10 août 2012

A quoi sert la science médicale?

La Tribune de Genève persiste par son éditorial du 9 août à réduire le sujet de la circoncision principalement à des actes de foi. Il est bien évoqué une déclaration de l'OMS, laquelle évite de mentionner toutes les études scientifiques qui ont prouvé que les « vertus thérapeutiques » ne sont pas si évidentes que cela.


Tout d'abord, soulignons que le débat a plutôt commencé avec les médecins néerlandais en automne 2011

Ce ne sont donc ni des juristes, ni des antisémites ou islamophobes de toutes sortes qui ont exprimé qu'il est temps que cet acte soit considéré de façon ontologique.

Aborder le sujet par le biais juridique est intéressant. L'avocat Alain Berger nous en livre ses réflexions. Toutefois, il contourne le sujet en affirmant, comme s'il représentait le corps juridique tout entier, « qu'un circoncis n'aurait aucune chance au tribunal ". En fait, il s'agit de juger le principe de circoncision, acte sur lesquels beaucoup ne veulent pas s'arrêter alors que le geste opérationnel commence nettement par là. On ne peut pas non plus balayer tout un courant montant qui peut transformer la situation. Le jugement de Cologne nous le prouve bien.

Alain Berger évoque la Coutume : «  Avec la circoncision, nous sommes clairement dans un cas de coutume ». C'est un peu simplificateur d'estimer que l'argument est si clair que cela. Certes des coutumes s'en servent largement mais aussi des modes hygiénistes par exemple. Il faut dire aussi que dans les temps reculés, les modes hygiénistes étaient prescrits par les responsables des religions avec rituels à l'appui pour leur donner plus de force, donc assez éloignés d'une profonde spiritualité!

Et puis, avec la coutume ne peut pas tout justifier et persister. L'étude de l'Histoire nous a montré moutl fois que des coutumes ont dû être abandonnées une fois que les études scientifiques ou autres ont montré leur malfondé. Si cela est évident pour la fessée, comme l'ont signalé beaucoup de commentateurs, comment vouloir maintenir la coupure d'un organe aussi sensible que le pénis?

 

Commentaires

voici ce qu'une grand maman de 90 ans vous dirait en riant,et tout ça pour un bout de viande qui pendouille? ceux de 1900 sous leur air austère savaient aussi cacher bien des petits secrets coquins

Écrit par : lovsmeralda | 10 août 2012

De grande qualité!

Écrit par : Mère-Grand | 10 août 2012

Liberté chérie,
je ne publie pas votre commentaire qui reflète votre réaction intense à un sujet qui vous touche profondément et dans votre identité juive.
Les grossièretés sexuelles que vous proférez à mon égard montrent bien à quel point votre sexualité a été touchée par la cironcision et bien plus par ce que les rabbins transmettent par ce geste.
Je déplore que vous soyez pareillement blessé par une étude médicale du sujet mais il est temps que cette coupure du prépuce soit mise au grand jour.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 10 août 2012

La circoncision n'est qu'un des innombrables rituels propitiatoires inventés par l'homme - qu'il soit animiste, chrétien de confession catholique romaine ou orthodoxe, bouddhiste, taoïste, ou hindouiste. Dans tous les cas, il s'agit de calmer la fureur de Zeus, des "dieux" toujours prêts à punir...et de s'attirer leurs bonnes grâces.

On n'a pas trouvé de meilleur instrument de "contrôle social" que ces interdits. Ceux qui les promulguent, s'interposent, au nom des dieux, entre l'Homme et le Ciel. Quelques belles fresques et idoles aux couleurs chatoyantes, quelques éclatants vêtements sacerdotaux et rites secrets font tout le charme des religions dites "à mystères".

Ajoutez y une pincée de prescriptions et interdits sous forme de "commandements" pour réguler la vie sociale et vous comprendrez pourquoi il est prohibé de convoiter la femme de son voisin ou son boeuf:-)

Aujourd'hui, il est vrai, que les obscurs objets du désir portent plutôt sur le dernier modèle d'I-Phone, les billets à DisneyLand ou aux Jeux Olympiques ou les Rolex...Quant à la femme du voisin, si elle ne se jette pas spontanément dans vos bras, elle en est à son troisième mariage et à sa deuxième portée de "famille recomposée".

