14 juin 2017

Quelle santé pour les médecins ?

Comment se fait-il que les médecins se défendent si peu ou si mal contre le système économico-assécurologique ? Comment d’honoraires qu’ils recevaient, en êtres indépendants et créatifs, les médecins sont-ils passés à des salaires, comme des employés obéissants sous peine de se faire renvoyer ?

 


Comment sont-ils formés pour leur mission profonde de thérapeute dont l’étymologie grecque signifie : « Accompagner vers son salut= santé » ?

La question est d’actualité depuis plusieurs années puisqu’elle avait déjà fait l’objet à l'université de Genève d’une étude sur la problématique de la santé chez les étudiants en médecine. Il en est ressorti que les étudiants se croyaient en meilleure santé qu’ils ne l’étaient vraiment au niveau mental et des comportements à risque. Comme le mentionne l’étude, le sujet est bien souvent tabou à l’université.Les facultés se préoccupent surtout de transmettre un maximum de notions scientifiques plutôt que de forger des êtres matures, prêts à affronter les nombreuses problématiques des êtres humains.

En France, il vient de paraître une étude à grande échelle et qui couvre autant les étudiants en médecine que les externes et les internes. Le résultat est net et développe largement ce que le étudiants de Genève avaient mis en évidence. En sus du résultat chiffré de l’enquête, deux journalistes interrogent le représentant d’un des syndicats d’étudiants. Il est évident que cette carence de force psychique a des répercussions sur l’attitude des médecins face aux malades mais aussi sur les forces nécessaires à un médecin pour intégrer les difficultés de sa profession.

Alors, où irait-il encore puiser des forces pour affronter les commissions de Santésuisse et les séances de tribunaux qui en découlent, en sus de toutes les pressions pour pratiquer d’après les normes assécurologiques plutôt que selon ses connaissances et sa conscience ?

Commentaires

N'oublions pas les nombreux médecins qui étaient hauts gradés à l'armée et possédant une niaque que nombre de jeunes n'ont pas encore acquis
Ils avaient les bras longs les anciens !
Bonne soirée Madame de Meuron

Écrit par : lovejoie | 14 juin 2017

Effectivement, Lovejoie, beaucoup de médecins avaient des connaissances de l'être humain bien plus élargies que le savoir reçu par internet qui sur-développe le cerveau en sous-développant les sens de perception. Ainsi, le médecin n'a plus le "flair" d'autrefois et croit le compenser avec des examens ou analyses très précises. Toutefois, ces opérations techniques les rend très dépendants - combien de fois n'entendons-nous pas qu'il faut en attendre le résultat? - et ne peuvent donner que ce pour quoi elles sont faites alors que nos sens peuvent capter même ce que nous ne connaissons pas encore.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 15 juin 2017

Bonjour Madame de Meuron en effet et que dire de toutes ces courses pour mieux armer tel hôpital plutôt qu'un autre d'une armée de technologies à rentabiliser sur le dos des patients
c'est ce qui sans doute permet ou aura en tous cas permis à certains médecins de juger leurs patients lesquels ne vont plus chez leur médecin comme par le passé
Surtout retraités ,quand on travail faut être rentable mais ensuite il nous appartient à nous seul de savoir ce qui est ou n'est pas bon pour nous
On pourrait en écrire un livre !
Mais ce qui me fait grimper les murs c'est de savoir qu'en Suisse il faut prendre des somnifères pour permettre aux voisins de faire du bruit ,encore une fois c'est le monde du non sens absolu
La méchanceté chronique n'a jamais été autant ressentie et vécue
Très bonne journée pour Vous Madame

Écrit par : lovejoie | 15 juin 2017

Un médecin ami, effaré de la déviation nous faisant passer de "patients" à "clients" faisait remarquer que dans l'Antiquité la médecine fut un "Art qui touchait au sacré"!

Sans oublier la citation d'Ambroise Paré: "Je le pansai, Dieu le guérit"!

Epoque terrible que la nôtre: tout se tient.

Mondialisation: marché, non éthique.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 15 juin 2017

La racine du probleme est que la santé, c`est du tres gros business pour les marchands de pilules ainsi que d`analyse et d`électronique médicales. Tant qu`il y aura moyen pour certains de faire autant de profit sur le dos des assurés, le budget de la santé sera un trou de plus en béant dans le budget public et on en accusera bien-sur les médecins car ceux-ci n`ont pas a leur service les lobbies des marchands et des laboratoires.

