06 juillet 2017

La Politique dirige la Médecine

Elle en a le pouvoir puisque le système nous a fait voter la LAMAL.

Mais elle n’en a pas les moyens, et s’appuie, avec assurance (double sens!) sur les chiffres que lui fournissent le système économique et les statistiques.


Elle donne alors les pouvoirs aux assureurs qui ne détiennent pas non plus les moyens de juger de l’efficacité des médecins - article qui se trouve pourtant dans la LAMAL - et qui fait passer la profession indépendante du médecin à celle d’un employé qui doit se soumettre aux règlements basés sur des calculs. Sinon, cet employé perd son droit d’être payé par ses patients – assurés obligatoires - et son activité de médecin de médecine de base.

L’article publié dans Le Temps nous illustre ce que j’affirme ci-dessus.

Ce n’est donc pas à la confrérie médicale de s’organiser mais c’est le système politico-économique qui s’impose en s’appuyant sur des chiffres et non pas sur les besoins de traitements de la population avec une intégration de toutes les thérapies possibles afin de pratiquer le geste adéquat au moment opportun.

J’en veux pour preuve : «  Il – le Conseil Fédéral- suggère de revoir les exigences à la hausse en matière de formation et de qualité des soins (exigences qui seront forcément arbitraires ou encore prioritaires au détriment d’autres nécessités dépendant du malade), d’accorder davantage de pouvoir de contrôle aux assureurs et de laisser aux cantons certaines libertés pour intervenir. »

Je rappelle que c’est le peuple qui a voté la LAMAL mais dans une telle déclaration, on constate qu'il n’a aucun mot à dire quant à l’organisation des soins.

Les médecins un peu plus mais ils sont limités par des exigences arbitraires économiques alors que l’art médical devrait primer de beaucoup, d’une part pour son efficacité, d’autre part pour son économicité . Après l’établissement de la Loi – LAMAL - on instaure le système policier des assureurs qui, forts des chiffres de la statistique, cherchent à éliminer les médecins en les questionnant de façon passablement inquisitrice pour capter le mot où la phrase qui permet de justifier des sanctions ou un chantage (on vous réclame peu mais vous vous récusez). Aucune investigation n’est faite sur le rapport efficacité-économicité autrement dit le rapport qualité-prix.

Ou alors, le juge qui s’ensuit demande au médecin de donner les preuves, ce qui est très difficilement exécutable pour différentes raison.

Autre § éloquent : « Le Conseil fédéral veut aussi fixer des critères de qualité. Pas seulement pour les nouveaux venus mais pour l’ensemble des médecins. Ces derniers devront par exemple participer à des programmes spécifiques sur la qualité des soins, livrer des données, signaler leurs erreurs. Là aussi, ce sont les assureurs qui seront tenus de veiller au respect de ces nouvelles exigences. Et ils pourront sanctionner les mauvais élèves. »

Ainsi donc, les assureurs reçoivent un mandat de toute-puissance : surveiller, contrôler, juger et sanctionner. Est-ce vraiment leurs rôles, eux qui sont mandatés fondamentalement pour gérer les finances des assurés ? N’y aurait-il pas une loi pour montrer que le système s’arroge des droits hors-la-loi? On peut se croire en « état d’urgence » où un gouvernement se met à tout contrôler. C’est vrai que l’état d’urgence a une certaine réalité quand on voit les primes augmenter. Mais ces primes ne sont que le reflet du tournant qu’a pris la médecine conventionnelle, tournant dit scientifique qui se détache de l’art médical, et dont les recherches coûtent très cher et se répercutent sur les dépenses, par conséquent sur le contribuable à qui on ne demande pas son avis. Car si on le lui demandait, il vous dirait comment il soigne nombre de ses maux, de façon plus efficace et moins dispendieuse que celle proposée par la médecine « remboursée ».

Cette médecine est excellente quand elle requiert des traitements très techniques mais pas pour la médecine précoce qui corrige les déséquilibres avant qu’ils ne prennent trop d’ampleur et nécessite alors réellement un spécialiste, à savoir un protocole très rigoureux.

