11 juillet 2017

La Médecine est un tout

Si on veut la restreindre à une science qui s’appuie sur des techniques, on la réduit et aucune loi ne pourra contenir les prix qui augmentent au fur et à mesure des progrès qui ne sont, du reste, que limités à certaines maladies ou à certains soins.


Dans le Temps, un article de 2014 déjà parlait de la malédiction qui pèse sur la LAMAL. La loi n'y est pour rien, ce sont les intentions sous-jacentes qui l'ont conçues qui en ont fait une entité maudite.

Différents concepts sont erronés dès le départ:

La LAMAL est comparée avec l'AVS, ce qui est inopportun dans la mesure où nous payons l'AVS avec de l'argent que nous récupérons par une rente sonnante et trébuchante.

Il en va tout autrement d'une assurance maladie que l'on paie avec de l'argent mais, qu'en retour, nous recevons des prestations qui dépendent de moult facteurs et dont la valorisation est très subjective.

Si l'AVS est de l'ordre financier et dépend de professionnels de l'économie, il n'en va pas de même de la LAMAL qui est d'ordre médical mais où des amateurs dans le monde thérapeutique donnent leurs doctes avis, alors que leurs bagages sont économiques, juridiques, politiques voire sociologiques. Nantis du pouvoir octroyé, ils utilisent des termes qui seront largement repris, bien qu'inappropriés, pour faire passer leurs décisions.

Ainsi donc, on cherche à amadouer le peuple en parlant de solidarité. Or, une solidarité imposée n'en est pas une. De plus, face à un malade, on peut se sentir solidaire de sa souffrance mais c'est un abus de parler de solidarité quand il s'agit du porte-monnaie. La compassion nécessitée par l’une est bien distincte de celle qui pourrait s’exprimer pour l’autre !

Dans le même ordre d'idée, on parle des coûts de la SANTE. Or, il s'agit des coûts des prestations remboursées par l'assurance; l'usage du terme santé correspond vraiment à un abus de langage. C'est faire fi de tout ce qui participe au maintien ou au recouvrement de la santé. Cette loi ne s’appuie pas sur les différentes bases de la santé que sont l’hygiène, la nutrition, le mouvement, l’équilibre social et psychique. L’OMS a donné cette définition qui n’a pas changé depuis 1946 : « La santé est un état de bien-être complet physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité ». Si la santé était la clef de voûte de la LAMAL, la juriste présidente de la commission qui convoque les médecins « hors-la-loi » n’aurait pas pu rétorquer à un médecin qui citait cette définition : « Vous vous occupez de la santé, nous nous occupons de la maladie. Par conséquent, vos consultations n’ont pas à être remboursées au-delà d’une certaine limite établie selon les statistiques annuelles par patient.

Il apparaît donc clairement qu’une loi qui ne s’appuie par sur des fondements universels ne peut être que chancelante et aboutir à des excès de tous genres, où chacun tire la couverture à lui. (C’est peut-être pour cela qu’on parle de la couverture des soins!)

Comme l’exprime si bien l’article du Temps, « l’assurance maladie est la matrice du système de santé? On s’y accroche par dépit, faute de réelle alternative ». Cela confirme que c’est bien un système financier qui dirige la Médecine, et non pas des principes de l’Art Médical avec l’être humain au centre.

L’article décrit aussi très bien l’état actuel : « La Suisse, disent nombre de professionnels, a laissé se construire un paysage sanitaire trop morcelé, devenu incontrôlable ». La preuve en est que la médecine est devenue une pratique de spécialistes donc un ensemble d’électrons qui ne sont que très peu reliés à l’atome central. Les traitements morcelés donnent des prescriptions qui s’additionnent, des examens qui se superposent, d’où l’augmentation des coûts. Si l’âge des malades y est pour quelque chose, c’est aussi qu’avec l’âge, les patients deviennent plus dociles !!!

L’Art Médical est un univers complexe et le codifier dans une loi basée sur des principes financiers ne peut que rester un casse-tête pour tous les gouvernements – de gauche ou de droite – qui s’en mêlent et s’y emmêlent.

Commentaires

Pour compléter la définition de l'OMS, j'ajouterai pour sourire celle de Jules Romains :
"La santé est un état précaire qui ne laisse rien présager de bon." :)))

Bonne fin d'après-midi.

Écrit par : Gislebert | 11 juillet 2017

Je ne connais pas l'état de santé de Jules Romains, Gislebert!
Ce qui est évident, c'est que la santé dépend de plusieurs facteurs, certains plus prioritaires que d'autres. Elle est aussi un reflet de nous-mêmes. Si nous sommes vulnérables et nous laissons envahir par tout agresseur qu'il soit climatique ou affectif, alors oui, nous basculons vite dans la maladie. Si nous sommes vigilants à développer nos capacités, alors nous savons jouer des agresseurs.
Un exemple : Si on vous donne un coup de poing sur le thorax, vous basculerez si vous rentrez les épaules mais si, on contraire, vous bombez le torse, l'adversaire ne pourra qu'être surpris voire déstabilisé lui-même.
Si notre énergie vitale est bonne, que nos "batteries" sont bien chargées, une perturbation ne nous bousculera pas. En revanche, si nous sommes affaiblis voire en convalescence ou encore sous le choc d'une peur ou d'un chagrin, alors l'organisme pourra plus vite se déséquilibrer, d'où précarité.
etc
Je laisse aux commentateurs le soin de trouver d'autres exemples qui précarisent la santé ou alors qui la renforcent, ce qui équilibrerait la définition de Jules Romain!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 11 juillet 2017

"Je ne connais pas l'état de santé de Jules Romains, Gislebert!"