Écrit par : Jean Jarogh | 15 juin 2017

@ Jean Jarogh,

L'assurance maladie fut facultative avec des primes de base ne posant aucun problème.

Hélas, la politique, de gauche, s'en mêla.

Se voyant imposer leurs primes les affiliés, pas mal d'entre eux, estimèrent qu'ils en auraient pour leur argent et abusèrent nettement (pour ne pas dire plus).

Nous connaissons la suite, certes, mais oublions, de l'époque en question, le début du travail des femmes, souvent d'appoint puis plus régulier ce qui augmentait ainsi les ressources des couples.

Les prédateurs, pas seulement les assurances, s'en mêlèrent et désormais de plus en plus d'affiliés se retrouvent condamnés aux poursuites... en temps d'indifférence notoire d'autorités qui ont de quoi payer plusieurs fois ce qui, en l'occurrence, leur est demandé.

Il arrive que l'on se pose la question de savoir ce qui arriverait si, tous frais payés pour leurs activités, déplacements, frais de représentation, etc. nos autorités ne disposeraient que d'un salaire correspondant à celui des classes moyennes non privilégiées!?

L'assurance maladie calculée avec les impôts, dents comprises "tant sont énormes" les gains des assureurs... ! Impôts qui ont toujours tenu compte, et continuent de le faire, des revenus des contribuables dans leurs calculs. donc, impôts plus humains et civiques, solidaires, presque...que cette "assurance maladie" qu'on ne peut dissocier de la "santé" des médecins.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 15 juin 2017

Je reprends vos propos, Myriam B., en vous remerciant de les avoir apportés:
"Un médecin ami, effaré de la déviation nous faisant passer de "patients" à "clients" faisait remarquer que dans l'Antiquité la médecine fut un "Art qui touchait au sacré"!
Que ce soit le fait de passer de patient (celui qui souffre) au client (celui qui paie) est du même ordre d'idée que de passer d'un médecin honoré à un médecin salarié, mais aussi de limiter les soins à un diagnostic physique confirmé par des analyses biologiques plutôt que de diagnostiquer les caractéristiques du patient souffrant. De l'art touchant au sacré, on a réduit la médecine à la technique limitée aux organes.
Ainsi donc, le système considère chacun sur ce schéma et ne va plus former les thérapeutes selon une perception ontologique de l'être humain.
Se plier à se système revient à en être complice et chacun a sa part à considérer pour amener un éveil des consciences, qu'on soit patient, thérapeute ou politicien assécurologue.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 15 juin 2017

Madame de Meuron,

Je souhaite de tout cœur et volonté que l'on retienne et grave en nos mémoires ce que vous écrivez:

"Se plier à ce système revient à en être complice et chacun a sa part à considérer pour amener un EVEIL DES CONSCIENCES, qu'on soit patient, thérapeute ou politicien assécurologue"!

Écrit par : Myriam Belakovsky | 16 juin 2017

Oui, Jean Jarogh, les coûts de la maladie, qu'on appelle faussement les coûts de la santé, sont devenus un gros buziness, comme toutes les filières de l'économie internationale. Mais c'est la population dans son ensemble, consciemment ou non qui maintient ce système. Pourquoi prête-elle son dos, tant du côté des assurés que des médecins, à ce système politico-économique?
On attendrait des médecins qu'ils soient davantage conscients de leurs complicités. Evidemment, certains le sont à un niveau superficiel mais à un niveau plus profond, ils ne prennent pas conscience de l'effet que ce positionnement occasionne sur leurs santés tant physiques, qu'affectives et intellectuelles.
C'est dans les facultés de médecine qu'il faudrait revenir à des enseignements plus universels des différentes dimensions de l'être humain et pas seulement de son anatomie physique, de sa physiologie, de ses cellules et de ses molécules.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 16 juin 2017

Je reprends la conclusion de votre commentaire du 15 juin, Myriam Belakovsk : "impôts plus humains et civiques, solidaires, presque...que cette "assurance maladie" qu'on ne peut dissocier de la "santé" des médecins."
Vous comparez la souplesse des impôts qui s'adaptent au revenu de chacun à l'exigence des caisses-maladie qui n'en tient pas compte. Ou du moins plus compte car du temps où il y avait 2 classes d'assurés, il y a eu des abus, ce qui causa leurs suppressions.
Effectivement, on ne peut plus dissocier l'assurance maladie de la santé des médecins qui sont assujettis aux économistes de Santésuisse et qui doivent se distancer - source de souffrance - de leurs connaissances et de leurs intuitions très utiles pour capter les éléments subtils de leurs patients, afin de se conformer aux données calculées par les statistiques. Ou encore, s'ils ne se plient pas, sont soumis au chantage - autre source de souffrance - de Ss qui leur propose de se retirer du remboursement des caisses, moyennant une forte réduction de ce qu'ils auraient indument facturé.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 16 juin 2017

