24 juin 2017

Pénurie de médecins généralistes en Suisse

Le problème sévit depuis longtemps puisqu’en 2009, j’avais déjà écrit une note

La TdG avait refait le bilan de la situation le 1.4.2016

Une émission infrarouge d’avril 2017 nous situe le sujet avec différents intervenants

 


Le bilan est clair, mais que révèle-t-il vraiment ?

Selon le mode actuel de fonctionner, on regarde les chiffres et…on cherche des réponses calculées, par déduction.

Ainsi, augmente-t-on le nombre des places pour les étudiants en médecine. (Pendant longtemps, le nombre de places était défini par le nombre de malades dans les hôpitaux universitaires)

Par conséquent, on augmente le buget fédéral de plusieurs millions.

On crée davantage de nombres de places de stagiaires chez des médecins praticiens

On cherche à augmenter les cours de médecine générale en ouvrant une ou deux chaires universitaires pour cette discipline.

On tient compte du nombre d’heures de travail réellement effectuées par les médecins actifs puisqu’il y a beaucoup de temps partiels dans cette profession.

Des chasseurs de tête effectuent des démarches très pratiques pour recruter des médecins à l’étranger - sans tenir vraiment compte qu’on augmente ainsi le problème de pénurie dans les autres pays- .

On vérifie que les médecins recrutés aient une formation suffisante dans notre langue – ce qui peut être difficile à tester - , sans vraiment tenir compte que la compréhension des habitants du pays nécessite bien plus qu’une simple connaissance de leur langue. Cela, on n’en parle pas puisque c’est difficilement quantifiable !

Ainsi donc, on fait du bouche-trou ! Le système attaque le résultat plutôt que les causes du problème.

Je n’ai trouvé personne qui étudie vraiment la source de la pénurie des médecins de famille. Effectivement, en contre-partie, il y a bien assez de spécialistes car la médecine étant devenue très scientifique, elle intéresse surtout ceux qui aiment les sciences strictes, calculables et vérifiables. Les résultats de guérisons ou de franches améliorations exprimés par les patients ne suffisent pas : il faut les quantifier et les comparer, d’où les statistiques sur des études à grande échelle. Lesquelles sont de moins en moins précises avec le nombre et les lieux d’études, puisque les êtres humains sont distincts les uns des autres et, de plus, dépendent de leurs environnements. Qu’à cela ne tienne, on peut ainsi s’appuyer sur des données chiffrées !

Pour la médecine de famille, le contexte est différent : il n’y a pas seulement la complexité de chaque individu mais encore les interrelations entre les membres de la famille, les relations sociales et professionnelles. Cet état de fait est bien plus difficile à quantifier. Il ne correspond pas à la formation d’une science stricte.

Dans l’émission TV, une des solutions au manque de médecin est de donner plus de responsabilités des infirmières. Déjà une telle proposition sort du cadre très délimité du corps médical et est sujet à bien des réflexions. A combien plus forte raison ne va-t-on pas intégrer dans le système de premier recours des thérapies que l’on enseigne en-dehors de notre système universitaire.

Ceux qui sont réellement intéressés par l’être humain dans son entièreté ne sont pas concernés par la médecine générale telle que dictée par l’académie, protocolée par les dernières études reconnues mais remises en cause quelques années plus tard et codifiée par les assureurs qui peuvent ainsi mieux faire leurs statistiques des coûts, ne voulant pas complexifier leurs calculs avec des notions bien plus nuancées d’efficacité.

Actuellement, avec les études de médecine officielle, on forme surtout des techniciens. L’intuition est peu développée et on lui préfère les appareils de mesure de plus en plus sophistiqués (et là, tant pis pour le coût...). Seulement, la prescription d’une analyse ou d’un examen se font par déduction rationnelle et non plus par perception globale. Or, les sens d’un être humain peuvent avoir une envergure bien plus vaste que les appareils et percevoir des éléments sur plusieurs dimensions. Simplement, on ne les développe plus ou très peu lors des études de médecine, ce qui est fort dommage car bien des retards ou des erreurs de diagnostic seraient éviter.

Alors, pourquoi ne pas ajouter au cursus officiel les médecines alternatives qui aiguisent différents sens de l’être humain, comme certaines dénommées « complémentaires » alors qu’elles peuvent être bien plus globales qu’une prise en charge de « médecine de base » ?

C’est une des raisons pour lesquelles les jeunes curieux de l’être humain ne se tournent plus vers des études universitaires mais peuvent investir dans des études alternatives (qui sont normales sous d’autres latitudes) leurs intérêts et leurs curiosités naturelles, en tenant compte de leurs expériences existentielles.