Le fait de la pénurie des médecins de premier recours est éloquente puisqu’il n’y a plus de formation donc de place pour eux dans la pratique précoce. Si un médecin enseigne à un malade comment rectifier ses erreurs pour ne pas entretenir sa maladie, les économistes des assureurs ne tolèreront pas le nombre des consultations nécessaires et le sanctionneront.

Plus loin dans l’article du Temps, on peut lire : «En cas de hausse massive des coûts dans une spécialité, l’admission de tout nouveau fournisseur de prestations pourra être bloquée ». L’insuffisance de la planification est patente : on attend une hausse massive des coûts pour agir. Et la sanction : on bloque. Rien n’est proposé pour que les médecins eux-mêmes soient organisés pour réfléchir quant à l’évolution de leurs pratiques. Le système politico-économique n’ose pas toucher au corps médical mais se pose en gendarme et juge. Et on s’éloigne complètement des malades, on ne tient pas compte de toutes leurs expériences ni de leurs bons-sens. Car ils en ont des choses à dire sur les gaspillages dont ils sont les témoins ! Cela me rappelle mon facteur qui présentait quelques irrégularités de rythme cardiaque et qui a coûté 4000 f à sa caisse-maladie pour s’entendre dire qu’il n’avait rien. Evidemment, maintenant on prêche le principe de précaution mais si un médecin était formé non seulement techniquement mais aussi dans l’observation sensible du patient, il saurait diagnostiquer de façon souvent bien plus précise – donc avec moins d’erreurs ou de temps perdu, ce qui coûte cher à la communauté - en quoi le patient dévie de sa santé. Ce type d’examen du patient est beaucoup plus développé dans d’autres médecines porteuse d’une réelle tradition et qui ne se sont pas écartées de l’art médical, tout en affinant leurs thérapies et en sachant faire recours à la médecine académique en cas de réel besoin, ce que l’inverse s’avère franchement moins fréquent...

Est-ce que les partis politiques divergent réellement entre eux quant à la perception du problème catastrophique de l’augmentation des primes ? Je cite : «La droite va tenter d’imposer la liberté de contracter. C’est-à-dire qu’elle veut laisser aux assureurs la possibilité de choisir les médecins qu’ils remboursent ». Ainsi, donc la droite mandaterait aussi les assureurs comme juges et policiers pour atténuer les coûts mais ne propose rien pour stimuler les médecins à développer leurs capacités curatives selon les besoins des patients – ce qui permettra d’ajuster bien des situations avec des moyens adéquats – plutôt que d’être des salariés dociles.

Du côté des socialistes, nous trouvons l’avis d’un conseiller vaudois : « C’est surtout le rôle attribué aux cantons qui compte ». Rien ne dit que les cantons ne vont pas aussi utiliser la voie économico-assécurologique….

 

Commentaires

Excellent billet prouvant qu'une profession comme celle de médecin ne peut être confiée à des Politiciens qui associés au mot écologique manquent tout simplement de logique humaine
Ah les statistiques que d'erreurs déjà commises en leur nom !

Écrit par : lovejoie | 06 juillet 2017

« Ce type d’examen du patient est beaucoup plus développé dans d’autres médecines porteuses d’une réelle tradition et qui ne se sont pas écartées de l’art médical, tout en affinant leurs thérapies et en sachant faire recours à la médecine académique en cas de réel besoin, ce que l’inverse s’avère franchement moins fréquent... »

Bien d’accord avec vous, Madame, pourquoi opposer les médecines traditionnelles à la médecine académique, telle qu’elle nous a été enseignée. Leur diplôme en poche, des camarades, plus curieux, se sont orientés vers des disciplines dites alternatives, souvent avec bonheur (le leur et celui de leurs patients).
Ils n’ont pas pour autant renié les bases de leur enseignement.