Chère Madame,

Je ne souhaite pas parler de ma vie privée mais un médecin, à l'ancienne mode, ne calculant pas son temps, en quelques entretiens humains, solidaires, comprend que sa patiente déprime.
Loin de la traiter d'hystérique il engage un dialogue qui déclenche ce que Freud "après moult hésitations" voulut appeler psychanalyse.
La patiente, que je fus, transfère ses peines, notamment d'ado sur lui.

Et c'est la suite, la "psychanalyse" devenant à mon sens "processus" pérenne,

Le fil d'Ariane emblème de la psychanalyse devenant fil tout au long, tout au cours de la vie tout court.

Le docteur Paul Tournier, de Genève, qui ne fut pas le docteur en question quoique rencontré... au fil (comme "filer du mauvais coton") de ce que devient la médecine de marché a de quoi se retourner dans sa tombe.

Quant à moi, bien qu'offerte, cette psychanalyse (je ne payai pas un sou)

me fit comme "renaître"!

De nombreux journalistes scientifiques, notamment, ont découvert que les malades atteints de maladies dites dégénératives, le cancer, par exemple, ont, sans exception, vécu des traumatismes sans en parler, en gardant pour eux.

L'hostilité médicale, et, plus encore des industries chimiques concernant ces scientifiques de terrain, est et fut abominable au point d'engager contre eux des tueurs à gages!

Nombreuses études, recherches puis, entre autres, le Dr Arthur Janov à propos du traumatisme de la naissance avec ce possible sentiment d'abandon du nouveau-né une fois soigné, lavé et contrôlé, remis dans son berceau.
Sans qu'il puisse dire ou pleurer COMPLAINTE ce sentiment d'abandon.

Encore une fois, je déteste parler de moi mais une fois terminé ce parcours avec le Dr décédé je dis à ma mère: Maman, je ne comprends toujours pas pourquoi j'étais dans un état (toujours maîtrisé) pareil . Elle me parle de son ennui à l'annonce de sa grossesse me concernant.
En ce cas, sentiments de rejet, certes, mais d'"abandon"?

Il aura fallu le concours (écrit) du Dr Arthur Janov EMPREINTE et F. Leboyer pour qu'enfin, comme je viens de l'expliquer, comment et pourquoi j'ai souffert d'une "névroses d'angoisse d'abandon" (Germaine Guex).

On ne dira jamais assez aux très jeunes, désormais, qu'avoir envie de faire l'amour n'est pas forcément avoir envie d'avoir un enfant.
Malheur, souvent à vie, de n'avoir pas été un enfant désiré.
Puissent les mères qui, pour une raison ou une autre, ont "subi" une grossesse trouver le courage de le dire, avec amour, à leurs enfants.

D'où souhaits adressés à l'Eglise catholique, quant aux jeunes couples, notamment, de bien vouloir se mêler de ses propres affaires sans plus s'occuper de "tolérer" telle ou telle méthode de contraception... comme celle dite des bébés OGINO!

Un verre de vin par jour éloigne le médecin!

A mon Porto:

"A votre santé, Madame! et lovejoie: "chante et dans la bohême...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 16 juin 2017

Madame Meuron. Les citoyens ne peuvent pas changer le systeme, seuls les décideurs politiques le peuvent. Ceux-la sont tres probablement conscients des problemes mais se heurtent a la grande inertie inhérente a un tel systeme et aussi aux intérets économiques. Et puis, il y a aussi les lobbies d`affaire (surtout au niveau international) qui s`activent tant qu`elles peuvent, sans parler des lobbies d`assureurs (au niveau national)... Quant a l`Université, elle a déja bien a faire pour suivre l`évolution de plus en plus rapide des sciences médicales. Rien n`est simple, rien ne peut etre résolu de quelques coups de baguette magique, vous le voyez.

