26 août 2017

LE DROIT DES ANIMAUX et leurs mises à mort

Eh oui ! Le droit des animaux est une réalité. Il existe même une loi fédérale sur la protection des animaux LPA 455. Il y est stipulé : « La présente loi vise à protéger la dignité et le bien-être de l’animal. ». En France, l’animal est qualifié d’être sensible et conscient.

 


S’il y a tant d’animaux abandonnés ou maltraités, c’est bien que la population n’a pas la culture appropriée et de modèles suffisants forts pour intégrer naturellement cette catégorie d'êtres vivants ; nous ne savons pas faire « un avec » comme savent le faire d’autres ethnies qui les appellent « frères animaux ».

Il en est malheureusement des animaux comme des enfants à venir : quand ils gênent, on les supprime.

Mais pour faire avaler l’acte exterminateur, on l’affuble de termes agréables à l’oreille, ce qui distrait l’esprit des humains. Ainsi, on appellera un avortement une « interruption de grossesse » - que l’on abrège encore en IVG pour faire plus discret - et la mise à mort d’un animal une « euthanasie ». Ces termes actuellement en vigueur évitent de considérer l’acte lui-même, toujours agressif, suppresseur et destructeur et le camouflent sous une appellation amène qui escamote l’essentiel de l’acte.

Comment assouplir la situation? Je vais apporter mes réflexions en ce qui concerne les animaux. Il me paraît judicieux que les instances publiques participent au développement du respect et de la perception sensible des êtres vivants. Dans le même ordre d’idée, il est évident que des modèles avec moult exemples et mises en oeuvre pourraient provenir de nos services officiels. Or, que découvrons-nous ?

Dans les articles de la TdG du 14.08.2017 et du 16.8.2017, nous recevons l’info du mode de procéder de deux services officiels qui, il est à souligner, s’occupent pour l'un  d’espace vert - ce terme représente-t-il vraiment la nature avec toute sa mouvance et sa diversité ?- le SEVE et pour l'autre, d’animaux, le SCAV, service du Vétérinaire Cantonal.

Le premier article : « Deux sangliers et quelques paons ont été euthanasiés ». Le responsable du SEVE rétorque que les sangliers étaient vieux. Voici encore une excuse pour faire passer à la trappe une mise à mort. Un sanglier qui vit dans un espace naturel devrait pouvoir achever son cycle de vie de la même façon. En outre, au niveau éducatif, on rate une occasion d’enseigner le vécu de la mort aux enfants qui visitent le parc. Effectivement, il vaut mieux permettre aux enfants de vivre l’expérience de la mort en premier avec un animal plutôt qu’avec un humain qui est souvent une personne très proche avec qui ils ont créé une relation importante.

« Quant aux paons, ils auraient été trop nombreux pour entrer dans les volières temporaires érigées pour les protéger du risque de grippe aviaire. » Que voilà une explication bien arithmétique pour mettre à mort des oiseaux. Et c’est là que le terme d’euthanasie est galvaudé.

Ce qui est pire, c’est que le responsable de ce service - qui n’est pas le plus simplet de notre république - se contente d’une explication purement pratique pour justifier une exécution d’animaux bien vivants, dont la présence était désirée jusque là depuis un certain temps.

Ainsi donc, nos responsables confirment à quel point un animal n’est qu’un élément sans valeur que l’on peut aisément supprimer sans se faire punir. Et l’explication de la motivation très matérielle montre une fois de plus à quel point la vie n’a pas – ou si peu - de valeur.

En revanche, se procurer une autre volière ou déplacer les paons dans un autre parc eût coûté bien plus cher. Cet aspect est d’autant plus stupéfiant qu’un énorme projet est prévu pour le Bois de la Bâtie d’un montant de 15 millions. Eh oui, QUINZE MILLIONS…

Et le responsable du SEVE de décréter : «Les euthanasies sont décidées par le vétérinaire cantonal». Il peut ainsi s’en laver les mains. Il n’a donc pas à être l’avocat d’animaux sans moyens de défense qui sont dans le territoire qui lui est confié.

