16 mars 2014

« L'Etat doit-il reconnaître officiellement l'Islam »

Tel est le titre d'un débat fort bien présenté et pertinent, instauré dans TdG du vendredi 14 mars. Chacun est invité à débattre sur le site de notre quotidien genevois et pourquoi pas sur ce blog aussi!


Effectivement, nous ne pouvons pas en rester à l'interdiction des minarets ou à la limitation de l'émigration! Dans cette année où de grands bouleversements se déroulent dans différents lieux et pour différentes dimensions planétaires, la Suisse n'échappe pas à une remise en question en profondeur, bien sûr au niveau de sa maturité et de son esprit démocratique, que beaucoup nous envient, sérieusement parlant.

Quoi devons-nous remettre en question ou plutôt considérer avec d'autres points de vue et de perception? Certainement différents sujets mais je désire aborder ici le thème du fait religieux «Fait » n'est peut-être pas le bon mot mais y a-t-il un mot adéquat pour cette « dimension » de l'être humain?

J'avance le sujet pour l'être humain mais est-ce que les animaux ont une religion? La question peut sembler farfelue et, pourtant, elle fut débattue de façon intéressante sur le site futura-science.

Revenons à l'être humain qui est un univers en soi, avec différentes strates ou dimensions parmi lesquelles se distingue la conscience. Evidemment, ce que je vais énoncer ici et assez grossier mais il faut bien démarrer avec quelques notions!

Prenons les trois niveaux de base :

La conscience du JE qui donne l'EGO

La conscience du ME-MOI qui correspond à un niveau plus intime dont une appellation est le « FOR INTERIEUR » ( que j'aime bien à cause de la similarité avec FORT de FORTIFICATION)

Et la conscience du soi qui peut mener à la conscience du SOI selon la conception cosmique que chacun détient.

Dans cette notion de conception du monde, on peut y percevoir aussi trois niveaux : la croyance (alimentée par le savoir et la culture), la conviction, (ressentie avec le coeur ou l'âme) et l'expérience (vécue avec son être tout entier corps-âme-esprit).

Ainsi donc, il est toujours important de percevoir à partir de quelle dimension de lui s'exprime un individu, quel que soit le sujet abordé.

 Concernant le « fait religieux » on peut aussi y percevoir trois niveaux très distincts :

L'ahtéisme, la religion et la vie spirituelle.

 Les trois niveaux que j'ai définis par « croyance-conviction-expérience » se rapportent aussi au fait religieux. On peut se dire athée par exemple sans croyance en Dieu mais avoir une conviction profonde pour certaines dimensions de la Vie.

Autre exemple, quand nous prétendons être de culture chrétienne, ce peut être une simple structure de la société, avec une certaine morale. Cela ne veut pas dire que l'on pratique l'expérience spirtituelle christique.

Un exemple patent nous est révélé à chaque période de Noël : Notre société est envahie par des offres d'offres économiques, commerciales et gustatives qui sont bien éloignées de la symbolique de la crèche. Du reste, bien des personnes n'osent même pas souhaiter « joyeux Noël » et s'en tirent avec « Joyeuses Fêtes ».

Au niveau de la religion, nous trouvons une organisation avec un intention de connexion avec un au-delà mais une structure très sociétale, avec des dogmes et des lois dont la pratique peut éloigner plutôt que rapprocher de la vie spirituelle. Si tellement de nos concitoyens ont quitté leurs églises, c'est bien qu'ils n'y trouvaient plus l'ouverture à un monde hors du matériel, du concret et donc limité.

Au niveau de la vie spirituelle, que dire? Chacun a son expérience plus ou moins codifiée, balisée, consciente. Chacun le vit avec plus ou moins de ferveur.

 Pourquoi l'Islam prend tant de place aujourd'hui? En fait, une des raisons possibles est la place que la société lui laisse pour l'avoir désertée!!! Non pas en disant : veuillez vous installer! mais en ne pratiquant plus les dimensions spirituelles de la vie humaine.

  • Quelques exemples : Quasiment, les seules personnes - hors l'entourage proche- à me souhaiter Joyeux Noël avec ferveur sont mes connaissances musulmanes!

  • Autrefois, quand des personnes se trouvaient démunies, elles sonnaient à l'Eglise catholique.

Plus récemment, une famille démunie étrangère qui s'est retrouvée en Valais a été accueillie par des protestants (donc une minorité). Et cette famille d'origine espagnole (!) s'est convertie au protestantisme.

Actuellement, ceux qui accueillent les démunis sont plutôt les musulmans, ce qui fait que naturellement, certaines personnes sont appelées à devenir musulmanes.

  • Il y a bien sûr d'autres exemples mais en tous cas, on peut se demander pourquoi tant de Suisses d'origine épousent la confession musulmane.

  • Je trouve une ferveur certaine chez des musulmans alors que la ferveur prioritaire chez nous est devenue une ferveur économique!!!

 Pour revenir au sujet du jour : « Reconnaître officiellement l'Islam », quels liens apporter en relation avec les réflexions précédentes?

Je constate que toutes les communautés religieuses sont des groupes sociaux-religieux. On pourrait ainsi inscrire cette catégorie qui permettrait à toutes les églises d'y trouver une place. De même que les églises catholiques et protestantes sont séparées, ainsi les groupements musulmans fort distincts auraient chacun leur place. Ce fait éviterait d'amalgamer les sunnites et les chiites, de confondre les djihadistes avec les musulmans sincères et pacifiques, respectueux des droits humains.

 Voilà quelques réflexions non exhaustives mais qui, j'espère, auront leurs places dans le débat fort judicieux ouvert par notre TdG!

Les commentaires sont fermés.