Agitez enfin ad nauseam la promesse , d'un Paradis et la punition de l'Enfer, sacralisez quelques objets et espaces et vous comprendrez pourquoi l'Homme crédule est toujours prêt à se prosterner devant tous les prêtres et prêtresses qui lui sont imposés plus qu¨à redresser la tête et à exercer sa pleine et entière liberté et responsabilité. Liberté de pensée et d'action, cela s'entend. Y compris celle de refuser l'endoctrinement.

Merci à Luther, Calvin, Zwingli,Farel et les autres d'avoir mis un terme à mille pratiques obscurantistes. La Bible comme Sola Scriptura, source de la seule autorité, doit encore être interprétée. C'est l'oeuvre d'une vie de nos meilleurs théologiens. Comme les avocats, ils ne tombent jamais d'accord sur les iotas.

Quelles que soient les croyances invoquées en les justifiant par "la tradition", la circoncision demeure bel et bien un acte rituel qui porte atteinte à l'intégrité physique de nourrissons innocents.

Les Druides et pré-colombiens sacrifiaient bien, par tradition, de jeunes vierges au motif que leur sang répandu allait protéger la communauté.

La tauromachie n'est qu'un vestige de ces religions antiques où le sang versé véhiculait une valeur propitiatoire.

On en est revenu, certes, mais "sacrifier", ce n'est rien moins que de "fabriquer du sacré".

La circoncision, mutilation "light", se fonde sur le même principe sacrificateur, au même titre que les cicatrices rituelles "d'appartenance" chez les tribus africaines les plus primitives. Nous en avons adopté une autre version "light": le piercing.

Sous nos latitudes, la Loi prime les croyances, traditionnelles ou non.

Par esprit de tolérance, je n'ai aucune objection à ce que des communautés religieuses minoritaires pratiquent la circoncision. Mais que celui qui manie une aiguille, un bistouri comme s'il voulait corriger la créature imparfaite, pourtant oeuvre sacrée d'un Créateur omnipotent et omniscient parfait, soit qualifié pour le faire.

Autrefois, seuls les barbiers pratiquaient les saignées et le maniement du clystère.

Aujourd'hui, seuls les médecins de Faculté ont le droit de pratiquer la chirurgie, que l'on sache.

Donc oui, du bout des lèvres à la circoncision - par esprit de paix - pour autant qu'elle soit pratiquée par des médecins diplômés et consentants, même dans nos hôpitaux publics.

Les bricoleurs du sécateur ? Du balai !

Les séquelles de circoncisions mal pratiquées par des amateurs, même "sanctifiés" sont réputées connues et lourdes. Les preuves par l'image abondent sur l'Internet.

Écrit par : J.-A. Widmer | 10 août 2012

Un très vif merci, J.-A. Widmer, pour vos propos très riches et très lucides.
Vous apportez en outre la preuve qu'on peut apporter bien des éléments au sujet de la circoncision.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 10 août 2012

Liberté chérie, je persévère à ne pas publier vos commentaires qui feraient honte aux nobles Juifs.
Effectivement, j'ai déduit que vous étiez juif car vous vous défendez comme plusieurs prosémites de cette plate-forme de blog :
A la moindre remarque sur les Juifs ou Israël vous en traitez l'auteur d'antisémite.
Vous déviez du sujet pour ne pas l'aborder et vous vous défoulez sur l'auteur
vous employez des paroles méprisantes, dénigrantes ou arrogantes.
Vous vous cachez derrière un pseudonyme.
Vous vous référez au passé.
Vous profitez de donner un coup de sabot au passage à autrui, ce qui n'apporte rien au débat.
Pourquoi je ne vous ai pas pris pour un Musulman? Parce que, pour l'instant, ils ne se sont pas encore exprimer dans ces blogs et auraient un autre type de langage.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 10 août 2012

Je ne suis ni juif ni musulman. J'ai été circoncis à l'age de 16 ans pour raison médicale et à mon avis c'est la seule raison qui puisse justifier un tel acte. Tout le reste c'est de la manipulation, mais religieuse celle là.

Écrit par : norbert maendly | 11 août 2012

Merci Mme de Meuron pour ce billet et d’avoir mis dans ce fil le lien vers l’interprétation de l’avocat Alain Berger. http://journal.tdg.ch/circoncis-chances-tribunal-2012-08-08

Cette interprétation est juridiquement, et probablement correcte pour l’heure au niveau fédéral, mais la façon dont il la présente est quelque peu cynique en disant que la circoncision n’entrave pas les fonctions du membre :
«Je rirais si un client venait me consulter pour ça. Je pense que je le renverrais à un confrère en mal de publicité.»
Puisse les déclarations de cet avocat deviennent de la science-fiction et que des avocats ayant un minimum d’humanité n’aient besoin de publicité !
Voilà pour mon indignation.