Écrit par : Jean Jarogh | 16 juin 2017

Jean Jarogh, vous décrétez : "Rien n`est simple, rien ne peut être résolu de quelques coups de baguette magique". Or votre décret est très simple : "les citoyens ne peuvent pas changer le système, seuls..."
Cependant, ce sont les citoyens qui forment le peuple et ils ne sont pas si distincts des citoyens qui ont un poste dans la politique ou dans l'économie.
Quand vous dites : "vous voyez" vous voulez que je regarde comme vous. Justement, j'essaie d'amplifier mon regard et de découvrir d'autres dimensions. Ce sont les innovateurs qui ont fait les plus grandes découvertes! Ainsi donc, vous aussi vous possédez une dimension d'innovateur à laquelle il conviendrait que vous vous connectiez pour amorcer un changement là où vous n'êtes pas d'accord....

Écrit par : Marie-France de Meuron | 16 juin 2017

Les révolutionnaires aussi croient toujours que la collectivité va pouvoir changer les choses et puis, toujours, seuls quelques individus finissent par prendre les décisions au nom de la collectivité et, toujours, ces individus se rendent compte que, meme si les décideurs sont de bonne volonté, le systeme ne se laisse pas diriger comme un cheval de cirque. Toute ma vie j`ai entendu les décideurs politiques se lamenter a propos de "trous de la sécu." et autre affligeances inhérentes au systeme-santé que personne n`a encore réussi a liquider... et pour cause: la ou il y a matiere a profit financier, la logique du profit a jusqu`a ce jour toujours corrompu le systeme.

Écrit par : Jean Jarogh | 16 juin 2017

Jean Jarogh, Tant que vous décréterez avec certitude :"la ou il y a matière à profit financier, la logique du profit a jusqu`a ce jour toujours corrompu le système." vous rejoindrez la pensée de beaucoup d'autres et cet égrégore permettra de tourner en rond.
Je rappelle que le titre de la note est "la santé des médecins". Ils sont peut-être mieux placés que d'autres pour faire évoluer le système. Toutefois, comme ils arrivent, pour le moment, à s'en tirer, ils ne bougent pas encore assez pour récupérer leur pouvoir de l'art de la médecine.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 16 juin 2017

Je suis très touchée, Myriam Belakovsky, que vous partagiez avec nous ce qui vous a "labourée" en profondeur dès la naissance. Je suis heureuse que votre force de vie ait su attirer les médecins adéquats pour vous aider à transmuter ces charges négatives.
Il est évident que derrière les maladies dégénératives et cancéreuses par exemple, il y a une auto-agression dans le sens, par exemple, d'un refus d'entendre la souffrance intime de ce que certains appellent notre enfant intérieur. Se confier au thérapeute qui peut nous accompagner à trouver la confiance nécessaire à affronter le conflit permet de dégager ou de découvrir les forces pour le traverser.

Merci pour votre témoignage si vivant. Témoignage aussi qu'il existe des praticiens qui ont l'écoute suffisante et la force intérieure nécessaire pour accomplir de tels accompagnements. Une preuve de plus que les médecins devraient recevoir un enseignement dans cette dimension, même s'ils ne la pratiquent pas eux-mêmes.
Ajoutons que la libération de telles souffrances par une voie la plus directe possible est bien plus économique que des traitements chroniques et coûteux, avec les effets secondaires en sus.
Très souvent, ce n'est pas l'âge qui est source de chronicité mais le refus ou l'inconscience d'affronter le conflit sous-jacent, ou encore une soumission passive aux protocoles en cours.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 16 juin 2017

Savez-vous, Madame meuron, pourquoi nulle part dans le monde occidental les médecins ne se soucient que peu de faire évoluer le systeme? D`abord parce qu`ils n`en ont pas le temps. Les médecins n`ont meme plus assez de temps pour récupérer de leur fatigue physique et surtout mentale, alors vous pensez s`ils vont se mettre a vouloir réformer le systeme a la place des décideurs politiques... Ensuite, peu de médecins sont prets a prendre le risque de s`attaquer ouvertement au grand défaut du systeme (qu`ils sont bien placés pour connaitre), a savoir le role vampirisant du grand capital pharmaceutique sur les deniers publics de la solidarité sociale. Il faut savoir que, de nos jours, le plus clair des couts de la formation continue d`un médecin est assuré par les grandes compagnies pharmaceutiques sur la base de leur bon vouloir et bien-sur du but avoué de faire vendre leurs potions par l`intermédiaire des médecins prescripteurs. Ignorer tout ca revient a croire que les bébés naissent dans les chous.

