18 mars 2012

Qui dirige la médecine?

Un projet européen de profilage des patients au sujet du diabète 2 a été lancé à travers le monde.

Il est présenté de façon très séduisante et le devis est de ....45 millions de francs.


 C'est la Revue Médicale suisse qui nous livre l'info présentée de façon très scienfique, c'est-à-dire avec les critères à la mode quant à la dynamique actuelle de la médecine.

Par exemple «Les 150 chercheurs impliqués auront pour mission de récupérer des données génétiques et de les analyser. » 

Ainsi donc, ce qui est visé sont les données génétiques. Comme si elles étaient immuables. On sait bien toutefois que les gènes peuvent être bloqués, lésés ou transformables (ne parle-t-on pas d'Organismes Génériquement Modifiés?). Alors que la vie est en mouvement perpétuel, les dirigeants de ce programme veulent réduire les individus à un bilan génétique.

Quand je lis : «  Près de 100 000 échantillons biologiques seront prélevés sur des patients diabétiques ou pré-diabétiques, traités pour le diabète par médicaments, ou encore par chirurgie bariatrique... » je ne trouve plus ce qui fait la base de la relation médecin-malade : l'interrogatoire avec anamnèse. l'observation fine et l'examen attentif du patient qui donne une masse de renseignements bien plus vaste que l'analyse de paramètres bien codifiés pour tous. Chaque être humain est un univers mobile en chaque instant (nous sommes d'abord un corps animé!) et en relation avec l'environnement tant géographique qu'humain. Une foule de paramètres en découlent évidemment. Par conséquent, il est aberrant de les restreindre à des gènes.

La réduction est aussi notable dans la déclaration d'un chercheur : « Les récentes avancées en recherche génomique et en analyse génétique laissent envisager le développement d'une médecine spécialisée pour tous. ». En plus de la réduction du mode de traitement, de tels propos montrent à quel point les médecins se précipitent sur « des récentes avancées » et les prennent pour des données d'avenir afin de définir une médecine spécialisée pour tous, avant d'en découvrir tous les aboutissements. Nous assistons pourtant à un afflux de remises en question lorsque des médicaments prescrits largement ou des prothèses doivent être retirés du marché. On devrait en déduire plus de prudence quant aux « avancées de la médecine » qui montrent là plutôt des « reculées »!

Quand nous en arrivons au fait que : «21 laboratoires de recherche publique à travers l'Europe vont s'associer et collaborer en outre avec quatre grands laboratoires pharmaceutiques. » nous ne pouvons que comprendre que ce ne sont plus des médecins qui dirigent mais des grands laboratoires pharmaceutiques. L'art médical se réduit au diktat desdits laboratoires.

Cela est confirmé par le fait que : «le financement est à hauteur de 45 millions de francs par l'Innovative Medicine Initiative (IMI), un programme conjoint de la Commission européenne et de la Fédération européenne des associations et industries pharmaceutiques ». Cette info démontre en sus que le diktat des grands laboratoires est soutenu par la politique européenne.

 Ce qui me bouleverse le plus, c'est que l'être humain si merveilleusement conçu soit pareillement utilisé comme cible économique et qu'on ne cherche plus à rétablir sa santé selon des lois connues depuis la nuit des temps mais seulement à limiter les effets des maladies en vue d'un confort relatif et pour des bénéfices très lucratifs.

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