé au concours de Swisstransplant, il est évident qu'il y trouve aussi son compte).
Egalement, tous les préparations avant l'acte et surtout l'ensemble des soins immédiats et à long terme. Tous les soins dus aux complications et aux arrêts de travail.
Quand on agite la banderolle du "don d'organe" il faut aussi mentionner à la collectivité ce qu'une pareille entreprise va lui coûter. A l'heure où coûts des assurances-maladie débordent, pourquoi leur ajouter des frais? Qu'il y ait une assurance spéciale pour ceux qui veulent être à l'abri de toute éventualité!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 11 septembre 2017

Vous êtes caustique !

Écrit par : Monsieur Preskovitch | 11 septembre 2017

Monsieur Preskovitch, Je ne sais pas si votre commentaire laconique est un reproche ou un éloge!
Ce que je désire, c'est qu'on cesse de chercher à imposer à la population une pensée unique sur des propos élémentaires et partiels.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 11 septembre 2017

Bonsoir Marie-France,

D’accord avec votre analyse et votre listing des problèmes économiques dans votre réponse au commentaire d’ Absolom.

Vous écrivez que les frais d’assurances débordent… De fait, avec la génération des papy-boomers (dont je fais partie), s’ils n’ont pas la chance de mourir brutalement et en bonne santé (ce qui est rarement le cas), mais qu’ils gagnent les rivages du 4e âge avancé, médicamentés, très diminués et dans un état d’ hébétude en institutions, le débordement risque bien de ressembler à un tsunami.

Si l’on s’en réfère aux médias, qui du reste passent sous silence les ratages, les séquelles invalidantes, la qualité de survie assez moyenne des greffés (immunosuppresseurs à vie), la technicité chirurgicale de plus en plus performante et la médecine en général, leurs développements et conséquences risquent bien de phagocyter tout le PIB national. Quel paradoxe, une société de morts vivants qui n’auront même plus la capacité de se regarder survivre…

Et voilà que les professeurs Nimbus, après le transhumanisme, auquel vous avez consacré un billet, nous parlent d’immortalité, le grand mythe… pourquoi pas la Fontaine de Jouvence pendant qu’on y est…

Le Professeur Rutishauser, l’anatomo-pathologiste, disait parfois dans un aphorisme cynique que la médecine était un bienfait pour l’individu, une catastrophe pour l’espèce. Bien sûr, le propos provocateur était teinté d’eugénisme (qui a mauvaise presse depuis la fin de WW2), mais il visait dans son esprit l’explosion démographique et la (presque) suppression de la sélection naturelle. Force est de constater que l’impasse dans laquelle on se trouve donne un singulier écho à sa prédiction, même si les raisons sont autres.

Vu de Sirius, vous proposez, pourquoi pas, une assurance pour ceux qui veulent tout le « package ». Que fait-on des autres ? La perspective change si votre conjoint, un parent ou ami proche ont besoin d’un organe, si pour votre enfant leucémique une greffe de moelle s'avère nécessaire… On fait l'impasse ? Je ne vois pas vraiment de solution.

La sélection actuellement existe déjà, en fonction de vos revenus et de votre fortune. On parle de médecine à 2 vitesses, mais c’est tout l’embrayage qu’il va falloir modifier 4, 5 ou 6 vitesses… R. Fleischer, dans les années 70, avait réalisé un film « Soleil vert », une fiction parfaitement désespérée, qui montrait une piste : l’euthanasie des vieillards et leur utilisation alimentaire. A l’époque, il situait l’action en 2022… On a encore de la marge avec l’utilisation alimentaire, pour l’euthanasie par contre cela se discute...

Bonne soirée.

PS Le florilège photos de Demir est un thrombinoscope à la gloire du Prof. Ph. Morel...
Il se représente au CE ?

