27 avril 2013

Pour une approche quantique de la conscience

Telle est le titre d'un colloque organisé le 11 mai 2013 à Paris. Voilà un sujet encore peu traité! Et pourtant, il fait partie des recherches universitaires actuelles.


Les intervenants sont du reste tous issus d'universités tant états-uniennes que russes, passant par la France et la Suisse. Je cite la présentation d'un des conrérenciers:

«  Amit Goswami est professeur de physique à l'université de l'Oregon, il a développé une approche de la physique dans laquelle la conscience est le fondement de toute forme d'existence. Pour lui, la compréhension des principes de base de la mécanique quantique doit nous mener non seulement à rejeter le matérialisme mais à changer nos sociétés et nous-mêmes.

 Plusieurs films lui ont été consacrés dont The Quantum activist www.quantumactivist.com(l'activiste quantique) qui essaie aussi d'établir un lien entre la physique quantique et notre vie quotidienne. Il est l'auteur de plusieurs livres dont le best-seller, The Self-Aware Universe, (L’univers conscient de lui même). »

Même si le sujet surprend, il mérite donc d'être approfondi!

Commentaires

@Marie-France de Meuron,la société a évolué depuis la fin de la guerre et nos aieux en ont vécu une autre voire plusieurs .De fait chacun évolue selon ses principes de base et n'a rien à se plier au dogme des scientifiques et encore moins à ceux qui rêvent d'une civilisation à pensée unique.
Sinon ceux ayant repproché la manque de biodiversité aux champions de l'agriculture qu'étaient nos paysans ,seront les mêmes à monter aux barricades pour revenir à des temps ou les scientifiques possédaient quand même un QI plus développé que ceux qui sous le couvert d'une approche quantique de la conscience ont peut-être le masque d'une secte Etasunienne ,celle là même qui arrose tous les continents et ce tous les trente ans de nouveautés new âge avec tous les dégats collatéraux connus
Excellente journée pour Vous Madame

Écrit par : lovsmeralda | 27 avril 2013

Bonjour Lovsmeralda, Merci pour votre visite.
Je crois qu'il faut bien distinguer les dogmes que l'on déduit à la suite d'observations et les observations elles-mêmes.
Souvent dans l'histoire, des scientifiques ont perçu des vérités qui ont pu être vérifiées par la suite avec des appareils plus sophistiqués. Il en va de même avec la physique quantique qui n'est pas qu'une vue de l'esprit!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 27 avril 2013

J'adore ce sujet! il est grand temps que cette vulgarisation avance, que nos neuro-biologues sortent du cadre matérialiste qui présuppose que tout phénomène pourrait être complètement expliqué à partir de la matière et de ses lois (les appareils à imagerie médicale sont devenus très performants),

n'utilisant des modèles qui ne peuvent que donner une description (biaisée, voire faussée) des processus cérébraux impliqués dans la réception et l’analyse de l’information par le cerveau lors de la réalisation de tâches cognitives ou de perceptions conscientes

avec de tels modèles de pensée chez nos scientifiques, mon petit cerveau de gugus lambda était en traversée du désert jusqu'à fin XXe

philosophes et neurophysiologistes restant coincés avec ce qu'ils nommaient le «problème difficile de la conscience» (Nagel 1974) (Chalmers 1996) (Edelman 2000) (Bitbol 2008)

certains réduisant l’expérience subjective à ses corrélats neuronaux (Crick 1994) ou l’identifiant "mystérieusement" à ces derniers (Changeux 1983) ou niant bêtement le tout (Churchland 1996) (Denett 2001)

d'autres (Kuhn 1962) considérant l'expérience subjective comme une anomalie ne pouvant être expliquée dans le cadre du paradigme matérialiste en vigueur.

extraits. 2012, Dr. Pierre UZAN, chercheur au laboratoire SPHERE Histoire et Philosophie des Sciences Université Paris-Diderot:

"l’approche quantique fondée sur le monisme neutre qui est proposée ici introduit une nouvelle façon de penser sa relation avec les processus neuronaux

Selon cette approche, l’expérience subjective n’est pas « identifiée » ou « réduite » à des processus neurophysiologiques

l’ « esprit » et le cerveau ne constituent pas, comme dans les approches dualistes, deux substances ou deux classes de processus indépendants et inhomogènes dont l’interaction resterait à expliquer
- comme c’était le cas chez Descartes et chez Eccles (1994)

utiliser la théorie quantique & concepts pour modéliser la relation psychophysique
concepts de complémentarité et d’intrication qui sont rigoureusement définis en physique quantique
dont l’applicabilité peut être exportée en dehors du monde physique et même au-delà du domaine matériel."