Venons-en au Vétérinaire Cantonal : L’article du 16 août nous informe « qu’il n’aurait pas ordonné ces euthanasies » mais il n’en a pas pour autant été mis à l’écart : «Si le spécialiste reconnaît avoir été notifié de ces endormissements et avoir donné son accord , il refuse d’endosser l’acte... ». Voilà encore une tournure langagière : on signe mais on n’est pas responsable des actes, signature juste pour le principe, par le premier répondant d’un service important qui devrait être très conscient de la portée de ses actes. Par conséquent, il est évident que le vétérinaire cantonal ne pratique pas d’abord la défense des animaux et le respect de leurs droits selon la loi qui stipule leur dignité mais plutôt le roulement administratif de son service. Or, il serait bon qu’il prenne en compte qu’un animal qu’on accueille quand cela nous plaît et qu’on abandonne ou met à mort quand il est de trop n’est pas respecté dans sa dignité d’entité consciente et sensible qui a sa place parmi nous.

Dernier volet de l’article qui me laisse songeuse : « La Ville assure remplacer la plupart des animaux disparus par d’autres», déclarait-elle, lundi, dans un démenti officiel. ».

Quand on a une relation avec un animal, on sait qu’il est unique. De plus, il n’est pas un objet interchangeable.

Ce qui est à noter aussi, c’est la formule « La Ville ». Ainsi donc, ce sont des structures et plus des êtres humains qui dirigent nos actes. Du reste, j’ai cherché à atteindre le SEVE et la collaboratrice s’est refusée à donner son nom alors que je m’étais annoncée. Ainsi, le système évite les contacts humains versus humains, où seuls les rôles ont leur importance. Pas étonnant qu’il en soit de même avec les animaux qui n’ont que la fonction qu’on veut bien leur octroyer et qu’on débarrasse dès qu’ils ne la remplissent plus selon les critères des dirigeants.

Commentaires

Voici une exposition intéressante à signaler pour éveiller notre conscience que l'homme et l'animal sont intimement liés:
Paris: Du lundi 28 août 10h au samedi 2 septembre 18h
L' animal aujourd'hui : que savons-nous de lui? (entrée libre)
Organisé par Fondation droit animal, éthique et sciences (LFDA)
Mairie du 5e arrondissement, salle René Capitant - 21 place du Panthéon - 75005 PARIS
75005 Paris Ile-de-France
(Tél : 0147079899)
Le respect pour la vie animale est intimement lié au respect pour l’être humain. L’animal et l’action de l’homme à son égard sont des sujets d’actualité dont l’importance ne cesse de grandir.

Cette exposition a pour objectif d’offrir au public des connaissances qui lui serviront d’outils pour mieux comprendre les enjeux liés à la condition animale. Elle est présentée par la Fondation droit animal, éthique et sciences (LFDA) à l’occasion de ses 40 années d’existence.

L’exposition a également pour ambition de lutter contre les dogmatismes et idées reçues en présentant des éléments factuels ainsi que les considérations éthiques qui nous poussent à véritablement prendre en compte les besoins et intérêts des animaux. Un juste équilibre entre les êtres vivants qui peuplent la terre doit être trouvé. En complément de cette expo: présentation de dessins animaliers de Brigitte Renard, artiste qui a souvent mis son pinceau au service de la cause animale. Ses dessins, souvent proches du photoréalisme, ravissent l’œil par la minutie de leurs traits.

Cette expo sera ensuite itinérante, montrée dans les universités, écoles vétérinaires et agronomes.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 27 août 2017

Chère Madame de Meuron,

Ce message est hors sujet, mais je me permets de vous l'adresser car j'apprécie énormément vos articles, en espérant que grâce à votre blog et/ou vos relations vous pourrez contribuer à informer la population genevoise pour qu'elle signe notre pétition et nous aide à sauver de la destruction ce petit bijou architetural qu'est le Jeu de l'Arc.

Ce superbe bâtiment fait partie de notre patrimoine, de notre culture et de nos racines et il faut absolument le sauvegarder. Il ne nous appartient pas, mais nous a été confié par nos ancêtres pour le transmettre à nos descendants.

Merci par avance d’en parler autour de vous et de faire tout ce que vous pouvez pour nous aider, car il est bien difficile de lutter seul contre le rouleau compresseur qui s'en prend désormais à notre patrimoine architectural:

https://www.change.org/p/antonio-hodgers-sauvons-le-jeu-de-l-arc-des-d%C3%A9molisseurs?source_location=minibar

et aussi:

https://www.facebook.com/contrelenlaidissement

Chaleureuses Salutations!