Écrit par : Gislebert | 11 septembre 2017

Disons que donneur par défaut permettrait d'engranger la frange qui n'ose pas dire non :-)

Écrit par : absolom | 11 septembre 2017

J'apprécie beaucoup,Gislebert, votre soin à répondre et la précision de vos illustrations sur plusieurs plans de mon article. Merci beaucoup!

Votre questionnement vu de Sirius me suggère différentes réflexions.
Tout d'abord, "vu de Sirius", on a forcément une vision très partielle de la situation globale, avec quelques points en relief qui ne sont pas forcément les plus fondamentaux mais les plus perceptibles à la vue. Il reste tous nos sens qui, si on les a bien aiguisés, permettent de distinguer d'autres dimensions, plus profondes et plus subtiles (pour voir, il faut être à distance de l'objet...)

La pensée unique veut aussi qu'on propose la même chose à chacun. Or, les vécus donc les besoins sont très distincts d'un individu à un autre. Certaines personnes savent d'emblée qu'elles ne voudront pas surseoir à leur mort en vivant les péripéties d'une greffe. Alors pourquoi devraient-elles porter les désirs des autres alors qu'il ne s'agit plus d'une "médecine de base" mais bien d'une médecine sophistiquée qui s'appuie sur la croyance de sauver des vies mais qui ne fait que les prolonger (Je me répèterai tant que je lirai ou entendrai cette affirmation tronquée.) dans des conditions très dépendantes de tout un système de soin et en entraînant avec soi des proches qui s'y soumettent.

Je n'évoquerai point le cas d'enfant leucémique car je n'ai jamais eu à en prendre en charge vu qu'ils sont si graves qu'ils vont directement à l'hôpital. De ce fait, je n'en ai pas une perception profonde et globale qui me permettrait de ressentir ce que vit vraiment l'enfant et son terrible conflit intérieur, par conséquent les thérapies qui pourraient en découler.
S'il s'agit d'un proche ou d'un parent adulte, le problème se pose autrement dans la mesure où l'état qui évoque la possibilité d'une greffe est l'aboutissement de plusieurs années de perturbations - sauf accident - vers la faillite d'un organe vital. L'essentiel n'est pas l'organe isolé mais l'être humain qui le porte, qui a effectué un long développement personnel tant organique qu'affectif et qui a atteint une conscience de soi pouvant lui faire choisir autre chose que l'opération en vigueur. Pour les proches, ils peuvent aussi être las après avoir subi les affres de grands malades. Doit-on les obliger à recommencer tout une période de péripéties hospitalières?

Evidemment, il y aura toujours une différence de choix entre les riches et les pauvres. C'est une évidence qu'on essaie trop souvent d'escamoter mais qui n'est pas toujours en faveur des riches. L'argent fait croire qu'on peut tout mais les anciens marins savaient que "la nécessité est la mère de toutes les inventions".

Je n'ai pas encore mentionné l'usage qu'on fait de la dynamique de l'espoir.
Souvent portée par une dynamique mentale qui étouffe ce que les personnes vivent vraiment, pas seulement face au proche malade mais au fond d'elle-même. Elles aussi ont le droit de conduire leur propre existence et pas seulement en fonction d'un grand malade. Il existe bien sûr des groupes de soutien pour accompagner les proches mais cela ne suffit souvent pas pour les rencontrer dans leur intimité profonde et leur cheminement personnel.

Quant à votre PS, il est très éloquent et ouvre une nouvelle dimension de réflexions dans laquelle je ne vais pas m'aventurer aujourd'hui.,,

Écrit par : Marie-France de Meuron | 12 septembre 2017

Excellent billet avec lequel je suis presque entièrement d'accord. mais ce qu'il y a de curieux, c'est que vous ne voyez pas que vous êtes à contre-sens sur le suicide assisté et l'euthanasie (qui n'existe pas en Suisse, j'y reviendrai). En effet, votre paragraphe :
"Dans l’usage des mots, on aime utiliser des absolus comme : « sauver des vies » alors qu’en réalité, au pire ce n’est pas une réussite à chaque fois et, au mieux, on prolonge des existences humaines."
s'applique parfaitement à votre attitude face à ceux qui voudraient partir avant de subir les affres d'une horrible agonie. Comme vous êtes médecin, je ne vous ferai pas l'injure de décrire ce que sont les derniers jours de ces personnes s'ils ont choisi de "laisser faire la nature" (en oubliant qu'ils ont consommé un nombre impressionnants de médicaments faussant complétement cette "nature").