J’ajouterai, mais c’est une opinion toute personnelle, qu’ils sont souvent des confrères plus « humainement » intéressants à fréquenter (en marge de congrès ou lors de réunions de volée par exemple), avec lesquels on peut discuter d’autre chose que de la valeur du point, de leur chiffre d’affaires ou de procédures opératoires…

Sur l’art de la médecine (médecine : art ou science ?), il y aurait beaucoup à débattre. Mais là, je serais nettement hors sujet. Une suggestion pour un autre billet peut-être: les rapports des médecins et des artistes. A moins que vous ne l'ayez déjà traité, je débarque...

Bien à vous.

Écrit par : Gislebert | 07 juillet 2017

J'apprécie beaucoup votre témoignage bien vivant et vous en remercie.
Grand merci aussi pour votre suggestion d'un autre billet "rapports des médecins et des artistes". Avez-vous quelques jalons ou pistes à me transmettre?
Effectivement, c'est un sujet que je n'ai pas encore traité.
Conduirait-il au sujet "médecin artisan ou artiste" ?!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 07 juillet 2017

La médecine, art ou science ? En tous cas, pas une science exacte, cela se saurait, même si la technologie envahit tout son domaine et qu’elle s’appuie sur des procédures dérivées des sciences dites « dures » plutôt qu’exactes (le terme est contesté même par les matheux, mais on se comprend…).

L’art du diagnostic se base sur la sémiologie et l’examen du patient, ce qui permet d’établir un traitement, je ne vous apprends rien. La Faculté parle d’art de la médecine. Elle entend par là peut-être introduire dans le concept l’impondérable, la part d’humanité et de capacité d’écoute du praticien, qui ne vont pas forcément de soi. Le médecin est-il pour autant un artiste ? Je ne le crois pas, sauf s’il est parallèlement premier violon dans un orchestre symphonique ou dans un quatuor à cordes… Plus sérieusement, une internaute a livré sur le réseau cette parabole très réductrice :

L’acoustique est une science. La musique est un art, la lutherie une technique. Les médecins sont des techniciens.

La dame devait être fâchée avec ses toubibs… De toute manière, la limite art-technique est bien floue… Même Raphaël, même Mozart ont dû faire leurs gammes. Il faut avoir suivi l’anamnèse bien conduite d’un patient par un de nos maîtres, au lit du malade, pour comprendre qu’il y a davantage que de la technique pour appréhender la maladie et fonder le diagnostic. La plupart n’étaient pas des mandarins imbuvables et montraient de réelles qualités humaines.

La question : pourquoi les médecins sont-ils attirés par les arts ? mériterait aussi un développement. Pour une autre fois, je m’en voudrais de monopoliser votre blog (et puis j’aimerais aussi profiter du beau temps avec mes petits-enfants).

Bonne journée.

Écrit par : Gislebert | 07 juillet 2017

Discutant avec le médecin qui mit au monde deux de mes enfants j'en arrivai à lui dire que je n'aimais pas la couleur rouge,
Il regarda mes mains avec comme un point d'interrogation passant sur son front quoique sans rien dire.
De retour chez moi, une ou deux fois, je me demandai pourquoi il avait regardé mes mains et ce n'est qu'un peu plus tard en lavant une assiette que je réalisai que mon vernis à ongles était... rouge cerise.

Pourquoi cette incohérence fut le début d'un long, long processus... en ces temps heureux où les médecins travaillaient également selon leur sens de l'observation, intuition, et... temps

sans en rien être contrôlés.

Techniciens, artistes, artisans...

Inspirés, selon! Dr Paul Tournier, Genève.

Les patients devraient participer au combat pour préserver la santé à commencer par la santé mentale, l'affectif, le sentiment essence de l'être! car à part les situations de contamination, accidentelles (et encore!) nombreuses nos maladies qui atteignent notre être subtil en premier... sans oublier, dernier non moindre, le statut social du patient.
(Ses disciples, notamment en Palestine, reprochaient à Sigmund Freud de ne pas tenir compte du statut social de ses patients).!

Je souligne les accidents car on découvre parfois que tel accident, pas tous, évidemment, mais que quelques-uns ne sont pas du tout arrivés par hasard.

Ou inconscientes tendances suicidaires.

