05 décembre 2012

Plainte contre l'état

Est-ce possible? Oui, au Sénégal en tous cas. Avec une force morale et une connaissance du problème énorme, des responsables de différents mouvements se sont alliés pour dénoncer le scandale monstrueux des enfants de la rue appelés talibés.

 


 

Photos extraites du site :

http://www.sentinelles.org/talibes.htm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alors qu'une loi a été édictée en 2005, ces enfants maltraités continuent à quémander, à longeur de journée dans les rues, de la nourriture ou de l'argent et vivent dans des conditions insalubres.

Le problème est vaste comme le montre le site www.talibés.fr. Pourtant, ce n'est pas une raison pour tolérer cette maltraitance avérée. Des documents très bien fournis – par le site qui apporte beaucoup de témoignages et de réflexions vécues à Mbao dans la région de Dakar - peuvent appuyer cette plainte contre l'état du Sénégal.

Il est vrai que si des enfants sont confiés à des responsables d'école coranique qui les déportent loin de leurs familles, c'est parce que les parents n'ont pas les moyens de les élever. Les solutions existent pourtant pour améliorer l'existence dans les villages d'origine. Différentes structures sont actives. Il s'agit de stimuler une volonté politique pour que ces structures se développent davantage et que leurs valeurs soient davantage prises en compte.

Ainsi, par cette plainte contre l'état, les responsables comptent stimuler les projets qui permettent de traiter le problème des talibés à la source.

 

 

 

 

Commentaires

J 'ai mal en mon pays qui ne fait pour le moment rien pour stopper cette traite d'enfants en 2012 .Or on cite le sénégal comme un modèle de démocratie dont les autorités ne s'offusquent devant le calvaire innommable que vivent ces jeunes.Ensemble, pour que l'Etat assume sa responsabilité de protection et d'education des enfants. Ce n'est qu'après que le Sénégal peut prétendre à une emergence économique.
La prochaine étape ,s'il n'ya pas réaction de l'Etat du Sénégal , ce sera de saisir la cour la cour de justice de la CEDEAO.
Guirane DIENE, JCLTIS.

Écrit par : guirane diene | 06 décembre 2012

Merci, Guirane Diene, pour votre témoignage.
Je profite de mentionner ici un article qui montre votre engagement local, avec le JCLTIS, à Mbao, en faveur des talibés :
http://ledaaradelespoir.centerblog.net/10-le-daara-de-mbao

Écrit par : Marie-France de Meuron | 06 décembre 2012

Ayant fait récemment un séjour au Sénégal, j'ai pu mesurer l'ampleur de ce phénomène. Ces enfants qui mendient m'ont accostée et, à chaque fois, se pose la question "que faire ?". Ne rien leur donner leur vaudra peut-être une correction mais leur donner un peu d'argent équivaut à le donner à leur marabout. Heureusement que des peronnes comme vous existent qui tentent d'améliorer leur sort. Le gouvernement sénégalais doit prendre ses responsabilités et une plainte juridique peut constituer une bonne façon de l'y obliger. Merci pour votre combat !

Écrit par : Corinne de Genève | 09 décembre 2012

Merci beaucoup, Corinne, pour votre témoignage.
Je me souviens aussi d'un talibé à qui j'avais offert une banane. Un homme qui glandait dans les parages l'a lui a demandée de telle sorte que l'enfant la lui a donnée. Ainsi, il n'y a pas que les responsables des daaras qui abusent de ces enfants mais d'autres personnes encore leur enlèvent les droits les plus élémentaires.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 09 décembre 2012

Le problème, c'est que leurs parents les envoient dans une "école coranique", en fait un gourbi où marabout les oblige à apprendre le coran (en arabe bien sûr) par coeur à coups de bâtons. Vouloir faire qqch pour eux, c'est lutter contre l'islam, et vous êtes dans cette optique un ou une chrétienne qui veut lutter contre l'islam. Bonne chance...

Écrit par : Géo | 09 décembre 2012

Géo,Il faut cesser d'amalgamer l'islam avec n'importe quoi. Ici, il s'agit de maltraitance d'enfants et les responsables sénégalais qui portent plainte contre l'état sont autant des musulmans - si ce n'est plus - que des chrétiens.
Pourquoi ne pas s'être attaqué plus vite au problème? c'est qu'il est énorme et chronique et que la vie au Sénégal est faite d'urgences existentielles qui se suivent et ne se ressemblent pas. Actuellement, beaucoup d'éléments se stabilisent, d'où une disponibilité plus réelle de s'attaquer au problème de maltraitance qui va de pair avec d'autres problèmes comme la pauvreté et la malnutrition dues à de multiples facteurs qui font que les parents "confient" leurs garçons à des daaras.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 09 décembre 2012

Je maintiens mon commentaire, et je l'ai vécu à Kaédi, Mauritanie, République islamique. J'ai essayé d'aider un talibé qui pensait s'appuyer sur moi. J'ai discuté avec la police, qui est arabo-berbère, et qui m'a fait comprendre que c'était une histoire de négro-africains. Qu'en conséquence et vu "les événements", ils n'allaient certainement rien faire pour Mamadou, 8 ans, venant du Sénégal à 800 km de là. Et que si je voulais en faire plus, je n'avais qu'à aller trouver le gouverneur. Un chrétien veut retirer un petit musulman d'une école coranique. Gros succès assuré...