Écrit par : Jean Jarogh | 16 juin 2017

Vous êtes persévérant, Jean Jarogh! Bravo!
D'abord, nous avons tous 24 h donc il vaut mieux ne pas dire que les médecins n'ont pas le temps. Ils l'utilisent à leurs façons, selon ce qu'ils ont appris et leurs tempéraments. L'existence nous est offerte pour évoluer, apprendre et effectuer des mutations. Cela est vrai pour les médecins aussi.

Je ne dis pas qu'une catégorie de la population doit réformer le système mais chacun dans son domaine. D'autre part, il y a le mode direct, frontal, mais il y a aussi ce qu'on peut semer petit à petit, sans aller contre mais en se dressant avec ses qualités propres.
Vous mettez l'accent sur certains faits évidents mais ce n'est pas parce que d'autres paramètres sont plus discrets qu'ils ne peuvent pas développer un jour suffisamment de force pour pourvoir modifier des états de faits qui paraissent immuables. L'Histoire est farcie d'événements qui illustrent ce que j'avance.
La société arrive à un stade où de grandes bascules se sont déjà faites remarquer.
En ce qui concerne les frais des soins reconnus par le système actuel, il est évident qu'ils ne peuvent pas continuer ainsi et que ce ne sont pas les rafistolages décidés par les économistes qui vont trouver une solution satisfaisante même à moyen terme.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 17 juin 2017

Madame de Meuron,

Le livre dont j'ai parlé sur un blog ou un autre, Freud et le sionisme, qui n'était pas son fait, me permet de préciser qu'il y avait autour de lui, à Vienne des médecins qui se formaient psychanalystes, d'une part, et, de l'autre, des psychanalystes qui n'étaient pas médecins, reconnus absolument par Freud mais qui les appelaient..."profanes".

Ce n'est pas exactement... ma mère refusant la grossesse me concernant, ratant un avortement maison...
L'aveu de ma mère, seul, a éclairé le pourquoi d'un tel malaise des années durant; sentiment de rejet.

La névrose d'angoisse d'abandon, j'en connais dès l'enfance la raison mais sans relier à rien comme il aurait fallu.

Ma mère, qui fumait, m'a raconté, à plusieurs reprises, avoir cessé de fumer pendant le temps où elle m'attendait mais que le jour où je suis née, dès moi née, avec la petite sage-femme parisienne, elles ont fumé et discuté (exactement le temps où l'on a appris, mais pas encore à l'époque, qu'il faut prendre le bébé dans ses bras, lui parler et, surtout, le toucher la peau étant l'organe réceptif que nous savons.

Il ne m'était pas possible de raconter ces détails au médecin dont j'ai parlé puisque n'y pensant même pas.
Juste, déprime.

L'amitié, confiance, croissait entre nous... ce qui déclencha ce qui, pour la démarche comme pour les effets, correspond à une psychanalyse mais il n'y a pas eu de séances de psychanalyse à proprement parler.
Le travail, le mien, était tout intérieur en débutant par deux questions à savoir quoi, dans la salle à manger de mes grands-parents (j'ai vécu avec eux plusieurs années de ma petite enfance) me touchait le plus, quels objets?
Réponse mienne: la table, noire comme les cheveux de Blanche-Neige et le tapis rouge par-dessus qui me faisait penser à la mer Rouge (les petits enfants la voient souvent rouge comme de l'encre de >Chine laquelle peut évoquer les corrections des maîtresses de lasse d'autrefois corrigeant les cahiers... à l'encre rouge.

Ainsi se déclencha le retour en mémoire de moments plus compliqués à résoudre... jusqu'à ce souvenir de moi, douze ans, regardant de très jolies fleurs dans le jardin de mes grands-parents tout en cherchant à définir mon problème et, soudain, ça y était: "Je me sens comme une étrange étrangère en terre étrangère... un peu autiste, par conséquent.


Le tout pour dire que ce que l'on appelle psychanalyse peut se déclencher tout seul: un prof m'a dit que ce n'est pas forcément tant qu'un enfant en influence un autre mais ce qui se passe quand ces deux enfants sont ensembles.
De même pour les adultes qui portent en eux les enfants, les "petits" qu'ils furent.