J'adore l'utilisation de théories quantiques (au pluriel pour moi): on s'approche de la pensée magique! parce que le niveau n'est qu'au palier d'un quantisme élastique.. ça ne peut que leur faire du bien à nos "scientifiques" (surtout chez les franco-latinos, les esprits anglo-saxons ont au moins 3 générations d'avance), dans ce monde de hautes technicités d'experts de plus en plus experts en leurs domaines respectifs, de plus en plus incapables de s'entendre!

Écrit par : Pierre à feu | 27 avril 2013

Un très vif merci, Pierre à feu, pour votre apport très dynamique et documenté.
Je rajouterais que c'est grâce à la physique quantique qu'on peut prouver que les granules homéopathiques ne sont pas neutres.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 27 avril 2013

suggestion d'approche quantique de la conscience pour ce froid pluvieux samedi Ramin Bahrami jouant un peu de Bach:

http://www.musicme.com/#/Ramin-Bahrami/albums/J.s.-Bach:-Piano-Concertos-0028947642831.html

Écrit par : Pierre à feu | 27 avril 2013

Bon, là c'est du haut vol.
J'ai tenté de comprendre les explications de l'expérience du chat de Schroedinger, mais je sèche. Etre à la fois mort et vivant c'est un concept qui me dépasse.
J'ai cru comprendre que la physique quantique ne s'exprime qu'au niveau des particules et donc de l'infiniment petit. Ce n'est donc pas demain la veille qu'on verra des molécules traverser les murs.
Une chose pourtant est réjouissante. Plus les scientifiques découvrent, plus ils réalisent l'étendue de leur ignorance.
Nous devrions faire comme eux, histoire de nous émerveiller à nouveau devant le mystère de la vie qui ne saurait être dévoilé puisque l'imperfection fait partie de la perfection de la création à laquelle elle donne le mouvement.

Écrit par : Pierre Jenni | 01 mai 2013

Un grand merci, Pierre Jenni, d'entrer dans la réflexion.
Effectivement, on ne voit pas les molécules traverser les murs mais la physique quantique explique que les plus petites particules ont la faculté de muter en ondes vibratoires. On peut alors imaginer qu'elles traversent les murs de même qu'on peut entendre la radio dans une chambre fermée!
C'est par ce même phénomène de physique quantique qu'on peut comprendre l'homéopathie dynamisée dès une certaine dilution, dont on ne capte plus de molécules alors que les vibrations sont mesurables par des moyens relevant de la physique quantique, ce qui explique leurs pouvoirs pour autant que le remède prescrit le soit selon la loi du similimum, tant par sa nature que par la hauteur de la dilution.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 02 mai 2013

Sujet passionnant ! A la fin du XIX l'impossibilité reconnue des théories de la physique classique d'expliquer certains phénomènes (observations expérimentales)a donné naissance à la nouvelle physique, celle expliquant le comportement de l'infiniment petit où la distinction entre onde et matière devient nettement plus floue, les particules ayant des propriétés ondulatoires et les ondes des propriétés corpusculaires (en particulier en regard de l'énergie. S'il est établi que les corps macroscopiques sont décrits de manière pertinente par la mécanique classique (songeons aux satellites, par ex.) il reste cependant tout un domaine du fonctionnement du vivant qui est encore assez 'obscur'. Que la mécanique quantique y cherche à apporter un éclairage nouveau n'est que naturel. Reste cependant à ne pas oublier que toute théorie ou hypothèse n'a de validité que si elle est répétée et démontrée par le fait expérimental. D'où l'importance de la recherche fondamentale pour comprendre encore et encore. Tant il est vrai que l'on n'a pas fini de comprendre .....