Écrit par : Arthur | 29 août 2017

Bonjour Arthur,
Je publie volontiers votre information + appel.
Elle n'est pas si hors sujet dans la mesure où il s'agit aussi d'une mise à mort sous un prétexte qui se veut certainement valable.
D'autre part,cette dynamique de destruction, que ce soit d'un paon ou d'un bâtiment qui se dressent dans notre canton montre à quel point on ne sait pas composer avec ce qui est mais qu'on impose à notre territoire une dictature selon les dogmes du jour, sans tenir compte de la pérennité.
Cela me rappelle cette merveilleuse arche formée par des arbres sur la route qui monte depuis le Rondeau de Carouge vers Drize et qui a été abattue pour élargir une étendue d'asphalte.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 29 août 2017

Chère Madame,

Un grand merci pour votre aide. En effet, vous avez parfaitement raison dans ce cas aussi il s'agit d'une "mise à mort" inutile.

Sachez que je partage totalement votre avis sur les animaux. Il faudrait aussi qu'on fasse une pétition pour que ça ne se reproduise plus.

C'est bien de cela dont il s'agit: une dictature qui ne pense ni à l'avenir ni à la culture. A ce train-là, un jour on nous dira qu'il faut bétonner nos parcs pour construire des HLM. La croissance infinie est impossible sans conséquences, mais ça nos "élites" bien-pensantes ne veulent pas en entendre parler.

Encore merci pour votre soutien.

Bien à vous.

PS: les arbres de la route de Drize me manquent aussi beaucoup!

Écrit par : Arthur | 30 août 2017

Chère Madame de Meuron,

votre article me laisse en questionnement.
S'il existe ce droit des animaux, c'est qu'il existe des êtres humains, avec un niveau de conscience suffisamment élevé pour prononcer et tenter de mettre en place un tel droit face à une ignorance générale.
Alors, pour sortir des constats décevants..
Je me demande :
il doit bien y avoir des groupes ou associations en marche pour soutenir ce droit des animaux et pour sensibiliser le rapport être humain et animal ?
Il doit bien aussi y avoir des preuves de petits pas en avant vers plus de considération pour les animaux et le rapport humain-animal..

Justement j'ai par exemple appris aujourd'hui qu'il semblerait que certaines institutions reconnaissent de plus en plus le bénéfice thérapeutique d'un travail avec les chevaux, notamment en EMS.
C'est peut être un exemple que des choses changent petit à petit.

Écrit par : AD | 02 septembre 2017

Grand merci, chère AD, pour votre questionnement fort pertinent.
Effectivement, il existe beaucoup d'îlots de sensibilité à l'animal mais le courant général officiel et citoyen donne de loin davantage de priorité aux humains, aux règlements, au confort, à la facilité (un animal est comme un petit enfant en ce sens qu'il dérange et nécessite de la compréhension et des soins, ce qui prend du temps et de l'argent souvent prioritaires dans les temps qui courent.)

Vos suggestions m'ont guidée sur internet.
J'y ai trouvé que certains chevaux, au lieu d'être amenés à l'abattoir pour le confort de leurs propriétaires pouvaient rejoindre un EMS pour chevaux.
http://www.dany-schaer.ch/reportages/animaux/ems-chevaux_ranch-du-saule_combremont.htm

J'y ai appris aussi le terme d'EQUICIE et d'EQUICIEN.
https://www.lescrinsdesliens.fr/?page_id=2
où le cheval est médiateur entre un thérapeute et un handicapé.
Voilà de quoi développer aussi la sensibilité des humains grâce aux animaux.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 03 septembre 2017

Bonjour Marie-France,

De passage à Paris et musardant dans le Quartier latin, j'ai fait un saut à la mairie du Ve pour voir l’expo que vous recommandiez. Un jeudi en plein milieu d’après-midi, nous étions moins d’une dizaine. Moins d’affluence que pour l’expo Vermeer…

L’expo est aussi austère que le Panthéon voisin, rien d’interactif pour intéresser des jeunes, c’est bien le seul reproche que je pourrais lui faire. Une série de panneaux didactiques, alignés sur les parois, fort bien faits d’ailleurs… La lecture en demande pas mal de temps, la compréhension un certain niveau de connaissances, c’est toujours le problème des expos spécialisées qui intéressent surtout les convaincus et les convertis.