A propos de mer Rouge et du passage des Hébreux, visite d'une école du dimanche avec une petite camarade voisine.
Au mur, une immense affiche représentant le passage en question.... ainsi affleurent les souvenirs... et drames... parfois

Mais il y a un fait étrange. le transfert agissant, le médecin et moi sommes entrés en fâcherie et je ne l'ai plus revu mais, parfois, en passant pas loin des fenêtres de son cabinet je pensais à lui, non sans peine, jusqu'au jour où il me sembla, mentalement, entendre sa voix qui me disait: "Je suis mort à Ouchy! Comme il était en vie Je pensai sérieusement dérailler.

Mais... un an plus tard, ce médecin a eu un accident de moto et il mort... à Ouchy.

On déplorait ou redoutait en milieux chrétiens au temps de la montée du nazisme que la psychanalyse soit une science juive (mon père l'était) et qu'elle ne soit pas étrangère au judaïsme...

Or, vous avez lu, il y a quelques lignes à propos du tapis rouge, du passage des Hébreux donc... de Moïse


Il faudrait redire, que la religion juive ne se fonde nullement sur la Genèse, avec l'histoire d'Adam et d'Eve, mais sur l'appel d'Abraham... sans oublier que son fils premier né, par la servante Agar, ne fut pas Isaac (sens: il rit) mais Ismaël (sens: il pense)


Le médecin dont j'ai parlé avant médecine avait étudié la théologie.

Sans pour autant m'avoir jamais lui-même parlé de religion.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 17 juin 2017

Merci, Myriam Belakovsky, pour la confiance que vous nous témoignez en écrivant une partie de votre histoire.
Je vais essayer d'en tirer des éléments qui concernent la note du jour "la santé des médecins" et le thème de la période en cours, la relation entre économicité et efficacité des soins.
Vous soulignez que votre médecin avait étudié la théologie avant la médecine. Sa belle écoute correspond à l'ouverture de l'écoute de son esprit. Bien des médecins ont trouvé un moyen d'élargir leurs perceptions utiles pour comprendre leurs patients et pour "recharger leurs batteries" en se plongeant dans des domaines bien distincts que l'on peut qualifier de vibratoires, que ce soit des développements dans le monde spirituel, dans la conscience corporelle, dans les médecines énergétiques, dans la nature ou dans les arts.
En tant qu'être souffrant, vous mentionnez le "sentiment de rejet". Il y a une confusion énorme dans notre société entre les émotions et les sentiments, d'où le fait qu'on se limite souvent à parler de ses émotions, qui sont donc des "ex-motions", mouvements vers l'extérieur et qu'on ignore complètement le "in-motion", mouvement affectif très intime mais très puissant que ce soit quand il alimente des réactions somatiques ou émotionnelles ou quand nous le refusons et qu'un conflit inconscient nous épuise à petit feu.
Vous écrivez aussi : " le transfert agissant, le médecin et moi sommes entrés en fâcherie". Dans la mesure où vous n'avez pas su traverser cette "fâcherie", il n'est pas opportun de décréter que ce soit parce que le transfert agissait. Car toute réponse apporte une solution et je ne considère pas que la séparation en fût une. En revanche, on peut imaginer que le travail en profondeur est venu buter sur un "os" plus coriace que vous n'avez pas su, vous et lui, transmuter.
Ce qui a fait que vous êtes restés reliés par "télépathie", vu que la relation établie jusque là était profonde.
On peut aussi supposer que son décès par accident de moto est une forme de suicide inconscient qui avait une relation avec l'obstacle sur lequel vous avez tous deux buté.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 17 juin 2017

Madame de Meuron,

En tout début de ces commentaires j'ai insisté sur le fait qu'il faudrait dire la vérité aux enfants dès qu'ils sont en âge de comprendre bien.

Ainsi, la souffrance réelle, n'est pas la mienne, mais celle de ma mère.
Pourquoi, jeune mariée, ne voulait-elle pas être enceinte?

La suite dit une souffrance qui fut mienne, par ignorance, certes, mais... fondée.

Ce sentiment de rejet, puisque refus de cette grossesse par ma mère, fondé.
Pas plus accidentel que caractériel.
(Je fus un peu soupe au lait, certes, et caustique (comme l'encaustique peut faire glisser...)!

Le problème est que j'ignorais ce refus de grossesse.

Dès ma mère me l'ayant avoué, comprenant tout en étant en mesure de maîtrise la souffrance vécue désormais comme un petit moment un peu dur, blues...sans plus.
Sans calmants.
L'enfant d'une grossesse non désirée risque d'être marqué à vie, un peu comme un disque rayé mais, à partir où l'on connaît sa propre histoire, il suffit d'attendre un moment et tout redevient comme avant.