Écrit par : uranus2011 | 02 mai 2013

Selon les conférenciers, la Conscience se manifeste en physique quantique dans l’Effondrement de la fonction d’onde, concept qu’aucun ne prit la peine d’expliquer, puisque, selon eux, « tout le monde ( ?) Connait l’expérience de pensée connue sous le nom du « Chat de Schroedinger ».
Il faut reconnaître que les grandes avancées des neurosciences buttent, jusqu’à maintenant, sur l’explication de l’interaction de la pensée humaine et des neurones du cerveau.
On fait bien état des expériences de commande d’un robot par la seule pensée. En fait, ces robots sont actionnés par l’agitation de zones neuronales parfaitement détectables par les instruments d’imageries cérébrales (IRMf) mais comment la Pensée « allume-t-elle « ces neurones ? Nul ne le sait encore.
Revenons à la physique quantique.
Rappelons succinctement que la « fonction d’onde » liée à toute particule matérielle, un électron, un chat par exemple, a été proposée par le grand savant français Louis de Broglie, en 1929 qui a émis l’hypothèse révolutionnaire que toute particule matérielle était accompagnée d’une onde pilote associée électromagnétique (cf. radio) . Contrairement à celle du groupe de Copenhague, sa théorie, Broglie-Bohm ne viole pas les inégalités de Bell car les variables cachées postulées par Einstein sont générales et non pas locales.
Schroedinger reprit cette hypothèse et écrivit sa célèbre équation qui représenterait la probabilité de présence du paquet d’ondes associées à toute particule.
En généralisant, certains pensent qu’il existe une méga fonction d’onde pour l’univers, une sorte de Conscience universelle !
Revenons à la fonction d’ondes. En cherchant à trouver les solutions mathématiques de l’Equation d’onde appelée « Effondrement, réduction ou Décohérence quantique : voir Wikipedia) », les mathématiciens ont trouvé, entre autres, deux solutions possibles, deux états SUPERPOSES.
On peut démontrer mathématiquement que chaque interaction « déphase » les fonctions d'onde des états les unes par rapport aux autres, jusqu’à devenir orthogonales et de produit scalaire nul. En conséquence, la probabilité d'observer un état superposé tend rapidement vers zéro.
Seuls restent observables les états correspondant aux états observables macroscopiquement, par exemple - dans le cas du Chat de Schrödinger - mort ou bien vivant.
Jusqu’à maintenant, les mathématiques seules démontrent que le chat est dans deux états mathématiques superposés : Mort ET vivant.
D’autres savants vont plus loin et émettent l’hypothèse que le fait qu’un être vivant ( ?) observe l’intérieur jusque-là fermé, de la boite où se trouve le chat mort ET vivant, supprime l’un des deux états superposés. L’observateur constate alors que le chat est mort OU vivant.
Selon eux, c’est la conscience de l’observateur qui rend impossible l’une des solutions de l’équation de Schroedinger. Ainsi, la conscience de l’observateur influencerait la « décision » prise par la Nature. On ne constate, en effet, qu’un seuil état : Mort ou Vivant.
Personne ne nous dit pourquoi la conscience du chat, dans sa boite, ne déciderait pas avant celle de l’observateur humain s’il doit se suicider ou gambader !
Tous les conférenciers ont plus ou moins défendu la thèse spiritualiste.
Ils s’appuient sur l’expérience indéchiffrable quoique rigoureuse d’Alain Aspect, en 1980, montrant la non-séparabilité de 2 particules qui ont « frayées » avant d’être séparées à des années-lumière, pouvaient communiquer instantanément, plus vite que la vitesse limite de la lumière.
Entre parenthèse, cette vitesse limite n’est qu’une hypothèse assez bien vérifiée mais non définitive !
Or, tous ces conférenciers s’appuient sur cette hypothèse, la vitesse limite de la lumière, pour empiler une hypothèse sur cette hypothèse ; celle de la conscience divine.
Quelle est la valeur d’une hypothèse supérieure dépendante d’une hypothèse inférieure ?
Goedel a dit des choses à ce sujet
La plupart des conférenciers s’appuie sur la non-séparabilité, pour émettre l’hypothèse que la Totalité qui inclut notre propre conscience joue un rôle effectif dans l’univers. Est-ce la conscience d’un Dieu ?
Suarez postule que la conscience se situe en dehors de l‘Espace-Temps ce qui lui permettrait de ne plus obéir au principe de causalité et donc d’imaginer que la conscience humaine influe sur l’état du chat.
En forçant un peu le trait, on pourrait comprendre que le « Saint esprit » séjourne dans toute particule y compris le chat.

Écrit par : Barret Jean-Pierre | 22 mai 2013

Un vif merci, Jean-Pierre Barret, de vous être donné la peine de nous expliquer ce sujet pas évident du tout et d'y avoir mis autant de soin.
Merci aussi de nous montrer que la fonction des commentaires sur un blog peut être utilisée en apportant ses connaissances et les partageant avec qui veut bien.
Quant au sujet quantique, pour pouvoir le percevoir, il s'agit d'utiliser des sens que nous n'avons que trop délaissés pendant l'ère cartésienne. L'ère du Verseau est là pour nous les rappeler.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 22 mai 2013

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