Malheureusement, notre système a préféré sectoriser le sujet et laisse à des écoles privées le soin de former les thérapeutes, sans les lâcher vraiment puisqu’il les tient par des exigences pour obtenir le diplôme reconnu officiellement, exigences dont certaines, inappropriées, font perdre beaucoup de temps et d’argent aux étudiants, ce qui les freine passablement pour aller de l’avant dans leurs propres études choisies qui nécessitent de développer tant un savoir rationnel que des connaissances perceptives.

De plus, ce qui dénote de la main-mise de tout le système économico-politico-juridique, c’est que les prestations fournies sont récupérées par des assurances « complémentaires », alors que souvent, elles donnent des soins de base qui évitent le passage à la médecine coûteuse. Assurances sur lesquelles les assureurs peuvent faire des bénéfices... Ainsi, le système économique s’y retrouve !

Ce qui frappe aussi, c’est que les écoles indiquent très vite que leurs thérapies sont remboursées ASCA, ce qui montrent bien qu’elles se sont laissées récupérer par le système conventionnel.

Ainsi donc, si nous établissions un œcuménisme des thérapeutes, il n’y aurait nullement de pénurie.

De plus, cette mise en commun des thérapies diminuerait drastiquement les coûts et éviteraient que notre système actuel coure au désastre malgré tous les rafistolages qu’il essaie depuis plusieurs années.

Commentaires

@Marie France de Meuron très bon article qui a le mérite de soulever de nombreuses questions
Auxquelles je ne participerai pas car le cerveau fatigué par trop d'informatique je dois apprendre à me reposer, lourde tâche
Cependant cela fait trois heures que le mot laboratoire ne cesse de toquer mon esprit
Et j'ai repensé aux nombreuses erreurs dont on a parlé mais qui sans doute n'étaient pas imputables au seul médecin
Je me souviens que nos anciens généralistes qui avaient de longues années derrière eux n'hésitaient pas à éconduire les délégués médicaux
Lesquels ont sans doute rattrapé le temps perdu auprès de médecins qui dans les années 70 ont remplacé les anciens
Ont ils été victimes de chantages de la part des laboratoires pharmaceutiques leur ayant prêté des fonds pour ouvrir un nouveau cabinet avec de nouveaux appareils
On peut tout imaginer surtout au vu des nombreux défilés de délégués médicaux qui n'attendaient pas que le patient passe avant eux
Nos anciens généralistes jouaient le jeu du oui par devant pour mieux revenir à ce qui convenait le mieux à leurs patients alors que ceux les ayant remplacé n'ont peut être pas pu dire non car tenus par la barbichette des pressions faites à leur encontre de la part des laboratoires pharmaceutiques ,qui sait!
Très bonne soirée pour Vous Madame

Écrit par : lovejoie | 24 juin 2017

Merci pour cet article. A savoir que les assurances complémentaires ne remboursent pas les prestations dites de "prévention". Dommage car si la prévention était mieux suivie une grande partie des maladies seraient inexistantes ou fortement diminuées.

Écrit par : Lilyane Clémente | 24 juin 2017

@Lilyane Clémente Nos grand mères n'étaient jamais malades sans doute parce qu'elles ne lisaient pas les journaux ,qu'elles n'avaient pas le temps de parler de leurs maux à Pierre ,Paul ou Jean
Sans tv ni autre gadget virtuel pour fausser leur raisonnement ,elles se couchaient tôt pour se lever dés l'aube
Nous sommes encore quelques résistants à avoir depuis 2000 tenté l'expérience de vivre comme elles
Les maux nous avons appris à les dompter en faisant de suite quelque chose pour nous occuper l'esprit et nos bobos nous n'en parlons à personne
De toutes manières les gens n'écoutent plus car trop absorbés par le connecté qui en plus peut leur faire avaler n'importe quoi mais rarement la vérité ou tellement bien arrangée que personne n'y voit que du feu

Écrit par : lovejoie | 25 juin 2017

Bonjour Lilyane Clémente, merci de votre apport.
En fait, beaucoup de soins dits de "prévention" sont des soins de médecine précoce. Mais Santésuisse, qui veut tout mettre dans des catégories, ce qui permet de simplifier et de faire des statistiques pour soutenir sa vision de l'économicité, confond ainsi la médecine préventive et la médecine précoce.

