26 février 2016

De l’usage expérimental et financier du corps des femmes.    

    En commençant par la prostitution et en continuant par la grossesse pour autrui, nous voici témoins d’un nouvel usage du corps féminin : « Le CHUV cherche des femmes prêtes à grossir pour la science. »

 


                                               

Tout d’abord, mentionnons que ce n’est pas que pour la science mais aussi pour 3000  F.                                        

Soulignons que cette étude se fait « pour la science ». Par conséquent, on confirme que la médecine n’est plus qu’un outil de la science. Et pourtant, cette étude se passe dans un centre hospitalier.

Un tel projet montre bien à quel point la médecine a perdu la vision globale de l’être humain.

Si un sujet est affectif, c’est bien celui de la nourriture. Or, toute la relation de la femme à l’aliment n’est pas mise en évidence dans une étude qui se contente d’imposer un certains nombres de produits.

La médecine perd ici de son éthique : faire manger des aliments à des êtres humains en bonne santé, aliments dont on sait qu’ils sont nocifs en soi  par leurs charges en sel ou en mauvais sucres par exemple dénote du manque de considération pour les femmes qui participent à l’étude. Au fait, pourquoi n’avoir pas choisi des hommes ?

La médecine perd de sa profondeur. Elle ne tient pas compte d’éléments plus globaux de la femme. En avançant que les réels bénéficiaires de cette étude choisissent des personnes en bonne santé, que savent-ils de toutes les failles sous-jacentes des organismes, failles pour l’instant juste équilibrées ?

La médecine doit intégrer les différents systèmes d’une personne. Elle ne peut pas faire des estimations à la légère comme ici de décréter que ce n’est pas dangereux parce que l’étude est limitée dans le temps et la prise de poids n’est pas si conséquente. Qu’est-ce que le médecin qui répond ainsi peut-il savoir des réactions en chaîne dans le corps ? C’est le même type de raisonnement qui fait qu’on ne pense à un vaccin que pour un effet spécifique alors que certains individus en font des réactions qui peuvent être lourdes de conséquences.

Sur un autre site, il est relaté qu’il sera donné à ces femmes une aide pour retrouver leur poids initial au terme de l’étude.

Alors qu’actuellement, il est question constamment des coûts de la santé, qui investit donc des sommes si importantes pour faire des études d'une part aussi élémentaires et d'autre part aussi nocives pour les expérimentatrices ? Qui a vraiment de l’intérêt à étudier les détails de la sensibilisation à l’insuline lors de suralimentation, dans un cadre arbitraire, sans contexte global des êtres humains ?

Il est tragique que la médecine se réduise à de simples études biologiques et réduisent la femme à un cobaye de laboratoire. C’est encore plus grave si le laboratoire est un Centre Hospitalier qui devrait guérir et non rendre malade…

Il est surtout attristant que des femmes se prêtent à ce jeu et montrent le peu de respect qu’elles ont pour leurs corps et, par là, pour elles-mêmes. A signaler toutefois que les médecins de cette étude doivent être bien naïfs pour croire que les femmes suivront à la lettre le mode alimentaire prescrit, peut-être en ce qui concerne les chips et le coca mais pas pour leur alimentation essentielle, sans compter que les boissons influencent aussi le bilan global des ingestions.

Commentaires

Thérèse Hargot est sexologue, diplômée en philosophie et en sciences de la famille et de la sexualité.
Elle publie « Une jeunesse sexuellement libérée (ou presque) » chez Albin Michel.
Dans un entretien vidéo de 5 minutes sur Boulevard Voltaire, elle exprime combien la femme est en fait peu libérée.
http://www.bvoltaire.fr/theresehargot/femmes-nont-jamais-ete-autant-asservies,241189?utm_source=La+Gazette+de+Boulevard+Voltaire&utm_campaign=87c99e793a-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_71d6b02183-87c99e793a-30422710&mc_cid=87c99e793a&mc_eid=aaa63fe2b2

Écrit par : Marie-France de Meuron | 29 février 2016

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