06 septembre 2015

Le prêt-à-penser

Les infos de bluewin.ch nous offre ce jour la déclaration de Christian Levrat qui souhaite que Berne gèle les versements versés à la Hongrie dans le cadre du milliard de cohésion. Le socialiste estime vigoureusement que la Hongrie ne respecte pas les Droits de l’Homme dans le « scandale des réfugiés ». Il conclut par des sanctions à l’égard d’un pays. Il y ajoute la recommandation à notre gouvernement d’interdire au Premier Ministre, Viktor Orban, l’entrée en Suisse.


 

De ce mode de penser on peut tirer une mode de pensées d’où un prêt-à-penser !

Ce qui me laisse pantoise, c’est que cette attitude mentale provient du président d’un parti bien représenté en Suisse.

Ce qui m’afflige, c’est que Christian Levrat porte si vite un jugement sur un pays souverain à la suite de son attitude face à la déferlante des migrants et tout ce que cela importe de problèmes plus ou moins solubles. Qui est Christian Levrat pour décréter que la Hongrie a tort ? Quand on pense à ce pays qui se relève d’années terribles et qui doit se confronter aux difficultés de notre monde actuel, comment peut-on attendre de lui qu’il assume les problèmes des ressortissants d’autres pays en si grand nombre?

Au lieu de chercher ensemble des solutions, on en vient à jouer aux grands puissants de ce monde qui prennent le pouvoir de décréter des sanctions énormes sur des populations qui sont déjà accablées.

De plus, Christian Levrat utilise la sanction financière, ce qui est la plus facile au point de vue pratique alors qu’elle ne va rien résoudre au niveau du problème des migrants et compliquer encore plus les problèmes inextricables des Hongrois.

Si l’on tend une main avec le milliard de cohésion et qu’on le retire avec l’autre main, on peut se demander si l’état d’esprit de l’aide était vraiment solidaire…

Quand Christian Levrat affirme que « la Suisse a toujours été généreuse dans de telles situations », le bon sens sait aussi que la générosité financière n’est pas équivalente à la générosité de recevoir quelqu’un dans son territoire, dans sa communauté voire dans sa maison. Un tel accueil demande un investissement bien plus intense de la part des personnes qui s’occupent du quotidien d’autres êtres humains. Nous avons la preuve de ce que j’avance avec toutes les réticences exprimées ces temps à l’établissement de requérants d’asile dans différents lieux.

Dans le même ordre d’idées, on peut aussi dire qu’il est facile d’aller manifester dans la rue, dire sa sympathie et exprimer des exigences alors que donner de son temps et de ses finances propres pour secourir non pas seulement un migrant mais souvent aussi une partie de sa famille n’est pas à la hauteur de la plupart des citoyens.

D'où ma perception qu'une situation aussi dense et complexe que celle des migrants mérite une réflexion multidimensionnelle et des actions tout aussi multiples et complexes.

Commentaires

Merci Madame de nous le faire savoir, car oui, le danger dont nous fait ici la démonstration Christian Levrat, c'est l'avènement de la Dictature.

Les autres dirigeants de l'Union Européenne doivent se frotter les mains en sachant qu'ils ont un soutien actif ... de l'intérieur de la Suisse.

Et quoi de mieux que de sanctionner financièrement pour mieux admonester ceux qui ne s'y plient pas ?

Les Socialistes genevois peuvent, à leur tour, s'enorgueillir d'en avoir un, de Dictateur, aussi ...

Ne déclarait-il pas il y a peu que l'UDC avait des tendances fascistoïdes ?

Et bien, je constate que les Socialistes ne se laissent pas ... dépasser sur ce terrain là.

Écrit par : Victor-Liviu Dumitrescu | 06 septembre 2015

Le président du PDC Suisse, Christophe Darbellay :
«Le remède pourrait être pire que le mal, car ce n’est pas Orban qui va souffrir, mais son peuple».

Écrit par : Victor-Liviu Dumitrescu | 07 septembre 2015

Voici un excellent exemple de prêt-à-penser qui nous vient de France :
http://www.bvoltaire.fr/annesophiedesir/suis-julien-sanchez,205702
Un maire qui s'est fait hué dès les premières lignes de son discours à l'assemblée des maires.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 14 septembre 2015

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