Écrit par : Marie de Koriacis | 07 juillet 2017

Gislebert, Merci de prendre du temps avec nous avant votre promenade sacrée!
Je désire revenir sur votre crainte de monopoliser car elle dénote d'un certain esprit de modestie qu'il serait bon de ne pas confondre avec l'humilité (dont l'étymologie vient de Humus, donc proche de la terre)! Ce qui me semble adéquat, c'est de prendre sa juste place.
Dans un sujet que vous connaissez particulièrement bien, où vous avez consacré beaucoup de temps et d'énergie, il est normal que vous ayez des éléments variés et consistants à nous apporter. Et cela prend, par la force des choses, un certain espace.
De plus, nous découvrons que vous êtes grand-père, donc forcément père et que cet état correspond à beaucoup d'expériences et d'enrichissement affectif. Il est donc normal que vous ne puissiez pas vous glisser par le trou d'une serrure!
Et puis, vous ne prenez la place de personne car chacun-e peut prendre ici l'espace qui lui correspond, s'il reste dans la galaxie proposée!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 07 juillet 2017

Je vous suis très reconnaissante, Marie de Koriacis, pour votre témoignage très instructif et vos différentes informations et réflexions.

Je cite : "Les patients devraient participer au combat pour préserver la santé".
C'est évident et pourtant, peu de personnes, que ce soit en famille ou à l'école, n'enseignent une telle étude avec toute la réceptivité qu'elle nécessite. On enseigne plutôt à faire vite et efficace. Si un enfant contemple quelque chose, on entend souvent lui dire : "tu rêves ou quoi?" d'un ton peu amène.
Le prochain programme de Holistica, 5e salon de la Revue Recto-Verseau, qui aura lieu du 22 au 24 septembre à La Praille (Genève), aura pour un des thèmes "coacher notre vie". Il y a effectivement moult éléments à développer, tant pour percevoir les signaux de notre être que pour en capter les intuitions afin de rectifier nos déséquilibres. Chacun sait qu'un problème bien posé est à moitié résolu car il nous place dans l'espace adéquat pour le résoudre.

Les accidents peuvent souvent être comparés comme des ruptures avec notre ange-gardien. Si on leur pose la question, certaines personnes savent retrouver dans quoi ils étaient plongés au moment de la rupture. Un de mes patients, d'âme très mélomane était tellement pris par une musique mise dans sa voiture qu'il ne fit pas attention en sortant de chez lui et une voiture lui rentra dedans. Plus tard, chez lui dans son salon, il reprit le morceau et put accueillir pleinement le bouleversement de son âme à cette écoute.

Les chocs affectifs laissent effectivement des "kystes" de souffrance dans l'être et peuvent générer, à la longue, des cancers par exemple. Surtout si on les étouffe avec des phrases banales comme "c'est la vie", "il faut bien passer par là" sans être à l'écoute du choc profond que l'on a enfoui dans son subconscient.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 07 juillet 2017

Rappel aux commentatrices et commentateurs. Merci de rester dans le sujet de la note. Même si vos commentaires sont sympathiques et intéressants, il vaut mieux qu'ils ne nous distraient pas trop!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 07 juillet 2017

La raison pour laquelle je parlai religion, a priori non en rapport direct avec le thème sur la médecine est que la délivrance de sept démons concernant la guérison de Marie-Madeleine, des évangiles, correspond à ce que la psychanalyse appelle "abréaction"!
De même la guérison d'une fillette que Jésus ne rencontre pas... suite à son entretien avec la mère (la Cananéenne) Jésus lui dit qu'elle peut aller, que sa fillette est guérie.
ou Françoise Dolto qui est au chevet d'une femme qui vient de mettre au monde un bébé très malade.
La mère parle de ses problèmes à F. Dolto, s'épanche, se laisse aller, pleure

lorsque Françoise Dolto, qui était très croyante et pensait que la religion bien comprise est un atout pour la santé, retourne auprès du bébé, il est guéri.
Un peu plus tard Françoise Dolto dira é la mère que le corps de son enfant disait le mal qu'elle, la mère, ressentait, la peine, tout en gardant tout pour elle.
Les médecins traitèrent Dolto de folle jusqu'au moment où le personnel infirmier, suivant Dolto, fut en mesure de réaliser et prouver la justesse de ses recherches à ce sujet.