Effectivement, en soignant précocément, on peut éviter de "tomber malade" (le verbe dit bien le fait de s'engouffrer dans la maladie) ou alors, si pris un peu plus tard, de subir les effets amplifiés, voire la chronicité d'une pathologie. C'est dans ce créneau de précocité que la médecine conventionnelle ne propose pas grand-chose. Nous pouvons citer le fait d'enfants qui ont des symptômes orthopédiques et à qui le médecin dit : "On attend de voir" sans faire quelque chose de conséquent. Il arrive le jour où il "faut" opérer. Alors que dans ce laps de temps, différentes thérapies alternatives et énergétiques ont bien des moyens d'aller vers la source du problème. Seulement voilà, les médecins ne les connaissent pas et se fient à leurs science pure et dure...

Les médecines à tradition, qui sont les vraies médecines traditionnelles (et non pas la médecine occidentale qui change constamment) savent observer l'ensemble de l'individu et soigner les éléments affaiblis pour rééquilibrer le tout, ce qui illustre bien la médecine précoce.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 25 juin 2017

Bonjour Lovejoie, vous soulevez le sujet du rôle des laboratoires pharmaceutiques. J'estime que ce sujet mérite une note à part entière.

Attention de ne pas stimuler l'imagination de nos lecteurs quant au mode de procéder des délégués médicaux! Selon mon expérience, ils n'ont jamais cherché à faire pression sur moi. Ils se contentaient de me présenter les dernières nouveautés des produits de leurs entreprises.
A signaler aussi que toutes ces dernières années, ils prenaient rv par téléphone et ne se faufilaient pas entre les patients!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 25 juin 2017

Marie France de Meuron je parle d'une époque révolue
C'est à dire avant 1997!
Je pense que tout comme d'autres profession celle des délégués médicaux a aussi évolué qu'ils courent moins d'un cabinet médical à un autre
Il est aussi vrai qu'en étant proche aidant le malade requiert beaucoup plus d'attentions que le monde extérieur ,on vit dans un autre monde
Très bon dimanche

Écrit par : lovejoie | 25 juin 2017

Bonjour Lovejoie, Je reprends le commentaire que vous avez adressé hier à Lilyane Cl.
Vous y développez le sujet de la souveraineté de nos grands-mères qui géraient elles-mêmes leurs santés. "Elles domptaient elles-mêmes leurs maux" plutôt que "elles n'étaient jamais malades". Elles ne montraient effectivement pas leurs maladies, donc elles leur donnaient moins d'importance et pouvaient ainsi utiliser des mécanismes qui régulaient, tant que faire se peut, leurs corps.
Il est intéressant de mentionner qu'à leurs morts, on pouvait découvrir un ulcère du sein sur cancer, cancer qui n'était même pas le responsable de leurs décès, ce qui prouve que le corps peut trouver son chemin de gestion d'une pathologie.
Actuellement, le système médical, que ce soit par sa dimension scientifique ou dans l'organisation politique qui l'utilise, formate la population à différents réflexes qui les soumet ou leur impose, par la peur ou des raisonnements faciles, des démarches à effectuer.
Un exemple très important et qui est de plus en plus remis en cause par la population est celui des vaccinations recommandées voire obligatoires. On veut imposer au système immunitaire ce que la science a découvert, sans tenir compte tout aussi fondamentalement des effets et des conséquences que ces vaccins ont sur l'organisme tout entier qui perd ainsi sa souveraineté, cqfd!
Chaque souveraineté étant unique, on veut uniformiser leurs systèmes immunitaires, ce qui n'est pas logique!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 26 juin 2017

Je suis surprise que pas davantage de lecteurs n'apportent leurs réflexions à ce sujet dans la mesure où le médecin de famille, le plus souvent un généraliste, a un rôle très important à tenir dans la prise en charge d'un malade. En effet, bien dirigé puis suivi globalement, un patient évitera maintes démarches inutiles, incomplètes ou mal comprises.
Alors pourquoi les lecteurs ne viennent pas exprimer leurs expériences et leurs désirs avant que les généralistes ne soient remplacés par des robots?

Écrit par : Marie-France de Meuron | 26 juin 2017

Le problème des études de médecine dépasse nos frontières.
En France, un nouvel événement de taille a marqué les étudiants de 6e année :
http://www.francetvinfo.fr/sante/hopital/on-sue-sang-et-larmes-les-cinq-maux-qui-gangrenent-les-etudes-de-medecine_2252637.html#xtor=EPR-2-[newsletterquotidienne]-20170627-[lestitres-coldroite/titre1]

Écrit par : Marie-France de Meuron | 27 juin 2017

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