22 août 2013

Médecine périphérique et tabac

« Bientôt, le prix du paquet de cigarettes à 11 francs ». Tel est l'objectif du Conseil Fédéral. Voici un exemple flagrant d'une médecine de plus en plus périphérique. Atteindre le porte-monnaie des fumeurs plutôt que leur addiction à la cigarette est une démarche fortement extérieure à eux.


S'appuyer sur une loi pour pouvoir le faire est aussi complètement éloignée de l'être humain, dans tout sa dynamique vivante alors qu'une loi est figée. Elle ne sert que de béquille pour le Conseil Fédéral. Une béquille est aussi un appareil même pas périphérique mais franchement hors du corps.

Prendre appui sur l'OMS dénote aussi d'un appui fort extérieur. Même si son siège est à Genève, il est déjà loin de Berne! De plus, ce n'est pas une organisation suisse en soi mais internationale, donc un degré de périphérie en sus.

On veut nous faire croire que la Suisse est un mauvais élève, à la traîne dans la lutte contre le tabagisme. Ne serait-ce pas qu'elle garde son bon sens et qu'elle conserve son esprit d'unité « un pour tous, tous pour un »? Or, en focalisant sur la consommation de cigarettes, nous perdons la vision de l'être humain qui est un tout. De plus, nous nous éloignons terriblement de la conscience que nous sommes dotés de différents réflexes. Ainsi, nous savons que « chasser le naturel il revient au galop ». De ce fait, la compensation qu'est la cigarette sera remplacée par une autre substance qui ne sera pas moins nocive. Nous voyons bien les jeunes qui fument peut-être moins mais s'adonnent à d'autres produits souvent plus nocifs. Nous sommes des êtres dotés d'une intelligence que nous avons le libre-arbitre d'utiliser pour notre bien ou notre mal mais qui est un bon instrument pour obtenir ce qu'on veut. Ainsi, quand nous ne pouvons pas atteindre ce que nous désirons, nous allons le chercher ailleurs comme les Allemands l'ont fait en amplifiant la contrebande et le marché noir.

On peut aussi souligner que ce qui est nocif dans la cigarette, ce n'est pas seulement le tabac en soi mais les 850 additifs possibles. Pourquoi ne pas s'attaquer à eux? C'est là qu'on voit le côté détourné du Conseil Fédéral qui doit trouver à tout prix - c'est le cas de le dire!- de nouvelles rentrées d'argent et qui les cherchent dans des « sujets-bateaux » comme les cigarettes. Le but de cet impôt est donc au-delà de la périphérie, dans un nouvel espace,  puisqu'il s'adresse au porte-monnaie et non point aux principes nuisibles pour la santé.

Si le Conseil Fédéral se préoccupait de la santé des habitants de la Suisse, il irait au coeur du problème : quelles sont les causes profondes qui font que quelqu'un a besoin de se nuire autant en détruisant ses voies respiratoires et son système vasculaire à petit feu et à légère fumée qui, en s'accumulant, font de gros dégâts?

Petite suggestion: Pour les adultes créatifs, la solution de rouler ses cigarettes avec du tabac bio est déjà un pas vers franchement moins d'auto-agression.

 

Commentaires

Moi, Marie-France, la question que je me pose, c'est de savoir si ce genre de démarches n'est pas de l'enfumage. Si on voulait véritablement réduire les addictions de toutes natures, on s'attaquerait à ceux à qui elles profitent. Comme il n'est pas souhaitable que la tolérance à l'égard des cartels de drogue et autres soit visible, on se donne bonne conscience avec des actes publics et qui ne risquent pas de changer l'ordre du monde. On renforce aussi la place prise par la législation, ce qui ne va pas dans le sens de l'encouragement à une autonomie de pensée, de soin...
En homéopathie, je suis épatée par coffea que je donne à une minette qui souffre d'hyperthyroïdie (avec iodum). Ca semble sans rapport, mais on le donne aux accros au café. Je ne sais pas ce que ça donnerait sur les autres addictions.

Écrit par : Nicole Guihaumé | 26 août 2013

Merci beaucoup, Nicole pour votre commentaire très approfondi et qui touche plusieurs dimensions.
J'apprécie votre notion "d'enfumage" qui montre bien la dynamique plus-que-périphérique de l'action. Toutefois, le cartel des drogues n'est que la résultante de la société donc on ne peut pas le toucher directement puisque "chasser le naturel, il revient au galop!". Pour moi, le problème est pourquoi notre société engendre tellement d'addictions et que signifie vraiment pour un individu de s'accrocher à une addiction. Autrement dit, à quel moment clique-t-il sur le logiciel de l'addiction? Mais on n'enseigne pas beaucoup la méthode pour une telle prise de conscience alors que le problème est au contraire amplifié par certains additifs qui stimulent encore plus l'addiction.

Effectivement, renforcer la législation ne donne que des tuteurs de référence et du pouvoir au gouvernement, même si les citoyens votent "librement" pour un tel article.