Rivalité entre médecins, François Dolto toute jeune médecin (encore peu de femmes à l'époque) les médecins cherchèrent en quoi lui nuire et... s'en prirent à son poids excessif!

Pour confirmer mon autre commentaire:, Madame de Meuron, que vous aviez apprécié, les patients devraient se mobiliser pour sauvegarder la médecine qui n'est pas celle du commerce, des lobbies...

En France, la nouvelle ministre de la santé par loi, nouvelle mode, tout par loi, désormais, fait le projet de passer des trois vaccins obligatoires à onze... ces nouveaux vaccins imposés: mesure intrusive et contraignante.

Delphine Batho, ancienne ministre virée par F.Hollande pose la question d'un possible rapport avec le lobby pharmaceutique.

La démarche de Jésus (de Srinagar) passant du judaïsme au bouddhisme, suivie, sans le savoir par tant de chrétiens, n'est en rien étrangère à la médecine.

Dans les antichambres de Freud, lequel Freud appelant "profanes" les psychanalystes non médecins... combien de patients atteints de névrose chrétienne!?

La psychanalyse par l'approche des pulsions est toujours en rapport avec les croyances, ou non, des analysants (patients).

On pense aussi que les guérisons pèérées par le Jésus des évangiles pouvaient d'abord concerner le mental ou comportement des malades tel ce paralytique guéri par Jésus et qui l'entend lui dire que s'il retombait dans son péché (aujourd'hui on parlerait problèmes ou conflits) il retomberait plus malade encore.

On voit mal nos médecins avoir le temps d'aborder leurs "clients", désormais, en toute paix, sérénité et temps... contrôlés comme ils le sont en tout.

Écrit par : Marie de Koriacis | 08 juillet 2017

Merci beaucoup, Marie de Koriacis, pour le soin mis à apporter votre participation à la discussion.
Le hasard fait bien les choses : Le Temps publie aujourd'hui même! un article concernant "Les rêveurs de la Bible interrogés par la psychanalyse"
https://www.letemps.ch/culture/2017/07/07/reveurs-bible-interroges-psychanalyse?utm_source=Newsletters&utm_campaign=bf9ff584b5-newsletter_alaune&utm_medium=email&utm_term=0_56c41a402e-bf9ff584b5-109452437

D'autre part, vous mentionnez la nouvelle loi en France qui veut obliger 11 vaccins obligatoires. Ce fait dénote bien des excès de la politique - internationaux! - quant à des sujets purement médicaux. Si tant de médecins luttent contre cette loi, c'est bien parcequ'il n'est évident d'injecter dans le corps d'un tout-petit autant de produits artificiellement conçus, lorsque la science sait que le système immunitaire n'est pas mature avant l'âge de 2 ans (et encore, il faudrait aller vérifier pour chacun) et que, d'autre part, il n'a jamais été étudié tout le parcours que font dans le corps les différents vaccins - et chacun à sa façon - ni l'effet de leurs conjonctions.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 08 juillet 2017

Restons dans la galaxie, Chère Madame, comme vous me l’avez demandé, mais ne venez pas vous plaindre de la longueur de la tartine…

Les arts et les médecins, un compagnonnage privilégié ?

Les médecins sont-ils attirés par les arts plus que le commun des mortels ? En littérature, il y a pléthore, de Rabelais à Tchekhov, en passant par Schiller, Céline, Duhamel, Conan Doyle, Henri Ghéon et Aragon et bien d’autres - la liste n’est pas exhaustive. Les plus illustres n’exercent pas ou accessoirement, du moins dans la période contemporaine. De nombreux écrivains, sans être de la confrérie, sont très proches du monde médical : Flaubert, dont le père est chirurgien-chef de l’hôpital de Rouen et qui fait du malheureux Bovary un officier de santé ; Proust dont le père est médecin-chef à l’Hôtel-Dieu, dont il se moque d’ailleurs et qui toute sa vie consulte pour essayer de guérir de son asthme.La Recherche est remplie de docteurs...