Le manque de tendresse des premières années, non de la part de mon père, toujours dans l'ignorance, me porta à demander aux hommes cette tendresse maternelle.... ce qui n'est pas indiqué.
Me tournai également vers les femmes, provoquante mais au moment où aurait pu se nouer une amitié amoureuse... dégageant en engageant des polémiques à propos de tout ou de rien mais... jamais plus parlant d'amour. Dès la vérité connue, les femmes ne m'attirèrent plus car non en mesure de m'apporter ce moment de tendresse maternelle soit langage de chair le temps de la grossesse puis, déjà expliqué, dès ma naissance.

Ce fut plus tard l'étude , par la psychanalyse didactique plus particulièrement Jung et Dolto, puis Dr Janov qui m'expliqua ma confusion.


Il me fallait faire le deuil de ce que refusé autrefois.

Je devins éducatrice mais ressentis vite que ce que je pouvais apporter ne serait pas avec... en plein dans le système non contre le système
on contre le système mais avec un recul, une distance (en aucun cas hauteur).

Les livres sont des guides extraordinaires.
Je parvins à l'âge de seize ans en pensant que, contrairement à l'avis habituel des proches, et Conservatoire, ce n'était pas forcément ma voie... le piano.
Dans le bureau de mon père, à la maison, suite à un excellent examen au Conservatoire suivi d'une audition, de même, je pensais, tournant toujours en rond dans cette chambre: "Et si c'était quand-même le piano?"
Je jouais avec les doigts sur une petite bibliothèque murale, en cette chambre, et soudain tire un livre jamais lu jamais ouvert: "inconnu au bataillon"!
Une page, deux, je me jette sur le divan, je dévore le livre puis me précipite vers le téléphone (mes parents étaient divorcés): "Maman, je sais ce que je vais faire plus tard!"
Titre du livre? Chiens perdus sans collier, Gilbert Cesbron.

Il me fallut attendre deux ans puis ...
Mon travail d'éducatrice, avec connaissance pratique de la psychanalyse, mais sans exercer directement passe par ces blogs... s'adressant au public.

parce que cette expérience est utile et fiable parce que vécue.

Mais le temps passe et un autre livre, La route du temps, signalé par Jean-Noël Cuénod, ouvre une nouve4lle perspective: non plus tant vouloir agir sur l'environnement mais, par l'intention en changer... tout doucement... mondes parallèles...

car il se fait tard.

Pour le médecin, Madame de Meuron, en effet, je me demandai s'il n'y avait pas eu désir d'en finir car, m'a-t-on dit, cet homme déprimait, désormais, lui, affreusement.

Psychanalytiquement parlant, Françoise Dolto appelait "caméléons" les psychanalystes soudain, par le transfert, incarnant tel ou telle personnalité fréquentée par l'analysant.

Infaillible, ce médecin?

Par le transfert, un transfert... carabiné... il donna à ma vie extraordinaires "poussées"

un peu comme, dans le jardin de ma petite voisine, M., il y avait une immense balançoire et, tout au départ, les grandes personnes nous aidaient à prendre ou faire nos élans tels qu'ensuite nous voyions tout le jardin et... alentours.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 17 juin 2017

@Myriam Belakovsky concernant les enfants non désirés je pense que cela aura été le sort de nombreux d'entre nous
Notre classe était nommée ou déchets ou paquet de linge sale
D'où mon expression favorite ,on a jamais vu un déchet en trier un autre !

Écrit par : lovejoie | 17 juin 2017

Bonjour Myriam Belakovsky, Il me semble que vous vous appuyez beaucoup sur l'analyse. Or, l'étymologie grecque de ce mot signifie : "décomposition". Je veux essayer de recomposer une image plus globale de ce qui peut ressortir de votre récit. La médecine est définie par d'aucuns comme la démarche permettant de réveiller le médecin qui sommeille en nous. L'être humain étant complexe, il est justifié d'utiliser pour une telle démarche un complexe d'instruments ou de thérapies.
Vous illustrez bien ce fait en nous contant les différents apports que vous avez reçus, que ce soit dans le contact direct, les confidences, des séances plus structurées, etc. Vous mentionnez aussi les livres qui vous ont accompagnée. La lecture nous permet une certaine autonomie, par exemple celle de capter les enseignements à notre rythme, de revenir sur ce qui nous touche, de choisir "par instinct" un auteur dans une librairie où le choix est vaste, etc.
Ainsi, plus un être avance selon ses intuitions, plus il aura une trajectoire directe. Il perdra ainsi moins de temps à "tourner en rond", ce qui est aussi plus économique pour les caisses-maladie! Ce processus peut avantageusement remplacer la répétition chronique de médicaments où la maladie de fond peut progresser à son rythme....
Par conséquent, il est bon qu'un médecin soigne tout en aidant la personne à se connaître de mieux en mieux.