Nous avons échangé à propos de transhumanisme, vous m'avez parlé des différents effets négatifs que j'étais censé subir après une anesthésie générale. Je n'en ai subi aucun et j'ai été émerveillé par la maîtrise des médecins en ce domaine.
J'ai plaisanté avec l'infirmière anesthésiste dans le bloc, elle m'a appliqué un masque sur le nez en me disant de penser à qqch d'agréable et zou, je suis parti.

Mme de Meuron, je veux mourir comme ça. J'ai vécu avec ma mère durant sa dernière année de vie, j'ai vu ce qu'étaient ses derniers jours, son angoisse et toute l'horreur que représente cette longue attente de la fin. Cela a été encore pire avec mon ex-femme devenue une excellente amie, morte du cancer il y a bientôt sept ans. Vous êtes très tournée vers l'orientalisme, je suis très conscient du rôle des hormones sur moi. L'état de bonheur dans lequel je me sens dans l'effort, dû aux endorphines et aux cannabinoïdes (à ce que j'ai compris, je ne suis pas médecin...). La mauvaise humeur de ma compagne tous les mois, une semaine avant ses règles. Etc, etc...

Je pense que ces états d'angoisse très durs et très effrayants avant la mort sont dus à des overdose de nos hormones internes. Notre corps réagit d'abord en nous injectant ces produits pour nous aider, mais comme l'état général s'aggrave, on tombe dans l'excès et les effets sont exactement contraires. De plus, les médecins prescrivent des doses de cheval d'anxiolytiques qui doivent contribuer à ces effets délétères. En entrant à Rive-Neuve, le mouroir vaudois spécialiste des soins palliatifs et donc sanctuaire des anti-Exit, mon amie s'est vu directement SEXTUPLER la dose de morphine qu'elle prenait auparavant. Il s'agissait à l'évidence de la noyer sous les doses de morphine et de benzo-diazépines. C'est ça et rien d'autre, les soins palliatifs.
Alors mieux vaut prendre une seul dose en une fois. Et moi, j'aimerais négocier avec des médecins courageux pour partir aussi élégamment que j'ai été anesthésié lorsque nécessité fera loi...

Écrit par : Géo | 12 septembre 2017

Beaucoup de flaflas pour ce sac de peau. Et le ton un brin trop activiste à mon goût.
S'il est avéré que le prélèvement d'organes sauve des vies, il ne faut pas perdre de vue la fascinante évolution scientifique médicale qui devrait nous permettre à relativement court terme de cultiver des organes à partir de cellules souches compatibles ou directement prélevée sur le patient.

Si c'est aussi vrai que c'est un business, alors cessons l'hypocrisie et rémunérons dignement les prétendants. Les dérives liées au don de sang sont dévastatrice et réduisent à néant ces campagnes écoeurantes pour obtenir l'or rouge gratuitement.

J'ai une carte de donneur qui traine quelque part. Je trouve le système archaïque et je préférerais un peu de courage politique pour la transparence et l'efficacité d'un système de prélèvement automatique sans opposition de la famille ou du défunt dans ses volontés manifestées.

En attendant qu'on fasse mieux que cette boucherie.

Écrit par : Pierre Jenni | 12 septembre 2017

Bonsoir Géo,
Je suis très touchée par votre visite (qui est plus qu’un commentaire) sur mon blog et par toutes les épreuves que vous avez traversées. Avec la discrétion ou la pudeur de ne pas dire toutes les souffrances endurées.
Je vous suis reconnaissante pour l'éloge de mon article.