Il en va de même en musique, la seule exception qui me vienne à l’esprit, celle de Borodine, qui richement doté et avec une mentalité de saint laïc, continue à soigner les pauvres, s’intéressant aussi à la chimie (il l’enseigne) et négligeant son œuvre. Quand on écoute les danses polovtsiennes du Prince Igor, on peut le regretter…

Pour ceux qui continuent à exercer, interprètes ou peintres du dimanche, mélomanes avertis ou critiques (Elie Faure), l’art constitue un dérivatif pratiqué en amateurs, dans le premier sens du terme (« qui aiment »), et surtout dans le temps qu’il leur reste. Ce qui ne signifie pas que cela ne soit pas ressenti comme une nécessité intérieure.

Al final la cuestión es : à quoi sert l’Art (avec un grand A) ? C’est presque un sujet de disserte de terminale… Personnellement j’argumenterais ainsi, en développant bien sûr : l’Art sert à rendre à la vie les couleurs qu’elle perd dans le quotidien, à nous élever et nous améliorer, à occulter, si faire se peut, la laideur du monde des hommes, à oublier leur abyssale connerie, à masquer temporairement le tragique de leur destinée. L’Art en fin de compte, c’est un pied de nez à la mort, dérisoire peut-être, dérisoire sûrement.

La règle est valable pour tout un chacun, enfin pour ceux qui ont eu la chance de pouvoir soulever le voile, d’en apprécier les beautés et d’en acquérir le goût, mais parmi ceux-là, les professionnels de santé occupent une place à part : confrontés au stress et au tragique, à la morbidité et à la souffrance, quand ils n’ont pas un tiroir-caisse à la place du cœur, l’Art peut leur être un refuge consolateur et délectable encore plus nécessaire qu’aux autres.

Bon, en me relisant, je me trouve trop long, bien lyrique. Vous l’aurez voulu, je ne change rien.

Bien à vous et bonne journée, Madame.

PS "Promenade sacrée…" Ne vous moquez pas, je ne connais rien de plus merveilleux que de guider les pas, en la tenant par les mains, d’une petite fille d’Eve de bientôt un an, une charmeuse déjà, une séductrice en Pampers…

Écrit par : Gislebert | 08 juillet 2017

Cher Monsieur Gislebert, Je vous remercie pour votre "tartine" fort riche de divers ingrédients. Il faut bien cette densité pour exprimer ce que vous avez à l'intérieur de vous-même!
Il n'y a pas de quoi vous juger avec un "trop long". Soyez vous-même et prenez votre juste place. Au diable la modestie!
Merci pour votre inspiration : une intuition en est née et je la laisse encore germer...

Quant à votre PS. Je suis sincère en parlant de moments sacrés avec les petits-enfants. Je connais cela moi dont l'aînée vient de passer son bac...Les voir traverser la petite enfance, puis l'enfance, la puberté et l'adolescence avec beaucoup plus de conscience de l'être intérieur et beaucoup moins d'obligations pratiques est une aventure merveilleuse.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 08 juillet 2017

Pouvez laisser tomber le "Monsieur" Gislebert, cela me donne l'impression d'avoir tenu une maison close, alors que ce n'était qu'un cabinet ! :)))

Bon weekend, Marie-France !! :)))

Écrit par : Gislebert | 08 juillet 2017

Il y a un sujet qui taraude mon esprit depuis hier alors qu'une personne m'a révélé que les soins à domicile ne devaient pas dépasser 20 minutes J'ai oublié de demander si le petit déj était compris dans ce laps de temps
Lever ,coiffer éventuellement pomponner faut pas rêver quel est le politicien qui arriverait à effectuer cette gymnastique en si peu de temps?
Et je me suis posée la question d'où était arrivée ce genre de directive stupide qui décourage les aides à domiciles
Je me suis alors souvenue que ce temps là était exigé de la part des élèves en psychiatrie qui en tant que veilleuses et seules pour un nombre de 25 patients devaient avoir lavé et coiffé les grabataires changer les draps sales ,les installer pour le repas du matin et ouvert tous les autres lits afin de laisser au personnel de jour le temps de se reposer autour d'une tasse de café à 9h précise Sans commenter davantage sur ce qui était demandé
Si ce système repose sur ce qui en a fait courir beaucoup on comprend le lâcher prise du personnel actuel qui n'a pas les nerfs aussi solides que les anciens ,les bonnes pâtes de qui on pouvait tout exiger sans remarques désagréables en retour , c'est fini faut pas rêver
bonne journée Madame de Meuron