Pour info, le Jules Ropmains dont il est question est l'auteur de Knock, des Copains ou des Hommes de Bonne Volonté. Mort en 1972, son état de santé ne doit plus lui poser de problèmes !! La tirade est d'ailleurs tirée de Knock ou le Triomphe de la Médecine. Toujours joué, toujours d'actualité.

Écrit par : Gislebert | 11 juillet 2017

Bonjour Madame de Meuron je me permets de revenir sur un sujet qui me tient à cœur
en effet pour quelles raisons la médecine d'autrefois semblait attirer tant de généralistes et pas des moindres si l'on se réfère aux souvenirs fabuleux qu'ils ont tous même parmi les psychiatres laissés à leurs patients
C'est qu'ils étaient tous descendants de la haute noblesse du canton
Ils respectaient une tradition qui n'a plus cours de nos jours et pour causes la noblesse n'étant plus aussi respectée qu'autrefois c'est à dire que chaque famille devait avoir un médecin ,un avocat et un curé
De fait tous étaient des gens forts respectables et ce sont ces gens là qui nous ont servi de modèles malgré eux
En bons paternalistes ils nous ont appris le respect et les vraies valeurs humaines
La médecine a perdu ses repères avec la disparitions de tous ces toubibs -Il suffit de voir ce qui s'est passé par la suite c'est comme si tous les hôpitaux du la région voulaient aussi les suivre dans la tombe
On peut critiquer la vraie Bourgeoisie de l'époque mais elle au moins aura su contaminer les moins favorisés par sa noblesse de cœur et d'esprit
Très belle journée pour Vous Madame

Écrit par : lovejoie | 18 juillet 2017

lovejoie,

On a connu cette époque.
BSL (Bonne Société Lausannoise) également.

Sans oublier les visites de famille.

Une petite fille refusant de manger son porridge le médecin d'enfants mis au courant arriva dans la famille sans crier gare.
Table du petit déjeuner en... vitesse! mise au jardin.

Petite fille sur les genoux du médecin (en aucun cas pédophile).

La fillette comprend sur le champ la raison de la visite.

Comment distraire le médecin... qu'il puisse penser è autre chose qu'au porridge?

La fillette minaude:

"Docteur! quelle jolie cravate, vous avez..."!

Le Dr éclate de rire et dit. "Sans doute, ma petite chérie, sans doute mais... voyons notre porridge.

Il le goûte, la petite fille le regarde très attentivement.
Le médecin ne retient pas une légère grimace.
Médecin et fillette se regardent...

Le médecin se lève et se poste devant la fenêtre de la cuisine où se tient la grand-maman et...il lui dit de laisse tomber le porridge en essayant de préparer pour l'enfant de bonnes tartines de beurre avec du miel.

Mission accomplie, plein succès.

Bonne soirée, lovejoie.

Écrit par : Marie de Koriacis | 18 juillet 2017

@M d Koriacis ils étaient beaucoup plus réalistes très intuitifs et fins psychologues
C'était une autre espèce on en est presque parfois à se frotter les yeux en se demandant si ce qu'on a vécu était bien réel
Seules les cicatrices peuvent par temps changeant prouver qu'on était bien vivants
Bonne soirée à Vous aussi

Écrit par : lovejoie | 18 juillet 2017

@M d Koriacis Vous dites avoir eut envie d'être nonne et hier soir j'ai pensé mais c'est le ciel qui te parle enfin
En effet Sœur Sofia était mourante dans la chambre d'a côté de mon père lui aussi à l'article de la mort tandis que dernièrement j'ai tenté de retrouver une tante moniale qui est peut-être ma vraie mére ce qui expliquerait beaucoup de choses et puis de guerre lasse je suis passé à un autre sujet plus concret et actuel
Autant laisser le passé dormir en paix et se consacrer au moment présent
Pour en revenir aux anciens médecins ils avaient évité le pire c'est à dire devoir courir pour des gens ayant somatisé suite à des émissions TV
Ou ceux qui ne seront jamais autant malades que lors des vacances de leur médecin traitant ou ceux qui souffrant d'un CA en plein traitemenst se mettent à suivre les conseils d'un gourou qui lui répondra toujours présent avec pour seuls résultats d'être complètement désorientés et plus souffrants
On ne peut pas dire que le virtuel facilite la vie de tous les jours aux jeunes médecins qui n'ont pas acquis leur ressenti face aux patients qui ne savent pour beaucoup plus cultiver la patience
Très bonne journée

Écrit par : lovejoie | 19 juillet 2017

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