Vous êtes un peu catégorique ( mais ce trait de caractère semble être bien inscrit en vous...) en décrétant que je suis aveugle de m’exprimer à contre-sens !
En fait, je fais la distinction entre poser une carte et tenir compte d’une situation d’ensemble avec beaucoup d’éléments distincts comme quand je me trouve face à un malade et ses proches.
Vous présentez la situation ultime des « affres d’une horrible agonie ». J’ai vu ma mère mourir d’un cancer, à la maison, entourée des siens et consciente jusqu’à la dernière heure, sans subir d’extrêmes souffrances.
J’ai suivi des malades à domicile en respectant le rythme de ce qu’ils vivaient, ce qui permet à l’organisme de trouver un équilibre précaire certes mais qui permettait de rester conscient et de jouir de l’affection des proches. Eux-mêmes étaient actifs dans l’accompagnement au lieu d’être soumis au système hospitalier et ne savoir que faire ; de plus, n’osant pas vivre et exprimer leur souffrance puisque celle de l’être aimé est bien plus visible par conséquent semble plus importante.
Vous avez tout-à-fait raison de mettre entre guillemets « laisser faire la nature » alors que les malades ont absorbés bien des produits non biologiques. Les personnes gardent en tête la notion d’horrible agonie alors qu’actuellement, je constate que le système hospitalier les médicalisent suffisamment pour qu’on n’ait plus à craindre un tel état.
Effectivement, vous avez raison en évoquant le « laisser faire la nature » au dernier moment.
Quand nous en discutant à froid comme ici, nous ne sommes pas dans une situation d’urgence où la pensée unique prévaut parce qu’il n’y a plus de choix mais pour réfléchir sur le déroulement global d’une maladie et du cheminement personnel du malade bousculé par tous ses symptômes morbides, en sus desquels il perçoit le vécu difficile de son entourage.
Effectivement, si nous laissons faire la nature, c’est déjà bien en amont qu’il faut changer de stratégie. J’ai constaté plusieurs cas qui voyaient diminuer très nettement leurs douleurs en contrôlant l’acidité de leurs urines en absorbant des substances naturelles qui la régularisait, ce qui diminuait l’acidité du sang, laquelle est source de douleurs. Quand on sait que la morphine augmente cette acidité, on comprend mieux pourquoi il faut constamment en augmenter les doses.

Vous évoquez le bon souvenir de votre endormissement lors d’une anesthésie. Or elle est survenue dans un contexte précis et l’enjeu était bien distinct que celui de forcer le corps à basculer définitivement.
D’autre part, vous vous fixez sur le moment terminal. Or, s’il est si fondamental, il vaut la peine de bien le préparer et de bien l’accompagner. Certains l’ont comparé à une naissance, ce qui n’est pas si faux puisqu’il s’agit aussi du passage d’un monde à un autre. Le problème, c’est qu’on ne propose pas grand-chose pour vivre avec tout son être ce passage. Les proches eux-mêmes ont de la peine à l’accepter et ont des attitudes qui n’aident pas forcément le mourant qui, s’il était bien accompagné, aurait un meilleur lâcher-prise, par conséquent un « départ » plus rapide et plus serein.
Vous décrétez : « je veux mourir comme cela ». Donc vous décidez maintenant pour la personne que vous serez devenu alors, n’imaginant pas que votre chemin de vie peut vous conduire sur une autre voie vous permettant de vivre une expérience tout autre que celle que vous imaginez maintenant.
Vous écrivez être conscient du rôle des hormones mais vous avez encore le loisir de découvrir bien d’autres dimensions de votre entité humaine !

Dans votre façon un peu arbitraire de poser de décrets, vous avancez que je suis tournée vers l’orientalisme.
C’est vite dit. Etant un micro-univers comme tout être humain, il est normal que je puise mes sources sur plusieurs continents !