Écrit par : lovejoie | 09 juillet 2017

Votre témoignage est fort intéressant, Lovejoie. Merci de nous le confier!
Effectivement, le minutage est une notion purement mathématique qui plaît beaucoup aux économistes et aux statisticiens de Santésuisse qui gouvernent le monde des soins. Il ne tient nullement compte du côté thérapeutique des gestes de base s'ils sont faits avec conscience par des soignants désireux de prendre soin des différents plans des êtres humains et non pas du simple état d'assurés de base.
En effet, lors de soins techniques simples, il est possible d'entendre le malade confier des éléments essentiels qui peuvent guider vers une thérapie plus appropriée.
Nous connaissons les confidences de patients qui, une fois qu'ils s'en vont la main sur la poignée de la porte, disent, comme si de rien n'était : "au fait, Dr, j'ai oublié de vous dire que..."
et l'essentiel de leur problématique actuelle apparaît à ce moment-là.

Vous parlez de l'épuisement du personnel actuel, je ne dirais pas qu'ils ont les nerfs moins solides qu'autrefois mais qu'ils sont sollicités par des sujets secondaires qui prennent du temps et en privent les activités nécessaires à une harmonie, d'où le stress. Des médecins ont quitté leurs postes où l'établissement des dossiers en était devenu si important qu'ils n'avaient plus le temps de s'occuper des malades.
Un article publié dans Le Temps le confirme : https://www.letemps.ch/sciences/2017/02/03/chuv-medecins-passent-trois-plus-temps-devant-ecran-quavec-leurs-patients, Autrement dit : 5h par jour devant l'ordinateur et 1,7h au chevet du malade.
Par conséquent, plus de temps ni d'espace pour être à l'écoute de son intuition suite à une réflexion profonde.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 09 juillet 2017

Je Vous remercie Madame de Meuron il faudrait en tous cas au niveau santé que chaque politicien fasse un stage dans chaque unité de soins afin de vérifier la justesse de leurs allégations
Et ce sans être payé en plus il va de soi !
Quand à la paperasse ce n'est pas demain qu'il y en aura moins puisque seule l'intelligence artificielle est capable de résoudre tous les problèmes
Heureusement qu'il faut protéger les forets sans doute pour permettre aux administrations d'utiliser davantage et de plus en plus de papier
Que je suis heureuse d'avoir l'âge que j'ai
Bonne fin de journée pour Vous Madame

Écrit par : lovejoie | 09 juillet 2017

En guise de conclusion avant de me retirer dans ma coquille spatio cérébrale
Voici ce qui nous différenciait vraiment La majorité de notre volée était des enfants parias ,tous enfants du premier lit et de pouvoir discuter avec des médecins sans être jugés ainsi que participer aux repas ,nous étions tous internes et ce avec notre le Directeur médecin psychiatre resté pour toujours dans nos cœurs ce fut déterminant pour nous prouver à tous que nous avions autant de valeurs sinon plus que beaucoup de ceux nous ayant rejetés
Nous faisions enfin partie d'une grande famille et il y régnait un esprit de solidarité jamais retrouvé par la suite

Écrit par : lovejoie | 09 juillet 2017

Merci Lovejoie de nous faire ressentir cette ambiance de grande famille!
Actuellement que la direction des services de soins vient de plus loin que la "famille", tout est divisé pour mieux régner, tout est sectorisé, y compris les êtres humains qui sont attribués à des services bien définis.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 09 juillet 2017

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