30 juillet 2014

La caisse unique

La TdG de ce jour nous présente un article fort bien structuré « Cacophonie médicale face à la caisse publique » où sont présentées les positions de différents médecins.


J’aimerais ajouter ici deux réflexions :

 

La première concerne la pratique actuelle de la médecine en relation avec Tarmed, le tarif médical qui la cautionne.

  Les opposants avancent qu’actuellement, nous avons un accès rapide et sûr à des soins médicaux de base d’excellente qualité pour tous.

 

Reconnaissons que ce critère d’excellente qualité est défini selon la médecine conventionnelle. Si on incluait d’autres médecines, la qualité pourrait encore s’améliorer.

 

Il y a encore trop de pathologies où la médecine académique n’apporte que du soulagement ou encore coûte très cher pour des résultats limités.

 

Il n’est pas normal que d'autres médecines qui pourraient apporter leurs bienfaits n’aient que la petite porte des assurances complémentaires pour être remboursées et qu’elles soient soumises aux lois d’un commerce libéral.

 

Alors que le TARMED donne les directives pour les prestations, les assurés  financent une caisse obligatoire. Les malades, s’ils veulent être remboursés, doivent donc se soumettre à la médecine en cours.  Les assurances, quant à elles, sont un lobby en soi et, pourtant, sont responsables du système financier de ce système social.

 

Il y a par conséquent une contradiction entre une médecine et sa gestion dite libérale et la soumission à une loi sociale étatique.

 

Une caisse maladie unique éviterait ainsi cette contradiction. Elle dépendrait davantage du peuple.

 

 Ma deuxième réflexion concerne la chasse aux bons risques. On parle beaucoup de cette chasse et on escamote la chasse de Santésuisse aux « bons médecins ». Selon les statistiques annuelles, le « bon » médecin est celui dont le score ne dépasse pas les 130 % de la moyenne de sa catégorie.      Ceux qui dépassent ce score passent devant une commission qui vérifie s’il n’y a pas d’abus, ce qui est correct. En revanche, si le médecin applique une thérapie efficace mais qui dépasse la norme, il lui est proposé soit de rembourser les pourcents supplémentaires, soit d’en être dispensé mais en quittant le système de remboursements par les caisses. En prétextant s’appuyer sur la loi de l’économicité, les experts économistes de Santésuisse ne tiennent plus compte de la loi d’efficacité. Ils dictent par là le mode de médecine à prescrire.

 

Ainsi donc, les opposants à la caisse unique qui s’appuie sur l’argument d’un degré élevé en matière de liberté de choix et d’autodétermination ne tiennent pas compte de cette grave limitation.

 

Il y a encore d’autres paramètres à débattre mais je me contente de ces deux pour ce soir !

 

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