L’aspect juridique prévaut, on apprend beaucoup sur les progrès de la jurisprudence (du moins dans nos sociétés) et sur la condition et la place réservées à nos frères dits inférieurs, les animaux d’élevage, de compagnie, les animaux des zoos, des cirques… Aucune problématique n’est laissée de côté (dressage, chasse, corrida, pêche industrielle…). Cela sent un peu le bénévolat laborieux, on se doute bien que « Chasse, pêche, nature et traditions » n’a pas sponsorisé…

Faut bien l’avouer, on en ressort un peu miné, mesurant le hiatus entre les lois votées et ratifiées et les réalités du terrain, avec un sentiment de combat d’arrière-garde ; le point de non-retour est dépassé et toutes ces bonnes volontés ne pourront rien contre l’avalanche démographique et consumériste qui nous attend. Un seul espoir : que le sous-continent indien reste végétarien et ne suive pas l’exemple de ses voisins… Je me répète, il faudrait que cette expo puisse s’adresser à des scolaires accompagnés de « passeurs » et de conférenciers pédagogues pour la rendre plus vivante, qui sachent les intéresser, cela doit exister.

En empruntant un méchant escalier (casse-gueule), on gagne une mezzanine où sont exposés entre autres des huiles de la bien nommée Brigitte Renard : bien, très réalistes (trop ?) mais dans le genre animalier, on peut préférer Hainard.

De Paris, bien à vous.

Ps Pour AD : connaissez-vous Oscar, le chat medium ? Un auxiliaire compassionnel hors-pair pour les phases terminales...

http://lescheminsdelintuition.com/un-chat-medium-nomme-oscar/

Écrit par : Gislebert | 05 septembre 2017

Bonjour Gislebert,
Je suis très touchée que vous nous saluiez depuis Paris.
J'apprécie beaucoup votre compte-rendu fort précis de votre visite de l'exposition que je n'ai pas eu le loisir d'aller voir.
En revanche, j'ai assisté au colloque "le spécisme en question(s)" à Genève.
Egalement très bien organisé, avec des conférenciers très engagés tant dans leurs recherches (des universitaires doctorants ou enseignants) que dans leurs déterminations personnelles.
Effectivement, comment faire passer toutes ses prises de conscience rationnelles dans des prises de conscience sensorielles et sensitives. On reconnaît que l'animal est douée de sentience. Que faisons-nous pour éveiller la sentience des occidentaux tant rationnels et fixés sur leurs ordinateurs ou leurs smartphones?
Chaque été, c'est le même combat contre les abandons d'animaux. On se donne bonne conscience - encore avec des arguments rationnels - de les confier à un refuge. Mais les refuges sont débordés et, quand ils ne savent plus que faire des lapins par exemple, ils les mettent à mort. Ou encore, on les abandonne dans la nature alors qu'ils ne sont pas préparés pour y vivre et s'y défendre.
Ou encore on les confie à des connaissances et on ne revient pas les chercher.

Un autre type de réaction est de mettre des affichettes pour exprimer son mécontentement, comme se fut pour l'extermination du trop-plein des paons du Bois de la Bâtie, par manque de place dans une volière a-t-on pu lire dans la TdG.

Intéresser est un premier pas. Faire ressentir ce que vit un animal en étant soi-même présent à son propre ressenti est une autre dimension à développer.
J'ai fait l'expérience de vouloir prendre une cage à lapins à un marché campagnard dans mon village, afin de sensibiliser les villageois au contact d'un animal vivant. Ce fut les hauts cris de la réceptionniste du Service du Vétérinaire Cantonal (SCAV) qui me fit toute une leçon sur la délicatesse des lapins. De plus, alors que je cherchais à rendre service à la population, j'aurais dû payer 100 F en demandant une autorisation (pour 3h que durait le marché) que je n'aurais même pas été sûre de recevoir. J'ai dû me contenter de présenter une cage avec des lapins en peluche.
Et c'est ce même Vétérinaire Cantonal qui effectue un séquestre et laissent des lapins dans des cages métalliques pendant environ 3 h, sans foin, sans eau, sans graines, sans pain sec et leur fait faire un trajet à l'autre bout du canton, dans une remorque bien fermée, eux qui vivaient dans un lieu protégé où ils pouvaient se déplacer librement. Là aussi, le système revient à une stricte rationalité de l'acte à effectuer.

Seulement voilà, pour être présent à son ressenti, il faut du temps, comme pour l'eau qui coule alors que le mental travaille à la vitesse de l'électricité.
Et puis, avec la raison, on se contente de quelques arguments alors que si on prenait le temps de ressentir ce que notre être accueille, d'autres dimensions de nous bien plus vivantes apparaîtraient et ce serait du temps de gagné pour notre croissance personnelle.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 06 septembre 2017

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