Vous évoquez aussi à juste titre les « doses de cheval d’anxiolytiques qui doivent contribuer à ces effets délétères. ». Effectivement, ils modifient le fonctionnement du malade qui est déjà fragilisé sur plusieurs plans. De plus, en cherchant à dissoudre l’angoisse, le patient ne peut plus exprimer ce qu’il ressent au fond de lui et dont l’angoisse était le « clignotant avertisseur ».

Quant à définir ce qu’est un médecin courageux, cela mériterait un autre article...

Écrit par : Marie-France de Meuron | 12 septembre 2017

"Quant à définir ce qu’est un médecin courageux, cela mériterait un autre article..." Effectivement, je suis conscient de n'avoir aucune chance dans cette quête. Mais quel gâchis ! Il y a d'autres solutions, toutes nuisant fortement à l'environnement humain. Je me souviens d'un gendarme me racontant le premier pendu qu'il avait du aller dépendre, au bord d'une falaise, le bruit du souffle des poumons quand la corde, enfin bref...
La salle de bains avec des bouts de cervelle ensanglantés partout avec une arme à feu...
Les secondes d'abominables angoisses avant de partir avec le pento-barbital...

"Donc vous décidez maintenant pour la personne que vous serez devenu alors, n’imaginant pas que votre chemin de vie peut vous conduire sur une autre voie vous permettant de vivre une expérience tout autre que celle que vous imaginez maintenant.
Vous écrivez être conscient du rôle des hormones mais vous avez encore le loisir de découvrir bien d’autres dimensions de votre entité humaine !"

Comme vous vous trompez ! Ma vision de la vie est simplement schopenhauerienne. La vie est une colline que gravissent les jeunes qui voient le ciel bleu sur leur tête. Le sommet de la colline, on y arrive vers 40 ans et après on redescend gentiment. Devant nous, au bas de cette colline, un fleuve noir que l'on atteindra tôt ou tard. Pour ma part, mon expérience fait qu'il ne suffit pas de réussir sa vie, il faut réussir la sortie aussi. C'est pourquoi j'y pense dès maintenant et ma première idée est qu'il ne faut en aucune manière laisser cette sortie aux mains des médecins-prêtres et de leurs sales idéologies...

Écrit par : Géo | 12 septembre 2017

Bonjour Géo,
Vous me semblez bien impulsif! A peine ai-je publié un commentaire au vôtre que vous répondez déjà!
Evidemment,selon vous, c'est moi qui me trompe, tellement vous vous accrochez à votre vision qui semble bien être une pensée unique qui se focalise sur un élément plutôt que de tenir compte de l'ensemble des possibles.
Vous décrétez qu'après 40 ans, on redescend "gentiment". Si vous étiez objectif, vous verriez que, pour certains, c'est plutôt brutalement (infarctus par exemple) ou qu'au contraire d'autres n'ont pas fini de gravir une pente, à l'image d'une spirale ascendante, au somment de laquelle ils aspirent à se rendre.
Pour celui qui descend, vous ne concevez pas autre chose qu'un fleuve noir alors, qu'en réalité, l'eau peut prendre différentes couleurs. (au Canada, j'ai même vu une rivière rouge!)
Alors qu'est-ce qui fait que vous vous accrochiez pareillement à une pensée unique, de très basse fréquence de surcroît? Quelles expériences avec quelles souffrances avez-vous faites quand vous - ou plutôt votre enfant intérieur - recherchait la diversité du monde, la richesse des contacts avec des gens, les activités créatrices, pour vous en défendre avec autant de vigueur?
Votre seule façon - du moins la seule que vous nous donnez à considérer - de fuir la réalité de votre vision noire, c'est de vous propulser vers la fin que vous imaginez facile. Quand on voit toute la vigueur que vous mettez à commenter différents blogs, vous avez de l'énergie à utiliser ici et maintenant plutôt qu'à imaginer votre fin!
Si vous voulez réussir votre sortie, il me semble qu'il faut aussi réussir à vivre l'instant présent qui vous permettra d'arriver à la bonne sortie qui n'est pas forcément celle à laquelle vous vous contentez de "penser maintenant".
Permettez-vous de sortir de la pensée unique!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 13 septembre 2017

