25 février 2013

Carême et Jeûne

Le Carême est l'occasion de reparler du jeûne. Tdg le fait dans son édition des 16-17 février : « Toujours plus de Romands veulent expérimenter l'épreuve du jeûne ». Cet article est fort bien structuré : il laisse la parole à différentes personnes qui témoignent de leurs expériences et expriment les dimensions chrétiennes, yoguiques ou psychologiques qui les sous-tendent.. La parole est même donnée à deux médecins.


Je désire apporter quelques éléments supplémentaires au sujet du jeûne qui, à la base, est le fait objectif de ne pas se nourrir.

Déjà une telle définition peut être nuancée : une Genevoise exprime qu'elle se sentait « nourrie de l'intérieur ». Les adeptes de la nourriture prânique ( voir le film «Lumière) diront qu'ils se nourrissent du prâna, autrement dit de l'énergie cosmique.

En général, c'est tout de même l'absence de nourriture qui prime. Chacun l'utilise selon son intention plus ou moins volontaire, donc avec un sens de privation plus ou moins marqué.

On peut se l'imposer avec des arguments très rationnels : c'est une thérapie de santé, de solidarité ou encore une démarche de revendication.

On peut le vivre comme une démarche d'expérience corporelle, affective, rationnelle ou spirituelle, en étant attentif à toutes les sensations, les sentiments ou les prises de conscience qui apparaissent lorsqu'on se prive de nourriture.

Pour le côté corporel, nous pouvons découvrir à quel point la nourriture nous prend des forces avant de nous en fournir. C'est ainsi que, lorsqu'on est malade, l'organisme ressent moins la faim ( à moins qu'il n'y ait un besoin affectif) car le corps a besoin de toutes ses forces pour lutter contre la pathologie en cours. Ou encore, certains savent que faire l'amour après un bon repas n'est pas aussi puissant qu'à jeun, dans la mesure où les forces du ventre sont déjà utilisées pour la digestion!

Pour alléger le travail du corps, sans tomber dans une privation absolue, certaines propositions de jeûne accordent quand même des jus de fruits ou des bouillons de légumes. De telles absorptions permettent un allègement pour l'organisme sans choc abrupt.

Dans cet esprit, certains proposent des monodiètes qu'on peut choisir arbitrairement : par exemple, au petit déjeuner, on ne mange que des pommes, à midi que des carottes et le soir que de la salade (sans sauce bien sûr). On peut choisir aussi sa monodiète d'un repas à l'autre selon son instinct : cela peut aboutir à des résultats inattendus, par exemple ne prendre que du citron!

Quant à la boisson, là aussi il y a différentes écoles. Certaines permettent les tisanes ou d'autres ne préconisent que de l'eau qu'il vaut mieux boire à température du corps pour éviter le choc du froid ou du chaud dans le tube digestif qui est alors très sensible.

 Quant à la dimension affective, elle est énorme. Le désir de nourriture ou de certains aliments peut relever d'une véritable addiction. Il n'y a qu'à voir toutes les situations où on récompense ou se récompense par de l'alimentation. Ou encore, toutes les rencontres sociales qui dépendent de l'alimentation.

Ainsi, se priver de manger peut laisser remonter d'importantes souffrances affectives qui seront même si intolérables que la personne en cessera son expérience de jeûne, à moins qu'elle ne soit accompagnée par un thérapeute pour traverser son épreuve.

C'est aussi pour cela que les jeûnes atténués peuvent être bien plus profitables pour certaines personnes dans la mesure où ils n'entraînent pas le stress affectif d'une privation absolue.

 Nous en arrivons à la dimension spirituelle. Il est évident que lorsque l'organisme n'a pas à dépenser de l'énergie pour digérer, celle-ci devient disponible pour une activité plus subtile de l'être humain. Ainsi, le tonus épargné donne plus de détermination à découvrir d'autres plans du psychisme.

 Un des écueils du jeûne est la reprise de nourriture. Elle doit être aussi lente et progressive que le jeun a été long. C'est dans la reprise que peuvent apparaître divers problèmes difficiles à gérer.

 Pour la santé, le jeûne peut devenir une thérapie. S'il est absolu, il risque d'être utilisé de façon absolue aussi, comme monothérapie. Or, l'être humain étant complexe, il nécessite aussi un traitement complexe. Il est toujours très important de définir chez un malade les différents facteurs déséquilibrés afin de leur donner une réponse adéquate à chacun. Il est évident alors que la privation de nourriture n'est pas une panacée.

Commentaires

oh certes ces conseils sont de bon aloi cependant à na pas dire aux isolés,sinon ils feront comme d'autres ils s'empresseront de grignoter deux ou trois carrés de chocolat Nestlé.Avec plus rien et encore se priver même pour sauver son âme c'est demander vraiment trop et Dieu même Jésus n'imposèrent jamais cette régle qui doit sans doute être une régle de couvent et d'autopunition,une autre forme d'exorcisme en somme.
Quand à faire jeuner des malades les avis seront aussi partagés ,si le patient est entouré par les siens et ce depuis toujours ,les risques sont minimes,mais dans le cas contraire déjà privé d'amour si en plus il doit se priver de nourriture,l' idée du suicide ne tardera pas à envahir son cerveau ce qui malheureusement fut trop souvent le cas après la guerre,des enfants déjà considérés comme obèses mais par manque d'affection n'ont plus trouvé gout et se sont laissés mourir à petit feu

Écrit par : lovsmeralda | 14 avril 2013

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