Quant à l'homéopathie, ce que vous suggérez est plutôt de l'isopathie, c'est-à-dire le traitement par l'identique alors que l'homéopathie traite par le similaire. On peut effectivement donner Tabacum pour éviter de fumer encore faut-il le répéter selon les lois de l'homéopathie et non comme une pastille de Nicorette. Toutefois, Tabacum ne soignera pas l'addiction à la cigarette en soi mais soutiendra l'effort pendant la durée du sevrage. Pour un traitement plus approfondi, il faut un remède de terrain ou complémenter la démarche par des thérapies qui touchent l'être plus globalement.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 26 août 2013

Voila que même la cigarette électronique pose problème.

http://www.20min.ch/ro/news/science/story/La-cigarette-electronique--pas-si-inoffensive--13131694

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 27 août 2013

Je vous lis, Marie-France, et ne peux m'empêcher de voir l'addiction -depuis mon expérience personnelle, et l'observation de proches, donc pas documenté- comme un évitement de ce qu'en soi l'on ne supporte pas. Ca me semble être du registre du non pensé, voire de l'impensable. Quelque chose comme "ce que me fait ce qui vient de frôler ma conscience, là, je ne peux littéralement pas le supporter". La hantise que pour le coup documentent Abraham et Torök, notamment dans l'écorce et le noyau.
Mon repère est la fluidité. Quand est-ce que je suis dans une énergie fluide, quand est-ce que je n'y suis pas et qu'est-ce qui se joue en moi, alors ? L'addiction ne se situe pas dans la fluidité, me semble-t-il.

Autre chose, la cigarette n'est pas venue toute seule, il y a eu le cinéma, les pubs -dont certaines très belles pour inciter les femmes à s'y mettre- et en ce sens inconsciemment, la cigarette relie, c'est une expérience partagée, tandis que les hantises sont plus souvent du registre de ce qui nous confronte à notre unicité, notre solitude, notre fragilité. Donc le coeur, et non la périphérie que vous désignez fort justement.

Quant aux cartels de drogue, il fut un temps où je lisais dessus, et pour prendre un exemple, la culture du pavot en Afghanistan a cru de façon exponentielle depuis la guerre. C'est un marché excessivement juteux et très organisé. Notre société pourrait donc engendrer des addictions parce que c'est de bon rapport et qu'il est aisé de les développer en s'appuyant au coeur, sur la fragilité de l'être. Il y a mil manières de faire ça, la crise économique, calculée et délibérément provoquée en est un.

Je suis d'accord avec ce que vous dites de l'homéopathie, et j'avoue mon étonnement sans cesse renouvelé quant à sa puissance sur les animaux. Entre voir son sommeil entrecoupé de réveils provoqués par des miaulements et dormir du sommeil des justes, l'écart est énorme. Et mes chats ne font que prendre ce que je leur donne, certes avec tendresse, en tentant de comprendre puisqu'on sait que l'hyperthyroïdie est souvent déclenchée par un problème émotionnel/affectif...le fait est que j'ai tenté plusieurs remèdes sans effet jusqu'à trouver le bon (+bilan sanguin)

Écrit par : Nicole Guihaumé | 27 août 2013

bonjour Nicole,
Un très chaleureux merci de votre engagement très personnel et riche dans le débat sur mon blog. Vous présentez plusieurs thèmes et il est évident que l'existence est toujours la somme de plusieurs paramètres, ce que la société actuelle oublie avec son raisonnement binaire (par exemple, tu viens ou tu viens pas? et on presse la personne pour avoir sa réponse au lieu de lui donner le temps de ressentir les différents éléments à évaluer pour donner une réponse venant de son for intérieur).

J'apprécie votre expression : "ce qui a frôlé ma conscience". En développant notre vigilance, on peut être de plus attentif à ses effleurements de la conscience et en tenir compte comme de coups qui frappent à notre porte.
Souvent, on croit qu'on ne peut pas le supporter. En réalité, à l'âge adulte, on réagit comme lorsque l'épreuve nous avait été donné pendant l'enfance et qu'à l'époque, effectivement, on n'avait pas encore les moyens de développer nos pouvoirs de transmuter la situation. Mais à l'âge adulte, on peut avoir confiance en tout ce qui a mûri en nous à travers les diverses épreuves - expériences de la vie.

"Les cartels s'appuient sur la fragilité de la vie". Excellente réflexion.
Je peux rajouter que relativement peu de personnes font un travail pour développer leurs forces intérieures. La matérialité actuelle pousse la population à développer des facteurs très concrets et...périphérique (bel appartement, bonne voiture, habillement de style, etc)

Merci aussi pour votre témoignage concernant l'homéopathie. En effet, elle est très efficace sur les animaux comme sur les bébés qui n'ont pas les perturbations mentales des aînés et qui montrent leurs symptôme tels quels.
Je me souviens d'un enfant qui bégayait suite à une peur. Une seule dose a suffi!
Pour mieux saisir l'ensemble des mécanismes physiologiques, il vaut la peine d'avoir des connaissances de la médecine traditionnelle chinoise. Dans le cas des maladies thyroïdiennes, elle vous dirait que la thyroîde est l'oeil de l'utérus, donc qu'il y a peut-être quelque chose à traiter au niveau utérin. Par conséquent, en prenant en compte les symptômes que donne son système gynécologique, vous aurez plus de chance de trouver le remède de terrain.

Belle journée à vous!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 27 août 2013

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