18 avril 2014

« Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ! »

Ces paroles de Jésus sur la Croix sont riches de sens. Dans un premier temps, nous pouvons ressentir tant l’immense compassion du Crucifié pour ses bourreaux que sa compréhension et son acceptation de leur inconscience.


Dans un second temps, en quoi nous concernent-elles, nous, humains, dans notre existence actuelle ?

En me posant la question, j’ai abordé le contenu de cette  phrase en percevant cinq espaces distincts :

1)      Jésus s’adresse à « Père ». Pourquoi pas à « Eternel » ou encore à « Mère » ? Ce sont trois Principes immatériels.

Jésus sait que l’épreuve est si intense qu’il est inutile d’appeler à l’aide un être humain.   En effet, nous avons l’expérience de personnes qui reviennent à la foi quand il ne leur reste plus aucun secours terrestre.

Pourquoi s’adresse-t-il au côté paternel, masculin de l’Etre suprême ?

2)     Le geste de « pardonner » est une action, un geste émissif. Dans ce sens, il est yang selon la définition chinoise, autrement dit masculin.

J'en déduis que dans l’adversité, il convient de savoir à quel Principe nous nous adressons, selon la demande la plus intime que nous portons.

3)      « ils ne savent pas », ils ne sont pas conscients de la portée de leurs actes. Sans doute, ils savent matériellement ce qu’ils font mais pas la portée de leurs actes ni ce qui en eux les animent pour en avoir l’impulsion.

Jésus accepte ce fait, cette réalité "qu’ils ne savent pas". Il n’attend donc pas autre chose que ce qui est dans l’ici et maintenant.

4)      C’est le propre de l’être humain de s’engager dans des actes et seulement après coup de découvrir le résultat réel et profond de l’expérience. En ce sens, elles sont inévitables ou alors il n’y a pas d’évolution réelle, si ce n’est qu’on vieillit plutôt que mûrir !

5)       Jésus demande de pardonner à des individus « leur ». Il ne dit pas de pardonner l’acte en soi ! 

Il y a souvent confusion entre garder la relation affective avec un être humain et condamner le geste répréhensible.

Cette différence est fondamentale. Ainsi donc, si des parents condamnent un enfant à ne pas participer à une sortie parce qu’il a fait de mauvaises notes, ils atteignent un élan vital de l’enfant et non la cause des mauvaises notes.

De même lorsqu’un homme est condamné à la prison. Son existence toute entière est alors atteinte alors qu’il a commis un geste précis, il devrait être condamné au niveau du geste et non dans son individualité entière. Cela éviterait d’avoir des prisons surchargées ! Les prisons serviraient bien sûr à garder en lieu sûr des individus dangereux pour la société.

Alors on chercherait des possibilités de réparer la faute - la falta c'est à dire le manque -  et  de libérer l'inconscient de la pulsion sous-jacente afin de transmuter ce qui, dans l'individu, a provoqué la transgression. Non de rajouter des souffrances à un individu.

 Voilà donc mes réflexions pour un Vendredi Saint !

Commentaires

très bon article et la dernière phrase reflète à elle seule ce qui en conduit beaucoup à se flageller pour d'autres et qui sans le savoir mèneront leurs intestins à la morbidité complète
Le Christ avait aussi dit selon certains écrits ne portez pas la croix des autres la vôtre suffira emplement et s'il est mort pour sauver le monde on a de la peine à comprendre pourquoi certains se donnent autant de mal pour ce qu'il n'a pas réussi lui!je pense aux guerres intestines, fratricides entre tribus qui veulent chacune garder le pouvoir du patriarche décédé
La médecine de pointe aura donné envie à certains au regret de n'avoir pu devenir juge ou avocat l'envie d'imiter les pasteurs radoteurs d'antan qui savaient culpabiliser leurs ouailles
Ces médecins ont su utiliser les pires prédilections médicales sans doute pour assouvir leur pouvoir de domination ce que nos anciens généralistes eux se gardaient de faire sachant que chacun reste libre de ses pensées et de ses actes et qu'il ne leur appartenait pas de guérir mais de soulager
La liste des culpabilités actuelles est trop longue à énumérer mais si le réchauffement climatique existe il est celui de jeunes cerveaux américains qui connaissent toutes les technologies modernes qui savent les utiliser à bon escient afin d'en concocter des plats d'images réchauffées aux médias occidentaux dont les lecteurs affamés de faits divers ont besoin sans doute pour se sentir peut-être moins malheureux que d'autres ou se gargariser de mots comme mort etc sans se rendre compte qu'ils mettent eux même leur vie en danger
Des éphémérides existent pour chaque évènement du passé et il est facile de les compulser et comparer l'actu d'aujourd'hui avec hier
Très belle journée pour Vous Madame

Écrit par : lovsmeralda | 18 avril 2014

Avis à un commentateur anonyme : je ne publie pas les commentaires méprisants, surtout de quelqu'un qui n'a pas pris le temps d'approfondir le contexte du sujet qu'il soulève.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 18 avril 2014

Aujourd'hui, nous savons de façon certaine que Jésus n'était pas heureux en famille. Peut-on se permettre, avec respect, d'imaginer ou ressentir qu'en un moment de peine, intense, traité de "bâtard" (hitorique, Jésus et Israël, Fasquelle) Jésus se soit tourné vers Dieu, le Créateur, en lui demandant d'être ce père qu'il n'avait pas (selon les textes évangéliques) ce qui donna le Notre Père mais que si Jésus avait été privé de mère se tournant vers Dieu, son aspect féminin, la Shekhina, il lui aurait demandé d'être sa mère ce qui aurait donné un(e) Notre Mère?!

