03 mars 2012

Justesse ou justice?

Ces deux mots semblent très proches. Et pourtant, la réalité et la vérité ne vont pas toujours de pair.

Prenons le cas de la hausse extraordinaire des primes chez EGK.


 Le justice permet que du jour au lendemain une caisse réclame une augmentation massive des primes. En fait, c'est la justesse de tout un processus datant de la création de la LAMAL qui doit être remise en cause. On ne cesse de bricoler cette loi pour y faire figurer ce qui arrange certains et déstabilise terriblement d'autres.

Dans l'histoire d'EGK, on peut montrer du doigt cette caisse mais ce qui lui arrive n'est que l'aboutissement de systèmes et de règlements qui nous concernent tous. Un commentateur sur le site de la FRC dit bien: «Absolument génial tous ces "ténors du barreau pourri" .....qui s'offusquent maintenant parce qu'on touche à leur porte-monnaie qui déborde au lieu de s'en prendre à un système qu'ils ont eux-même bien mis en place pour leur profit... 

Différents facteurs ont permis à ce système d'être mis en place.

Nous trouvons par exemple la croyance que puisqu'on paie l'assurance, non seulement on doit être soigné mais aussi guéri! Ainsi, une fois malades, certaines personnes exigent un maximum de prestations sous prétexte qu'elles ont payé des primes. Il y a toutefois une grande différence entre l'assurance maladie et une assurance contre le vol ou l'incendie. Autant la maladie est la résultante de plusieurs facteurs, autant le vol désigne un article précis.

Par un système de réduction de la réflexion, nous en sommes arrivés à croire qu'on peut faire une liste des symptômes, des méthodes et des examens médicaux à réaliser, comme si une telle liste pouvait englober l'être humain tout entier. Or, celui qui souffre, éprouvant un ensemble de symptômes, présente plusieurs causes de perturbations qu'il est impossible de codifier. Réduire la médecine à des prestations bien ciblées est par conséquent une aberration.

Or la médecine de base est confondue actuellement à une liste de prestations qui s'est amplifiée d'une liste de diagnostics qui détermine aujourd'hui le tarif hospitalier.

On s'éloigne ainsi de plus en plus de la prise de conscience du malade de sa façon de gérer son mode de vie, de penser, de bouger et d'aimer alors que le manque d'harmonie de ces paramètres s'exprime à la longue par des symptômes physiques, psychiques ou affectifs. En outre, de multiples éléments de l'environnement ont un pouvoir toxique sur l'être humain qu'il est impossible de quantifier et souvent de qualifier.

L'art médical est de rectifier au mieux ces paramètres et non de gommer les symptômes pour que le malade reste productif dans son job.

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