Bonjour Absolom,
Je tiens à répondre à votre commentaire du 11.9 que je n'ai publié que ce matin mais qui n'en a pas moins de valeur surtout par tout ce qu'il sous-tend:
"Disons que donneur par défaut permettrait d'engranger la frange qui n'ose pas dire non :-)"
Cette formulation serait encore une fois un mode facile à exécuter. De plus, il s'appuie sur un article de loi (c'est comme s'appuyer sur un père) pour obtenir facilement une pièce détachée pour corps humain. C'est réduire beaucoup la valeur de ce corps humain de le mettre en balance entre deux arguments.
La frange qui "n'ose pas" c'est peut-être une frange très distante de tout ce système de transplantation que la modernité nous propose et va jusqu'à nous imposer quand elle a recours à la loi.
Ceux qui ne donnent pas leur avis de leur vivant ont le droit de s'occuper d'autres choses et ne pas entrer dans le jeu de la pensée unique.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 13 septembre 2017

Merci tout de même d'avoir publié mon commentaire. Je n'avais pas la prétention de vous convaincre, bien sûr. Quand j'évoque un pic à 40 ans, je parle de l'ensemble de toutes les courbes, physiques comme psychiques. Si l'on ne considère que les dernières, vous avez parfaitement raison. Je me sens bien supérieur à 65 ans à ce que j'étais à 40 ans, mais je ne vois pas trop à quoi et à qui cela pourrait bien servir. "L'expérience est un phare qui n'éclaire que soi-même" est un principe très fort dans l'humanité. Les jeunes sont souvent très gentils et tout et tout, mais notre opinion leur importe peu. C'est ainsi, pour le meilleur et le pire...

Je n'ai pas été convaincu par vous de faire de la pensée unique. Je suis une personne facile à convaincre par des arguments rationnels.

Écrit par : Géo | 13 septembre 2017

Géo, Je suis ravie de lire que vous ne vous accrochez pas à la pensée unique!
En réalité, je constate qu'on ne peut pas y échapper complètement car elle s'avère sécurisante à certains moments. C'est quand on se fige dedans que cette énergie de fixité va s'incarner et bloquer des processus dans le corps et par rapport à autrui.

Si vous vous limitez à ces deux constats : "L'expérience est un phare qui n'éclaire que soi-même" et "notre opinion leur importe peu" évidemment vous risquez de ne pas servir à grand-chose. Mais si vous prenez davantage conscience de ce que vous possédez déjà et si vous développez d'autres instruments de votre être, vous aurez plus d'impacts autour de vous. Sans doute en avez-vous certainement déjà mais vous êtes trop modeste pour les reconnaître. Quand vous racontez dans un autre commentaire vos expériences de vie, il est sûr qu'elles vous ont apporté des qualités dont vous faites preuve actuellement, spontanément et plus ou moins inconsciemment.
Toute l'énergie que vous mettez à répondre dans les blogs sur des sujets très variés montrent bien votre envergure actuelle. Il est fort probable qu'il vous reste encore des espaces à découvrir où l'exprimer de façon plus créative!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 13 septembre 2017

Bonjour Géo,encore un point :
Il est naturel que je publie les commentaires quand ils expriment quelque chose d'authentique.
Quand le sujet devient très personnel, vous pouvez me demander de ne pas le publier. Ou encore mieux, m'écrire directement à mon adresse e-mail :
mf.meuron@bluewin.ch.
ce que certain(e)s ont déjà fait et je réponds toujours, de façon encore plus personnalisée que dans mon blog, quand faire se peut!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 14 septembre 2017

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