09 juillet 2012

Des mots qui en cachent d'autres

Un exemple patent nous en est donné avec la notion du « don » d'organes. S'agit-il vraiment d'un don?

En réalité, l'individu ne donne que son assentiment à un prélèvement. Ce n'est pas lui qui prend son organe pour l'offrir! Il dépend ainsi de tout un système qui lui échappe complètement. On ferait mieux de parler d'AMPUTATION D'ORGANES.


Comment les médecins peuvent-ils en arriver à opérer des bien-portants? Il est évident qu'une amputation affaiblit un être humain. Toute opération devrait répondre aux trois questions : Est-ce utile? Est-ce nécessaire? Est-ce bienfaisant? En tous cas pas pour celui que l'on ampute. Evidemment, il peut en retirer un bénéfice secondaire comme de voir un parent se porter mieux grâce à la greffe.

Là aussi, un mot en cache un autre : on parle de « sauver » une vie. En réalité, on ne fait que la prolonger, avec beaucoup de contraintes médicales.

Les services qui nous indiquent le nombre de malades qui attendent une greffe ne présentent pas vraiment ce que deviennent tous les amputés.

Un article de l'0ffice Fédéral de la Santé Publique apporte des nuances utiles.

La mode actuelle veut qu'on présente les dons d'organes comme un signe de générosité. Ainsi peut-on trouver beaucoup d'articles dans ce sens. Les donneurs se font plus discrets et nous trouvons surtout des témoignages des donneurs contents de voir revivre un proche.

En parlant de don, certains court-circuitent complètement le fait qu'il s'agit d'abord d'une opération chirurgicale, avec des conséquences possibles. Ainsi, l'auteur d'un article affirme que « L'important est que le donneur décide de cette action de tout cœur. Si le don est fait avec le cœur alors c'est une énergie d'Amour qui suivra cet organe et ira jusqu'au receveur. »

Y a-t-il vraiment réciprocité en ce sens où le receveur éprouve un geste d'amour en acceptant le sacrifice de l'amputé?

Il est intéressant de signaler que l'auteur a refusé le débat en n'autorisant pas l'ajout de commentaires. Ainsi veut-il rester dans sa belle définition, planant au-dessus des réalité très anatomiques, physiologiques et...financières.

Car tout cela a un coût. Quand on met en avance le nombre de personnes qui attendent une greffe, on pourrait mettre aussi en parallèle le prix des amputations pour ceux qui donnent leurs assentiments, le prix des greffes pour celui qui les reçoit et le prix des complications pour l'un et pour l'autre. On impose ces gestes « thérapeutiques » à la collectivité sans lui demander son avis.

Notez qu'il est fort possible que la collectivité n'oserait pas dire non puisqu'actuellement, il est de bon ton de lui faire croire que c'est par égoïsme qu'on refuse un « don » d'organes.

Si les Suisses sont peu enclins à se laisser prendre un organe, c'est peut-être aussi grâce à leur solide bon sens!

Encore une réflexion par rapport au coût. Le système de la Lamal refuse beaucoup de traitements de médecine précoce alors qu'ils pourraient éviter, dans bien des cas, d'aggraver les états de santé. Or, ces traitements coûteraient bien moins chers que des greffes. Mais voilà, la médecine est devenue très organique et technique. On dirait alors qu'il ne vaut la peine que de traiter les cas lourds.

 

Commentaires

@Marie France de Meuron je suis enchantée par cet article car j'ai pensé de même.Tous ceux ayant donné leur organe ont été enregistrés,leurs données personnelles aussi d'une pierre deux coups dit le proverbe encore un coup des généticiens
Ou comment faire parler le citoyen en usant de belles paroles,cela me fait souvenance d'une maitresse d'école qui avait pour principe la fameuse composition du lundi matin juste pour savoir le comportement des parents durant le week'end ou les vacances ,comme quoi les bonnes manières ont la vie longue,rire

Écrit par : lovsmeralda | 09 juillet 2012

"Ce n'est pas lui qui prend son organe pour l'offrir!"

C'est vrai, ce serait tellement plus touchant si les malades prélevaient directement sur eux-mêmes les organes dont ils font donation.

Écrit par : Plouf | 10 juillet 2012

Les commentaires sont fermés.