Quant à la santé de votre médecin qui s'est suicidé, ce n'est pas tant parce qu'il a porté la charge de quelqu'un mais peut-être parce qu'il n'a pas su renouveler ses instruments au fur et à mesure de son évolution, afin de transmuter les dimensions de plus en plus profondes qu'il touchait dans son for intérieur à force d'être confronté à des miroirs vivants en face de lui.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 18 juin 2017

lovejoie

Bonjour!
En fait, en évitant de trop larmoyer sur mon sort,,, à un moment donné, j'ai souvent entendu en moi, en cas de peine profonde, que j'étais loin, très loin d'être la seule: tant et tant d'autres souffrances plus graves. J'ai donc entendu cette inoubliable voix intérieure:: "Bienvenue au club"!
Nous ne sommes jamais seul/es au monde.. en situation de joies comme de peines.

Madame de Meuron, je fonctionne au cœur et, avec "prudence", à l'intuition et, dès l'école, voire auparavant, l'aspect relationnel l'emporte
pas du tout dans le sens de fouiner mais du "ressenti".

Ce médecin,... gynécologue fut victime, notamment, d'une sage-femme médisante ne tenant pas pour confidentiel ce qui avait lieu de l'être.
Baisse des patientes évidentes.

Or, c'est à ce moment précis que nous nous rencontrons.
Je ne puis, en ce lieu public, vous en dire plus mais votre nom de famille, Madame de Meuron, me donne à penser que vous pourriez avoir reconnu de qui, parlant de ce médecin, il s'agissait.

Il a, ce médecin obstétricien, gynécologue particulièrement concerné par les grossesses et accouchements de ses patientes, homme extrêmement impressionnant et touchant, eu à affronter maint engouements amoureux de ses patientes et réalisé que la "relation de transfert", peut être réciproque... par la psychothérapie, est une réponse... il pouvait après théologie et médecine se sentir prêt comme "appelé" par ou pour la psychothérapie.

Faut-il une fois pour toutes exercer la même profession?

Je vous conterai un fait, touchant.

Ce médecin, au grand front, en clignant d'un œil, je le regardai en geste de "toucher", l'examen médical le concernant, en me demandant ce qu'il ressentait.
Un peu plus rose de teint.
Une très profonde pureté.

Etat de méditation.


Je rentrai chez moi.
Il y avait un magnifique jardin
Une roseraie...

Mais tout au long de ma rentrée, en marchant, j'avais le sentiment de la pensée de cet homme m'accompagnant.

Je me sentis soudain fatiguée.
M'allongeai.
Ressentis comme une légère pression sur la nuque.

Je vis soudain mon enfance, dans le même jardin.

Puis une rose, sexe floral, avec une perle de rosée sur un pétale

me fut comme la réponse à ma question de savoir ce qu'il ressentait au moment de ce geste de "toucher" concernant l'examen médical en question.

Puis me vint en tête la rose... du Petit Prince de St-Ex avant de rejoindre mon confident par excellence: mon piano.


Piano... doucement

petite troupe... Amis, voyez... chants d'autrefois.

Chants du pays

Madame de Meuron

Écrit par : Myriam Belakovsky | 18 juin 2017

@Myriam Belakovsky en effet on ne saurait mieux dire et MERCI pour la réponse
@Madame de Meuron la médecine de pointe avait transformé de nombreux jeunes médecins ayant remplacé les anciens en vrais catalyseurs
Juste pour voir les réactions lentes ou rapides faisant suite à leurs diagnostics apocalyptiques
Ou comment mieux prendre en otage de nombreux patients en les faisant marcher sur les airs de la peur
La célèbre phrase, et tout soudain l'air devint plus respirables devait avoir été inventée pour signifier l'ambiance qui suivi leur départ
Toute belle journée pour Vous deux

Écrit par : lovejoie | 19 juin 2017

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.