Mais qu’en est-il à Genève.
Les citoyennes et citoyens genevois(es) sont invités à voter le 14 octobre prochain pour ou contre une NOUVELLE CONSTITUTION :

http://www.ge.ch/constituante/doc/Projet_de_constitution_version_finale_190612_A4.pdf

Extrait de 3 articles clairs qui concernent les exactions qui nous préoccupent :

Art. 14 DIGNITE
1 La dignité humaine est inviolable.
2 La peine de mort est interdite.

Art. 18 DROIT A LA VIE ET A L’INTEGRITE
1 Toute personne a droit à la sauvegarde de sa vie et de son intégrité physique et psychique.
2 La torture et tout autre traitement ou peine cruels, inhumains ou dégradants sont interdits.
3 Nul ne peut être refoulé sur le territoire d’un État dans lequel il risque la torture ou tout autre traitement ou peine cruels et inhumains ou toute autre atteinte grave à son intégrité.

Art. 23 DROITS DE L’ENFANT
1 Les droits fondamentaux de l’enfant doivent être respectés.
2 L’intérêt supérieur de l’enfant et son droit d’être entendu sont garantis pour les décisions ou procédures le concernant.
3 L’enfant est protégé contre toute forme de maltraitance, d’exploitation, de déplacement illicite ou de prostitution.
4 Le droit à une allocation de naissance ou d’adoption et à une allocation mensuelle pour chaque enfant est garanti.


PS1 – Le silence des fédérations, associations de médecins etc… concernant la déontologie face à ce problème est assourdissant.

PS2 – Les caisses maladie remboursent-elles ces interventions chirurgicales ?

Écrit par : Benoît Marquis | 12 août 2012

concernant le phimosis j'ai cru bien faire en refusant l'acte après la naissance ce qui forcément à l'adolescence dut se faire mais sur décision personnelle par l'intéressé qui forcément accusa maman,mais on sait aussi que rares sont les repproches faits envers les papas alors aux mama's d'assumer et ce depuis la création du monde!Heureusement le temps a passé l'eau a coulé et à 50 ans il n'en a pas gardé rancune bien au contraire dit-il ,cela m'évite de faire plaisir à des femmes qui ne se lavent pas depuis une semaine ,drôle de monde qui veut sauver la planète mais qui sent mauvais à distance/rire

Écrit par : lovsmeralda | 12 août 2012

Lovsmeralda,
Je vais reprendre deux fragments d'un commentaire que je ne publierai pas entièrement parce qu'il touche à des sujets qui s'écartent du thème de la note.
J'espère que vous me comprendrez.
""@Madame de Meuron,je doute mais c'est un avis personnel que la science médicale puisse soigner un phimosis.". Je crois que tous les débats ont bien souligné qu'il y a une différence absolue entre les opérations thérapeutiques pour résoudre un problème médical et les opérations rituelles.
A noter que chez un bébé ou un jeune enfant, des techniques naturopathiques peuvent réduire le problème dans bien des cas.

Écrit par : Marie-France de Meuron | 12 août 2012

Deuxième extrait d'un commentaire de Lovsmeralda:
« Cependant si l'on sait le manque d'hygiène dont souffrent beaucoup d'hommes manque réclamé d'ailleurs par certaines femmes on peut imaginer qu'il vaut mieux circoncire que devoir soigner des* Candidats* ou autres pathogénie qui eux n'offriront pas de fausses promesses électorales"
Votre façon de réfléchir concerne plutôt votre génération où, en outre, les moyens étaient plus réduits et les habitudes beaucoup moins hygièniques. Je ne dis pas que tout est réglé maintenant. En revanche, la tendance actuelle veut qu'on résolve des problèmes de manière plus douce et en passant par l'instruction plutôt que par l'acte chirurgical. Comme le disait très justement, on ne va pas couper le pavillon de l'oreille de quelqu'un qui ne se lave pas les oreilles!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 12 août 2012

@Marie-France de Meuron ,c'était aussi une forme une boutade et loin de moi l'idée de généraliser.Adepte de l'émission des Grosses têtes je venais d'écouter Guy Montagnier Et dire que le rire est toujours considéré comme le seul médicament ne coutant pas un centime à la Sécu!
très bonne soirée pour vous Madame

Écrit par : lovsmeralda | 12 août 2012

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