Cela a commencé une nuit d'hiver, la première où je me suis relevé pour me couvrir d'une couverture de laine. Alors que normalement, la maison garde la chaleur. Vers 1-2h, j'ai entendu un drôle de bruit dehors, un animal avec un drôle de cri. Vers 4 heures, nouveaux cris bizarres. Je n'avais pas de gardien, estimant qu'il n'y avait aucune raison d'en avoir quand j'étais là. Je me suis donc levé et j'ai découvert un drôle de paquet au pied de ma fenêtre, sur le béton. Un paquet sale. Je l'ai tâté du pied, cela ne bougeait pas. je me suis penché, c'était un enfant. En culotte courte et T-shirt, recroquevillé sur sa tête, dont dépassait juste le sommet du crâne. Pieds nus. Les cris, c'étaient des toux. Il ne bougeait plus, c'était 4 heures. Il n'y a rien à Kaédi à 4 heures. Personne pour vous aider. J'ai cru qu'il était mort, sincèrement. Je n'ai pas insisté. Plus tard, nouvelles toux. Je me suis levé à nouveau, je l'ai obligé à se bouger et je l'ai mis à dormir dans ma voiture au garage, où il faisait bon chaud. Pas d'enfant dans ma maison, pour des raisons que vous n'aurez aucune peine à deviner, je suppose. J'en ai parlé avec mes collaborateurs, j'ai demandé à ma cuisinière de l'aider à retrouver des vêtements mieux adapté, et on lui a donné un peu à manger.

Une fois que j'étais à Nouakchott, il a réussi à entrer en passant par les claustrats, tellement il était maigre...Il a eu le bon goût de ne pas donner l'idée à ses camarades de faire de même et n'a volé que des bricoles, genre paquet de spaghettis. Le truc, c'est qu'il a découvert mon appareil photo numérique et il s'est pris des photos de lui; je ne pense pas qu'il s'en est rendu compte...
A cette époque, le musée de l'Elysée à Lausanne exposait les photos qu'on voulait bien lui envoyer, mais seulement quelques instants. Il y a eu presque 20 mille photos exposées, parmi elles une intitulée "Petit voleur", Mamadou.

J'avais déjà raconté cette histoire quand j'étais à Kaédi dans le blog de Gilbert Salem, 2006 ou 2007.

Écrit par : Géo | 09 décembre 2012

Eh ben là, je dois dire que votre dernier com' m'a fait voyager, Géo.
Tout secoué, je suis.

Bonne soirée

Écrit par : Sérum | 09 décembre 2012

Merci beaucoup, Géo, pour votre témoignage très fort et qui reste si vivant en vous après des années.
Il illustre bien la maltraitance que peuvent subir des enfants.
Plutôt que d'en vouloir à une religion, on peut plutôt mettre de tels faits sur la culture locale. Toutes les religions ont un courant spirituel d'une grande beauté et un courant humain qui compose avec la culture locale.
Nous en avons un exemple patent actuellement quand on voit comment la Fête de Noël, avec toute l'humilité de la crèche, est réutilisée par les lobbies commerciaux et industriels et relève plus de notre culture matérialiste que du message spirituel et symbolique de l'anniversaire de Jésus de Nazareth.

L'événement horrible que vous avez vécu en Mauritanie démontre bien notre impuissance, à nous Européens chrétiens ou non, parachutés dans une culture très distincte de la nôtre, à agir de façon réellement constructive. En fait, vous aviez affaire à un événement aigu qui mettait en évidence une situation chronique contre laquelle vous n'aviez pas d'instruments adéquats.
Maintenant au Sénégal, ce sont des responsables du pays qui ont pris l'affaire en main, après avoir bien étudié les différentes strates du problème complexe. Ils ne confondent pas religion et maltraitance et connaissent suffisamment bien les rouages de leur société pour les utiliser dans un sens constructif. Ils ont toutefois besoin de notre soutien car une telle démarche leur prend beaucoup de forces. (cf site www.talibes.fr)

Écrit par : Marie-France de Meuron | 10 décembre 2012

quand on veut instiguer à la haine raciale comme c'est trop souvent le cas de la part de nombreux internautes,il faut aussi assumer le prix des pots cassés.Décidément en lisant certains article poussant les arabes à la révolte et en voyant les résultats sur ces peuples ,résultats secondaires aux prises de position d'occidentaux ignorant les réactions hsytériques et en chaine de ces populaces dont la France elle-même a vu de nombreux soldats engagés et morts pour justement ne pas rejoindre ces bancs d'illumninés qui s'imaginent faire de la politique assis derrière un ordinateur, on reste coi de stupéfaction
Cela rappelle trop le temps des pasteurs aux sermons vengeurs envers les catholiques qui ont été payé chèrement par les épouses naives et protestantes
quand au Sénégal malheureusement comme le Caméroun doit -il payer pour le prix des églises s'imaginant à tort pouvoir nous rejouer le temps des coloniaux ad eternem

Écrit par : lovsmeralda | 10 décembre 2012

Non, Géo, je ne vais pas publier les fragments de votre commentaire du 10.12 qui ne sont que vos credos ou des généralisations trop souvent lâchées facilement en ce qui concerne la logique féminine, l'Islam et les écoles coraniques, ou "ce qui est très banal et courant en Afrique".
Ma logique a moi est d'utiliser certains commentaires pour rebondir dessus afin de mieux exprimer ma pensée quant au sujet de la note. Elle n'est pas d'entrer dans une partie de ping-.pong avec qui que ce soit, ni de philosopher sur des généralités.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 11 décembre 2012

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