31 août 2014

« Ce n’est pas un vote pour ou contre les caisses »

Tel est le titre d’un article de la TdG du 30-31 août. Le futur chef de Santésuisse - l’UDC Heinz Brand- y est interrogé. En tant que chef, il affirme résolument ses propos mais sont-ils si révélateurs de la réalité?


J’apprécie que la TdG nous apporte des avis complémentaires voire opposés au sujet de la votation sur la caisse unique.

Effectivement, ce n’est pas un vote pour ou contre les caisses mais un vote qui replace la réalité. A l’origine, les caisses étaient des mutuelles. Chacune y proposait son programme. Je me souviens, par exemple, d’une caisse qui avait affiché « non aux avortements ». Cela signifie qu’elles avaient un libre-choix certain au niveau des prestations et de la réalité des patients. Actuellement, elles sont sous la loi, la LAMAL et s’occupent uniquement de gérer les finances, de faire la police pour chasser les excédents de dépenses ou de décider si des prestations sont dans la loi. Elles n’ont donc plus accès à la maladie ou à la santé des assurés mais seulement à leurs porte-monnaie. Elles sont donc réduites à de simples agences comptables dirigées par l’Etat et ses lois, ce qu'elles resteraient avec la caisse unique. 

Il n’y a donc plus de sens qu’elles soient des entreprises indépendantes alors que leur champ d’action s'avère si limité aux finances. Cet état de fait les conduit à créer des nouveautés uniquement dans le domaine du montant des primes et à parvenir à des extrêmes inacceptables qu’est la chasse aux bons risques tant au niveau des malades que des médecins - elles en viennent à marchander le droit d'être remboursé avec des médecins qui coûteraient trop cher alors qu’elles ne sont pas habilitées à faire la relation entre la loi de l’économicité et celle de l’efficacité -

Il s’agit donc de créer un organisme global, qui s’occupe du panorama le plus complet possible du système de santé et de son économie. Ce qui est prévu puisque tous les groupements y seront représentés.

Commentaires

OUi, vu sous cet angle, évidemment, nous n'avons pas besoin d'une pseudo concurrence.
Mais je pense que le problème ne vient pas de là. Ici on traite les conséquences d'un choix; la solidarité et l'obligation de souscrire. On ne s'attaque pas (encore) à la racine du problème qui dépend largement de la responsabilisation des individus face à leur santé et la qualité de vie.
Mais nous y viendrons, qu'on le veuille ou non. Nous avons déjà commencé.
Le tri des bons ou mauvais risque n'est que la pointe de l'iceberg.
Bientôt nous remettrons en questions le remplacement d'un foie pour un alcoolique, d'une hanche pour un sportif de pointe, d'un coeur pour un fumeur etc.
Imposer la solidarité est aberrant. C'est un mouvement qui doit venir du coeur et être librement consenti. A défaut, la révolte gronde et les dérives seront insupportables. Elles ne feront que démontrer l'absurdité d'un système qui encourage la consommation effrénées de soins souvent inutiles. Et ce ne sont pas les médecins qui vont les dénoncer. Evidemment.
Et comme on ne s'attaque pas aux causes, les effets seront toujours aussi catastrophiques. La caisse unique ne réglera rien. Au contraire, elle ancrera le principe de la consommation à outrance et permettra à tous de se servir dans le catalogue toujours plus pléthorique de soins pointus et hors de prix. Les primes vont donc exploser.
Pas besoin d'être grand devin pour l'annoncer. Mais comme tout le monde en a marre, on est prêt à essayer.

Écrit par : Pierre Jenni | 31 août 2014

Merci beaucoup, Pierre Jenni, d'apporter vos réflexions riches de bon sens!
Effectivement, il y a deux niveaux distincts: Le problème aigu - financier - qui dénote de la conséquences de beaucoup de paramètres et le problème plus profond qui est réellement d'être plus efficace dans la gestion de la santé et pas seulement dans la gestion du porte-monnaie des assurés comme on ne le fait que trop aujourd'hui.
Il serait grand temps de s'attaquer à tous les paramètres qui participent à la définition de la santé par l'OMS : "La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité."(Wikipédia)

Écrit par : Marie-France de Meuron | 01 septembre 2014

"La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.". C'est ce qu'il faut toujours retenir.

Écrit par : annuaire suisse | 12 novembre 2014

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