Evangile de Thomas: Jésus demande à Pierre de ne pas écarter Marie, une femme, de la communauté car, dit-il à Pierre, tout comme toi Marie a une âme.
La croix peut aussi représenter un lit de souffrance, ne dit-on pas être "cloué au lit"?! Puis, chez les croyants juifs la "mort" peut signifier rupture (par le fait, ou conséquence, un état dépressif) avec Dieu avec "résurrection" (repentir, contrition) c'est-à-dire retour à Dieu/fin de l'état dépressif. Ce mot RETOUR figure en trés fréquentes pages bibliques, appel au retour à Dieu et le prophète Osée ou Dieu parlant par la bouche du prophète Osée comme en un micro dit (Ancienne Alliance, donc): "Je ne veux pas des sacrifiices sanglants, je veux des coeurs repentants"! Merci, Madame, pour vos articles éclairés. Bonne Fêtes de Pâques.

Écrit par : Myriam Belakovsky | 19 avril 2014

Merci Myriam, pour votre visite blog interposé et votre réflexion.
Je ne sais pas si Jésus était heureux en famille mais, en tous cas, il a eu la famille qui lui a permis de réaliser sa mission.
Joyeuses Pâques à vous aussi!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 19 avril 2014

Père pardonne-leur ce qu'ils font ou ce qu'ils disent.En effet beaucoup d'écrits ne concernent qu'une partie de la bible puisque chaque religion possède une pièce du puzzle
Cependant un Curé devenu Monseigneur a su contaminer par sa franche rigolade et des mots très crus tous les hommes qu'ils rencontraient dans les bistrots.
Ils savaient prendre place près des mobards leur racontant mille et une histoire souvent salaces prouvant par cette manière d'agir et de parler que lui au moins savait relativiser ,qu'il ne se faisait pas de fausses idées sur la valeurs humaine
Par ses éclats de rire et ses cotés fraternels cet adorable homme d'église savait détendre l'ambiance tellement son rire à décorner des bœufs changeait du regard pincé et critique de nombreux autres religieux
Bien sûr il y avait quelques vignerons et le vin de messe leur était sans doute commandé peu importe ce Curé a su dynamiser tous ceux qu'ils rencontra. La preuve après tant d'année on en parle encore.
Son dada c'était boire avec les bons vivants de la commune et peut-être exciter par là même la bourgeoisie Protestante du coin
Alors Père pardonne-leur a t'il dû souvent penser en voyant la sainte famille des très bon pensants le critiquer alors qu'il ne faisait qu'imiter Jésus s'asseyant parmi la foule et n'ayant pas peur de se salir ni les mains ni les oreilles
Ses éclats de rire brillent encore dans le cœur de nombreux plus très jeunes mais lui au moins savait enseigner la religion du cœur
Tandis qu'à quelques kilomètres des Sœurs Catholiques laissaient éclater leurs rires fraternels associés à ceux des Frères dirigeant une école
Et ces chères Sœurs de cœur riaient peut-être du bon tour du destin après une pénible journée à soigner des Protestants tellement sermonnés qu'ils en tombaient malades
Peut-être tout comme ce Curé devenu Monseigneur pensaient -elles aussi, Père pardonne leur car l'habit n'a jamais fait le moine !
Tandis qu'à deux pas un Pasteur devait trembler en voyant le succès de ceux qu'il considérait comme ennemis encore en 1960 voyant de plus en plus ses catéchumènes marier des hommes Catholiques mais vraiment Catholique Noirs Il a dû rire sous cape en voyant ces gamines qui faisaient preuve d'une très grande indépendance d'esprit et qui allaient se re-jeter dans la gueule du loup
Beaucoup avaient eut une enfance sectaire et ont décidé une fois mariées d'étudier la Thora car re-vivre dans une région qui avait presque 30 ans de retard sur d'autres fallait vraiment que l'amour ait aveuglé leur raisonnement
Henri de Navarres a dû être rassuré d'autres auront tout comme lui choisi le chemin le plus difficile et l'esprit de la Saint-Barthélemy chatouille toujours les descendants des Huguenots, leur esprit toujours en alerte ayant depuis longtemps compris la phrase: père pardonne -leur mais en ayant surtout à l'esprit, et pardonne-leur aussi ce qu'ils disent
Ce Monseigneur serait vivant sûr qu'il dirait au nom de la Foi ils en sont toujours à vouloir sans doute réformer l'Edit de Nantes
Très belle journée Madame

Écrit par : lovsmeralda | 19 avril 2014

Merci beaucoup: Oui, Jésus aime inconditionnellement et pardonne in conditionnellement. Nous pouvons accepter son amour et son pardon et offrir "cela" à nos frères et sœurs, à notre société tellement fragile...

Écrit par : cmj | 19 avril 2014

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